Ma première ouverture

C'était il y a bien longtemps, cette première ouverture... Dans le récit, plein de tendresse dissimulée, que nous a fait parvenir Jean-Paul Cappy, l'auteur partage sa première journée de chasse, en compagnie de son oncle et d'«Oscar 6»... En guise de conclusion, pleine de bon sens, il nous livre cette réflexion, bien dans l'air du temps et... du réchauffement climatique :

« Ce qui n'a presque pas changé, c'est la date de l'ouverture générale, ici, le second dimanche de septembre. En revanche, ce qui a changé, c'est le climat, et à cette date, les chiens et les chasseurs ont vite très, très chaud, avec les conséquences que l'on sait. Avant, il suffisait de mettre de l'eau dans la casquette et de la faire ruisseler sur le visage, pour repartir comme si de rien n’était. Aujourd'hui, la solution la plus sage est de rentrer après une bonne heure de chasse. Mais il y en a une autre : et si on retardait la date d'ouverture de quelques semaines ? Deux ou trois suffiraient. Beaucoup le demandent, mais les FDC et l’administration n'y sont pas favorables. Pourquoi ? D’autant plus que ça ne changerait rien sur la durée de la saison, puisque la date de fermeture serait retardée d’autant ! Du coup, on pourrait faire l'ouverture générale partout, même dans les vignes, car aujourd'hui, il y a belle lurette que les vendanges sont finies début octobre. Ça éviterait ce type d'ouverture à tiroir, préjudiciable au gibier et à la sécurité, car les promeneurs et randonneurs sont encore nombreux dans la nature en septembre, et tout le monde se retrouve sur les mêmes territoires, au même moment. Alors, cher président de la FNC, cher Willy, vous le demanderez quand, ce décalage des ouvertures ? ».

Jean-Paul Cappy, 9 septembre 2022

 

 

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Par la culotte

 

C’était mon premier petit gibier, très petit même... Il pendait par les deux pattes, serrées au fil électrique. Quand j’y repense, j’ai honte…

 

Par Jean-Paul Cappy

 

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Feu Monsieur le Comte

Il n’y avait pas une fleur, mais sur le cercueil, soigneusement rangés, se trouvaient la toque, le fouet, la dague et la tenue d'équipage du défunt…

 

Derrière la voiture, tirée par un cheval, qui menait la dépouille de feu Monsieur le Comte à sa dernière demeure, suivait une trentaine de chiens du vautrait, sous le fouet des deux piqueux. Derrière encore, les quatre plus anciens boutons observaient, d’un regard triste, la meute. Ainsi l’avait voulu Monsieur le Comte qu'on allait enterrer…

 

Par C.M.

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​​​​​​​Le loup, le patou et le berger

Ils étaient venus, ils avaient constaté. Il y avait des gradés, des gardes avec l’insigne, un de la DDTM, un de la fédé, un voisin éleveur, le vétérinaire et un autre qu’il ne connaissait pas, surement un des écolos, peut être un garde du Parc… Il avait des jumelles, mais à quoi pouvaient-elles servir maintenant ? Lui, pauvre berger, il avait pleuré. Puis il avait fait venir l’équarisseur, puis fait les papiers. Il avait réinspecté sa clôture près de la bergerie, descendu le troupeau de la montagne, calmé les bêtes. Puis il s’était couché, fatigué, éreinté… Il avait dormi profondément une ou deux heures, pas plus. Il avait rentré le chien, la garde était inutile ici-bas. La nuit passée, les loups n’avaient même pas eu peur. Savaient-ils que le chien était blessé à la cuisse, souffreteux, fiévreux ? Heureusement le vétérinaire l’avait dit hors de danger. Habituellement les loups avaient peur des chiens, ce n’était plus le cas, ils n’avaient même plus peur des hommes, on disait qu’il y avait eu trop de croisements avec les chiens sauvages…

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La fontaine « La Mouche »

L’Argonne, pays de contrastes, marquait, jusqu’au traité de Cateau-Cambrésis, signé le 3 avril 1559, la frontière entre le royaume de France et l’évêché de Verdun. Rattaché à la couronne depuis cette date, ce n’est qu’en 1648 que le traité de Westphalie confortait la souveraineté de la France sur cet évêché. La Biesme était la frontière entre les deux entités territoriales, qui sont aujourd’hui les départements de la Meuse et de la Marne, appartenant respectivement à la Lorraine et à la Champagne Ardenne. Dans cette région cloisonnée et qui a manqué d’unité pour les raisons historiques que l’on connaît, la spécificité régionale n’existe pas. Au contraire, protégés par leur immense forêt et un relief difficile, les descendants des Verodunenses, longtemps sous le joug de petites puissances féodales, ont toujours jalousement cultivé cette particularité qui leur a forgé un caractère farouchement indépendant et passionné. De ce côté-ci de l’Argonne, on regarde vers l’est, de l’autre vers l’ouest, ce qui fait que les Argonnais de Meuse n’ont rien de commun avec les Argonnais de la Marne. Chasser le sanglier en Argonne permet donc de rencontrer de fortes personnalités, comme celles qui composaient cette équipe de copains, qui chassaient à l’ombre de la butte de Vauquois à la fin du vingtième siècle. Outre leurs origines, ils ont en commun leur incontournable Remington 280 équipée du fameux chargeur meusien. Alors que les armes semi automatiques sont réglementairement limitées à deux coups dans le chargeur et une dans la chambre, on équipe ici les carabines de chargeurs acceptant cinq et même huit cartouches, achetés au Luxembourg tout proche. Heureusement pour la morale, ces armes redoutables, certainement trop lubrifiées par les aiguilles de sapins, s’enrayent régulièrement…

Par Germain Courbot

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Au clair de la lune…

Nord-est de la France, dans une de ces régions où les forts sont encore le témoignage d’un passé guerrier… Nous sommes dans les années 1950. A cette époque, la plupart des chiens s’appelaient Médor, Black ou Nénesse, petit nom dont on ne sait toujours pas s’il s’agit du diminutif d’Ernest ou d’un véritable patronyme inventé entre deux aboiements. Toujours est-il que, ce soir-là, un dimanche de fermeture générale de la chasse, qui se situait à l’époque vers la mi-janvier, Pierre rappelait son chien. Régulièrement, de longs coups de pibole fendaient la nuit, allaient s’écraser contre la lisière du bois avant de revenir en un écho modulé, que les nuages bas et menaçant de neige transformaient en une longue plainte. Et le temps passait permettant au jour de disparaître au profit d’une longue nuit qui allait prendre sa place. Puis, comme dans un mirage, tout s’effaça soudain. Le vent qui terrassait les sons s’était calmé, les bruits familiers du village s’étaient soudainement faits discrets. Ne restait que cette lointaine lamentation qui semblait venir du fort de D…, distant d’un bon kilomètre.

Par Hubert Buiron

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Chute au ferme

Bien que n’étant pas réputée dangereuse, la chasse en moyenne montagne présente néanmoins quelques risques… Les souvenirs de cet épisode restent marqués à jamais dans la mémoire de nos deux victimes. Dans l’un de ces beaux départements du Midi, quelques kilomètres derrière les plages, commence la moyenne montagne avec ses vallées encaissées et ses blocs de rochers qui semblent avoir été déposés là pour n’avoir qu’à rouler au fond de la dépression. Dans ce milieu, les conditions de vie sont devenues acceptables pour notre opportuniste sanglier qui s’aventure désormais sur les sommets. C’est au cours d’une séance d’approche sur mouflon que l’accident s’est produit…

Par J-F. G.

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L'escapade de "Négresse"

Décembre 1987 : des chasseurs s’activaient autour de la grande bâtisse, rendez-vous du lot de chasse de la forêt domaniale, au lieu-dit « La Briquetterie ». Les vingt chasseurs étaient occupés à sortir de leurs housses carabines et fusils. La journée s’annonçait bien. Des rentrées de sangliers avaient été relevées par le préposé « au pied », Armand, un vieux coureur de la forêt à qui l’on pouvait faire confiance. Si Armand disait : « Il y a des sangliers », c’est qu’il y avait des sangliers ! Armand, le visage buriné par la vie de plein air, était entouré de sa petite, mais efficace meute de chiens, principalement des fox-terriers à poils durs. Ces petits chiens, qui ont du mordant, débusquaient régulièrement les bêtes noires, même baugées au plus profond des fourrés. Un chien différent tranchait au beau milieu des six fox-terriers, c’était « Négresse », une chienne âgée de dix-huit mois...

Par Hubert Buiron

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La jupette et le quartanier

A la chasse, il ne faut jamais perdre de vue son gibier, au risque de laisser échapper le sanglier de sa vie… Un dimanche matin d’octobre 1966. Rien ne semblait pouvoir troubler le calme de ce plat territoire d’une grande région céréalière, un des deux greniers de la France, disait-on à l’époque, quand les paysans croyaient encore qu’ils avaient pour mission de nourrir le monde entier. Le gravier de la cour crissa. Une grosse berline venait d’arriver, que son conducteur rangeait le long du mur, à côté d’autres voitures qui y étaient déjà. Hervé G…, ne cachait pas sa joie d’être invité à une battue au petit gibier sur les terres de « Monsieur Jean-Claude », un agriculteur retraité, devenu « gentleman farmer » tant il avait, au cours d’une carrière bien remplie, agrandi l’exploitation familiale qui était maintenant une véritable entreprise...

Par Cyril Jolibois

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Un chien, deux chasseurs, trois petits cochons et… quatre histoires pour vous faire sourire !

Avec « Le secret de l’homme à l’harmonica », c’est Maurice qui vous dévoilera un truc dont il maitrise à la perfection l’arcane, pour mettre un gros noir à son palmarès… Siffler n’est pas jouer, dit le dicton, mais pour un cochon qui ne le connait pas, un jeu de c… reste un jeu de c…

Quant à Martial, il n’a pas mesuré la puissance de sa mauvaise plaisanterie faite à Michel, le chef de battue. Dans ce récit, qui finit heureusement bien, ce fut effectivement « Une bien mauvaise blague…».

Et puis, dans « Le gros coup », l’auteur vous fera découvrir les subtilités du bon voisinage. Les chasseurs sont de grands gamins, un peu jaloux les uns des autres, et ne savent pas encore tous que : « les cochons, quand ils ne sont plus chez nous, ils sont toujours chez eux ! ».

Enfin, pour terminer, c’est dans « Une drôle d’enquête » que vous emmènera l’auteur. D’ailleurs elle est toujours en cours, et seule une suspicion de fumet de cuissot de sanglier pourra vous mettre sur la piste d’un éventuel coupable. Mais, n’est pas Holmes qui veut, et des suspects, il y en a…

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Le sanglier de Bacchus

Cent quarante-trois bouteilles de vin pour un sanglier de 53 kilos, qui dit mieux ? Nous sommes dans un petit village de l’un de ces beaux départements de l’Est de la France. Quelques centaines d’âmes y vivent paisiblement, à quelques kilomètres du chef-lieu. Comme partout, regroupés en association communale, les chasseurs de la bourgade, au nombre de seize, ont pour territoire la plaine qui ceint le village et les bois communaux. C’est donc sur ces trois cents hectares de forêt que l’aventure a commencé. Mais revenons à ce dimanche matin de décembre 2006. Comme tous les dimanches matin de la saison de chasse au bois, les sociétaires se rendent à la « baraque » pour neuf heures. Il faut en effet laisser le temps aux deux agriculteurs du village, de terminer leur tâche. Cela permet aux chasseurs de faire un petit détour dans le pays et de passer chez Sébastien, le boulanger. Il n’est pas chasseur Sébastien, mais il les aime bien et cela pour deux raisons. D’une part, ils sont sympathiques et d’autre part, ils sont tous des bons clients...

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Le tueur du bois des Moines

Une journée de chasse devrait être conviviale et joyeuse. Pourtant, pour le second dimanche de cette année 2006, toute l’équipe des traqueurs faisait grise mine… Le chef de battue, Jean-Claude, était soucieux. Il avait fait le point la veille au soir avec le président de l’ACCA, son ami Laurent. Comment fallait-il s’y prendre pour résoudre le problème ? Cela faisait presque deux mois maintenant que les membres, et surtout les traqueurs de leur société, étaient confrontés à cette histoire « à dormir debout », à un point tel qu’ils n’osaient plus aller chasser le bois des Moines, sur le secteur de la Haute Borne. En effet, depuis le début du mois de novembre précédent, ils n’avaient fait qu’accumuler, bien malgré eux, les incidents en ces lieux. Le premier dimanche, les deux meilleurs chiens du chef de traque furent sérieusement blessés. La semaine suivante, au même endroit, deux autres griffons étaient pris à parti dans les collines. L’un fut tué sur place, l’autre bien mal en point ne dut son salut qu’à la rapidité des secours. Le troisième dimanche, enfin, le calme semblait revenu…

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« Soupe, soupe ! »

Antoine, un solide quadragénaire, chasse sur un petit massif forestier de la région Centre. Dans cette belle Sologne si convoitée par bien des chasseurs de l’Hexagone, il habite un joli petit pavillon, décoré avec goût, dans un village d’une centaine d’âmes. Tous les dimanches, pendant la saison de chasse, il se rend au lieu du rendez-vous, distant de six kilomètres, avec son petit 4x4. A ses côtés, sagement assis sur le siège passager, se dresse fièrement Polux, son chien, issu d’un mélange de races locales. Pas très beau, mais doté d’un sens de la chasse que lui envieraient bien de ses congénères de race pure, Polux, est hirsute comme un griffon, quête la bête noire comme un épagneul breton, et mène à voix comme une meute de Saint Hubert. C’est dire qu’il est sacrément gorgé, le bougre, et capable de vous débusquer un sanglier dans n’importe quelle coupe, pourvu qu’on lui laisse le temps de fouiller toutes les remises possibles. Donc de ce côté-là tout va bien…

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Rodrigue, le chasseur à vingt balles

Il y a, chez les chiens, des sujets d’exception. Et chez les hommes ? L’histoire aurait pu commencer comme toutes les histoires du monde, mais il n’en est rien. On ne sait plus s’il faisait chaud le jour de sa naissance, mais Rodrigue, aux dires de sa mère quelques minutes après l’accouchement, faisait déjà la pluie… et des mécontents. Dernier né de l’une des filles de la villa « Esperanza », une maison fort accueillante, Rodrigue avait déjà deux frères et une sœur que sa jeune maman ne voyait que de temps en temps, car les enfants lui avaient été tous retirés de sa garde maternelle. Qu’importe, ce quatrième, elle l’avait fait dans la rue, devant plusieurs témoins qui, pour la plupart auraient pu être le père. Et c’est avec la plus grande curiosité qu’ils regardaient, sous les trombes d’eau qu’un violent orage laissait choir, la maman tenter de mettre à l’abri le rejeton. Quand, enfin, en guise d’ambulance, le taxi brinquebalant de Pedro, arriva, son conducteur fut, une fois de plus, pris de pitié envers les deux créatures qu’il conduisit, sans aucun espoir de récupérer le prix de sa course, au dispensaire le plus proche, où officiaient quelques religieuses d’origine française. Elles donnèrent les premiers soins au bébé, s’occupèrent quelques jours de la maman, qui regagna son antre, sans autre regard pour le rejeton qu’elle avait mis au monde. Une douzaine d’années plus tard...

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