Une nouvelle observation d’un chacal doré (Canis aureus) a été signalée dans le sud des Vosges, entre Le Thillot et Cornimont. À ce stade, cette présence n’a toutefois pas été confirmée officiellement par les autorités compétentes et demande donc à être considérée avec prudence. Le chacal doré est un canidé naturellement présent en Afrique, au Proche-Orient, en Asie du Sud-Ouest ainsi qu’en Europe du Sud-Est. Depuis plusieurs décennies, son aire de répartition s’étend progressivement vers l’ouest et le nord de l’Europe. Des observations ont déjà été validées dans plusieurs pays d’Europe occidentale, dont la France, où des individus sont signalés de manière ponctuelle.
Les spécialistes estiment que cette progression résulte principalement d’une expansion naturelle des populations européennes. Doté d’une remarquable capacité de dispersion, le chacal doré est capable de parcourir plusieurs centaines de kilomètres à la recherche de nouveaux territoires. Il profite des corridors écologiques et s’adapte à une grande diversité de milieux, qu’il s’agisse de zones agricoles, de forêts, de plaines, de montagnes ou encore de milieux semi-ouverts. Son régime alimentaire très opportuniste constitue également l’un des facteurs de son succès. Il consomme aussi bien de petits mammifères, des oiseaux, des invertébrés et des fruits que des carcasses d’animaux, jouant ainsi parfois un rôle de charognard. Cette grande faculté d’adaptation lui permet de s’implanter discrètement dans des secteurs où sa présence peut passer inaperçue pendant plusieurs années. Si l’observation vosgienne est authentifiée, elle s’inscrirait dans cette dynamique d’expansion déjà observée à l’échelle européenne. Pour autant, l’installation durable de l’espèce soulève plusieurs interrogations. Les scientifiques s’intéressent notamment à ses interactions avec les autres carnivores présents, comme le renard ou le loup, ainsi qu’à ses éventuels effets sur certaines populations de faune sauvage et sur les activités humaines, notamment l’élevage. À ce jour, les connaissances disponibles ne permettent pas de tirer des conclusions définitives sur l’ensemble de ces impacts. C’est pourquoi le suivi de l’espèce demeure essentiel. Chaque observation mérite d’être vérifiée et documentée afin de mieux comprendre l’évolution de sa répartition et d’adapter, si nécessaire, les mesures de gestion qui pourraient s’avérer utiles à l’avenir.
Quelques brèves de chez nous et... d'ailleurs

Mais cette ambitieuse politique de renouvellement forestier se heurte à un obstacle majeur : la pression exercée par les grands ongulés sauvages. Cerfs, chevreuils et, dans une moindre mesure, sangliers provoquent des dégâts importants sur les jeunes plantations en consommant les bourgeons, les pousses ou en frottant leurs bois contre les jeunes tiges. Sans une régulation efficace de leurs populations, une partie de ces investissements risque d'être compromise. Les chiffres de l'Office national des forêts (ONF) illustrent cette dégradation.
Aujourd'hui, près de 50 % des forêts domaniales présentent un déséquilibre entre la forêt et les populations d'ongulés, contre 34 % en 2015. Cela représente environ 850 000 hectares sur les 1,7 million d'hectares de forêts appartenant à l'État. Le phénomène touche désormais la quasi-totalité du territoire. Si le Grand Est demeure la région la plus concernée, la situation s'est également aggravée en Île-de-France, dans les Hauts-de-France, en Occitanie, en Provence-Alpes-Côte d'Azur ainsi que sur le littoral landais. Seule la Bretagne reste relativement épargnée. Pour préserver les jeunes arbres, les gestionnaires forestiers n'ont souvent d'autre choix que d'installer des clôtures autour des parcelles ou des protections individuelles sur chaque plant. Ces dispositifs, maintenus en place pendant une quinzaine d'années, représentent un investissement considérable. Selon l'ONF, ils augmentent en moyenne de 50 à 60 % le coût d'une plantation, sans compter les dépenses d'entretien et de remplacement. Au-delà de leur coût, ces protections modifient les paysages forestiers, compliquent les déplacements de la faune comme des promeneurs et génèrent, à terme, des déchets qu'il faut récupérer et recycler. Pour les forestiers, ces équipements constituent donc une solution de dernier recours plutôt qu'une réponse durable. Le maintien d'un équilibre entre les populations de grand gibier et la capacité d'accueil des milieux apparaît comme une condition essentielle à la réussite des programmes de reboisement. Dans cette perspective, la chasse demeure un outil de gestion indispensable. En permettant de maîtriser les effectifs d'ongulés à un niveau compatible avec la régénération naturelle et les nouvelles plantations, elle contribue directement à la préservation des forêts françaises et à leur adaptation aux défis climatiques des prochaines décennies.
Contrairement aux mouches qui colonisent les animaux déjà morts, la lucilie bouchère s'attaque exclusivement à des animaux vivants. Originaire des régions tropicales et subtropicales des Amériques, elle a longtemps constitué un véritable fléau pour les élevages, avant d'être pratiquement éradiquée d'Amérique du Nord grâce à d'importants programmes de lutte reposant sur la technique des mâles stériles. Sa réapparition récente rappelle toutefois que le parasite n'a pas disparu et qu'il reste capable de reconquérir de nouveaux territoires. La maladie provoquée par cette mouche est appelée myiase. Le mécanisme de contamination est particulièrement redoutable. Attirée par une plaie, même de très faible importance, la femelle dépose plusieurs centaines d'œufs sur les tissus vivants. Quelques heures plus tard, les larves éclosent et commencent immédiatement à se nourrir de chair vivante. Contrairement aux asticots des mouches communes, qui participent à la décomposition des cadavres, les larves de la lucilie bouchère détruisent progressivement les tissus de leur hôte. La plaie s'élargit rapidement sous l'action des larves. L'animal souffre de douleurs importantes, présente des écoulements parfois sanguinolents et attire de nouvelles femelles qui viennent pondre à leur tour. Sans intervention, l'infestation peut devenir massive et conduire à une septicémie ou à la mort de l'animal après plusieurs jours de souffrance. Toutes les espèces de mammifères peuvent être touchées, domestiques et sauvages : cervidés, sangliers, bouquetins, mouflons ou encore certains carnivores, dès lors qu'ils présentent une blessure ouverte...
Ce modèle intègre les caractéristiques du paysage ainsi que les principaux paramètres démographiques de l'espèce, notamment la survie, la reproduction, la taille des groupes familiaux et les déplacements des individus dispersants. Les simulations montrent qu'une diminution de 10 % de la mortalité des loups résidents entraîne une augmentation moyenne de 11 % de la taille des groupes, une hausse de 8 % du succès reproducteur et un allongement d'environ 130 % des distances de dispersion. À l'échelle de trente ans, ces effets se traduisent par un doublement de l'aire de répartition de la population étudiée, même lorsque la mortalité des individus dispersants reste inchangée. Le modèle met également en évidence le rôle de l'organisation sociale des meutes. Les loups vivent en groupes familiaux constitués d'un couple reproducteur et de sa descendance. Une mortalité élevée parmi les individus résidents réduit la taille des meutes, favorise la disparition des reproducteurs et diminue le succès de la reproduction. Ces modifications affectent ensuite les déplacements des jeunes loups quittant leur groupe pour coloniser de nouveaux territoires. Le document rappelle également l'évolution du cadre juridique. Jusqu'en 2021, les loups pouvaient être chassés ou faire l'objet de tirs de gestion sur une grande partie de l'Espagne. Une protection nationale a ensuite été instaurée avant d'être partiellement remise en cause en 2025 par une modification législative autorisant de nouveau des opérations de contrôle dans certaines régions, sous réserve des décisions judiciaires. Les auteurs indiquent enfin que plusieurs centaines de loups ont été légalement prélevés entre 2008 et 2013 et soulignent que les données disponibles suggèrent également l'existence d'une mortalité illégale, dont l'ampleur demeure difficile à évaluer.
Deux sont survenus lors de chasses au grand gibier et deux lors de chasses au petit gibier. Trois de ces accidents étaient des auto-accidents, soulignant que les principales causes de mortalité concernent désormais les chasseurs eux-mêmes, notamment lors de la manipulation ou du transport des armes. Au total, 92 accidents corporels ont été recensés, un chiffre stable depuis plusieurs saisons, la France enregistrant désormais entre 80 et 100 accidents par an. Cette stabilité s'inscrit dans une tendance de fond marquée par une diminution de près de 50 % des accidents en vingt ans par rapport à la saison 2006. Les non-chasseurs sont également moins touchés. Dix personnes extérieures à la chasse ont été victimes d'un accident cette saison, contre seize l'année précédente. Parmi elles, quatre ont été grièvement blessées et six plus légèrement. L'analyse des causes met en évidence deux axes majeurs de prévention. Les auto-accidents représentent désormais 39 % de l'ensemble des accidents. Par ailleurs, lors des chasses au grand gibier, qui concentrent 66 % de l'accidentologie, le non-respect de l'angle de tir de 30° reste la première cause des accidents impliquant un tiers, dans un cas sur trois. Les incidents matériels demeurent également sous surveillance. L'OFB a recensé 122 tirs ayant provoqué des dégâts sur des habitations, véhicules ou animaux domestiques sans faire de victime. Ce chiffre est en baisse par rapport aux 135 incidents enregistrés la saison précédente, mais reste supérieur à la moyenne observée au cours des quinze dernières années. Pour poursuivre cette amélioration, l'État, l'OFB et les FDC mettent en avant plusieurs leviers : l’examen du permis de chasser centré sur la sécurité, les formations décennales obligatoires, le développement de formations spécifiques pour les responsables de battues. Au cours de la saison 2025-2026, 39 permis de chasser ont ainsi été suspendus à titre conservatoire dans l'attente de décisions judiciaires.
Les captures réalisées en Auvergne serviront à constituer le noyau fondateur d'une population destinée à s'implanter durablement dans le massif du Tanargue. Les animaux transférés feront ensuite l'objet d'un suivi scientifique afin d'évaluer leur adaptation au milieu, leurs déplacements et leur reproduction. Ce programme, porté par les acteurs cynégétiques avec leurs partenaires scientifiques, vise à restaurer une population viable dans un territoire où le chamois était présent à l'état naturel il y a plusieurs millénaires.
c'est aujourd'hui que s'ouvre la première Fête de la ruralité au château de La Gataudière, à Marennes-Hiers-Brouage. Durant deux jours, lundi 13 et mardi 14 juillet, les visiteurs pourront profiter d'un marché de producteurs, d'une mini-ferme, de démonstrations de chiens de travail, de spectacles équestres, de fauconnerie et de nombreuses animations mettant en valeur les traditions et les métiers de la campagne. Avant même son ouverture, l'événement a suscité l'opposition de quelques manifestants hostiles à la chasse, qui contestent la tenue de la traditionnelle messe de Saint-Hubert, célébration emblématique du monde rural, des chasseurs, des forestiers et de tous ceux qui vivent au contact de la nature, une polémique que les organisateurs regrettent, rappelant que cette fête se veut avant tout un moment de convivialité, de partage et de découverte des savoir-faire ruraux, ouvert à tous les publics, quelles que soient leurs convictions. Les organisateurs espèrent donc que le public répondra présent pour faire de cette première édition une réussite et démontrer que le dialogue, le respect des traditions et la célébration du patrimoine rural valent mieux que les critiques entretenues par une poignée d'opposants...
Les espèces concernées continuent de jouer un rôle écologique, mais leur gestion devient nécessaire lorsque leur présence entraîne des déséquilibres ou des pertes économiques importantes. Le projet s'appuie sur une procédure particulièrement encadrée. Les propositions sont élaborées par les préfets, après consultation des commissions départementales de la chasse et de la faune sauvage, puis examinées au niveau national. Pour être classée ESOD, une espèce doit répondre à des critères stricts rappelés par le Conseil d'État : les dégâts doivent être significatifs, généralement supérieurs à 10 000 euros sur trois ans, et l'espèce doit être suffisamment abondante sur le territoire concerné, avec un seuil d'environ 500 prélèvements annuels servant de référence. L'arrêté prend également en compte l'état de conservation des espèces et les dernières connaissances scientifiques. Ainsi, le putois demeure exclu de la liste à la suite de décisions du Conseil d'État. La martre des pins, retirée en 2025, ne retrouve un classement que dans 14 départements où son état de conservation favorable est compatible avec une régulation locale justifiée par des dégâts avérés. La situation du corbeau freux fait également l'objet d'une analyse au regard de l'évolution de ses populations. Le texte précise enfin les modalités d'intervention. Les espèces classées pourront être régulées par tir ou piégeage, et le renard pourra également être déterré conformément à la réglementation. Des restrictions particulières pourront être décidées localement par les préfets, tandis que tout animal non classé ESOD capturé accidentellement devra être immédiatement relâché. Cette réglementation illustre la volonté des pouvoirs publics de concilier conservation de la faune sauvage et protection des activités humaines. La régulation des ESOD constitue ainsi un outil de gestion indispensable pour limiter les dégâts lorsqu'ils sont objectivement établis, tout en respectant les exigences scientifiques, juridiques et environnementales qui encadrent désormais ces décisions. Ne manquez pas de laisser un avis favorable....
L'OFB souligne également une importante opération nationale contre la détention et l'utilisation de pesticides interdits, ayant conduit à la saisie de 3 000 litres de produits phytosanitaires. La seconde priorité porte sur les usages de la nature. Plus de 17 000 personnes ont été contrôlées ou sensibilisées dans les espaces naturels. La police de la chasse représente 50 % des procès-verbaux dressés par les agents, tandis que la police de la pêche en constitue 20 %, illustrant le poids de ces missions dans l'activité de terrain de l'établissement. L'OFB indique que 62 % des personnes mises en cause dans les procédures judiciaires sont des particuliers, devant les agriculteurs (15 %) et les entreprises (11 %). Près de la moitié des procédures judiciaires ont donné lieu à une amende forfaitaire, principalement pour des infractions liées à la chasse, à la pêche ou à la réglementation des espaces naturels. Les dossiers les plus complexes ont fait l'objet d'enquêtes spécialisées, notamment sur les atteintes aux espèces protégées, les produits phytopharmaceutiques ou les milieux aquatiques. Enfin, l'établissement met en avant un climat d'intervention jugé apaisé. Sur plus de 154 000 contrôles réalisés, seuls 132 incidents ont été recensés, impliquant 225 personnes, soit 0,15 % des usagers contrôlés. Dans près de la moitié des situations, les tensions ont été résolues par le dialogue et les agents n'ont jamais eu à faire usage de leur arme de service au cours de l'année 2025.
Depuis sa création, le dispositif a mobilisé plus de 21 millions d'euros, permettant de soutenir des opérations de restauration des milieux naturels, de protection d'espèces menacées et de renforcement de la résilience des territoires face au changement climatique. Avec les 28 nouveaux projets retenus en 2026, Mission Nature portera à 92 le nombre total d'initiatives financées depuis son lancement. Les projets de cette quatrième édition ont été sélectionnés à l'issue d'un appel à projets organisé du 11 mars au 7 mai 2026. Au total, 128 dossiers ont été déposés, un record qui illustre la forte mobilisation des collectivités, associations, gestionnaires d'espaces naturels et autres acteurs locaux engagés dans la préservation du patrimoine naturel. Les 28 lauréats reflètent la diversité des enjeux écologiques français. Ils concernent notamment la restauration de zones humides, de tourbières et de cours d'eau, la renaturation de forêts, de dunes et de prairies, la préservation des milieux littoraux et marins, ainsi que la sauvegarde d'espèces menacées telles que les chauves-souris, le Vison d'Europe ou les oiseaux des zones humides. Plusieurs projets sont également conduits en Outre-mer, notamment en Guadeloupe, à La Réunion, en Nouvelle-Calédonie et à Saint-Martin. Le financement de ces opérations est assuré grâce aux tirages spéciaux du Loto Mission Nature organisés à l'occasion de la Fête de la Nature, les 18, 20, 23 et 25 mai 2026. Ces tirages ont permis de récolter plus de 9 millions d'euros, intégralement destinés au financement des projets retenus.
Le second concerne l'arrêté du 21 janvier 2004 relatif au carnet de prélèvements pour la chasse de nuit au gibier d'eau. Là encore, un nouvel article 2-1 offre la possibilité d'utiliser cette même application mobile afin de remplacer le carnet traditionnel. Il est important de souligner que cette évolution ne modifie pas les obligations déclaratives des chasseurs. Les prélèvements devront toujours être enregistrés conformément à la réglementation en vigueur. Seul le support évolue, laissant le choix entre le carnet papier et la solution numérique lorsque celle-ci est disponible. L'arrêté a reçu un avis favorable du Conseil national de la chasse et de la faune sauvage le 23 juin 2026 avant sa publication officielle. Il est entré en vigueur à compter de sa publication au Journal officiel.
Les principaux modèles climatiques convergent vers ce scénario, ce qui confère un niveau de confiance élevé aux prévisions. El Niño apparaît généralement tous les deux à sept ans et dure entre neuf et douze mois. Il résulte d'un réchauffement anormal des eaux du centre et de l'est du Pacifique, perturbant les régimes de vents, les précipitations et les températures à l'échelle planétaire. Ses effets se manifestent souvent avec encore plus d'intensité l'année suivant son apparition. Les climatologues redoutent une multiplication des événements extrêmes. De vastes régions pourraient être confrontées à des vagues de chaleur plus fréquentes, à des sécheresses prolongées, mais aussi à des pluies diluviennes et des inondations. L'OMM rappelle que le puissant épisode de 2023-2024 avait contribué à faire de 2024 l'année la plus chaude jamais observée au niveau mondial. Les prévisions saisonnières montrent une probabilité très élevée de températures supérieures aux normales sur la quasi-totalité des zones habitées du globe. Les précipitations devraient augmenter sur le centre et l'est du Pacifique équatorial, tandis qu'elles pourraient être déficitaires sur une grande partie de l'Australie, du sous-continent indien, de certaines régions d'Amérique centrale, des Caraïbes et de la Corne de l'Afrique. À l'inverse, des pluies plus abondantes sont attendues sur le nord du golfe de Guinée, une partie du sud-ouest des États-Unis et certaines régions d'Amérique du Sud. En Europe, les modèles suggèrent un contraste entre un sud plus humide et un nord plus sec, même si ces projections restent plus incertaines que dans d'autres régions. Face à cette évolution, l'OMM appelle les gouvernements à renforcer les systèmes d'alerte précoce afin de limiter les conséquences sur les populations, l'agriculture, les ressources en eau et les infrastructures. Plusieurs organismes scientifiques, dont le Centre commun de recherche de la Commission européenne, estiment qu'un épisode très intense pourrait également accentuer les tensions sur la sécurité alimentaire, provoquer des déplacements de populations et accroître les risques humanitaires dans les régions déjà fragilisées. Les prochains mois seront donc déterminants pour mesurer l'ampleur réelle de ce nouvel épisode El Niño.
Bien que performants dans certaines situations, ces systèmes présentent plusieurs limites : coûts d'installation élevés, maintenance complexe, perte de production électrique lors des arrêts et efficacité encore variable selon les espèces et les conditions météorologiques. Les chercheurs ont donc exploré une approche passive consistant à accroître la visibilité des rotors grâce à des marquages contrastés. Les expérimentations ont été réalisées en laboratoire à l'aide de mini-éoliennes reproduisant différentes configurations de pales. Deux espèces aux capacités visuelles distinctes ont été retenues : le milan noir (Milvus migrans), rapace migrateur fréquemment concerné par les collisions, et le pigeon voyageur (Columba livia), dont les performances visuelles sont bien documentées. Quatre configurations ont été comparées : pales entièrement blanches, une pale noire, pales rayées et pales à motif en damier. Les essais ont également pris en compte plusieurs paramètres susceptibles d'influencer la perception du mouvement : vitesse de rotation des pales, contraste avec l'arrière-plan et type de marquage. Les résultats montrent que la vitesse de rotation constitue un facteur déterminant. Plus de la moitié des oiseaux testés n'ont pas été capables de différencier une turbine immobile d'une turbine tournant à moins de cinq tours par minute, une vitesse pourtant fréquemment observée lors des procédures de ralentissement destinées à protéger l'avifaune. Les marquages rayés se distinguent par une amélioration significative de la perception du mouvement chez les milans noirs. À l'inverse, les motifs en damier produisent des effets variables selon les espèces et semblent même réduire la détection du mouvement chez les pigeons. Ces différences confirment que les capacités de traitement visuel diffèrent fortement d'un groupe d'oiseaux à l'autre, ce qui complique la définition d'un dispositif universel. Les auteurs concluent que les pales rayées représentent actuellement l'option la plus prometteuse pour renforcer la visibilité des éoliennes sans modifier leur fonctionnement mécanique ni leurs performances énergétiques. Toutefois, les résultats obtenus en environnement contrôlé devront être validés sur des installations en exploitation. Des essais de terrain, intégrant la diversité des espèces, des paysages et des conditions météorologiques, seront indispensables avant toute intégration de ces marquages dans les recommandations techniques applicables aux futurs projets éoliens.