À partir du 19 octobre, Erevan, en Arménie deviendra pendant près de deux semaines la capitale mondiale de la biodiversité. La 17e Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (COP17) réunira jusqu’au 30 octobre 2026, gouvernements, scientifiques, organisations internationales, peuples autochtones, acteurs de la société civile et représentants du secteur privé. Cette rencontre intervient à un moment particulier. Quatre ans après l’adoption du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, les États vont procéder pour la première fois à un examen mondial de leurs progrès collectifs.
Il ne s’agit donc plus seulement de fixer des objectifs, mais de mesurer ce qui a réellement été engagé et réalisé pour les atteindre d’ici 2030. Le bilan sera notamment établi à partir des stratégies et plans nationaux pour la biodiversité présentés par les pays. Cette première évaluation doit permettre d’identifier les avancées, mais aussi les lacunes qui risquent de compromettre l’atteinte des 23 cibles du cadre de Kunming-Montréal. La question du financement de la biodiversité figurera également parmi les dossiers sensibles des négociations. Autre enjeu : la traduction des engagements internationaux en actions concrètes sur le terrain. Protection et restauration des écosystèmes, mobilisation des ressources, données sur la biodiversité, partage des avantages liés aux ressources génétiques ou encore liens entre biodiversité et santé font partie des questions préparatoires identifiées par le secrétariat de la Convention. L’Arménie entend donner une forte dimension politique à cette COP. Un sommet des dirigeants est prévu le 16 octobre, avant l’ouverture officielle, tandis que le segment de haut niveau réunissant notamment les ministres se déroulera les 27 et 28 octobre. À Erevan, l’enjeu sera donc de transformer les promesses de 2022 en résultats mesurables. À quatre ans de l’échéance de 2030, la COP17 devrait surtout permettre de répondre à une question simple : les engagements pris pour enrayer l’érosion de la biodiversité commencent-ils réellement à changer la trajectoire de la nature ?
Quelques brèves de chez nous et... d'ailleurs

La France réalise cette évaluation tous les six ans. Pour la période 2019-2024, plus de 1 000 évaluations ont été conduites, avec la mobilisation de plus de 400 experts. Tous les milieux ne sont cependant pas touchés de la même manière. Les habitats forestiers et rocheux apparaissent parmi les mieux préservés. À l’inverse, les milieux littoraux, humides et aquatiques figurent parmi les plus fragiles. Les pressions exercées par l’artificialisation, la fragmentation des milieux, les modifications des pratiques agricoles, les changements hydrologiques ou encore les différentes formes de pollution pèsent sur leur état de conservation. Le détail des résultats montre également des disparités entre les groupes d’espèces et les territoires. Pour les espèces d’intérêt communautaire présentes dans l’Hexagone, 24 % seulement sont dans un état favorable, contre 28 % lors de l’évaluation précédente. Pour les habitats, la situation est également préoccupante : une part importante des évaluations fait apparaître une détérioration. Ce bilan ne signifie pas que toutes les espèces déclinent partout. Certaines bénéficient de mesures de protection et connaissent des évolutions positives. Mais la tendance générale reste défavorable.
L’ONF constate ainsi que l’équilibre forêt-ongulés n’est plus satisfaisant que sur 45 % des forêts domaniales, contre 61 % en 2018. Cette situation peut également pénaliser les animaux eux-mêmes : en réduisant la diversité et la quantité de végétation disponible, une forte densité peut dégrader progressivement les conditions d’accueil du milieu. La question n’est donc pas celle d’une population « trop importante » dans l’absolu, mais d’un niveau compatible avec les ressources et la capacité de renouvellement de chaque territoire. La chasse constitue aujourd’hui le principal outil de régulation des grands ongulés en France. Lors de la saison 2024-2025, près de 1,56 million d’ongulés sauvages ont été prélevés : 881 372 sangliers, 569 183 chevreuils, 90 324 grands cervidés, auxquels s’ajoutent chamois, isards, mouflons, daims et cerfs sika. Ces chiffres traduisent l’ampleur de la gestion, mais ne signifient pas que la situation est identique partout. Les prélèvements sont ajustés selon les populations, les habitats et les dégâts observés. Dans certaines forêts, l’ONF estime d’ailleurs nécessaire de renforcer la régulation pour permettre le renouvellement des peuplements. Le retour ou le développement des grands prédateurs pose une autre question : peuvent-ils assurer seuls cette fonction de régulation ? Le loup exerce incontestablement une prédation sur les ongulés, mais son action ne se substitue pas mécaniquement à celle de la chasse. Sa répartition, son comportement et la disponibilité des proies déterminent son impact. À l’hiver 2024-2025, la population française était estimée à 1 082 loups en moyenne, avec une fourchette de 989 à 1 187 individus. Augmenter fortement leur nombre aurait par ailleurs des conséquences sur l’élevage. En 2025, 4 441 attaques de loups et 12 927 animaux victimes ont été recensés selon les premières estimations officielles. Le véritable enjeu est donc moins de choisir entre chasseurs et prédateurs que de déterminer, territoire par territoire, quelle combinaison de régulation permet de maintenir les équilibres entre faune sauvage, milieux naturels, forêt et activités humaines.
Elle réunira Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique (sous réserve de confirmation), Xavier Roseren, vice-président de l’ANEM et député de la Haute-Savoie, Marie-Noëlle Battistel, députée de l’Isère et présidente du Conseil national de la montagne, Arnaud Murgia, maire de Briançon et président du Parc national des Écrins, ainsi qu’Anne Marty, présidente de Domaines skiables de France. L’après-midi, la deuxième table ronde portera sur le financement des territoires de montagne et l’accès aux crédits nationaux et européens. Participeront Frédérique Espagnac, secrétaire générale de l’ANEM et sénatrice des Pyrénées-Atlantiques, Sylvie Vermeillet, sénatrice du Jura et présidente du comité de massif du Jura, ainsi que Michel-François Delannoy, directeur à la Banque des Territoires. Les échanges viseront notamment à aider les élus à planifier leurs investissements et à mieux mobiliser les dispositifs existants. Enfin, vendredi matin, la troisième table ronde s’intéressera à l’agriculture, la biodiversité, l'élevage et la prédation, ainsi que la coopération transfrontalière. Autour d’Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, interviendront Jean-Pierre Vigier, président de l’ANEM et député de la Haute-Loire, Éric Sargiacomo, député européen, Danièle Carteron, députée de la Haute-Savoie, Patrice Dunand, maire de Gex et président de Pays de Gex Agglo, Jean Peyrony, directeur général de la Mission opérationnelle transfrontalière, et Guillaume Corradino, directeur général d’Euromontana. Le congrès entend ainsi croiser enjeux climatiques, financement public, agriculture, biodiversité et coopération européenne pour nourrir les réflexions sur l’avenir des territoires de montagne.
L’objectif est d’harmoniser les méthodes de relevé afin de disposer de données fiables et comparables sur l’ensemble du territoire. Les informations recueillies doivent notamment permettre de repérer les portions de route où les collisions se répètent. Les Directions interdépartementales des routes (DIR) jouent déjà un rôle important dans ce recensement. Depuis 2017, leurs agents appliquent un protocole commun lorsqu’ils découvrent un animal percuté sur le réseau routier national non concédé. Espèce, date et localisation de la collision sont notamment renseignées. Ces données permettent progressivement de mieux identifier les points noirs et les secteurs où les déplacements de la faune se heurtent aux infrastructures routières. Le futur guide doit également permettre de mieux cibler les solutions : passages à faune, clôtures adaptées, restauration des continuités écologiques ou amélioration de la signalisation. Les fédérations départementales des chasseurs doivent être associées à la démarche, leur connaissance des populations de grand gibier et de leurs axes de déplacement pouvant compléter les observations réalisées sur les routes. En attendant l’amélioration de ces dispositifs de prévention, la période automnale appelle à une vigilance accrue, particulièrement à l’aube, au crépuscule et sur les axes traversant les massifs forestiers. Face à un animal, mieux vaut ralentir et rester prêt à freiner que tenter une manœuvre brusque.
Selon les estimations de l’Insee et du Trésor reprises par la mission, les fortes températures et la sécheresse pourraient avoir amputé la croissance d’environ 0,1 point de PIB, soit près de 3 milliards d’euros. L’agriculture a été particulièrement touchée, avec notamment une baisse estimée de 42 % pour certaines productions de maïs et une diminution d’environ 8 % de la valeur ajoutée agricole. À cette perte d’activité s’ajoutent au moins 2,5 milliards d’euros de dépenses publiques supplémentaires : environ 1,3 milliard pour les aides aux agriculteurs, 700 millions pour les dépenses liées à la santé et au moins 300 millions pour les incendies. La troisième composante, la plus importante mais aussi la plus incertaine, concerne les ménages et les entreprises. La mission l’évalue à plus de 11 milliards d’euros. Elle inclut notamment les dommages assurés liés aux incendies, l’augmentation des consommations électriques due à la climatisation et à la ventilation, ainsi que les pertes agricoles. Ce dernier montant repose cependant sur des estimations fournies par des organisations agricoles et doit donc être interprété avec prudence. Au-delà du bilan de 2026, le rapport pose surtout la question de l’adaptation. La mission estime entre 10 et 13,6 milliards d’euros les dépenses publiques qui seraient nécessaires dès 2027 pour mieux faire face à des épisodes comparables. À l’horizon 2050, l’effort cumulé pourrait atteindre 117 à 158 milliards d’euros. Ce chiffrage intervient alors que s’ouvre le débat sur le budget 2027. Il donne une dimension très concrète au coût de l’adaptation climatique : ne pas investir aujourd’hui pourrait signifier supporter demain des dommages encore plus élevés.
Les entreprises et les structures publiques sont notamment appelées à intégrer davantage la préservation de la ressource dans leurs stratégies et leurs pratiques. Cette réflexion sera au cœur de la table ronde « L’eau, un enjeu de civilisation : les acteurs du fleuve s’engagent ». Elle réunira notamment Clémence Aubert, secrétaire générale d’Initiatives pour l’Avenir des Grands Fleuves (IAGF), Benoit Martin, directeur des programmes Green Business – Agir pour l’eau aux Banques Populaires, et Lionel Rouillon, directeur du développement de Voies navigables de France. Les échanges permettront de confronter les approches économiques, environnementales et opérationnelles de la gestion de l’eau. La dimension internationale sera également mise en avant avec les Prix « Living with Rivers 2026 ». Le 15 octobre, à Marseille, Erik Orsenna, président d’IAGF, et les membres du jury remettront les distinctions aux trois lauréats de cette édition. La cérémonie permettra également de présenter les 52 nouveaux projets labellisés en 2026, conduits dans différents territoires à travers le monde. Ces initiatives visent à favoriser une coexistence durable entre les fleuves, les écosystèmes et les populations qui en dépendent. À travers ces rencontres, les Assises entendent rappeler une évidence devenue stratégique : préserver l’eau, c’est aussi préparer l’avenir des territoires et des sociétés qui vivent avec leurs fleuves...
Selon les acteurs réunis en Ariège, la densité atteindrait désormais un ours pour 7 km² dans certains secteurs, une situation jugée incompatible avec le maintien d’un élevage pastoral viable. La motion réclame notamment une meilleure protection des troupeaux, des moyens adaptés aux réalités du terrain et une évolution du cadre réglementaire. Les professionnels souhaitent également que le rôle économique, environnemental et culturel du pastoralisme soit davantage reconnu dans les politiques publiques.
Ces observations ne prouvent évidemment pas que l’opération réussira. Elles démontrent cependant qu’elle produit des résultats qui méritent d’être étudiés. Interrompre maintenant une expérimentation prévue jusqu’en 2029 reviendrait à rendre un verdict avant d’avoir recueilli toutes les données.
Il expose notamment au Salon des Artistes français et connaît, de son vivant, une carrière couronnée de succès et une certaine notoriété. L’exposition propose de découvrir son parcours à travers six salles, chacune mettant en avant une facette de son travail. Les croquis et études préparatoires permettent notamment d’entrer dans sa technique et de comprendre la construction de ses œuvres. Une salle est consacrée à la neige, environnement dans lequel Rötig excelle à représenter les animaux sauvages. Une autre rassemble ses modèles privilégiés : cerfs, sangliers et chevreuils, particulièrement présents dans sa production. Mais la palette du peintre ne se limite pas au grand gibier. Les animaux exotiques, observés notamment dans les parcs zoologiques, occupent également une place dans son œuvre, tandis qu’une dernière section témoigne de la diversité des espèces qu’il a représentées. À travers ses tableaux, Rötig cherche à saisir les animaux dans leur environnement et dans des attitudes naturelles. L’exposition invite ainsi à pénétrer « au cœur des forêts », mais aussi dans cette intimité animale que le peintre s’attachait à observer et à restituer. Présentée au 4 bis, place de Samois, à Moret-Loing-et-Orvanne, l’exposition est ouverte les vendredis, samedis et dimanches, de 14 h à 18 h. L’entrée est libre. Un catalogue regroupant les visuels des œuvres exposées est également disponible à l’accueil du musée. La ville de Moret-sur-Loing, où Rötig a vécu, offre ainsi un cadre particulièrement approprié pour redécouvrir l’œuvre de ce peintre animalier.
La Commission entend notamment rechercher les lourdeurs administratives qui pourraient être supprimées, simplifier certaines procédures et renforcer la sécurité juridique, sans diminuer les exigences environnementales. Le sujet est loin d’être anecdotique. La directive Oiseaux constitue depuis la fin des années 1970 l’un des piliers de la politique européenne de conservation, tandis que la directive Habitats, adoptée au début des années 1990, a notamment contribué à la construction du réseau Natura 2000. Leur application concerne donc directement la gestion des territoires, la protection des espèces et, dans certains cas, les activités agricoles, forestières, touristiques ou cynégétiques. La Commission veut surtout savoir où se trouvent les difficultés concrètes. Le calendrier est désormais engagé : après la consultation publique et les échanges avec les États membres et les parties prenantes, un nouveau dialogue avec la commissaire Jessika Roswall est prévu ce mois-ci, avant un rapport attendu d’ici à la fin de 2026. À ce stade, aucune modification des directives n’est donc arrêtée...
Le grand gibier concentre également une part importante de l’accidentologie, en raison notamment de l’usage plus fréquent des armes à feu et des situations de tir qui peuvent être complexes. Autre règle essentielle : l’identification de la cible et la prise en compte de l’environnement avant chaque tir. Une route, une habitation, un chemin ouvert au public, un véhicule ou un autre participant à la chasse doivent être intégrés dans l’analyse de la situation. L’OFB rappelle que le respect des angles de sécurité constitue l’un des moyens essentiels de limiter les risques. Le bilan fait apparaître un phénomène différent pour les incidents. L’OFB en a recensé 122 au cours de la saison 2025-2026, correspondant notamment à des dégâts matériels ou à des blessures infligées à des animaux domestiques, sans dommage corporel pour les personnes. Alors que les accidents diminuent sur vingt ans, ces incidents tendent, eux, à augmenter. Cette évolution rappelle que la sécurité ne se limite pas à prévenir les accidents corporels. Les tirs en direction d’habitations ou de véhicules, comme les mauvaises appréciations de l’environnement immédiat, peuvent également avoir des conséquences importantes sans provoquer de blessure. La baisse de l’accidentologie depuis vingt ans est notamment mise en relation avec l’évolution de la formation et de l’examen du permis de chasser, ainsi qu’avec les actions de sensibilisation menées par l’OFB et les fédérations. Mais les chiffres montrent aussi que la vigilance individuelle demeure le principal rempart : identifier avant de tirer, maîtriser son arme et connaître précisément son environnement restent les réflexes essentiels pour continuer à faire reculer les accidents.