Un gîte accueillant : « Chez Papé et Mita »

Produits de la chasse : ce qu’il faut savoir

La commercialisation du gibier sauvage est soumise à des règles sanitaires précises, destinées à garantir la sécurité des consommateurs et la traçabilité des viandes. Les chasseurs doivent distinguer l’autoconsommation privée de la cession du gibier, qu’elle soit gratuite ou payante. La consommation dans le cadre strictement privé du foyer n’est pas soumise aux mêmes obligations que la mise sur le marché. Le partage entre chasseurs ayant participé à l’action de chasse relève également de cet usage privé, sous réserve des conditions définies par les textes. En revanche, la fourniture à un commerce, à un consommateur extérieur au foyer ou à une association organisant un repas doit respecter les règles sanitaires applicables. Pour une remise directe au consommateur final, la petite quantité correspond au gibier tué par le premier détenteur au cours d’une journée de chasse. Le gibier doit être remis entier : le chasseur ne peut pas le dépouiller ou le plumer avant la cession, ni le découper, sauf dérogation particulière prévue par la réglementation. La congélation d’un animal non dépouillé ou non plumé est interdite. La remise directe d’abats est également interdite lorsque ceux-ci n’ont pas subi l’inspection post mortem dans un établissement de traitement agréé. Pour fournir un commerce de détail local approvisionnant directement le consommateur final, ou pour servir du gibier lors d’un repas de chasse ou associatif, l’examen initial doit être réalisé par une personne formée. Cette formation est organisée dans le cadre validé par l’administration et les attestations sont délivrées par les fédérations départementales des chasseurs. La fiche de compte rendu accompagne le gibier ou le lot jusqu’à sa destination, ou est remise à l’organisateur du repas avant la consommation. Le gibier peut transiter par un centre de collecte déclaré, dans le respect des exigences d’hygiène, de stockage et de transport. Ces règles ne remplacent pas les obligations applicables aux établissements agréés lorsque la viande est destinée à une commercialisation plus large. Les chasseurs doivent donc déterminer le circuit de distribution avant toute cession et vérifier les exigences correspondant à la destination du gibier...

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En Haute-Marne : un arrêté préfectoral qui va mettre le feu aux poudres...

La chasse a ses dates, ses règles et ses limites. La louveterie, elle, a une mission particulière : intervenir lorsque les moyens ordinaires de régulation ne suffisent pas, ou lorsque les circonstances imposent une action spécifique. Un arrêté préfectoral vient mettre à mal cette distinction. Jusqu’au 2 novembre 2026 inclus, les lieutenants de louveterie sont autorisés à détruire des sangliers de toute catégorie sur l’ensemble du département, y compris dans le cœur du Parc national de forêts. Les interventions nocturnes doivent être signalées à la Direction départementale des territoires au moins douze heures à l’avance. Dans le cœur du parc, les tirs et l’utilisation d’éclairages artificiels sont limités aux parties non forestières, sauf pour achever un animal blessé tiré en plaine. Le motif avancé est connu : l’importance croissante des dégâts causés par les sangliers aux cultures et les demande d’intervention des exploitants agricoles. Si ces préoccupations sont légitimes, elles ne dispensent pas de s’interroger sur la cohérence de la politique de régulation. Nous sommes au début de la saison cynégétique 2026-2027. La chasse dispose d’un calendrier, de conditions d’exercice et de règles destinées à encadrer les prélèvements. Pourquoi recourir, dès les premières semaines, à des tirs de destruction, alors que la louveterie est historiquement conçue comme un moyen d’intervention spécifique ? À force de multiplier les dérogations et les opérations administratives, ne risque-t-on pas de brouiller la frontière entre chasse réglementée et destruction d’animaux ? La question mérite d’être posée, d’autant que l’autorisation s’étend jusqu’au cœur d’un parc national, espace soumis à des enjeux particuliers de protection des milieux naturels. Réguler les sangliers peut être nécessaire. Mais une politique cohérente doit aussi expliquer pourquoi, où et dans quelles circonstances les règles ordinaires ne suffisent plus. La régulation ne saurait devenir un régime d’exception permanent.

Quand les infrastructures humaines deviennent des pièges pour les oiseaux migrateurs

Pour les oiseaux migrateurs, le voyage ne s’arrête pas toujours à l’épuisement, aux intempéries ou aux prédateurs. Les infrastructures humaines constituent elles aussi un danger majeur. Lignes électriques, clôtures et autres obstacles artificiels peuvent transformer les couloirs de déplacement, les zones de reproduction ou les sites de repos en véritables pièges mortels. Une étude consacrée à la grue à cou noir (Grus nigricollis) vient de préciser l’ampleur et les circonstances de ce phénomène. Les chercheurs ont suivi par satellite 203 individus et croisé les données de suivi avec des observations de terrain, des examens de carcasses et des images satellitaires. L’objectif était de comprendre non seulement combien d’oiseaux mouraient, mais aussi à quels moments et à quels stades de leur vie ils étaient les plus vulnérables. Les résultats sont particulièrement préoccupants chez les jeunes oiseaux. Leur probabilité annuelle de survie n’atteint que 59,8 %, contre 89,3 % chez les adultes. Les collisions avec les lignes électriques et les clôtures représentent à elles seules 71 % des mortalités confirmées. Même si les jeunes sont davantage exposés, aucune classe d’âge n’échappe complètement au risque. Surtout, les accidents ne surviennent pas au hasard. Les collisions avec les lignes électriques connaissent deux périodes quotidiennes particulièrement sensibles, autour de midi et au coucher du soleil. Elles coïncident notamment avec les exercices de vol des jeunes et les déplacements des oiseaux vers leurs sites de repos. Les clôtures présentent un autre profil : les accidents sont particulièrement nombreux en août, lorsque les jeunes maîtrisent encore imparfaitement le vol et que les adultes peuvent être temporairement limités par la mue de leurs plumes de vol. Cette étude apporte donc une information essentielle pour la conservation des oiseaux migrateurs : le danger peut être anticipé. Identifier les périodes, les lieux et les comportements qui favorisent les collisions permet de cibler les interventions. Les chercheurs recommandent ainsi d’éviter les clôtures dans les secteurs essentiels à la reproduction et à la mue et de rendre les lignes électriques plus visibles grâce à des dispositifs de balisage. Des mesures qui pourraient bénéficier à de nombreuses espèces migratrices et contribuer à rendre leurs routes moins dangereuses.

COP 17 : la biodiversité entre dans l’heure des comptes

À partir du 19 octobre, Erevan, en Arménie deviendra pendant près de deux semaines la capitale mondiale de la biodiversité. La 17e Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (COP17) réunira jusqu’au 30 octobre 2026, gouvernements, scientifiques, organisations internationales, peuples autochtones, acteurs de la société civile et représentants du secteur privé. Cette rencontre intervient à un moment particulier. Quatre ans après l’adoption du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, les États vont procéder pour la première fois à un examen mondial de leurs progrès collectifs. Il ne s’agit donc plus seulement de fixer des objectifs, mais de mesurer ce qui a réellement été engagé et réalisé pour les atteindre d’ici 2030. Le bilan sera notamment établi à partir des stratégies et plans nationaux pour la biodiversité présentés par les pays. Cette première évaluation doit permettre d’identifier les avancées, mais aussi les lacunes qui risquent de compromettre l’atteinte des 23 cibles du cadre de Kunming-Montréal. La question du financement de la biodiversité figurera également parmi les dossiers sensibles des négociations. Autre enjeu : la traduction des engagements internationaux en actions concrètes sur le terrain. Protection et restauration des écosystèmes, mobilisation des ressources, données sur la biodiversité, partage des avantages liés aux ressources génétiques ou encore liens entre biodiversité et santé font partie des questions préparatoires identifiées par le secrétariat de la Convention. L’Arménie entend donner une forte dimension politique à cette COP. Un sommet des dirigeants est prévu le 16 octobre, avant l’ouverture officielle, tandis que le segment de haut niveau réunissant notamment les ministres se déroulera les 27 et 28 octobre. À Erevan, l’enjeu sera donc de transformer les promesses de 2022 en résultats mesurables. À quatre ans de l’échéance de 2030, la COP17 devrait surtout permettre de répondre à une question simple : les engagements pris pour enrayer l’érosion de la biodiversité commencent-ils réellement à changer la trajectoire de la nature ?

Biodiversité : en France, l’état des habitats et des espèces continue de se dégrader

Le constat se confirme, évaluation après évaluation : la biodiversité dite « remarquable » continue de perdre du terrain en France. Le dernier bilan portant sur la période 2019-2024 montre que 67 % des évaluations réalisées pour les habitats et les espèces d’intérêt communautaire sont défavorables, tandis que 39 % font apparaître une tendance au déclin. Plus préoccupant encore, la part des évaluations concluant à un état de conservation favorable est passée de 26 % en 2013-2018 à seulement 22 % en 2019-2024. Ces résultats proviennent de l’application de la directive européenne « Habitats, Faune, Flore », adoptée en 1992 pour maintenir ou restaurer les habitats naturels et les espèces d’intérêt communautaire dans un état de conservation favorable. La France réalise cette évaluation tous les six ans. Pour la période 2019-2024, plus de 1 000 évaluations ont été conduites, avec la mobilisation de plus de 400 experts. Tous les milieux ne sont cependant pas touchés de la même manière. Les habitats forestiers et rocheux apparaissent parmi les mieux préservés. À l’inverse, les milieux littoraux, humides et aquatiques figurent parmi les plus fragiles. Les pressions exercées par l’artificialisation, la fragmentation des milieux, les modifications des pratiques agricoles, les changements hydrologiques ou encore les différentes formes de pollution pèsent sur leur état de conservation. Le détail des résultats montre également des disparités entre les groupes d’espèces et les territoires. Pour les espèces d’intérêt communautaire présentes dans l’Hexagone, 24 % seulement sont dans un état favorable, contre 28 % lors de l’évaluation précédente. Pour les habitats, la situation est également préoccupante : une part importante des évaluations fait apparaître une détérioration. Ce bilan ne signifie pas que toutes les espèces déclinent partout. Certaines bénéficient de mesures de protection et connaissent des évolutions positives. Mais la tendance générale reste défavorable.

Quand l’équilibre naturel se dérègle : qui doit réguler les populations de grand gibier ?

La question peut sembler provocatrice : la faune sauvage peut-elle finir par dégrader elle-même le milieu dont elle dépend ? Dans certains territoires, la réponse est oui, lorsque les populations d’ongulés atteignent une densité telle que leurs prélèvements sur la végétation dépassent les capacités de renouvellement du milieu. Il ne s’agit pas de considérer le gibier comme nuisible, mais de constater qu’un équilibre peut se rompre. Cerfs, chevreuils et sangliers jouent leur rôle dans les écosystèmes. Mais lorsque leurs effectifs deviennent trop importants localement, la pression exercée sur la végétation peut compromettre la régénération forestière. Abroutissement des jeunes pousses, écorçage et frottis des cervidés, consommation des fruits ou retournement des sols par les sangliers peuvent empêcher certains arbres de se renouveler. L’ONF constate ainsi que l’équilibre forêt-ongulés n’est plus satisfaisant que sur 45 % des forêts domaniales, contre 61 % en 2018. Cette situation peut également pénaliser les animaux eux-mêmes : en réduisant la diversité et la quantité de végétation disponible, une forte densité peut dégrader progressivement les conditions d’accueil du milieu. La question n’est donc pas celle d’une population « trop importante » dans l’absolu, mais d’un niveau compatible avec les ressources et la capacité de renouvellement de chaque territoire. La chasse constitue aujourd’hui le principal outil de régulation des grands ongulés en France. Lors de la saison 2024-2025, près de 1,56 million d’ongulés sauvages ont été prélevés : 881 372 sangliers, 569 183 chevreuils, 90 324 grands cervidés, auxquels s’ajoutent chamois, isards, mouflons, daims et cerfs sika. Ces chiffres traduisent l’ampleur de la gestion, mais ne signifient pas que la situation est identique partout. Les prélèvements sont ajustés selon les populations, les habitats et les dégâts observés. Dans certaines forêts, l’ONF estime d’ailleurs nécessaire de renforcer la régulation pour permettre le renouvellement des peuplements. Le retour ou le développement des grands prédateurs pose une autre question : peuvent-ils assurer seuls cette fonction de régulation ? Le loup exerce incontestablement une prédation sur les ongulés, mais son action ne se substitue pas mécaniquement à celle de la chasse. Sa répartition, son comportement et la disponibilité des proies déterminent son impact. À l’hiver 2024-2025, la population française était estimée à 1 082 loups en moyenne, avec une fourchette de 989 à 1 187 individus. Augmenter fortement leur nombre aurait par ailleurs des conséquences sur l’élevage. En 2025, 4 441 attaques de loups et 12 927 animaux victimes ont été recensés selon les premières estimations officielles. Le véritable enjeu est donc moins de choisir entre chasseurs et prédateurs que de déterminer, territoire par territoire, quelle combinaison de régulation permet de maintenir les équilibres entre faune sauvage, milieux naturels, forêt et activités humaines.

Montagne : trois tables rondes pour préparer l’avenir des territoires à l’horizon 2050

Le 42e Congrès de l’Association nationale des élus de la montagne (ANEM) se tiendra les 15 et 16 octobre 2026 à Gex, dans l’Ain, au cœur du massif du Jura. Près de 500 élus et acteurs de la montagne sont attendus pour deux journées consacrées aux mutations économiques, climatiques et institutionnelles auxquelles sont confrontés les territoires montagnards. Trois tables rondes structureront les débats. La première, jeudi 15 octobre au matin, sera consacrée au changement climatique et à l’avenir des territoires de montagne à l’horizon 2050. Elle réunira Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique (sous réserve de confirmation), Xavier Roseren, vice-président de l’ANEM et député de la Haute-Savoie, Marie-Noëlle Battistel, députée de l’Isère et présidente du Conseil national de la montagne, Arnaud Murgia, maire de Briançon et président du Parc national des Écrins, ainsi qu’Anne Marty, présidente de Domaines skiables de France. L’après-midi, la deuxième table ronde portera sur le financement des territoires de montagne et l’accès aux crédits nationaux et européens. Participeront Frédérique Espagnac, secrétaire générale de l’ANEM et sénatrice des Pyrénées-Atlantiques, Sylvie Vermeillet, sénatrice du Jura et présidente du comité de massif du Jura, ainsi que Michel-François Delannoy, directeur à la Banque des Territoires. Les échanges viseront notamment à aider les élus à planifier leurs investissements et à mieux mobiliser les dispositifs existants. Enfin, vendredi matin, la troisième table ronde s’intéressera à l’agriculture, la biodiversité, l'élevage et la prédation, ainsi que la coopération transfrontalière. Autour d’Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, interviendront Jean-Pierre Vigier, président de l’ANEM et député de la Haute-Loire, Éric Sargiacomo, député européen, Danièle Carteron, députée de la Haute-Savoie, Patrice Dunand, maire de Gex et président de Pays de Gex Agglo, Jean Peyrony, directeur général de la Mission opérationnelle transfrontalière, et Guillaume Corradino, directeur général d’Euromontana. Le congrès entend ainsi croiser enjeux climatiques, financement public, agriculture,  biodiversité et coopération européenne pour nourrir les réflexions sur l’avenir des territoires de montagne.

Collisions avec le grand gibier : l’automne, une période à risques

À l’automne, les risques de collisions entre les véhicules et le grand gibier augmentent. Les déplacements des animaux à la recherche de nourriture, ou, de brame pour les cervidés, et bientôt de rut pour les bêtes noires, multiplient les traversées de chaussées. Pour les automobilistes, la vigilance est donc particulièrement nécessaire sur les secteurs boisés et aux abords des massifs forestiers. Les collisions avec la faune sauvage constituent à la fois un problème pour les populations animales et un enjeu de sécurité routière. Pour améliorer la connaissance des collisions et identifier les secteurs les plus exposés, le Cerema, avec l’Office français de la biodiversité (OFB) et les services de l’État, prépare un guide méthodologique national. L’objectif est d’harmoniser les méthodes de relevé afin de disposer de données fiables et comparables sur l’ensemble du territoire. Les informations recueillies doivent notamment permettre de repérer les portions de route où les collisions se répètent. Les Directions interdépartementales des routes (DIR) jouent déjà un rôle important dans ce recensement. Depuis 2017, leurs agents appliquent un protocole commun lorsqu’ils découvrent un animal percuté sur le réseau routier national non concédé. Espèce, date et localisation de la collision sont notamment renseignées. Ces données permettent progressivement de mieux identifier les points noirs et les secteurs où les déplacements de la faune se heurtent aux infrastructures routières. Le futur guide doit également permettre de mieux cibler les solutions : passages à faune, clôtures adaptées, restauration des continuités écologiques ou amélioration de la signalisation. Les fédérations départementales des chasseurs doivent être associées à la démarche, leur connaissance des populations de grand gibier et de leurs axes de déplacement pouvant compléter les observations réalisées sur les routes. En attendant l’amélioration de ces dispositifs de prévention, la période automnale appelle à une vigilance accrue, particulièrement à l’aube, au crépuscule et sur les axes traversant les massifs forestiers. Face à un animal, mieux vaut ralentir et rester prêt à freiner que tenter une manœuvre brusque.

Canicule, sécheresse, incendies : un été 2026 à 16 milliards d’euros...

L’été 2026 laissera-t-il une facture de 16 milliards d’euros à la France ? C’est l’estimation minimale avancée le 5 octobre par une mission d’information de l’Assemblée nationale conduite par Éric Coquerel, président de la commission des finances. Son rapport cherche à mesurer les conséquences économiques et sociales des fortes chaleurs, de la sécheresse et des incendies qui ont marqué la saison. Le chiffre repose sur trois grands ensembles de coûts. Le premier concerne l’impact macroéconomique des événements climatiques. Selon les estimations de l’Insee et du Trésor reprises par la mission, les fortes températures et la sécheresse pourraient avoir amputé la croissance d’environ 0,1 point de PIB, soit près de 3 milliards d’euros. L’agriculture a été particulièrement touchée, avec notamment une baisse estimée de 42 % pour certaines productions de maïs et une diminution d’environ 8 % de la valeur ajoutée agricole. À cette perte d’activité s’ajoutent au moins 2,5 milliards d’euros de dépenses publiques supplémentaires : environ 1,3 milliard pour les aides aux agriculteurs, 700 millions pour les dépenses liées à la santé et au moins 300 millions pour les incendies. La troisième composante, la plus importante mais aussi la plus incertaine, concerne les ménages et les entreprises. La mission l’évalue à plus de 11 milliards d’euros. Elle inclut notamment les dommages assurés liés aux incendies, l’augmentation des consommations électriques due à la climatisation et à la ventilation, ainsi que les pertes agricoles. Ce dernier montant repose cependant sur des estimations fournies par des organisations agricoles et doit donc être interprété avec prudence. Au-delà du bilan de 2026, le rapport pose surtout la question de l’adaptation. La mission estime entre 10 et 13,6 milliards d’euros les dépenses publiques qui seraient nécessaires dès 2027 pour mieux faire face à des épisodes comparables. À l’horizon 2050, l’effort cumulé pourrait atteindre 117 à 158 milliards d’euros. Ce chiffrage intervient alors que s’ouvre le débat sur le budget 2027. Il donne une dimension très concrète au coût de l’adaptation climatique : ne pas investir aujourd’hui pourrait signifier supporter demain des dommages encore plus élevés.

L’eau, un enjeu de civilisation au cœur des Assises nationales du fleuve 2026

L’eau s’impose comme l’un des grands enjeux des Assises nationales du fleuve 2026, qui se tiendront à Marseille. Bien au-delà de la seule question de la ressource, les échanges entendront montrer combien l’avenir des fleuves concerne désormais l’ensemble de la société : entreprises, collectivités, associations, gestionnaires des voies navigables, acteurs économiques et citoyens. Dans un contexte marqué par les sécheresses, les épisodes de fortes pluies, la dégradation de certains écosystèmes et les tensions croissantes autour des usages de l’eau, les organisateurs souhaitent mettre en lumière les initiatives concrètes qui contribuent à une meilleure cohabitation entre les activités humaines et les milieux aquatiques. L’objectif des Assises est ainsi de mobiliser davantage les acteurs du fleuve, mais aussi de faire connaître les projets déjà engagés sur les territoires. L’eau n’est plus seulement considérée comme une ressource à gérer : elle devient un enjeu transversal touchant l’économie, l’aménagement, l’environnement, les transports et la qualité de vie. Les entreprises et les structures publiques sont notamment appelées à intégrer davantage la préservation de la ressource dans leurs stratégies et leurs pratiques. Cette réflexion sera au cœur de la table ronde « L’eau, un enjeu de civilisation : les acteurs du fleuve s’engagent ». Elle réunira notamment Clémence Aubert, secrétaire générale d’Initiatives pour l’Avenir des Grands Fleuves (IAGF), Benoit Martin, directeur des programmes Green Business – Agir pour l’eau aux Banques Populaires, et Lionel Rouillon, directeur du développement de Voies navigables de France. Les échanges permettront de confronter les approches économiques, environnementales et opérationnelles de la gestion de l’eau. La dimension internationale sera également mise en avant avec les Prix « Living with Rivers 2026 ». Le 15 octobre, à Marseille, Erik Orsenna, président d’IAGF, et les membres du jury remettront les distinctions aux trois lauréats de cette édition. La cérémonie permettra également de présenter les 52 nouveaux projets labellisés en 2026, conduits dans différents territoires à travers le monde. Ces initiatives visent à favoriser une coexistence durable entre les fleuves, les écosystèmes et les populations qui en dépendent. À travers ces rencontres, les Assises entendent rappeler une évidence devenue stratégique : préserver l’eau, c’est aussi préparer l’avenir des territoires et des sociétés qui vivent avec leurs fleuves...

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La semaine en bref...

- Alpes de Haute-Provence : un accident mortel s’est produit dimanche 4 octobre dans le secteur d’Entrages. Un homme a fait une chute alors qu’il évoluait dans le secteur du bois des Dourbettes, au cours d’une partie de chasse. Les circonstances précises de l’accident restent à établir. Face à la gravité de la situation, d’importants moyens de secours ont été mobilisés. Les sauveteurs du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Jausiers ont été dépêchés sur place par hélicoptère. Un médecin a également été transporté afin de prendre en charge la victime au plus vite. L’intervention aérienne a été assurée avec le concours de la section aérienne de la gendarmerie de Jausiers. Malgré l’intervention rapide des secours et les soins prodigués sur place, l’homme n’a pas pu être sauvé et a succombé à ses blessures. L’accident rappelle les risques liés aux déplacements sur des terrains escarpés et accidentés, particulièrement présents dans les secteurs montagneux lors des parties de chasse. Les circonstances exactes de la chute devront être précisées par les investigations.

 

- Ariège : réunis à Ax-les-Thermes, à l’occasion de la 41e Rencontre nationale du pastoralisme, éleveurs, élus et représentants du monde pastoral ont adopté la « Motion d’Ax-les-Thermes ». Ils demandent l’élaboration, dès 2026, d’une nouvelle loi consacrée au pastoralisme afin de mieux prendre en compte les difficultés rencontrées par les éleveurs de montagne. Les participants alertent sur une accumulation de crises : changement climatique, sécheresses, difficultés sanitaires, évolution des pratiques agricoles et pression croissante de la faune sauvage. La présence des grands prédateurs, en particulier de l’ours, constitue l’un des principaux sujets de tension. Selon les acteurs réunis en Ariège, la densité atteindrait désormais un ours pour 7 km² dans certains secteurs, une situation jugée incompatible avec le maintien d’un élevage pastoral viable. La motion réclame notamment une meilleure protection des troupeaux, des moyens adaptés aux réalités du terrain et une évolution du cadre réglementaire. Les professionnels souhaitent également que le rôle économique, environnemental et culturel du pastoralisme soit davantage reconnu dans les politiques publiques.

 

- Aude : la justice administrative a rejeté la demande de suspension en urgence de la chasse à la perdrix grise des Pyrénées, déposée par l’association One Voice. Saisi en référé, le tribunal administratif de Montpellier a considéré que la condition d’urgence n’était pas remplie et a donc refusé de suspendre l’arrêté préfectoral autorisant la chasse de cette espèce dans l’Aude. One Voice contestait cette autorisation en invoquant notamment l’état préoccupant des populations. L’association souhaitait obtenir une suspension immédiate de la chasse, dans l’attente du jugement sur le fond de l’affaire. Le juge des référés n’a toutefois pas retenu l’urgence. La chasse peut donc se poursuivre dans le cadre fixé par l’arrêté préfectoral. Cette décision ne constitue pas pour autant une validation définitive de la chasse par la justice administrative : elle porte uniquement sur la demande de suspension en urgence. Le tribunal devra encore examiner le recours sur le fond, notamment la légalité de l’autorisation et les éléments relatifs à l’état de conservation de la population...

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Grand Tétras : mardi 13 octobre, à Saint-Dié des Vosges, comité de pilotage de la dernière chance...

Le 1er septembre, nous posions une question simple : a-t-on encore le droit d’essayer ? Après plusieurs décennies de protection, le constat demeure implacable. Le Grand Tétras, autrefois présent en nombre dans les Vosges, est aujourd’hui au bord de l’extinction. Sa population est passée d’environ 2 200 adultes en 1939 à quelques individus seulement à la fin de 2023. Face à cet échec, le Parc naturel régional des Ballons des Vosges a choisi une autre voie : tenter, avec l’appui de l’État et de la Norvège, un renforcement de population à partir d’oiseaux sauvages. L’expérimentation, autorisée pour cinq ans, doit permettre d’en mesurer objectivement les résultats. Les premières années ont été difficiles, avec une mortalité importante parmi les oiseaux transférés. Mais 2026 a apporté des éléments nouveaux : dix-sept oiseaux supplémentaires ont été relâchés, au moins quatre jeunes ont été détectés dans la réserve du Grand Ventron et « Nora », une femelle transférée en 2024, a encore été photographiée plus de 820 jours après son lâcher. Ces observations ne prouvent évidemment pas que l’opération réussira. Elles démontrent cependant qu’elle produit des résultats qui méritent d’être étudiés. Interrompre maintenant une expérimentation prévue jusqu’en 2029 reviendrait à rendre un verdict avant d’avoir recueilli toutes les données.

Une mobilisation sans précédent...

Depuis le début du mois de septembre, la défense du renforcement de population du Grand Tétras vosgien a changé de dimension. Autour de la nécessité de conserver l’oiseau emblématique des montagnes vosgiennes, se sont progressivement réunis des chasseurs, des scientifiques, des naturalistes, des spécialistes du Grand Tétras et des acteurs de la conservation venus de plusieurs régions et de plusieurs pays européens. La Fédération des chasseurs des Vosges, sous l’impulsion de son président Frédéric Tissier, de ses administrateurs Jean-Jacques Claude et Jean-Pierre Briot, a pris toute sa part dans cette mobilisation. Leur engagement rejoint celui de Jean-Marc Delcasso, président de la Fédération des chasseurs des Hautes-Pyrénées, vice-président de l’Observatoire des galliformes de montagne (OGM) et président de l’Association nationale des chasseurs de montagne (ANCM), qui représente une trentaine de fédérations départementales. Son expérience et ses relations avec les acteurs espagnols du centre de Valsemana, dans la cordillère Cantabrique, ont également permis d’élargir la réflexion aux expériences européennes de conservation. Sur le terrain scientifique, Emmanuel Menoni, biologiste spécialiste du Grand Tétras en France, a mobilisé une dizaine de scientifiques référents afin de rédiger une tribune adressée à Monique Barbut, ministre de la Transition écologique. Une démarche importante : au-delà des convictions de chacun, le débat doit désormais être replacé sur le terrain des données, des méthodes et de l’évaluation scientifique....

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