Vendredi 16 juillet 2021 : Le petit journal de la chasse et de l’environnement

Sécheresse : nouveau cadre règlementaire pour les prélèvements d’eau

Le décret, publié fin juin, encadre le volume d’eau qui peut être prélevé dans les milieux naturels (rivières et nappes souterraines), sans les mettre en danger. Il a été élaboré dans le cadre d’un large processus de concertation avec l’ensemble des acteurs concernés (collectivités, profession agricole, pêcheurs de loisirs et professionnels, associations environnementales…) réunis au sein du « Comité National de l’Eau ». Depuis 2006, dans les secteurs en déficit structurel, une gestion collective de l’eau d’irrigation a déjà été mise en place. Une autorisation pluriannuelle de prélèvement est accordée par le préfet à un « OUGC » (Organisme Unique de Gestion Collective), chargé ensuite de répartir, entre les irrigants, les volumes d’eau pouvant être prélevés. Aujourd’hui, les experts estiment que le changement climatique pourrait conduire à une augmentation des épisodes de sécheresse, ce qui se traduirait par une baisse de 10 à 40% du débit des rivières et du niveau des nappes phréatiques. Afin d’anticiper les conséquences possibles, le gouvernement a pour objectif d’élaborer au moins 50 projets de territoire pour la gestion de l'eau, d’ici 2022, et 100 d’ici 2027.

 

Inventaire d’espèces

L’INPN vient d’intégrer de nouvelles données, transmises dans le cadre de l’élaboration de l’atlas des Carnivores et Primates de France. Afin de permettre la mise à jour des cartes de répartition, de nombreuses structures ont accepté de partager leurs données avec l’INPN, dans le cadre du Système d'information de l'inventaire du patrimoine naturel (SNIP). Ainsi, les données de l'Association de gestion de la réserve naturelle de Saint-Martin, du CPIE Pays de Loire, du Centre de recherche et d'observation sur les Carnivores (CROC), de Faune Aquitaine, de Faune Bretagne, de Faune Guyane, de France Nature Environnement (FNE), du Groupe d'étude des Mammifères de Lorraine, du Groupe mammalogique d’Auvergne, du Groupe mammalogique Breton, du Groupe de recherche et d’étude pour la gestion de l'environnement (GREGE), du Muséum national d'Histoire naturelle, de Nature en Occitanie (NEO), de l'Office français de la biodiversité (OFB), du Parc national du Mercantour et de la Société française pour l’étude et la protection des Mammifères (SFEPM) viennent d’être intégrées. Ce sont ainsi près de 15 000 nouvelles données qui sont venues renforcer la connaissance sur ces espèces, en Métropole et en Outre-mer.

 

L’avenir de la chasse de la tourterelle en Europe

Le 14 juillet, des experts de la chasse et de la conservation, ainsi que des membres du Parlement européen ont discuté, en ligne, de « l’'avenir de la tourterelle en Europe », dans le cadre d'un webinaire d'information organisé par la FACE. Le but était d'expliquer l'état d'avancement, et les prochaines étapes concernant la chasse et la conservation de cet oiseau, aux chasseurs et aux décideurs. Le professeur Gregorio Rocha, de l'Université d'Estrémadure, a fait le point sur les besoins de conservation de l'espèce, le travail effectué par la communauté des chasseurs et les conséquences négatives de l'arrêt de la chasse. En conclusion de ces échanges : pour les pays qui se trouvent sur les voies de migration centrale et orientale, la chasse sera maintenue, mais avec une réduction de 50 % de la récolte. Les gouvernements concernés s’y sont déjà engagés. En revanche, la situation est moins bonne pour la voie de migration ouest (Espagne, France). Si les chasseurs estiment que le rétablissement de la population de tourterelles est possible, avec le maintien d’une récolte limitée, la Commission européenne a poussé fortement en faveur de zéro récolte. Le président de la FACE, Torbjörn Larsson, a déclaré : « il est regrettable qu'au lieu de réduire la récolte et aider les États membres sur la voie de migration occidentale, il y ait des menaces supplémentaires de sanctions envers l’Espagne et la France. La fermeture complète de la chasse entraînera la perte d'énormes mesures de conservation et d'investissements annuels… ». Quant au président de l'intergroupe « Biodiversité, Chasse, Campagne », M. lvaro Amaro, il a exprimé sa déception « face à la position préemptive et intransigeante prise par la Commission européenne, pour introduire un moratoire sur la chasse de l'espèce, même si cela a été rejeté par les 10 pays qui l’autorisent… ».

 

Chasse pittoresque au Kazakhstan : le sanglier au pompon (rouge)

Sur les rives du lac Balkhach, de près de 500 kilomètres de long, les sangliers viennent se réfugier dans les roseaux pour échapper à leurs prédateurs. En fin de saison de chasse, ces zones refuges abritent une exceptionnelle densité de bêtes noires, mais inapprochables dans ces roseaux de plusieurs mètres de hauteur. Alors les locaux, ingénieux quand il faut être efficace, les chassent… d’une façon originale. Dès que le froid s’installe et que la glace est assez solide pour supporter des charges conséquentes, trois ou quatre camions, en général des engins militaires réformés, sont à la manœuvre. Dans la cabine, un chauffeur et un assistant. Dans la tourelle, au-dessus, un tireur armé d’une carabine (souvent une kalachnikov…) et… un pointeur. Les camions se déploient devant le mur de roseaux, à une centaine de mètres les uns des autres, et au signal donné, démarrent, tentant de rester en ligne. Bien sûr, le conducteur a la vue limitée au mur de roseaux qui se dresse devant lui, mais le pointeur voit beaucoup plus loin… les roseaux qui se couchent au passage de sangliers. A l’aide d’une grande canne à pêche équipée d’un bon mètre de solide ficelle à l’extrémité de laquelle est attaché un pompon rouge, il indique la direction que le conducteur n’a plus qu’à suivre. La suite, vous l’avez deviné, n’est que de l’abattage, mais c’est la seule façon efficace de préserver ces riches zones de nidifications, qui regorgent d’oiseaux migrateurs au printemps…

Jeudi 15 juillet 2021 : Le petit journal de la chasse et de l’environnement

Pollinisateurs : rien n'est réglé... 

En décembre 2020, et au grand dam des défenseurs de l’environnement, les betteraviers français ont obtenu l’autorisation d’utiliser des insecticides néonicotinoïdes pour trois années supplémentaires (loi du 14 décembre 2020). Cette décision avait été prise pour venir en aide à la filière, victime d’un puceron dévastateur qui a fait chuter la production de près des deux tiers. Lors du référé, le juge a indiqué que cette loi avait déjà été validée par le Conseil Constitutionnel, et a estimé que l’arrêté « se borne à mettre en œuvre, pour la seule campagne 2021, et pour la période maximale de 120 jours », la dérogation prévue par la réglementation européenne. Le 28 juin dernier, devant la catastrophe annoncée de la disparition des pollinisateurs qui s’accélère, les ministres de l’agriculture des pays membres adoptaient cette mesure : « Les pesticides ne peuvent être autorisés au sein de l'UE, que si une évaluation complète des risques a démontré l'absence de nocivité sur la santé humaine, et d'effets inacceptables sur l'environnement… ». Mais, le lobbying des fabricants de poisons est repassé par-là, et ils sont sur le point d’obtenir, non pas trois, mais dix années supplémentaires pour certains produits. Et pourquoi ont-ils obtenu ce délai ? Tout simplement parce que ce sont eux qui procèdent aux évaluations et rendent leurs conclusions aux autorités décisionnaires. Il ne reste donc aujourd’hui, et en dernier recours, que la participation à la consultation publique que vient de lancer le gouvernement, à propos de la mise à jour de « l’arrêté abeilles » qui date de 2003, et dont la nouvelle version : - ne précise pas quels tests seront menés sur les pesticides avant de les autoriser dans les champs ; - ne précise pas si la France entend adopter la position européenne négociée par l’industrie, qui juge « acceptable » qu’un pesticide puisse décimer une abeille sur dix dans une colonie ; - prévoit un délai allant jusqu’à dix ans pour réévaluer les insecticides qui sont déjà sur le marché ; - veut permettre des expérimentations de nouvelles technologies directement dans le milieu naturel des pollinisateurs, et même en période de floraison. Pour participer à la consultation publique : c’est ICI

   

La viande de synthèse n’est pas de la viande

On s’en doutait, mais en avoir la confirmation ne peut qu’enrichir le débat. Alors que la première usine de production de « viande de synthèse » vient d’être mise en service en Israël, une étude confirme que la (vraie) viande et ses substituts diffèrent largement sur le plan nutritionnel. Selon les chercheurs, qui publient les résultats de leur étude dans la revue « Scientific Reports », si certains substituts d’origine végétale ressemblent de plus en plus à de la véritable viande, les recherches montrent que ces deux types d’aliments sont loin de l’être d’un point de vue nutritionnel. Les scientifiques ont comparé 18 échantillons de viande hachée provenant de bovins nourris au fourrage, à 18 extraits d’un « substitut de viande végétal ». Si la composition de cette dernière comprenait 13 éléments (protéines, graisses et vitamines) également abondants dans la viande de bœuf, l’équipe s’est spécifiquement intéressée au type et à la quantité de métabolites, ces substances produites par les processus de régulation des cellules d’un organisme. Elle a constaté que, sur les 190 métabolites mesurés, les concentrations de 171 d’entre eux différaient considérablement d’un type d’aliment à l’autre. Parmi les métabolites trouvés dans la viande de bœuf, mais absents des substituts, figuraient des nutriments tels que la créatine, la spermine, l’ansérine, la cystéamine, la glucosamine, le squalène et l’acide gras oméga-3 DHA, décrit par l’équipe comme « ayant des rôles physiologiques, anti-inflammatoires et/ou immunomodulateurs potentiellement importants ». Ouf, on est rassuré : le vrai cuissot de sanglier ou de biche a plus d’avenir que la vraie viande de synthèse !

 

La gale du renard

Le temps relativement pluvieux (selon les régions), que nous connaissons actuellement, entretient une humidité dans les terriers, néfaste pour les renards. Les cas de gale se multiplient et touchent principalement les renardeaux, qui passent beaucoup plus de temps sous terre que leurs parents. Dues à la variété de « Sarcoptes scabiei vulpis », ces atteintes montrent des dépilations étendues, voire des alopécies complètes, allant du museau au bout de la queue. Des formations crouteuses brunes, très adhérentes à la peau, apparaissent sur le museau, les joues, l'encolure, et gagnent tout le corps. S’ensuit un état de misère corporelle, consécutive à une obligation de grattage permanent. Ces renards décharnés, dépouillés et crouteux, ont bien piètre allure en étirant derrière eux une queue dépoilée, leur donnant l’apparence d’un gros rat dégingandé. Les populations vulpines sont fortement impactées par cette maladie, et la mort par étisie des sujets gravement atteints est la règle quasi générale, dans les périodes de disette, où il ne suffit pas de se gratter pour se nourrir. Le renard de notre photo (de Sébastien Collignon), n’étant plus en état de chasser, vient chercher pitance à la ferme. Que faire si on constate que les cas se multiplient ? Si les populations sont abondantes, il convient rapidement de faire baisser les densités, ce qui freinera les contacts entre individus et réduira les risques de contagion. Dans le cas contraire, il faut savoir que des effectifs effondrés ne se reconstruisent qu'à grand peine, au fil du temps.

 

Angleterre : 13 éléphants d’un parc animalier vont être transportés par avion au Kenya

Pourtant, ce ne sont pas des clandestins arrivés là en violation des frontières. Ces pauvres animaux, qui vivent paisiblement depuis des années dans leur parc animalier « Howletts wild animal park », vont être expulsés du territoire de sa Gracieuse Majesté. L’opération est programmée pour 2022. Ces éléphants, qui n’ont jamais connu la liberté, nourris aux petits soins matin et soir et soignés quand ils se font un petit bobo seront embarqués dans un avion et transportés à 7 000 kilomètres de chez eux, en plein Kenya. C’est la dernière idée d’une association anglaise, la Fondation Aspinall, dont la directrice de la communication n’est autre que Carrie Johnson, l’épouse du Premier ministre britannique. Hormis le « coup de pub » pour ce qui est déjà nommé « une première mondiale », les pauvres animaux ne feront pas de vieux os dans leur nouveau monde impitoyable, incapables de trouver seuls eau et nourriture, incapables de se défendre, eux qui n’ont jamais été attaqués. « Avec le temps, leurs descendants se compteront par centaines, puis par milliers, et s'intègreront dans un écosystème incomparable qui contribue à stimuler l'économie touristique kenyane » a déclaré l’illuminé président de cette association, qui revendique la réintroduction d’animaux nés en captivité, dans leurs habitats naturels, tels que des gorilles, des rhinocéros noirs, des gibbons cendrés ou des bisons d'Europe. Il serait sans doute intéressant de savoir ce qu’ils sont devenus… et ce que deviendront ces pauvres éléphants… Quant au ministère kényan du tourisme et de la faune, il a déclaré : « avoir appris, avec inquiétude, les informations parues dans les médias britanniques. Le ministère tient à préciser que, ni lui, ni le Kenya Wildlife Service, n’ont été contactés ou consultés à ce sujet »…

Mardi 13 juillet 2021 : Le petit journal de la chasse et de l’environnement

Compensation environnementale, forestière et collective agricole

Des opérations d'aménagement du territoire conduisent à changer l'affectation des espaces naturels, agricoles ou forestiers, auxquels ne sont reconnus qu'une valeur économique faible, au regard des projets envisagés. Deux étapes doivent être respectées, dès la conception des projets, pour lesquelles trois dispositifs distincts de compensation ont été mis en place : écologique, forestière et collective agricole. La mission interministérielle, composée d’Isabelle Auricoste, Catherine de Menthière et Hélène de Comarmond a travaillé sur la base d'études déjà réalisées et a auditionné les administrations centrales, les services déconcentrés de l’État dans plusieurs régions et départements, les collectivités, les acteurs de l'agriculture, l'écologie, la forêt et de l'aménagement du territoire. La mission a analysé les points communs, les forces et les faiblesses de chaque dispositif, et sur la base de ces constats, propose que les différentes compensations soient décrites et articulées au sein d’une autorisation administrative unique. La planification, au niveau des différents documents, permet de raisonner l’aménagement du territoire et d’intégrer, très en amont, les principes « Éviter et Réduire » afin de limiter les impacts négatifs sur les différents milieux naturels, agricoles et forestiers. (Voir le rapport complet ICI)

 

Après la tourmente, embellie en vue pour les cirques et… leurs animaux

Le 2 octobre 2020, la ville de Clermont-Ferrand avait, par arrêté, interdit l’installation de cirques avec animaux sauvages en vue de leur représentation publique. Fin octobre, l’Association de défense des cirques de famille avait attaqué l'arrêté devant la justice administrative, estimant que ce genre de décision n’est pas du ressort d’une commune. Jeudi dernier, le Tribunal Administratif a donc examiné la requête, et a pris la décision d’annuler l’arrêté pris par la ville. Dans ses conclusions, le TA précise que : « ni les dispositions du code général des collectivités territoriales, qui réservent au maire l’exercice de la police municipale, ni celles du code rural et de la pêche maritime, du code de l’environnement, qui prévoient la compétence du préfet du département en la matière, ni aucun autre texte ne confèrent au conseil municipal le pouvoir d’interdire, sur le territoire de la commune, la présence de cirques détenant des animaux domestiques ou non. Dans ces conditions, la commune de Clermont-Ferrand n’était pas compétente pour interdire sur son territoire l’installation de cirques détenant des animaux sauvages en vue de leur représentation au public ». Le TA reconnait également que l’arrêté « porte une atteinte disproportionnée à la liberté du commerce et de l’industrie dont peuvent jouir, en vertu de la loi, les personnes dirigeant les établissements autorisés à présenter des spectacles utilisant des animaux sauvages ».

 

Alliance entre « One with Nature Expo » et la FACE

La Fédération européenne pour la chasse et la conservation a annoncé la semaine dernière, un partenariat avec l'exposition « One with Nature » qui aura lieu du 25 septembre au 14 octobre 2021, à Budapest, en Hongrie. « One with Nature » 2021 sera la plus grande exposition sur la nature au monde. L'événement s'appuie sur la première exposition nationale de chasse en Hongrie, qui s'est tenue en… 1871, et était principalement un forum spécialisé pour les chasseurs. Cent cinquante ans après, et bien que les écologistes prétendent le contraire, la relation à multiples facettes entre l'homme et la nature n’a pas changé. « One with Expo » sera non seulement un grand salon de la chasse et de la nature, mais aussi une exposition mettant en valeur les technologies de pointe. L'événement principal sera l'exposition centrale, d'importance internationale puisque 37 pays y tiendront stands afin de montrer l’importance et la nécessité de la chasse dans leur pays. Le Dr Zoltán Kovács, commissaire du gouvernement hongrois a déclaré : « L'exposition sera une attraction unique et complexe, semblable à un musée, avec de nombreux messages au public. Chacun des thèmes que nous traitons est porteur d'un message très important : l'homme, qu'il soit chasseur, forestier, pêcheur, randonneur ou autre, sera toujours uni avec la nature… ».

 

Le panda, retiré de la liste des animaux en voie d’extinction, en Chine

Certes, le panda, avec une population de 1 800 individus vivants à l’état sauvage reste « vulnérable », mais vient de sortir de la liste des animaux en voie d’extinction, en Chine. Il y a une vingtaine d’années, le pays craignant de perdre des moyens de protection pour venir en aide à ces mammifères bicolores, n’avait pas souhaité suivre l’instance mondiale de protection de la faune, lorsqu’elle avait rétrogradé la menace de survie du panda sur son échelle de mesure. Pour cet animal mascotte, qui voit son habitat se réduire année après année, les Chinois ont replanté massivement des bambous, qui constituent une part très importante de l’alimentation du panda, des réserves dédiées, une aide à la reproduction, et tous ces investissements majeurs ont porté leurs fruits. Au-delà de la sympathie que dégage cet animal, il est aussi un véritable instrument diplomatique pour la Chine, qui est le seul pays à voir évoluer, dans son biotope, des pandas à l’état sauvage. Elle en met en « location » auprès de ses partenaires partout dans le monde, ce qui lui permet de garder la mainmise sur la préservation de l’espèce, tout en s’assurant une bonne représentation sur les territoires étrangers.

Lundi 12 juillet 2021 : Le petit journal de la chasse et de l’environnement

La « préservation de l’environnement » ne sera pas inscrite dans la Constitution

Le désaccord entre le Sénat et l’Assemblée nationale, sur la nouvelle mouture du texte, a enterré cette proposition de la convention citoyenne pour le climat. Faute d’accord entre les deux hautes chambres, qui auraient dû adopter le texte dans les mêmes termes, il ne peut y avoir de référendum. C’est lors de la séance des questions au gouvernement, mardi dernier, que le vote a mis un terme au processus de révision constitutionnelle « dont nous continuons à penser qu’il était indispensable à notre pays » a lancé le premier ministre, Jean Castex. Certes les deux assemblées se sont livré une bataille de mots, le Sénat s’opposant au terme « garantir » voulu par le chef de l’Etat, qui instituerait une « quasi-obligation de résultat ». Le président du Sénat, Gérard Larcher, tout en se disant prêt à aborder la question « de manière ouverte et positive », avait posé une cette condition au démarrage des discussions : « pas de société de décroissance ».

 

Loup : à quand la fin de la mascarade ?

Une quarantaine de millions d’€ par an. Voilà ce que coûtent les loups aux contribuables, au titre d’une biodiversité fantoche, puisque cette espèce n’est vraiment pas en voie de disparition. Les détenteurs de loups sont légion en France, et on peut se demander d’ailleurs ce que deviennent les louvards nés en captivité… Ses défenseurs jouent une partie truquée, n’étant pas sollicité pour participer financièrement à la réparation des dégâts que causent leurs protégés. Après 87 attaques pour le seul département de l’Isère, la prédation continue de plus belle. Certes un loup a bien été tué la semaine passée, dans le cadre d’un tir de défense renforcé dans les Hautes-Alpes, ce qui porte à 28 les exécutions ordonnées par les préfets. Les pro-loups dénoncent ces tirs, et commencent à fustiger, sans aucune preuve, un braconnage alarmant sur les 126 meutes officiellement recensées par l’OFB. Les chasseurs eux, restent silencieux devant la disparition de la faune sauvage dont ils avaient assuré la gestion depuis des décennies, ne voulant pas voir que, derrière le loup, se cache cet objectif anti-chasse : moins de gibier = moins de chasseurs…

 

Les communes forestières refusent de sauver l’ONF

Partout en France, les motions contre cet appel à mettre la main au porte-monnaie, se multiplient dans les communes forestières. Elles dénoncent les conséquences du prochain contrat Etat/ONF (2021/2025), qui prévoit une augmentation de 27,5 millions d’€ de leur participation. De trente millions, elle passerait à 57 millions d’€, ce qui est insupportable pour les communes, compte tenu des services rendus par l’ONF, accusé d’avoir surexploité leurs forêts, et contribué à leur fragilisation. D’ailleurs, certains maires n’hésitent plus à soupçonner aujourd’hui l’Office de vouloir tout raser… pour replanter, ce qui effacerait, pour les trois ou quatre décennies à venir, les traces des erreurs passées. Le bras de fer se poursuit donc entre l’Etat, qui ne veut plus supporter le déficit de l’établissement public (mais qui vient de confirmer un versement compensateur de 140 millions d’€ par an), et les partisans d’un Office des Forêts, chargé des seules forêts de l’Etat…

 

Salon des migrateurs

La grande fête des chasseurs de migrateurs revient. Elle se déroulera à Cayeux-sur-Mer, sur deux jours, le samedi 17 et le dimanche 18 juillet. Au programme de ces deux journées « de bonheur et de partage » affirment les organisateurs, il y aura autour des nombreux exposants présents : - la foire aux appelants, qui réunira plus de 5 000 appelants proposés par les éleveurs ; - le concours de la meilleure cane chanteuse ; - le concours de siffleux, grande tradition régionale ; - le ball-trap des migrateurs, le concours d’appeaux et la grande brocante des migrateurs, où l’on ne pourra trouver que des objets en rapport avec la chasse. Un week-end à ne pas manquer.

Vendredi 9 juillet 2021 : Le petit journal de la chasse et de l'environnement

Coronavirus : avons-nous enclenché la contamination croisée ?

Le virus de SARS-CoV-2 provient sans doute d'un virus d'animal hôte qui s'est propagé à l'Homme. La source n’est pas encore identifiée avec certitude, mais ce que redoutent maintenant les scientifiques, divisés quant au remède à employer pour éradiquer la pandémie, c’est la contamination croisée. Elle réduirait à néant tous les efforts de vaccination massive entrepris. En contaminant les animaux, l’Homme créerait un vaste réservoir à coronavirus, au sein duquel de nouveaux variants dangereux apparaîtraient. Un phénomène déjà observé dans d'autres maladies, connues pour être passées de l’Homme à l’animal (Ebola, peste, grippe aviaire…). « Si le SARS-CoV-2 pénétrait une nouvelle population animale, il pourrait perpétuer indéfiniment la pandémie, le virus se déplaçant de manière intermittente entre son nouvel hôte et les humains », alerte Anna Fagre, microbiologiste vétérinaire à l'Université d'État du Colorado. Se pose alors la question de la vaccination des animaux de compagnie. En janvier dernier, des scientifiques britanniques ont publié une tribune soutenant qu'une campagne de vaccination des animaux domestiques pourrait être nécessaire, et en mars, la Russie a homologué le premier vaccin contre le SARS-CoV-2 destiné aux animaux, le Carnivac-Cov. « Eviter les contacts rapprochés restent plus que jamais nécessaire. Lors de tout contact avec un animal réceptif, des mesures d'hygiène strictes doivent être appliquées » conclut l'Anses.

 

Les lauréats de l’appel à projets « Atlas de la Biodiversité Communale » (ABC)

Bérangère Abba, secrétaire d’État chargée de la biodiversité, a annoncé les 98 lauréats de cet appel à projets. Véritables outils stratégiques de l’action locale, les « ABC » visent l’acquisition et la diffusion de nouvelles connaissances naturalistes, à l’échelle d’un territoire. Ces connaissances, accessibles à tous, permettent d’agir en faveur de la biodiversité, avec une cartographie des enjeux bien plus précise. Entre 2017 et 2020, 153 Atlas de la Biodiversité, couvrant plus de 1 400 communes ont vu le jour sur l’ensemble du territoire, et dans le cadre du plan « France Relance », un appel à projets a été lancé début janvier 2021 pour soutenir financièrement de nouvelles collectivités dans la réalisation d’ABC. L’enveloppe budgétaire dédiée mobilise 8 millions d’euros, au lieu des 5 prévus initialement. En métropole, ces 98 nouveaux projets d’ABC impliquant 769 communes, débuteront dès ce mois de juillet, pour une durée de 2 ans. Pour voir la liste des lauréats des « Atlas de la Biodiversité Communale » (classés par département) c’est ICI

 

Les « comiques » verts

Alors que la coprésidente du Parti animaliste, l’avocate Hélène Thouy, s’est officiellement lancée dans la course à l’Élysée « pour défendre les intérêts des animaux », le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, vient, lui, de rassurer ses ouailles. Il a dissipé les inquiétudes qui pesaient sur l'avenir du parc zoologique municipal de la Tête d'Or, en réaffirmant sa vocation de refuge pour la biodiversité. Accrochez-vous, c’est du lourd : « La première mission de ce zoo, c'est de protéger et de préserver en tenant compte du bien-être animal » a-t-il déclaré, ajoutant : « La vocation de sensibilisation, d'éveil des consciences reconnue au zoo, doit toutefois s'accompagner d'une nouvelle amélioration des conditions de vie des animaux. Le parc disposait déjà d'une vaste plaine africaine de 2,5 hectares où s'ébattent girafes, zèbres, antilopes et autruches. Le nouvel espace -forêts d'Asie- montre à dessein un très petit nombre d'espèces, mais dans un milieu très végétalisé évoquant leur habitat naturel ». Le « vaste espace » de 2,5 ha (deux cent cinquante mètres de long sur 100 de large), royaume de la nouvelle génération des animaux protégés, méritait bien qu’un partenariat soit signé entre ce zoo et l'école vétérinaire « VetAgroSup »… qui dispose d'une chaire consacrée... au bien-être animal.

 

Assemblée générale 2021 de la FACCC

Après Moulins en 2019, et en visio-conférence en 2020, c’est autour du fameux canyon de Bozouls, en Aveyron, que se tiendra l’AG 2021, les 17 et 18 juillet prochains. Elle va revêtir une connotation particulière, celle des retrouvailles, après deux années de contrariétés dues à la crise sanitaire. Le programme prévoit, le samedi de 17 à 19 heures, une réunion de tous les présidents des délégations départementales, invités à se retrouver pour deux heures d'échange, de partage, de réflexions et de préparation des grands chantiers qui se présentent. Le dimanche, de 9h à 12h, se tiendra l’AG, en présence des adhérents, des représentants des AFACCC départementales et des invités. Après les sujets statutaires, on y parlera, entre autres, de la grande étude sociologique que vient de lancer la FACCC, visant à comprendre les attentes et les besoins de ses adhérents, mais également de mieux les connaître dans la pratique de leur passion. Ces travaux sont confiés à une étudiante en « Master Sciences Humaines et Sociales », mention Sociologie, de l'Université de Bourgogne, qui travaillera en collaboration avec l'équipe FACCC dédiée (Marie-Claude Koenig, Jean-Pierre Lacour et Valérie Trassaert). Pour ceux qui envisagent de faire le déplacement, il est conseillé de ne pas attendre le dernier moment pour réserver.

 

Safari Club International : conclusion de la « semaine de plaidoyer »

Ces travaux, qualifiés « d’opportunité exclusive pour nos adhérents de s'engager et de communiquer directement avec les membres du Congrès » ont permis de montrer comment le « Hunter Advocacy Action Center (HAAC) » joue un rôle direct en influençant les décisions de politique publique au niveau de l'État et au niveau international. La direction du SCI avait fourni une mise à jour détaillée des affaires fédérales, dont le projet de législation qui interdirait l'importation, la possession et le transport d'espèces sauvages chassées légalement à l'étranger. Les membres du SCI ont également eu l'occasion d'écouter un panel impressionnant de conférenciers. Le directeur du bureau des conseillers juridiques de la NRA-ILA, Mike Jean, est revenu sur l'état du litige concernant le loup gris et sa radiation de la liste des espèces en danger. « La Semaine du plaidoyer du SCI est un élément crucial des efforts entrepris, et nous devons son succès à nos alliés au Congrès et au travail de nos membres. S'assurer que nous sommes entendus sur la colline du Capitole est essentiel pour protéger, non seulement les droits de notre communauté, mais également la santé à long terme des espèces sauvages à travers le monde » a déclaré W. Laird Hamberlin, président du SCI.

Jeudi 8 juillet 2021 : Le petit journal de la chasse et de l'environnement

Capture à la glu : la FNC boycotte le Conseil national de la chasse et de la faune sauvage (CNCFS)

Dans l’épineux dossier de la chasse à la glu, la FNC a annoncé qu’elle boycottera la CNCFS. Solidaires de cette position, les représentants de la profession agricole (FNSEA et APCA) emboitent le pas, de même que les lieutenants de louveterie. Si les agriculteurs ont besoin des chasseurs et réciproquement, on peut se demander pourquoi les louvetiers sont venus s’engluer dans ce dossier… qui ne concerne que 5 départements de l’arc méditerranéen. Volontaires, ces auxiliaires bénévoles de l’Etat, nommés par les préfets « conseillers techniques de l’Administration », renoncent ainsi à leur devoir de réserve et viennent de griller leur impartialité… Dommage !

Cela dit, il y a quelques jours (1er juillet), nous titrions : « Pour quelques verts de plus, les chasses traditionnelles vont trinquer ! ». A moins d’un an de l’élection présidentielle, la machine de guerre de nos adversaires est en marche, et il ne faut plus compter, de la part d’un ministère de tutelle (et de son personnel) profondément anti-chasse, un soutien quelconque. Les dossiers sont systématiquement sabotés, pour arriver au résultat que l’on constate aujourd’hui. C’est peut-être le moment de tenter de revenir dans le giron de celui que nous n’aurions jamais dû quitter : le ministère de l’Agriculture. Les paysans savent, eux, que la chasse est indispensable... sous toutes ses formes. Nos chiens y sont rattachés, les chevaux aussi et si nous avons besoin des agriculteurs, ils ont aussi besoin de nous, pour réguler le grand gibier, pour limiter les populations de blaireaux qui défoncent les champs, pour freiner les « ESOD », pour l’entretien des chemins, des allées forestières, des points d’eau, les plantations de haies, etc… bref, tout ce qui rend la nature accueillante. Les chasseurs ont sans doute une carte à jouer en soutenant le candidat à l'élection présidentielle qui s’engagera à « remettre l’église au centre du village », c’est-à-dire la chasse à l’agriculture. Mais y en aura-t-il au moins un ?

Pour lire le communiqué de presse de la FNC, c’est ICI

 

Expérimentation d’un menu végétarien hebdomadaire dans les cantines scolaires

Après la viande de gibier, les végétaux… Le véganisme pousse en force et voudrait bien endoctriner tout ou partie des 12 millions d'élèves, répartis dans 61 000 établissements (50 000 écoles primaires, 7 000 collèges, 4 000 lycées). La moitié de ces élèves déjeunent à la cantine, qui relève de la responsabilité des municipalités pour le primaire, des départements pour les collèges, et des régions pour les lycées. L’article 24 de la loi EGalim, du 30 octobre 2018, prévoit une expérimentation de deux ans, d’un menu végétarien hebdomadaire en restauration collective scolaire publique et privée, de la maternelle au lycée. Cette expérimentation a été engagée à compter du 1er novembre 2019, et la loi impose que l’évaluation de cette mesure soit transmise au Parlement, au plus tard six mois avant son terme. Le CGAAER a été chargé de procéder à l’évaluation de cette expérimentation, et de proposer les suites qui pourraient lui être données. Les conclusions sont mitigées, et parmi elles, ceci : « Le repas végétarien hebdomadaire à la cantine scolaire ne présente que des avantages au titre de la diversification des sources de protéines. En revanche, les opinions sont nettement plus contrastées quant à une augmentation de la fréquence du menu végétarien à la cantine… Pour dépassionner l’enjeu et remettre l’alimentation des élèves au centre du processus, il est suggéré de privilégier une dynamique culinaire et gastronomique : promouvoir les végétaux, sans stigmatiser les produits animaux… ». Pour lire le rapport complet du CGAAER, c’est ICI

 

Gard : des stages alternatifs pour les chasseurs verbalisés

L’un des premiers départements à bénéficier de ces stages alternatifs aux poursuites pénales, proposés aux chasseurs, le Gard renforce la convention pour gagner en efficacité dans le cadre des actions menées par les parquets de Nîmes et d'Alès en matière d'atteinte à l'environnement et du respect des règles de sécurité. Au nombre de 15 000 dans le département, les chasseurs doivent prendre en compte la régulation et la protection des espèces, mais doivent rester vigilant, a commenté Marc Valat, directeur de la FDC. « Nous avons sur notre territoire une importante activité de chasse et en parallèle assez peu de verbalisations. Depuis 20, 30 ans, les chasseurs se sont assagis » a confirmé Louis-Gérard d'Escrienne, directeur régional adjoint de l'OFB, rappelant que pour l’année 2020, environ 120 procès-verbaux d'infractions ont été dressés à l'encontre des chasseurs, dont 60% pour des contraventions. Les procureurs de Nîmes et d’Ales ont donc présenté et signé la nouvelle convention sur les stages alternatifs, organisés à l’Ecole de la chasse et de la nature à Nîmes, qui mettent un terme aux seules contraventions, mais pas aux délits qui relèvent du tribunal, a rappelé le procureur Éric Maurel, qui a ajouté : « Les chasseurs doivent aujourd’hui partager le territoire avec les randonneurs, les vététistes… Les citoyens sont aujourd’hui très vigilants. C’est un devoir de protéger les espèces, la biodiversité et de travailler à la sécurité de tous ».

 

Pour la première fois, un pays interdit l'élevage de saumons

C'est une première qui vient d’être révélée. L'Argentine vient, par une loi, d’interdire l'élevage de saumons dans la province de la Terre de Feu. L'Assemblée législative de l'archipel, partagé avec le Chili, l’a voté à l'unanimité le 30 juin. Située en Patagonie, au sud du continent américain, la Terre de Feu regroupe une grande quantité de petites îles, avec comme point le plus méridional, le cap Horn. Différentes espèces y vivent (goélands, mouettes, martins pêcheurs, manchots…). Avec la truite, l'élevage et la pêche du saumon y sont très répandus et cette décision a été saluée comme « historique, car jamais encore un état n’avait légiféré dans le monde de cette façon pour la protection des écosystèmes, face aux dommages causés par cette industrie ». Petit bémol cependant, puisque du côté chilien, l'élevage du saumon se poursuit, accumulant sous les fermes aquacoles, des monceaux de déchets qui détruisent tout, flore et faune marines.