Lundi 26 juillet 2021 : Le petit journal de la chasse et de l’environnement

Le rôle écologique des chasseurs

Alors que le débat des idées repart de plus belle, à moins de deux mois de l’ouverture générale de la chasse, deux questions fondamentales ressurgissent. La première concerne les populations d’animaux sauvages trop abondantes : comment les réguler sans les chasseurs ? La seconde vise les autres, en bon état de conservation ou en déclin : pourquoi continuer à les chasser ? Sont dans le collimateur de nos opposants pratiquement toutes les formes de chasse, la seule bénéficiant d’un sursis étant celle du sanglier, dont les effectifs pléthoriques agacent même les moins radicaux des « défenseurs des animaux ». Dans ce conflit de société, l’éditorial de Philippe Dulac, publié dans la revue « Vènerie » de mars dernier, est un monument de clairvoyance. L’auteur est sans aucun doute l’un des rares à avoir pris la mesure du changement profond de notre monde moderne, et du danger qui plane, non pas sur la seule vénerie, mais sur l'ensemble des modes de chasse. Laissons ici de côté ce qui fait bondir beaucoup de chasseurs, la chasse loisir (ou chasse plaisir) qui laisserait la place à la seule chasse « de régulation », et ne parlons que de chasse utile ou de chasse « banale ». La première survivra, c’est une certitude, car on ne peut s’en passer, et puis il ne semble pas incompatible que l’on puisse chasser avec plaisir, utilement. Mais la seconde ? Je ne suivrai pas Philippe Dulac quand il écrit : « … Nous vivons aujourd’hui un phénomène plus qualitatif du genre – peut-être ce qui fut, il y a cinq siècles, la Renaissance… ». Les changements que nous vivons, et subissons aujourd’hui, ne semblent pas aller dans le sens d'un meilleur vent pour la société tout entière, mais il a raison quand il précise que : « Ce n’est pas en campant sur les positions de la vénerie, héritée du 18e et 19e siècle, que nous assurerons son avenir au 21e. Certaines forces, certaines évolutions nous dépassent. Il ne s’agit pas de renoncer au dialogue merveilleux que nous entretenons avec nos chiens. Mais il faut le poursuivre, là où c’est possible, quand c’est possible, et sous la forme qui est possible… ». Et prudemment, il ajoute en post scriptum, preuve qu’il a tout compris, même l’opposition qui couve dans les rangs des veneurs, que : « je me permets de tenir ce propos parce que, ayant été maitre d’équipage de cerf en région parisienne pendant 35 ans, et ayant consacré 11 ans de ma vie à défendre la vénerie, on ne pourra me soupçonner d’être prêt à trahir la patrie. Mon propos est de la défendre avec réalisme ».

Pour lire l’intégralité de l’édito de Philippe Dulac : c’est ICI

 

Loi Climat : adoptée… au rabais

Définitivement adoptée le 20 juillet 2021, la loi « Climat et Résilience » constitue, pour le gouvernement, une avancée majeure. « Elle renforcera la commande publique comme levier de la transition écologique et solidaire de notre économie. D’ici 5 ans au plus tard, tous les marchés publics devront intégrer dans leur offre, une clause écologique, laquelle entrera dans les critères de sélection du candidat. Il en sera de même pour les concessions, en dehors du secteur de la défense et de la sécurité. Ces avancées confortent les ambitions du Gouvernement en matière d’insertion et d’économie sociale et solidaire, notamment le soutien au secteur de l’insertion par l’activité économique, pour lequel l’Etat poursuit l’objectif de 240 000 emplois d’ici 2022… » peut-on lire dans le communiqué de presse du ministère de la Transition écologique et solidaire. Pour les écolos, la montagne a accouché d’une souris puisque sur les 150 propositions citoyennes, il manque à l’appel : la suppression de lignes aériennes intérieures, la lutte contre les passoires thermiques avec l'interdiction de leur location d'ici 2028, la suppression progressive de la publicité pour les véhicules polluants, l'instauration de zones urbaines sans véhicules polluants en 2025, ou encore la mise en place de menus végétariens dans les cantines scolaires. Mais ce qu’ils ont surtout mal digéré, c’est l’abandon du volet constitutionnel du texte, qui visait à inscrire, à l'article 1er de la Constitution, la préservation de l'environnement et la lutte contre le dérèglement climatique.

 

Affaire Pilarski : la demande d’annulation de la mise en examen de Christophe Ellul, rejetée

Le compagnon d’Elisa Pilarski, Christophe Ellul, a été mis en examen le 4 mars dernier. Le 14 mai, son avocat formulait, lors d’une audience à huis clos, la demande de nullité de la mise en examen de son client. Examinée vendredi dernier par la Chambre de l’Instruction de la Cour d’appel d’Amiens, la requête en annulation de la mise en examen pour homicide involontaire a été rejetée. L’avocat de Christophe Ellul a déclaré qu’un pourvoi en cassation sera formé dès aujourd’hui lundi, et a également demandé des compléments et des contre-expertises concernant le chien Curtis. La chambre de l’instruction a fait droit à celle relative à : « la mesure de l’écartement des crocs de Curtis », a-t-elle indiqué à l’avocat de la famille d’Elisa Pilarski, partie civile dans cette affaire. Quant à Maitre Guillaume Demarcq, avocat de Sébastien Van Den Berghe, maître d’équipage du Rallye La Passion placé sous le statut de témoin assisté, il a déclaré : « le fond du dossier étant accablant, la défense avait voulu porter ça sur la régularité de la procédure, mais la chambre de l’instruction a considéré que c’était au terme d’une procédure totalement régulière que Christophe Ellul a été mis en examen ».

 

Rennes : les écolos à la manœuvre…

On se souvient de la décision de la maire PS, Nathalie Appéré, associée avec les verts, qui a refusé l’an passé, le grand départ du Tour de France de la ville de Rennes, trop polluant, avait-elle déclaré. En revanche, pour la réhabilitation des prairies Saint-Martin, dont les travaux ont commencé le 20 juillet, le bilan carbone est occulté pour laisser la place aux aménageurs, confrontés à un problème de robinets. Cette zone de 30 ha est trop profonde pour les odonates (libellules et demoiselles) et les amphibiens (grenouilles et tritons), mais doit pouvoir accueillir 60 000 m3 d’eau en cas de crues de la rivière voisine. Elle va donc être vidée, puis réhaussée de 60 cm, puis remise en eau. « Des écologues seront présents pour observer la vie aquatique. Les espèces naturelles seront capturées avec précaution (filets et épuisettes), puis transportées soit dans la rivière, soit dans les fossés et le ruisseau à proximité. Les espèces invasives (écrevisses américaines et jussie) seront supprimées » a déclaré l’un des responsables du chantier qui a ajouté : « après un mois de séchage, à partir du lundi 23 août, débutera le remodelage des fonds de bassins pour une durée de six à huit semaines ». Le coût des travaux, pour la réhabilitation de ces 30 ha est estimé à… 30 millions d’€. L’insondable logique des verts touche le fond…

Vendredi 23 juillet 2021 : Le petit journal de la chasse et de l’environnement

« LIFE » un outil européen pour financer des projets en faveur de l’environnement

Uniquement dédié à l’environnement et au climat, « LIFE », l’un des plus anciens programmes de financement de l’Union européenne, soutient, dans tous les pays de l’UE, des projets contribuant à la préservation de la nature et des espèces. Pour la période 2021-2027, il est doté de 5,4 milliards d’euros. « Engagés avec d’autres partenaires européens, les bénéficiaires sont des acteurs publics et privés, du monde associatif ou de la recherche. Les projets déposés doivent améliorer les écosystèmes, grâce à leurs effets directs, mais avoir aussi vocation à être répliqués, ce qui permet d’en multiplier les effets » a expliqué Jean-Claude Merciol, Chef d’unité de la Commission européenne, en charge de LIFE. En France, le projet « ARTISAN » vise à démontrer, et valoriser, l’utilisation de solutions d’adaptation au changement climatique, fondées sur la nature. Financé à 60% par LIFE (16,7 millions d’euros pour huit ans), ce projet qui est piloté par l’OFB, associe 28 bénéficiaires à travers la mise en œuvre de 40 actions. Pour en savoir plus : C'est ICI

 

Dans le cochon, ça gaze !

Pour dévaloriser la chasse, que ne feraient-ils pas ! Des chercheurs des universités du Queensland et de Canterbury, ont mesuré (comment ? nul ne le sait…), et déclaré que : « Les sangliers sont responsables, dans le monde, de l’émission de 4,9 millions de tonnes de CO² par an, soit autant que 1,1 million de voitures. Dans de nombreux endroits du monde, les sangliers sont en augmentation dans des zones où ils ne sont pas indigènes, ce qui a des conséquences sur le climat… », proclament les auteurs, qui, pour arriver à de telles conclusions, ont dû brasser beaucoup d’air. La mesure des trous de balles apporte donc à la science des connaissances insoupçonnées, et gravissimes, puisqu’ils ajoutent : « Les sangliers sont susceptibles de déraciner une zone de 4 à 12 millions d’hectares, dans des régions où ils ne sont pas indigènes ». La guerre aux « javapigs » est donc déclarée par ces spécialistes de la faune qui précisent : « Ces porcs sauvages causent de graves problèmes environnementaux dans le monde, et il n’y a pas de consensus parmi les experts sur ce qu’il faut faire pour atténuer ou résoudre ce problème. Ces animaux, qui sont des hybrides de sangliers avec des porcs domestiques, ont détruit les récoltes du monde entier et ont même atteint Fukushima… ». Quand la lumière nucléaire éclaire les illuminés…

 

Lancement du premier suivi national et annuel de « surveillance des pesticides »

Cette démarche, financée par l'État, fait suite à une campagne nationale exploratoire (CNEP), réalisée de juin 2018 à juin 2019, afin d'évaluer la présence de pesticides dans l'air, malgré l'absence de réglementation européenne. En amont de cette CNEP, en octobre 2017, l'Anses avait publié une liste initiale de 90 substances chimiques présentes dans des produits phytopharmaceutiques, mais aussi des biocides, des médicaments vétérinaires et des antiparasitaires à usage humain. Au moment du lancement de la CNEP, la liste avait été finalement ramenée à 75 molécules fongicides, herbicides ou insecticides, à surveiller sur 50 sites, dont : - le chlordécone, un perturbateur endocrinien interdit depuis 1993, mais encore présent dans l'environnement ; - le folpel, fongicide utilisé en viticulture et maraîchage, considéré comme « cancérogène suspecté » depuis 2009 par l'agence européenne sur la sécurité des aliments (EFSA) ; - le lindane, insecticide très persistant, exploité jusqu'à son interdiction en 1998 dans l'agriculture et dans des produits pharmaceutiques pour combattre la gale et éliminer les poux. La concentration de ces molécules dans l'air sera mesurée par 18 capteurs fixes, correspondant à un site proche d'un bassin de vie (urbain ou péri-urbain), dans chaque région. Les premières données seront rendues accessibles dès l'été 2022, sur la base de données en « open-data » de mesures de pesticides (PhytAtmo), et celle sur la qualité de l'air (Geod'Air), et constitueront une première source d'informations cruciales sur le sujet.

 

Chasse : la hiérarchie des captures

Afin de trouver la justification à l’acte de chasse, et lui donner une valeur symbole, le Nemrod moderne hiérarchise, souvent malgré lui, ses prélèvements. Il a besoin de montrer qu’il a les capacités requises pour affronter la faune sauvage sur son terrain, et la vaincre. Dans ces considérations, vient en premier le trophée. Sa grandeur ou son importance efface totalement le poids et la grosseur de la capture. Quand il y a trophée, la notion de masse de venaison, qui intéressait au plus haut point nos aïeux, n’existe plus, reléguée au rang de vestiges du passé par quelques centimètres de plus de « tables d’usure » ou de merrains, voire de tours de meules et autres anneaux de croissance de cornes. Il est vrai que, aujourd’hui bien nourri, les kilos de viande ne sont plus appréciés de la même façon. En l’absence de trophée, c’est le poids de l’animal qui reprend le dessus. Cette seconde place sera obtenue par le volume de la capture. Nonchalamment, le chasseur laissera tomber d’une voix émue : « Jamais vu animal de ce poids-là ! ». Ensuite, vient la quantité. Les doublés, les triplés, les quadruplés et autres « doublés de doublés » redoreront difficilenent  le blason de ceux qui sont en recherche de légitimité. Enfin, en queue de peloton, pour recevoir les félicitations de ses pairs, le chasseur n’aura d’autre alternative que de s’appuyer sur la difficulté du tir. Si la pièce est menue et éloignée, au déplacement rapide, c'est son adresse qui l’emportera sur un gibier « immanquable », comme celui qui s’est présenté à son voisin, au pas et à quelques mètres. Nous entrons là, dans une sorte de perversion cynégétique, qui ferait moins de mal si elle restait sous silence...

Jeudi 22 juillet 2021 : Le petit journal de la chasse et de l’environnement

Le matériel optique : poids = qualité !

Que ce soit en magasin ou sur l’immense marché de l’internet, il faut déjà déterminer le, ou les, critères de sélection. Il ne faut pas oublier non plus le nerf de la guerre : le prix ! Le premier conseil, avant d’investir, est donc d’observer attentivement le produit, non pas de loin, mais dans la vitrine et dans le détail, pour débusquer ce qui ne colle pas avec le prix affiché. A ce stade, point n’est besoin d’être un expert en optique, le bon sens suffit. Ainsi, vous jugerez de la qualité de la finition : absence de bavures de matière, de défauts de surface et d’irrégularités de couleur. Côté verres, vous observerez une belle couleur des traitements de la surface externe des lentilles, en les regardant sous un angle d’environ 45°. Cette étape franchie, la suivante sera celle de la manipulation. Rares sont les appareils qui ne nécessitent pas d’ajustements au cours de leur utilisation. Mise au point, réglage du grossissement, et écartement des corps optiques dans le cas de jumelles. Ne laissez rien passer, car c’est là que vous appréhenderez le critère fondamental : la qualité mécanique de construction. Ensuite, il faudra tester, grandeur nature. L’essai est donc indispensable. Dans tous les cas, qu’il s’agisse de lunette de visée, de jumelles, de longue-vue, il faut adapter l’appareil à sa vue, en utilisant la correction dioptrique. Dans le cas d’une lunette de visée, c’est voir le réticule très net. Dans le cas de jumelles, c’est encore plus délicat, car nos deux yeux ne sont jamais parfaitement identiques. Le dernier point concerne la masse. Le verre optique est très lourd. Donc si vous avez en main un appareil trop léger, il est forcément fabriqué avec des matières de synthèse, en substitut du verre… Enfin, le reste est du domaine du subjectif, car l’instrument doit être confortable durant l’observation…

 

Congrès de l’UICN

Toujours programmée à Marseille, du 3 au 11 septembre 2021, la France accueillera, pour la première fois, le Congrès mondial de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). C’est un évènement majeur et l’une des plus grandes manifestations internationales pour la biodiversité. Organisé tous les 4 ans, il mobilise des experts de la protection de la nature issus de tous les secteurs : monde politique, recherche, associations et grandes organisations internationales, mais aussi entreprises et citoyens. Ce Congrès témoignera d’un engagement mondial autour de 7 enjeux majeurs : paysages, eau douce, océans, changement climatique, droits et gouvernance, savoir, innovation et technologie et systèmes économiques et financiers. Il constituera une étape cruciale pour appuyer les négociations attendues à la 15e conférence des parties de la Convention sur la diversité biologique, qui devrait se tenir en 2022 à Kunming, en Chine, et qui doit définir un cadre international pour mettre un terme à l’érosion de la biodiversité.

 

Animaux sauvages commercialisés : attention aux risques sanitaires

La plupart des nouvelles maladies infectieuses sont causées par la transmission d’agents pathogènes, des animaux vers les humains. Les scientifiques, qui soupçonnent fortement que la pandémie de Covid-19 a débuté dans un marché d’animaux sauvages en Chine, estiment qu’un quart des animaux commercialisés sont porteurs de virus zoonotiques. Ils soulignent que les primates, les ongulés, les carnivores et les chauves-souris présentent plus de risques de transmettre des maladies aux humains, puisqu’ils hébergent notamment 136 des 226 virus zoonotiques, connus sur le marché actuel. Les écologistes ne sont pas sur les mêmes estimations, puisqu’ils affirment que ce sont les trois-quarts des animaux sauvages commercialisés qui sont porteurs des maladies pouvant être transmises aux humains. Malgré ce grand écart, Joseph Kiesecker, membre de l’équipe de « The Nature Conservancy », une organisation américaine à but non lucratif, considère que ce résultat est alarmant. Mais les auteurs de l’étude notent aussi que la gestion du commerce d’animaux sauvages n’est pas le seul facteur pouvant engendrer de futures pandémies zoonotiques. À cause de la déforestation, l’expansion de l’agriculture industrialisée, le développement des infrastructures et l’urbanisation, le contact entre les animaux sauvages et les humains est plus fréquent. Or, cela augmente considérablement les risques de transmission directe d’infections zoonotiques.

 

Le Québec mis en garde contre les coupes forestières à Anticosti

L’organisme international, qui fixe les règles à respecter pour qu’une aire protégée soit reconnue comme telle, vient de mettre en garde le gouvernement québécois contre la poursuite des coupes forestières sur Anticosti, les jugeant incompatibles avec la protection du territoire. Dans un courrier envoyé aux différents ministères canadiens impliqués, il est rappelé que : « Les critères de classement ne permettent pas, dans aucun cas et sous aucune condition, des activités industrielles, telles que les coupes à blanc forestières, dans aucune des catégories d’aires protégées, peu importe leurs buts spécifiques ». Le gouvernement de François Légault, Premier ministre du Québec, a fait savoir qu’il poursuivra la mise en œuvre des activités d’aménagement forestier réalisées dans le cadre de son Plan général d’aménagement intégré des ressources qui s’applique sur le territoire aménageable de l’île, et qui vise la restauration et le maintien de l’habitat du cerf de Virginie ». Il est récolté environ 100 000 mètres cubes de bois par an sur Anticosti, dans le cadre de coupes qualifiées de « coupes à blanc » par la Société pour la nature et les parcs, ce qui est totalement incompatible avec l’ambition de l’inscription au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Mercredi 21 juillet 2021 : Le petit journal de la chasse et de l’environnement

Petit gibier : toujours dans l'impasse

Si le grand gibier se porte à merveille, la situation du petit gibier n’a guère évolué depuis deux décennies. Il est vrai que les critères d'appréciation, et l'hétérogénéité des situations, ne facilitent pas la mise en place d’une politique globale. Pourtant, la demande se fait de plus en plus pressante dans les départements, et les FDC poussées à agir. Mais deux questions se posent : dans quels buts et avec quels moyens ? Si c’est uniquement pour reconstituer les effectifs des chasseurs, c’est ramener la question de la conservation du patrimoine sauvage à un niveau de préoccupation qui en dit long sur notre conscience écologique. Mais si c’est effectivement pour redonner à la nature une partie de ce qui a été détruit, on se heurte à la modification des paysages, induite par l'évolution des pratiques agricoles. Certes des progrès considérables ont été faits ces dernières années, mais le premier blocage qui apparait concerne les prélèvements. Il est évident qu’ils ne peuvent être que fonction des densités, car ce sont elles qui fixent la quantité disponible. Cela signifie que toutes les tentatives n’auront de succès que si elles sortent du domaine expérimental, et deviennent un projet d’envergure nationale. Est-ce possible ? L'idée chemine, doucement. Attention quand même, car à la vitesse où vont nos adversaires…

 

Elevage de tigres en captivité

Lion et tigre : même noblesse, mais pas même combat… Pour les premiers, élevés en captivité pour satisfaire quelques gâchettes aisées, le scandale soulevé a eu raison de cette pratique. Et c’est tant mieux, il faut le dire. En revanche, ce qui attend le tigre n’est guère plus reluisant, et il faut le dire aussi. Une ébauche de manuel pour l’inspection des établissements accueillant des tigres en captivité a fuité, et dans ce document commandé par l'une des plus grandes organisations environnementales, l’élevage commercial de ces félins, pourtant menacés, est envisagé. Ce manuel, intitulé « Inspection Manual for Facilities Breeding Tigers in Captivity » part du principe que certaines formes d’élevage en captivité de ces grands félins sont acceptables, bien que ce postulat aille à l’encontre des réglementations conclues au niveau international, et risque de compromettre les mesures entreprises pour interdire ce genre d’établissements. Et ce n’est pas uniquement pour tenter de sauver les 3 900 tigres qui vivent encore en liberté…

 

Le renard, pour aider l’étude de l’évolution du cerveau

Une expérience de domestication du renard est menée à l’Institut de Cytologie et de Génétique à Novossibirsk, en Russie. Depuis les années 1960, le protocole mis en place a permis de récolter de nombreuses informations sur l’évolution morphologique des animaux, sous l’effet de la sélection humaine. Maintenant, les biologistes s’intéressent à ses effets sur le cerveau. Des scientifiques ont analysé les structures cérébrales de trois types de renards, selon leur docilité, leur agressivité, et un groupe dit « de contrôle » qui n’a pas subi de sélection. Les résultats, inattendus, de ces observations, intriguent les scientifiques. De façon surprenante, les renards des groupes docile ou agressif présentent des changements cérébraux similaires. De plus, alors qu’il est connu que le volume relatif du cerveau est plus faible chez les espèces domestiques que chez leur ancêtre sauvage, les chercheurs ont constaté une tendance à l’augmentation. Ces résultats étonnent, et permettront peut-être de comprendre plus finement les processus en jeu lors de la domestication. Certes, les renards, qui proviennent à l’origine d’élevage de fourrure, n’étaient déjà plus complètement sauvages avant d’être séparés en lignées distinctes, mais l’expérience de Novossibirsk présente aujourd’hui le meilleur modèle pour comprendre comment le loup est devenu chien, il y a plus de 30 000 ans.

 

Brexit : même les pigeons anglais ne sont plus les bienvenus en Europe…

Lorsque le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne, le 31 décembre dernier, des mesures drastiques sont entrées en vigueur, et il est devenu presque impossible aujourd’hui, pour les passionnés de colombophilie britannique, d’obtenir les certificats de santé nécessaires. Les règles exigent que les pigeons ne puissent pas être amenés en France sans plusieurs certificats sanitaires, et… un isolement de 21 jours. Ian Evans, président de la « Royal Pigeon Association » a déclaré : « Je pense que l’UE réagit de manière excessive en termes de risque associé aux pigeons voyageurs. Les réglementations européennes précédentes exemptaient en fait tout animal des exigences sanitaires lors de son transfert d’un pays à un autre, car elles reconnaissaient que le risque de propagation d’une maladie était presque impossible… Tous les pigeons voyageurs britanniques sont vaccinés chaque année contre la maladie de Newcastle, et le risque de transmettre la grippe aux oiseaux est très faible… ».

Mardi 20 juillet 2021 : Le petit journal de la chasse et de l’environnement

Ours des Pyrénées

Voilà qui ne va pas réjouir les éleveurs des Pyrénées. Au cours du premier semestre 2021, quatre portées différentes ont été signalées sur le versant français. Ont été vus : en Béarn, l’ourse Sorita et ses trois rejetons, et en Ariège, deux oursons à Seix, un ourson à Bonac-Irazein et deux oursons à Ustou. Tout ce petit monde est sous l’étroite surveillance des acteurs du réseau Ours 2021, et ils sont légion : OFB, ONF, PNP, FDC, IPHB, FIEP, SEPANSO, RNC, DDT(M), ADET, ANC, ALTAIR, NEO, ANA, ASPP65, Ferus, Parc’ours, Medio Ambiente Navarra, Medio Natural Aragon, Generalitat de Catalunya, Medi Ambient Andorra, Conselh Generau Aran… Ils ont, au cours des six derniers mois, collectés plus de 500 indices indirects sur les quatre départements pyrénéens, de la vallée d’Aspe (64), à la commune de Perles et Castelet (09) à l’est. Un total de 35 itinéraires ont permis de relever 160 indices au cours de cette période. Trente-huit caméras automatiques saisissent tout ce qui passe à leur portée, c’est-à-dire 145 séries de photos et vidéos, dont deux de l’ourse Sorita suitée de 3 oursons de l’année.

 

Liste rouge des espèces menacées en France

A la vitesse où évolue le classement des espèces, on ne peut ignorer qu’il se passe quelque chose de grave. La dégradation et la destruction des habitats naturels représentent les principales pressions pour les espèces ayant de faibles capacités de dispersion. Parmi les habitats concernés, les milieux aquatiques sont les plus affectés. Les prélèvements d’eau pour les usages urbains, le pompage pour l’irrigation des cultures ou l'assèchement des prairies humides pour leur exploitation agricole conduisent de nombreuses espèces vivant dans des mares, des sources ou des grottes à se retrouver menacées. Les pollutions agricoles ou liées aux rejets d'eaux usées ont également un fort impact préjudiciable. Les gastéropodes terrestres, et les espèces forestières du sud, sont les plus touchés, par l’artificialisation des terres au nord, et les incendies dans le Midi. Ajoutons à cela que, dans certains cours, et plans d’eau, certaines espèces introduites sont devenues envahissantes et engendrent une forte pression sur la petite faune indigène locale. Sur le plan des connaissances, plus de 40% de ces espèces sont classées en catégorie « Données insuffisantes » par manque d'informations sur leur répartition et leurs effectifs. Établis dans le cadre de la « Liste rouge nationale », les résultats sont publiés par le Comité français de l’UICN, l’OFB et le Muséum national d’Histoire naturelle.

 

Les étonnantes leçons du baguage des oiseaux migrateurs

La reprise d'un oiseau bagué représente un des moments forts de la vie d'un sauvaginier. Si le nom de la station de baguage ou du Muséum concerné, évoque le voyage, parfois lointain, effectué par l’oiseau, la réception de sa fiche de baguage, après envoi de la bague et des coordonnées spatiales et temporelles, satisfait alors pleinement la soif de savoir de l'heureux chasseur. On apprend ainsi des choses étonnantes, comme la rapidité de déplacement des oiseaux migrateurs. On a repris certaines sarcelles, en réserve de la Dovana, dans le delta du Guadalquivir, le lendemain de leur baguage sur les côtes de la mer du Nord. D'autres, baguées en Camargue le matin, se sont retrouvées le soir même dans le nord de la France. Et, parmi les oies cendrées qui hivernent régulièrement sur les bords du lac du Der, en Champagne, un petit groupe, parfaitement identifié, dont des individus porteurs de colliers de couleur numérotés observables de loin, s'est fait remarquer par de brefs allers et retours en Hollande, comme s'ils allaient rendre visite à de la famille. Une des raisons de la grande passion du sauvaginier pour sa spécialité, réside donc dans son implication, bien plus que n’importe qui, dans ce grand jeu des migrations continentales ou intercontinentales, pour lesquelles il se tient aux premières loges.

 

« Maxus II » de Browning : un semi-automatique extrêmement polyvalent

Conçu pour dépasser les attentes du chasseur, le « Maxus II » de Browning, est la nouvelle référence en termes de fusils semi-automatiques. Il est livré avec cinq chokes, et permet de tirer toutes les cartouches à partir de 28 grammes. Plus d’inquiétude donc pour tirer les charges les plus lourdes, puisque le confort qu’offre cette arme est assuré par sa joue en gel Reactar, et une épaisse plaque de couche qui garantit un recul doux. La crosse est ajustable, grâce à un jeu d’intercalaires livrés avec l’arme. Le « Maxus II » est également très ergonomique, et ses grips surmoulés permettent une préhension optimale. Quant au pontet et au levier d’armement, surdimensionnés, ils assurent une manipulation aisée, même avec des gants. Le système d'emprunt de gaz, la technologie Inflex, la technologie Back-Bored Vector Pro, de Browning, sont ici combinés afin de réduire la force totale du recul de 18% par rapport à n'importe quel autre fusil semi-automatique actuellement sur le marché des armes.

Lundi 19 juillet 2021 : Le petit journal de la chasse et de l’environnement

Projet d’accord mondial pour sauver les écosystèmes

La crise de la biodiversité, qui inquiète les politiques, cherche des réponses aux enjeux de demain. Le temps presse, et malgré le report de la COP 15, initialement programmée pour 2020, reportée à octobre 2021, puis au début de l’année 2022 en raison de la crise sanitaire, l’ONU vient de dévoiler son projet d’accord mondial sur lequel les États devraient s’entendre pour ralentir l’effondrement en cours de la biodiversité. C’est ce document que les délégations diplomatiques du monde entier vont devoir étudier, puisqu’il vise l'horizon 2050, avec des objectifs intermédiaires pour 2030. Le plan est ambitieux, et selon les experts, la protection de la nature est un rempart efficace contre l'émergence de nouveaux coronavirus. Le document comporte 21 cibles à atteindre en 2030 pour réduire les menaces pesant sur la biodiversité, répondre aux besoins des populations à travers une gestion durable et équitable des ressources naturelles et des outils pour effectivement mettre en place ces mesures.

 

Chasse de la tourterelle (suite et fin ?)

Alors que la Maroc annonce l’ouverture de la chasse de cet oiseau du 17 juillet au 6 septembre, de même que la chasse de la palombe, du pigeon biset et du pigeon colombin, sans aucune restriction, en France, le ministère de la Transition écologique vient de lancer une consultation en ligne sur le projet d’arrêté relatif à sa chasse, en métropole, pour la saison 2021-2022… qui prévoit la suspension de la chasse de la tourterelle des bois jusqu’au 30 juillet 2022. Les chiffres font état d’une diminution de 48% entre 1989 et 2015 et de 44% sur les 10 dernières années. Après un premier avis du Comité d’experts sur la gestion adaptative du 5 mai 2019, des mesures ont été prises en France pour la saison cynégétique 2019-2020 avec une baisse importante des prélèvements par instauration d’un quota de 18 000 oiseaux. En 2020, le Comité d’experts a renouvelé l’avis précité pour la saison 2020-2021, et n’a pas produit de nouvel avis sur cette espèce pour la saison 2021-2022. Cela va évidemment dans le sens souhaité par le Parlement européen et la Commission, qui a fait bondir la FACE (voir en rubrique Infos du vendredi 16 juillet : « L’avenir de la chasse de la tourterelle en Europe)

 

Cinq sangliers au tableau

Une habitante du Grau d'Agde a surpris 5 sangliers qui s’ébattaient joyeusement dans sa piscine. Elle a donc demandé de l’aide, à la Police, qui, une fois sur place a fait appel au lieutenant de louveterie du secteur. Devant la délicate tâche à accomplir en zone résidentielle, il a décidé d’éliminer les intrus. L'utilisation d’arme à feu n’étant pas recommandée dans ce milieu, c’est avec une arme de jet que la fratrie a été abattue. « Je ne pensais pas que ça allait se terminer comme ça. Ils ont seulement remué la terre et il y avait peu de dégâts. Pour moi le spécialiste allait les endormir et les relâcher ailleurs » a déclaré la propriétaire, surprise par le dénouement de l’affaire rondement menée. La prochaine fois, conseillons lui d’appeler la Fondation de BB ou l’ASPAS…

 

Amazonie : elle rejette plus de carbone qu’elle n’en retient

Une bonne partie du bassin de l'Amazonie émet désormais plus de CO² qu’elle n’en absorbe, selon une étude publiée la semaine dernière. Les chercheurs se sont basés sur des centaines d'échantillons d'air récoltés à diverses altitudes lors de la dernière décennie et des relevés de températures qui indiquent une augmentation de près de 3% par rapport à l'ère préindustrielle, soit près de trois fois plus que la moyenne mondiale. « La combinaison de tous ces facteurs remet en cause la capacité des forêts tropicales à séquestrer à l'avenir de larges volumes de CO² dérivé des énergies fossiles » note Scott Denning, de l'université du Colorado. Il est vrai que cette question inquiète les scientifiques depuis longtemps, puisque les données satellites ne leur ont pas permis de donner à ce jour une réponse complète. Selon leurs conclusions, la partie nord-ouest de l'Amazonie est à l'équilibre, absorbant autant de CO² qu'elle n’en émet dans l'atmosphère. Mais l'est, surtout lors de la saison sèche, devient une source nette d’émission, supérieure de 20% environ de ce qu’elle retient.