Chaque saison de chasse, la sécurité revient au cœur des débats. Une arme n’autorise aucune approximation : un tir mal identifié, un angle non respecté ou une consigne ignorée peut avoir des conséquences irréversibles. La prévention concerne les chasseurs, mais aussi ceux qui fréquentent les espaces : randonneurs, cyclistes, cavaliers, promeneurs ou forestiers. En France, les règles sont fixées par le Code de l’environnement, les arrêtés et, selon les départements, les schémas départementaux de gestion cynégétique.
Leur non-respect peut constituer une infraction. Lorsqu’un accident survient, la responsabilité peut aller au-delà d’une sanction : blessures ou décès peuvent entraîner des poursuites pénales, une suspension ou retrait du permis de chasser. Un principe : avant de tirer, il faut être certain de ne mettre personne en danger.
La sécurité des chasseurs : la règle avant le réflexe
La première règle de sécurité est aussi la plus évidente : ne jamais tirer avant d’avoir parfaitement identifié sa cible et son environnement. L’OFB rappelle notamment que le tir ne doit jamais être effectué sans visibilité, à hauteur d’homme, à travers une haie ou un buisson, et qu’il ne doit être engagé que sur un gibier parfaitement identifié. En cas de doute, le chasseur doit s’interdire de tirer. Une règle simple, mais essentielle lorsqu’un animal surgit rapidement ou lorsqu’une situation de battue devient confuse. La maîtrise de l’arme intervient à chaque étape : transport, chargement, déplacement, franchissement d’un obstacle et changement de poste. À l’approche d’une autre personne ou lors du franchissement d’une clôture, d’un fossé ou d’un obstacle, l’arme doit être sécurisée, et même déchargée. Elle ne doit jamais être dirigée vers une zone dangereuse ou un tiers...

La qualité de l’alimentation conditionne notamment la lactation et la croissance. Des travaux de l’ONCFS consacrés à la canicule de 2003 avaient déjà montré une forte baisse du poids des chevrillards et des effets différés sur la condition physique et la reproduction des femelles. Première urgence : compter. Comptages nocturnes, observations lors des sorties d’approche, relevés des animaux trouvés morts, poids des jeunes prélevés et remontées des territoires doivent permettre de déterminer si le phénomène est localisé ou généralisé. Le réseau Sagir constitue également un outil précieux pour documenter d’éventuelles mortalités anormales et rechercher leur origine. Si une baisse importante du nombre de chevrillards est confirmée, la gestion cynégétique devra en tenir compte. À la fin du mois d’août, les jeunes chevreuils ont atteint l’essentiel de leur taille osseuse définitive et entrent désormais dans une phase de consolidation. Un animal ayant souffert du manque de nourriture ne sera pas biologiquement rachitique, mais restera petit et conservera toute sa vie les effets de ce mauvais départ. Et comme les naissances et le poids des nouveaux nés sont corrélés au poids de la mère, la reproduction de 2028 en sera donc affectée. C’est précisément pourquoi, dans une population durement touchée, les prélèvements devraient prioritairement porter sur les jeunes animaux manifestement déficients, tandis que les femelles adultes en bon état corporel devraient être préservées autant que possible. La prudence reste toutefois indispensable : il ne s’agit pas de décider à l’échelle nationale sur la seule base de témoignages. Si des mesures sont nécessaires, elles devront être prises localement, au plus près de la réalité des populations, en fonction des résultats des comptages et de l’état corporel des animaux.
Environ 6 600 espèces animales et 5 800 espèces végétales y ont été recensées, parmi lesquelles des orchidées, des arbres protégés, des cervidés, des sangliers, des blaireaux, des écureuils et plus de 250 espèces d’oiseaux. Sous la litière forestière vivent également des milliers d’insectes, dont certaines espèces protégées. Cette richesse explique aussi l’importance historique du massif. En 1842, Claude-François Denecourt y aménagea les premiers sentiers balisés, faisant de Fontainebleau l’un des berceaux du tourisme de nature et attirant progressivement randonneurs, artistes, grimpeurs et amoureux des paysages. En 1948, la forêt accueillit également une conférence de l’UNESCO qui contribua à la création de l’Union internationale pour la conservation de la nature, donnant au site une dimension internationale. Mais cet héritage vient de subir un choc majeur. Deux épisodes d’incendie ont ravagé environ 2 000 hectares, soit près de 10 % du massif, contraignant environ un millier d’habitants et de campeurs à évacuer. Le premier sinistre s’est déclaré le 12 juillet dans la forêt domaniale des Trois-Pignons, notamment dans le secteur du Bois Rond et à proximité de l’autoroute A6. Le lendemain, plusieurs autres départs de feu ont touché la forêt domaniale de Fontainebleau, notamment dans le secteur de la Faisanderie... (
Un service coordonnateur sera ensuite chargé de l’instruction du dossier. Lorsque plusieurs départements sont concernés, les préfets intéressés prendront une décision conjointe. Le nouveau régime ne signifie toutefois pas que toute destruction sera automatiquement autorisée. Le préfet pourra demander des pièces complémentaires, s’opposer au projet ou informer le porteur de projet qu’une autorisation spécifique est nécessaire en fonction des protections applicables au site. Le dispositif doit notamment articuler les règles relatives aux espèces protégées, à Natura 2000, à l’eau, aux sites classés ou encore à la protection des haies par les documents d’urbanisme. Le décret renforce également le principe de compensation. Lorsqu’une destruction ne peut être évitée, le propriétaire ou le gestionnaire doit en limiter l’ampleur et prévoir une replantation permettant d’obtenir, à terme, des fonctionnalités au moins équivalentes à celles de la haie supprimée. En l’absence d’arrêté préfectoral fixant un coefficient particulier, la compensation minimale correspond à un linéaire replanté équivalent au linéaire détruit. Autre nouveauté importante : une période d’interdiction des travaux, liée à la nidification des oiseaux, devra être respectée. Elle ne pourra être inférieure à 21 semaines, avec des possibilités de dérogation dans certaines situations exceptionnelles, notamment pour des raisons de sécurité ou pour certaines infrastructures et réseaux. Le décret prévoit enfin que la déclaration unique peut, dans certains cas, se substituer à la déclaration préalable d’urbanisme concernant la destruction d’une haie protégée. Le nouveau dispositif entend ainsi créer un cadre plus lisible, tout en maintenant un contrôle préfectoral sur les opérations susceptibles d’affecter durablement le patrimoine bocager.
La COP17 a cherché à renforcer les réponses collectives en rapprochant notamment les politiques de restauration des terres, de lutte contre le changement climatique et de conservation de la biodiversité. La France, membre du groupe des « amis de la présidence mongole », s’est particulièrement impliquée dans ces travaux. Elle a notamment lancé un hub français de l’initiative « Business for Land », destiné à fédérer les entreprises engagées dans la préservation des sols. Parmi les avancées figure le renforcement de l’interface science-politique de la Convention, destinée à mieux intégrer les connaissances scientifiques dans les décisions. Les négociations ont également commencé à définir une vision stratégique pour la période post-2030. Le rôle des éleveurs a été reconnu comme essentiel à la préservation des terres agricoles, des prairies et des parcours. La sécheresse, placée au centre des discussions, devient par ailleurs un point permanent de l’agenda des futures COP. Les travaux se poursuivront notamment lors de la COP18. Enfin, les moyens financiers du secrétariat de la Convention ont été préservés afin de poursuivre ses missions et de renforcer les synergies entre les grandes conventions environnementales, la société civile et les enjeux liés au genre. La COP17 aura ainsi confirmé que la restauration des sols constitue désormais un enjeu transversal, à la croisée de l’agriculture, de l’élevage, de l’eau, du climat et de la biodiversité.
Deux grands types ont été distingués : les mycorhizes arbusculaires (AM) et les ectomycorhizes (EcM). Ces associations ne jouent toutefois pas exactement le même rôle. Les champignons AM pénètrent dans les cellules des racines et sont généralement associés à une acquisition efficace du phosphore, tandis que les EcM forment un réseau autour des racines et peuvent notamment faciliter l’accès à l’azote et à la matière organique du sol. Les chercheurs ont suivi une chronoséquence, c’est-à-dire des peuplements d’âges différents permettant de reconstituer les étapes de récupération. Ils ont ainsi séparé le carbone stocké dans les arbres selon leur association mycorhizienne et étudié simultanément la structure des peuplements, la diversité fonctionnelle et plusieurs propriétés du sol. Cette approche permet de distinguer la simple accumulation de biomasse des mécanismes écologiques qui la rendent possible. Au cours du temps, les deux types de forêts accumulent globalement des quantités comparables de carbone dans leurs arbres. Pourtant, le chemin suivi n’est pas le même. Dans les forêts qui se régénèrent naturellement, l’augmentation du carbone est davantage liée aux changements dans les communautés de champignons associés aux racines et au renouvellement des espèces et de leurs caractéristiques fonctionnelles. Dans les forêts plantées, elle dépend davantage de la structure du peuplement (diversité des tailles et organisation des arbres), ainsi que des caractéristiques du sol. La quantité totale de carbone ne suffit donc pas à juger de la réussite d’une restauration forestière. Deux forêts peuvent stocker autant de carbone tout en reposant sur des fonctionnements écologiques très différents. Ces résultats plaident ainsi pour une vision plus fine de la restauration : mesurer le carbone stocké, mais aussi comprendre comment la forêt parvient à le stocker.
Cette suspension peut courir jusqu’à la fin de l’année civile. Le texte renforce également la coordination des opérations conduites par les services spécialisés. Les décisions prises par les préfets de département concernant les tirs réalisés par les lieutenants de louveterie ou les agents de l’Office français de la biodiversité (OFB) peuvent désormais être soumises à l’accord préalable du préfet coordonnateur. Celui-ci dispose donc d’un moyen supplémentaire pour assurer une cohérence nationale des interventions, au-delà des seules décisions préfectorales départementales. Sur le plan administratif, le décret élargit ainsi le champ de l’intervention du préfet coordonnateur : son pouvoir de suspension ne porte plus uniquement sur les autorisations délivrées par les préfets, mais également sur les tirs faisant l’objet d’une déclaration auprès d’eux. La référence aux tirs de défense « simple ou renforcée » est par ailleurs supprimée dans le texte réglementaire, afin d’adapter la rédaction aux nouvelles règles. Cette évolution traduit une volonté de centraliser davantage le pilotage des opérations de destruction du loup, tout en maintenant leur mise en œuvre au niveau départemental. Elle donne surtout au préfet coordonnateur une capacité d’intervention plus large et plus réactive sur les opérations de tir autorisées ou déclarées.
Pour les oiseaux, ces cycles constituent de véritables expériences grandeur nature. À chaque nouvelle émergence, des espèces peuvent coloniser les terres disponibles. Certaines populations restent ensuite isolées pendant des années. Privées de contacts réguliers avec leurs congénères d’autres îles, elles peuvent progressivement diverger et donner naissance à des espèces ou sous-espèces endémiques. Le phénomène est bien documenté chez plusieurs oiseaux du Pacifique. Le Rousserolle des Tuamotu, par exemple, présente une forte structuration génétique entre plusieurs îles, certaines ayant probablement servi de refuges lors des anciennes variations du niveau marin. Mais les atolls ne sont pas uniquement des berceaux de diversité : ils constituent aussi des haltes essentielles pour de nombreux oiseaux au cours de leurs déplacements. Les zones côtières, vasières, lagons et plages offrent nourriture et repos aux oiseaux migrateurs qui parcourent parfois des milliers de kilomètres. Les atolls du Pacifique sont également des sites de reproduction majeurs pour les oiseaux marins : une étude estime qu'environ 31 millions d'oiseaux marins y nichent, soit près du quart des oiseaux marins tropicaux. Cette dimension intéresse directement le monde de la chasse. En France, une partie du gibier d’eau et des oiseaux de passage dépend de vastes réseaux de zones humides répartis sur les routes migratoires. Les canards, oies, limicoles et autres migrateurs relient ainsi, au fil de leurs déplacements, des territoires parfois très éloignés. La protection d'une halte migratoire à plusieurs milliers de kilomètres peut donc avoir des conséquences sur les populations observées ailleurs. Pour les chasseurs, qui sont aussi des observateurs réguliers de ces migrations, les atolls rappellent une évidence : un oiseau migrateur ne connaît pas les frontières administratives. Préserver les escales, les sites de reproduction et les zones d'hivernage constitue donc un enjeu international. Et derrière chaque population, chaque sous-espèce et chaque trajet migratoire se cache une longue histoire évolutive que les atolls permettent aujourd'hui de mieux comprendre.
- Le premier volet concerne l’appui aux territoires. Il s’adresse notamment aux collectivités locales et doit les accompagner dans la conception et la mise en œuvre de projets en faveur de la biodiversité.
À l’échelle mondiale, les incendies de 2025 ont affecté des écosystèmes sur tous les continents habités. La revue Nature Reviews Earth & Environment souligne notamment la succession d’incendies extrêmes au Canada, en Europe, en Californie et en Corée du Sud, avec des conséquences humaines et environnementales considérables. Pour les animaux, le danger ne s’arrête évidemment pas aux flammes. Brûlures, inhalation de fumées, déshydratation, stress et mortalité directe peuvent toucher la faune et les troupeaux. Mais les conséquences peuvent également se prolonger après l’incendie. Les animaux sauvages déplacés peuvent gagner les exploitations agricoles ou les zones habitées, tandis que les troupeaux évacués sont parfois transférés vers d’autres territoires. La destruction des habitats peut aussi modifier les équilibres écologiques et les dynamiques de transmission de certaines maladies. Dans ce contexte, le vétérinaire ne doit plus intervenir uniquement après la catastrophe. Les services vétérinaires ont un rôle à jouer avant, pendant et après l’incendie : préparation des plans d’évacuation, identification des élevages vulnérables, organisation des secours, soins d’urgence, évaluation du bien-être, surveillance sanitaire et accompagnement du retour à la normale. L’OMSA cite notamment l’Australie, où les vétérinaires sont intégrés aux dispositifs de gestion des urgences animales, et le Brésil, où des professionnels ont participé au sauvetage, aux soins et à la réhabilitation de la faune touchée par les incendies du Pantanal. Cette approche relève pleinement du concept « Une seule santé », qui considère que santé humaine, santé animale et santé des écosystèmes sont étroitement liées. Face à des incendies plus complexes et à des écosystèmes fragilisés, protéger les animaux n’est donc plus une conséquence secondaire de la gestion des catastrophes : c’est une composante à part entière de leur prévention et de leur réponse.
Quand surviennent les premières pluies, après plusieurs semaines durant lesquelles l’accès à cette ressource est devenu plus difficile, les conditions changent rapidement. L’humidité regagne les couches superficielles du sol et les vers peuvent se rapprocher de la surface. L’instinct de recherche alimentaire des sangliers les pousse alors à prospecter les secteurs susceptibles d’abriter ces proies. C’est là que les bords de route prennent une importance particulière. Une chaussée constitue une surface largement imperméable : l’eau de pluie ne peut pratiquement pas y pénétrer. Elle ruisselle donc vers ses accotements et les fossés. Lors des premières précipitations importantes, ces bordures peuvent recevoir une part importante de cette eau ruisselée. Le sol y retrouve ainsi plus rapidement des conditions d’humidité favorables à l’activité des vers. Le premier mètre de bordure peut alors devenir une véritable « table » pour les sangliers. Leur groin fouille le sol meuble, retourne les feuilles, soulève les petites mottes et recherche les vers et autres invertébrés qui profitent de l’humidification du terrain. Les dégâts sont immédiatement visibles : la terre est retournée en bandes parfois continues le long de la chaussée. Ce comportement explique pourquoi les premières traces de quête alimentaire peuvent apparaître très rapidement après une pluie, parfois avant même que les dégâts ne deviennent importants ailleurs. Il faut toutefois considérer le phénomène à l’échelle du paysage : toutes les bordures routières ne réagissent pas de la même manière. La nature du sol, la végétation, l’intensité des précipitations ou encore la disponibilité d’autres ressources alimentaires jouent également un rôle. Mais lorsque sécheresse, pluie et manque de protéines se conjuguent, le trio devient explosif : les vers remontent, les sangliers arrivent et… les bords de route trinquent !