Un gîte accueillant : « Chez Papé et Mita »

Forêt brûlée : quand les cancres de la nature veulent donner des leçons…

Il fallait y penser. Pour protéger la nature, certains demandent désormais d’interdire la chasse sur les parcelles ravagées par les incendies. Une idée lumineuse, qui confirme surtout une chose : on peut aimer la nature sans toujours très bien la connaître. Car expliquer à un chasseur qu’il ne doit pas chasser sur une parcelle réduite en cendres, c’est un peu comme interdire à un pêcheur de jeter sa ligne dans un étang à sec. Le chasseur, figurez-vous, est capable de regarder autour de lui. Il constate qu’un incendie a détruit un territoire, que le gibier l’a déserté ou s’est déplacé, et il adapte naturellement sa pratique. Pas besoin pour cela d’un décret, d’une circulaire ou d’une application pour smartphone. Mais voilà le plus savoureux : le gibier, lui, n’a pas lu l’arrêté. Les animaux qui ont fui les secteurs brûlés se réfugient à proximité, dans les parcelles voisines. Et ils y restent. Avec les conséquences que l’on imagine : cultures endommagées, jeunes plantations consommées, dégâts supplémentaires pour les propriétaires et les agriculteurs. Faudrait-il donc interdire la chasse précisément là où les animaux se sont réfugiés ? Voilà une curieuse conception de la protection de la nature : laisser les dégâts s’installer pour pouvoir ensuite expliquer qu’il faut trouver une solution aux dégâts. On pourrait continuer. Une rivière déborde ? Interdisons aux promeneurs de s’en approcher. Un chemin devient impraticable ? Interdisons d’y marcher. Un étang est vide ? Défense d’y pêcher. Et puisque la forêt brûlée présente des dangers, pourquoi ne pas interdire tout simplement aux hommes d’y penser ? Le problème n’est pas que l’État veuille réglementer : ici, l’État sait justement que la situation doit être appréciée au cas par cas. Le problème vient de ceux qui veulent administrer la nature depuis un bureau, en imaginant qu’un interdit général remplacera l’observation du terrain. Les chasseurs, eux, n’ont pas attendu ces experts autoproclamés pour comprendre qu’on ne chasse pas de la même manière dans une forêt intacte et dans une zone dévastée par le feu. La nature n’est pas un manuel scolaire. Elle bouge, elle fuit, elle revient, elle s’adapte. Encore faudrait-il, avant de prétendre la gérer, accepter de l’observer.

La semaine en bref...

- Ain : un loup a été abattu dans la nuit du 21 au 22 août 2026, sur le plateau d’Hauteville, lors d’une opération de tir de défense menée par un lieutenant de louveterie. La préfecture indique que cette intervention faisait suite à des actes de prédation répétés sur le troupeau d’un éleveur de la commune. Le prélèvement est intervenu après plusieurs opérations restées infructueuses. Des lieutenants de louveterie, des chasseurs ainsi que la brigade mobile d’intervention de l’OFB avaient notamment été mobilisés à plusieurs reprises, sans parvenir à neutraliser le prédateur. L’opération s’est déroulée dans le cadre réglementaire applicable à la protection des troupeaux. Depuis le 1er avril 2026, les tirs de défense contre le loup sont notamment soumis à une déclaration préalable auprès des services de l’État. À Hauteville, l’éleveur avait effectué cette démarche et disposait depuis fin juin d’un récépissé valable deux ans. Espèce protégée, le loup ne peut être détruit qu’à des conditions strictement définies par la réglementation. Hors de ce cadre, sa destruction ou sa tentative sont passibles de trois ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende.

 

- Ardèche : après plusieurs années de réflexion, le projet de réintroduction du chamois entre dans sa phase concrète. Une trentaine d’animaux doit être relâchée à partir du début de 2027 sur le massif du Tanargue, où les conditions de relief et d’habitat sont jugées favorables. Le programme, porté par le département et confié à la FDC, bénéficiera d’un budget de 200 000 euros sur trois ans. Un technicien spécialisé a été recruté pour organiser notamment la capture des animaux destinés à rejoindre le massif ardéchois. Le choix du Tanargue n’est pas fortuit : le massif, qui culmine à 1 511 mètres et couvre environ 4 700 hectares, offre crêtes, fortes pentes, landes, pelouses et secteurs rocheux correspondant aux habitats recherchés par l’espèce. Cette réintroduction possède également une dimension historique : chamois et bouquetins sont représentés dans la grotte Chauvet, attestant de leur présence en Ardèche au Paléolithique. Le projet vise donc à rétablir une espèce disparue du territoire tout en développant le suivi scientifique et l’observation de la faune sauvage.

 

- Aveyron : après plusieurs mois sans observation, un cerf élaphe identifié dans l’Aveyron a été retrouvé en Lozère grâce au réseau de pièges photographiques de la FDC. L’animal avait été découvert, plus d’un an auparavant, pris dans une clôture sur la commune de Lassouts. Après sa délivrance par les techniciens de la FDC, il avait été équipé d’un collier GPS afin de suivre ses déplacements. Le dispositif s’était détaché automatiquement au printemps 2025, lorsque sa batterie était arrivée en fin de fonctionnement. Une boucle auriculaire d’identification avait toutefois été conservée, permettant de reconnaître l’animal lors de nouvelles observations. Les appareils photographiques installés en Lozère, notamment sur la commune de Bourg-sur-Colagne, ont finalement permis de confirmer sa présence et surtout son bon état général. L’identification a été renforcée par la comparaison de son trophée avec celui photographié l’année précédente : le cerf portait alors treize cors, contre douze cette saison. Ces observations confirment ainsi ses déplacements entre Aveyron et Lozère et fournissent un nouveau suivi précieux de cet animal au sein de son domaine vital...

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Sécurité à la chasse : deux enjeux et... une même responsabilité !

Chaque saison de chasse, la sécurité revient au cœur des débats. Une arme n’autorise aucune approximation : un tir mal identifié, un angle non respecté ou une consigne ignorée peut avoir des conséquences irréversibles. La prévention concerne les chasseurs, mais aussi ceux qui fréquentent les espaces : randonneurs, cyclistes, cavaliers, promeneurs ou forestiers. En France, les règles sont fixées par le Code de l’environnement, les arrêtés et, selon les départements, les schémas départementaux de gestion cynégétique. Leur non-respect peut constituer une infraction. Lorsqu’un accident survient, la responsabilité peut aller au-delà d’une sanction : blessures ou décès peuvent entraîner des poursuites pénales, une suspension ou retrait du permis de chasser. Un principe : avant de tirer, il faut être certain de ne mettre personne en danger.

 

La sécurité des chasseurs : la règle avant le réflexe

La première règle de sécurité est aussi la plus évidente : ne jamais tirer avant d’avoir parfaitement identifié sa cible et son environnement. L’OFB rappelle notamment que le tir ne doit jamais être effectué sans visibilité, à hauteur d’homme, à travers une haie ou un buisson, et qu’il ne doit être engagé que sur un gibier parfaitement identifié. En cas de doute, le chasseur doit s’interdire de tirer. Une règle simple, mais essentielle lorsqu’un animal surgit rapidement ou lorsqu’une situation de battue devient confuse. La maîtrise de l’arme intervient à chaque étape : transport, chargement, déplacement, franchissement d’un obstacle et changement de poste. À l’approche d’une autre personne ou lors du franchissement d’une clôture, d’un fossé ou d’un obstacle, l’arme doit être sécurisée, et même déchargée. Elle ne doit jamais être dirigée vers une zone dangereuse ou un tiers...

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Chevreuil : après les canicules, adapter la gestion pour préserver l’avenir...

Les canicules successives, associées à une sécheresse persistante, pourraient avoir durement affecté certaines populations de chevreuils. De nombreux témoignages de terrain font état d’une situation préoccupante : des chevrettes sont observées sans chevrillard à leurs côtés, alors que les jeunes devraient être bien présents et visibles à cette période de l’année. Ces observations restent à confirmer, mais elles justifient un état des lieux précis avant toute décision de gestion. L’hypothèse d’une forte mortalité des jeunes ne serait en tout cas pas surprenante. Le chevrillard traverse pendant ses premiers mois une période particulièrement exigeante, et les épisodes de sécheresse réduisent les ressources alimentaires disponibles. La qualité de l’alimentation conditionne notamment la lactation et la croissance. Des travaux de l’ONCFS consacrés à la canicule de 2003 avaient déjà montré une forte baisse du poids des chevrillards et des effets différés sur la condition physique et la reproduction des femelles. Première urgence : compter. Comptages nocturnes, observations lors des sorties d’approche, relevés des animaux trouvés morts, poids des jeunes prélevés et remontées des territoires doivent permettre de déterminer si le phénomène est localisé ou généralisé. Le réseau Sagir constitue également un outil précieux pour documenter d’éventuelles mortalités anormales et rechercher leur origine. Si une baisse importante du nombre de chevrillards est confirmée, la gestion cynégétique devra en tenir compte. À la fin du mois d’août, les jeunes chevreuils ont atteint l’essentiel de leur taille osseuse définitive et entrent désormais dans une phase de consolidation. Un animal ayant souffert du manque de nourriture ne sera pas biologiquement rachitique, mais restera petit et conservera toute sa vie les effets de ce mauvais départ. Et comme les naissances et le poids des nouveaux nés sont corrélés au poids de la mère, la reproduction de 2028 en sera donc affectée. C’est précisément pourquoi, dans une population durement touchée, les prélèvements devraient prioritairement porter sur les jeunes animaux manifestement déficients, tandis que les femelles adultes en bon état corporel devraient être préservées autant que possible. La prudence reste toutefois indispensable : il ne s’agit pas de décider à l’échelle nationale sur la seule base de témoignages. Si des mesures sont nécessaires, elles devront être prises localement, au plus près de la réalité des populations, en fonction des résultats des comptages et de l’état corporel des animaux.

Fontainebleau : reconstruire la forêt, sans oublier les leçons du feu...

Fontainebleau n’est pas une forêt comme les autres. À une soixantaine de kilomètres au sud-est de Paris, ce massif de plus de 22 000 hectares constitue depuis des siècles un patrimoine naturel, paysager et culturel exceptionnel. Ses collines, ses vallées, ses gorges, ses landes et ses pinèdes abritent une biodiversité remarquable, à la rencontre des influences atlantiques et méditerranéennes. Environ 6 600 espèces animales et 5 800 espèces végétales y ont été recensées, parmi lesquelles des orchidées, des arbres protégés, des cervidés, des sangliers, des blaireaux, des écureuils et plus de 250 espèces d’oiseaux. Sous la litière forestière vivent également des milliers d’insectes, dont certaines espèces protégées. Cette richesse explique aussi l’importance historique du massif. En 1842, Claude-François Denecourt y aménagea les premiers sentiers balisés, faisant de Fontainebleau l’un des berceaux du tourisme de nature et attirant progressivement randonneurs, artistes, grimpeurs et amoureux des paysages. En 1948, la forêt accueillit également une conférence de l’UNESCO qui contribua à la création de l’Union internationale pour la conservation de la nature, donnant au site une dimension internationale. Mais cet héritage vient de subir un choc majeur. Deux épisodes d’incendie ont ravagé environ 2 000 hectares, soit près de 10 % du massif, contraignant environ un millier d’habitants et de campeurs à évacuer. Le premier sinistre s’est déclaré le 12 juillet dans la forêt domaniale des Trois-Pignons, notamment dans le secteur du Bois Rond et à proximité de l’autoroute A6. Le lendemain, plusieurs autres départs de feu ont touché la forêt domaniale de Fontainebleau, notamment dans le secteur de la Faisanderie... (Photo Nicolas Fontaine, ONF)...

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Haies : un régime unique pour encadrer les destructions à partir du 1er octobre

Le décret n° 2026-829 du 28 août 2026, publié au Journal officiel du 29 août, instaure le nouveau régime unique applicable à la destruction des haies. Issu de la loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture du 24 mars 2025, le dispositif vise à simplifier des démarches jusqu’ici dispersées entre plusieurs réglementations environnementales, agricoles et d’urbanisme. À compter du 1er octobre 2026, tout projet de destruction d’une haie devra faire l’objet d’une déclaration préalable auprès du préfet. La démarche sera effectuée, en principe, via un « guichet unique de la haie » dématérialisé. Un service coordonnateur sera ensuite chargé de l’instruction du dossier. Lorsque plusieurs départements sont concernés, les préfets intéressés prendront une décision conjointe. Le nouveau régime ne signifie toutefois pas que toute destruction sera automatiquement autorisée. Le préfet pourra demander des pièces complémentaires, s’opposer au projet ou informer le porteur de projet qu’une autorisation spécifique est nécessaire en fonction des protections applicables au site. Le dispositif doit notamment articuler les règles relatives aux espèces protégées, à Natura 2000, à l’eau, aux sites classés ou encore à la protection des haies par les documents d’urbanisme. Le décret renforce également le principe de compensation. Lorsqu’une destruction ne peut être évitée, le propriétaire ou le gestionnaire doit en limiter l’ampleur et prévoir une replantation permettant d’obtenir, à terme, des fonctionnalités au moins équivalentes à celles de la haie supprimée. En l’absence d’arrêté préfectoral fixant un coefficient particulier, la compensation minimale correspond à un linéaire replanté équivalent au linéaire détruit. Autre nouveauté importante : une période d’interdiction des travaux, liée à la nidification des oiseaux, devra être respectée. Elle ne pourra être inférieure à 21 semaines, avec des possibilités de dérogation dans certaines situations exceptionnelles, notamment pour des raisons de sécurité ou pour certaines infrastructures et réseaux. Le décret prévoit enfin que la déclaration unique peut, dans certains cas, se substituer à la déclaration préalable d’urbanisme concernant la destruction d’une haie protégée. Le nouveau dispositif entend ainsi créer un cadre plus lisible, tout en maintenant un contrôle préfectoral sur les opérations susceptibles d’affecter durablement le patrimoine bocager.

COP17 : la dégradation des terres s’impose comme enjeu mondial

La 17e Conférence des Parties de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) s’est achevée le 28 août 2026 à Oulan-Bator, en Mongolie, dans un contexte marqué par l’accélération de la dégradation des terres et la multiplication des épisodes de sécheresse. Selon le constat présenté lors de la conférence, la moitié de l’humanité est désormais affectée par la dégradation des sols, avec des conséquences sur la production alimentaire, les ressources en eau, la santé, la sécurité et les économies nationales. La COP17 a cherché à renforcer les réponses collectives en rapprochant notamment les politiques de restauration des terres, de lutte contre le changement climatique et de conservation de la biodiversité. La France, membre du groupe des « amis de la présidence mongole », s’est particulièrement impliquée dans ces travaux. Elle a notamment lancé un hub français de l’initiative « Business for Land », destiné à fédérer les entreprises engagées dans la préservation des sols. Parmi les avancées figure le renforcement de l’interface science-politique de la Convention, destinée à mieux intégrer les connaissances scientifiques dans les décisions. Les négociations ont également commencé à définir une vision stratégique pour la période post-2030. Le rôle des éleveurs a été reconnu comme essentiel à la préservation des terres agricoles, des prairies et des parcours. La sécheresse, placée au centre des discussions, devient par ailleurs un point permanent de l’agenda des futures COP. Les travaux se poursuivront notamment lors de la COP18. Enfin, les moyens financiers du secrétariat de la Convention ont été préservés afin de poursuivre ses missions et de renforcer les synergies entre les grandes conventions environnementales, la société civile et les enjeux liés au genre. La COP17 aura ainsi confirmé que la restauration des sols constitue désormais un enjeu transversal, à la croisée de l’agriculture, de l’élevage, de l’eau, du climat et de la biodiversité.

Restauration des forêts

Restaurer une forêt est l’un des moyens de reconstituer progressivement les stocks de carbone contenus dans les arbres. Mais une nouvelle étude menée dans des forêts subalpines montre qu’un même résultat peut être obtenu par des mécanismes écologiques très différents. Les chercheurs ont comparé des forêts secondaires, qui se régénèrent naturellement après une perturbation, et des forêts plantées. Ils se sont particulièrement intéressés aux mycorhizes, ces champignons vivant en association avec les racines des arbres et jouant un rôle essentiel dans l’absorption des nutriments. Deux grands types ont été distingués : les mycorhizes arbusculaires (AM) et les ectomycorhizes (EcM). Ces associations ne jouent toutefois pas exactement le même rôle. Les champignons AM pénètrent dans les cellules des racines et sont généralement associés à une acquisition efficace du phosphore, tandis que les EcM forment un réseau autour des racines et peuvent notamment faciliter l’accès à l’azote et à la matière organique du sol. Les chercheurs ont suivi une chronoséquence, c’est-à-dire des peuplements d’âges différents permettant de reconstituer les étapes de récupération. Ils ont ainsi séparé le carbone stocké dans les arbres selon leur association mycorhizienne et étudié simultanément la structure des peuplements, la diversité fonctionnelle et plusieurs propriétés du sol. Cette approche permet de distinguer la simple accumulation de biomasse des mécanismes écologiques qui la rendent possible. Au cours du temps, les deux types de forêts accumulent globalement des quantités comparables de carbone dans leurs arbres. Pourtant, le chemin suivi n’est pas le même. Dans les forêts qui se régénèrent naturellement, l’augmentation du carbone est davantage liée aux changements dans les communautés de champignons associés aux racines et au renouvellement des espèces et de leurs caractéristiques fonctionnelles. Dans les forêts plantées, elle dépend davantage de la structure du peuplement (diversité des tailles et organisation des arbres), ainsi que des caractéristiques du sol. La quantité totale de carbone ne suffit donc pas à juger de la réussite d’une restauration forestière. Deux forêts peuvent stocker autant de carbone tout en reposant sur des fonctionnements écologiques très différents. Ces résultats plaident ainsi pour une vision plus fine de la restauration : mesurer le carbone stocké, mais aussi comprendre comment la forêt parvient à le stocker.

Loup : le préfet coordonnateur voit ses pouvoirs renforcés

Un décret publié au Journal officiel le 25 août 2026 élargit les prérogatives du préfet coordonnateur du plan national d’actions sur le loup. Le décret n° 2026-815 du 24 août modifie le dispositif instauré en 2018 afin de le mettre en cohérence avec les nouvelles dispositions réglementaires relatives au statut de protection du loup et aux conditions de sa destruction. Il est entré en vigueur le 26 août.  La principale évolution concerne la possibilité de suspendre des opérations de tirs indépendamment de l’atteinte d’un plafond de prélèvement ou d’une échéance calendaire. Le préfet coordonnateur peut désormais, par arrêté et sur les territoires qu’il détermine, suspendre pour une durée qu’il fixe, les tirs de défense et les tirs de prélèvement autorisés par les préfets de département ou simplement déclarés auprès d’eux. Cette suspension peut courir jusqu’à la fin de l’année civile. Le texte renforce également la coordination des opérations conduites par les services spécialisés. Les décisions prises par les préfets de département concernant les tirs réalisés par les lieutenants de louveterie ou les agents de l’Office français de la biodiversité (OFB) peuvent désormais être soumises à l’accord préalable du préfet coordonnateur. Celui-ci dispose donc d’un moyen supplémentaire pour assurer une cohérence nationale des interventions, au-delà des seules décisions préfectorales départementales. Sur le plan administratif, le décret élargit ainsi le champ de l’intervention du préfet coordonnateur : son pouvoir de suspension ne porte plus uniquement sur les autorisations délivrées par les préfets, mais également sur les tirs faisant l’objet d’une déclaration auprès d’eux. La référence aux tirs de défense « simple ou renforcée » est par ailleurs supprimée dans le texte réglementaire, afin d’adapter la rédaction aux nouvelles règles. Cette évolution traduit une volonté de centraliser davantage le pilotage des opérations de destruction du loup, tout en maintenant leur mise en œuvre au niveau départemental. Elle donne surtout au préfet coordonnateur une capacité d’intervention plus large et plus réactive sur les opérations de tir autorisées ou déclarées.

Les atolls refuges pour les oiseaux migrateurs, mais aussi laboratoires de l'évolution

Longtemps, les grandes îles volcaniques ont concentré l’attention des biologistes lorsqu’il était question d’évolution insulaire. Pourtant, une publication récente dans Biological Reviews montre que les atolls coralliens de l’Indo-Pacifique constituent eux aussi de véritables laboratoires naturels, particulièrement intéressants pour comprendre l’évolution des oiseaux. Ces anneaux de terre, souvent minuscules et à peine émergés, possèdent une histoire géologique très particulière. Contrairement aux grandes îles volcaniques, leur surface a été profondément influencée par les variations du niveau des mers au cours des périodes glaciaires. Des phases d’émersion ont ainsi alterné avec des périodes de submersion, provoquant successivement disparition, recolonisation et isolement des populations animales. Pour les oiseaux, ces cycles constituent de véritables expériences grandeur nature. À chaque nouvelle émergence, des espèces peuvent coloniser les terres disponibles. Certaines populations restent ensuite isolées pendant des années. Privées de contacts réguliers avec leurs congénères d’autres îles, elles peuvent progressivement diverger et donner naissance à des espèces ou sous-espèces endémiques. Le phénomène est bien documenté chez plusieurs oiseaux du Pacifique. Le Rousserolle des Tuamotu, par exemple, présente une forte structuration génétique entre plusieurs îles, certaines ayant probablement servi de refuges lors des anciennes variations du niveau marin. Mais les atolls ne sont pas uniquement des berceaux de diversité : ils constituent aussi des haltes essentielles pour de nombreux oiseaux au cours de leurs déplacements. Les zones côtières, vasières, lagons et plages offrent nourriture et repos aux oiseaux migrateurs qui parcourent parfois des milliers de kilomètres. Les atolls du Pacifique sont également des sites de reproduction majeurs pour les oiseaux marins : une étude estime qu'environ 31 millions d'oiseaux marins y nichent, soit près du quart des oiseaux marins tropicaux. Cette dimension intéresse directement le monde de la chasse. En France, une partie du gibier d’eau et des oiseaux de passage dépend de vastes réseaux de zones humides répartis sur les routes migratoires. Les canards, oies, limicoles et autres migrateurs relient ainsi, au fil de leurs déplacements, des territoires parfois très éloignés. La protection d'une halte migratoire à plusieurs milliers de kilomètres peut donc avoir des conséquences sur les populations observées ailleurs. Pour les chasseurs, qui sont aussi des observateurs réguliers de ces migrations, les atolls rappellent une évidence : un oiseau migrateur ne connaît pas les frontières administratives. Préserver les escales, les sites de reproduction et les zones d'hivernage constitue donc un enjeu international. Et derrière chaque population, chaque sous-espèce et chaque trajet migratoire se cache une longue histoire évolutive que les atolls permettent aujourd'hui de mieux comprendre.

Grand Tétras : a-t-on encore le droit d’essayer ?

 

Il fut un temps où le Grand Tétras faisait véritablement partie des forêts vosgiennes. On estimait sa population à quelque 2 200 adultes en 1939, encore 500 en 1972 et 350 en 1989. Puis la chute s’est accélérée jusqu’à ne laisser que quelques survivants. Comment en est-on arrivé là ? Il serait trop simple de désigner un unique responsable. Dégradation et fragmentation des habitats, évolution de la sylviculture, dérangement lié aux activités humaines et aux loisirs de pleine nature, pression des ongulés, prédation, perte de diversité génétique et, désormais, effets du changement climatique : les causes se sont probablement additionnées jusqu’à conduire cette population au seuil de l’extinction. Pendant des décennies pourtant, associations naturalistes, forestiers, scientifiques et pouvoirs publics ont tenté de préserver l’oiseau et son habitat. Des espaces ont été protégés, des mesures de quiétude instaurées, des forêts aménagées. Le Groupe Tétras Vosges, créé en 1979, s’est trouvé au cœur de cette politique de conservation. Mais le constat, près d’un demi-siècle plus tard, est cruel : malgré les efforts engagés et les financements mobilisés, la population de Grand Tétras s’est effondrée. À la fin de 2023, on ne comptait plus que trois ou quatre oiseaux. La protection de l’habitat, aussi nécessaire soit-elle, n’avait donc pas suffi. Fallait-il alors accompagner jusqu’à son terme la disparition du bel oiseau, ou tenter autre chose ? Le Parc naturel régional des Ballons des Vosges a choisi la seconde voie. Après plusieurs années d’études et de préparation, un programme de renforcement a été lancé en 2024 avec l’appui de l’État et des autorités norvégiennes. Son principe : prélever en Norvège, où l’espèce demeure abondante, des oiseaux sauvages et les transloquer dans le massif vosgien afin de tenter de reconstituer un noyau viable. L’entreprise était audacieuse et ses chances de réussite incertaines. Elle n’a d’ailleurs jamais fait l’unanimité, plusieurs associations, naturalistes et instances scientifiques estimant que les causes ayant conduit à l’effondrement de la population n’avaient pas suffisamment disparu pour justifier l’arrivée de nouveaux oiseaux. Des recours ont été déposés, et, en avril 2024, le tribunal administratif de Nancy a néanmoins rejeté une demande de suspension, considérant notamment que l’opération répondait à un objectif d’intérêt général en matière de biodiversité...

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LIFE Biodiv’France : neuf ans et plus de 50 millions d’€ pour la biodiversité

Lancé le 1er janvier 2024, LIFE Biodiv’France est un programme de neuf ans destiné à accompagner la mise en œuvre de la Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB 2030). Coordonné par l’Office français de la biodiversité (OFB), il doit se poursuivre jusqu’au 31 décembre 2032. Le projet repose sur un consortium de 31 participants et dispose d’un budget global de 50,45 millions d’euros. Son financement comprend notamment 30,27 millions d’euros provenant du programme européen LIFE, 4,22 millions d’euros apportés par le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, ainsi que des autofinancements des différents partenaires. L’objectif affiché est d’apporter aux structures nationales et régionales une expertise et une ingénierie de projet afin de les aider à concevoir des actions répondant aux objectifs de la SNB 2030 et à rechercher les financements nécessaires à leur réalisation. Le programme est organisé autour de neuf axes d’intervention, dont cinq ciblent directement des domaines considérés comme prioritaires : les territoires, les aires protégées, les filières, les citoyens et les compétences.

- Le premier volet concerne l’appui aux territoires. Il s’adresse notamment aux collectivités locales et doit les accompagner dans la conception et la mise en œuvre de projets en faveur de la biodiversité.

- Le deuxième porte sur l’efficacité des aires protégées. Il vise les gestionnaires de ces espaces et prévoit notamment l’amélioration des méthodes de suivi, d’évaluation, de planification et de gestion.

- Le troisième volet concerne les filières ayant un impact sur la biodiversité. Le programme prévoit de travailler avec différents secteurs afin de favoriser l’intégration des enjeux liés à la biodiversité dans leurs pratiques et leurs projets.

- Le quatrième axe est consacré à la mobilisation des citoyens. Il doit contribuer à améliorer la connaissance des enjeux de biodiversité à l’échelle locale et à favoriser l’engagement collectif.

- Enfin, le cinquième volet porte sur le développement des compétences. Il concerne les métiers et les acteurs de la formation, avec l’objectif de renforcer les connaissances et les capacités nécessaires à la prise en compte de la biodiversité.

À travers ces différents axes, LIFE Biodiv’France doit ainsi accompagner des projets publics et privés, renforcer les capacités des acteurs et favoriser la mobilisation de financements en faveur de la biodiversité. Cependant, les opinions exprimées dans le cadre du projet relèvent de leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de l’Union européenne ou de CINEA. Allez comprendre...