Pierre Moinot (1920-2007)

Voici un écrivain de grande plume et, de surcroît, notre contemporain à la vie, à la guerre, au service de l’État, et… à la chasse ! Pierre naît aux confins du Marais Poitevin, dans la petite commune de Fréssines, en 1920. C’est sa première école de la nature. Il apprend à se glisser vers la terre, et s’en souviendra, dans une très belle nouvelle « L’Apprentissage », un récit en miroir où l’enfant escorte son grand-père lors d’un affût. Il y voit la renarde apprendre, avec force taloches à ses renardeaux, l’attaque du lapin qu’elle rabat vers eux. Toute la question de la transmission est résolue dans ces pages. De cette immersion campagnarde, notre futur académicien tirera même un diplôme d’études supérieures sur le patois poitevin. A la guerre, Pierre Moinot s’engage dans la résistance à Grenoble, puis gagne le Maroc. Il s’enrôle dans les forces françaises, et en août 1944, débarque en Provence avec les armées du général de Lattre. Il est blessé par une mine dans les Vosges, mais poursuit la campagne victorieuse jusqu’à Sigmaringen. Démobilisé, il fait toute sa carrière à la Cour des Comptes, où il siège à compter de 1946, et quitte la rue Cambon en 1985, avec les fonctions de procureur général. Haut fonctionnaire en détachement de son corps, et véritable couteau suisse, il œuvre en second d’André Malraux, poste ô combien compliqué pour être efficace derrière ce ministre hors normes. Il est l’architecte de la réforme du cinéma français avec l’avance sur recettes, pour promouvoir la création des jeunes cinéastes…

Par Louis-Gaspard Siclon

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Robert Smith Surtess

« Messieurs les Anglais, sautez les premiers ! ». Voilà le cri du chasseur français à son homologue britannique, lors d’un laisser courre sur renard. La plus populaire des chasses, Outre-manche, est l’occasion de passer au-dessus, ou à travers les obstacles, pour admirer au plus près la finesse du travail des chiens. Et c’est ce à quoi s’est attelé Robert Smith Surtess. Mais auparavant, sortons du brouillard historique dans lequel il est plongé depuis des décennies cet homme de plume. Gentilhomme campagnard, il appartient par sa naissance, en 1803, à une très bonne famille du comté de Durham, dont certains membres animèrent une société savante. Dans les années 1821, il fonde, avec son ami Rudolph Ackerman, le périodique « New Sporting Magazine ». Surtess y conte les aventures d’un bourgeois gentilhomme anglais, qui croit dur comme fer que l’habit rouge du veneur anoblit. En effet, la révolution industrielle, assise sur le chemin de fer et la maîtrise des mers, va bouleverser les stratifications de la société campagnarde. Ses nouvelles, au fil des chroniques, sont rassemblées en 1843, sous le titre « Hundley Cross ». C’est d’abord un échec commercial jusqu’à l’édition de 1853, où les illustrations de John Leech font, de son héros Jorrocks, le John Bull de la chasse anglaise. Le livre entre alors dans les succès de librairie, et devient un classique. Même Donatien Lévêque, fin connaisseur du sport anglais, peut le citer : « Je répondrai comme l’immortel Jorrocks : il y a deux manières de faire des choses… »…

Par Louis-Gaspard Siclon

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L’étendard de « Gyp »

Sous ce vocable bien comprimé, se cache la frimousse de Sibylle Gabrielle de Riquetti de Mirabeau… Gyp, voilà bien là un nom de plume qui saute comme un bouchon de champagne ! Devenue par son mariage comtesse de Martel de Janville, Sibylle Gabrielle est née dans la lande bretonne du Morbihan, au château de Koetsal. Elle passa sa jeunesse à Nancy, ville militaire par excellence, où elle s’y fait remarquer par son esprit garçon manqué, et son tempérament extravagant. Elle apprend à manier le fleuret et monte à cheval comme un homme, suivant ainsi la voie tracée par son grand–père, ancien colonel de la grande armée napoléonienne, qui est aussi son idole. Certes, du côté Mirabeau, il y avait déjà une certaine hérédité d’excentricité : l’homme politique sous la Révolution, son frère surnommé Mirabeau-Tonneau à cause de son embonpoint, puis elle-même car son frais minois intéressa Carpeaux, qui l’utilisa pour l’une des bacchantes, dans le groupe « la Danse » qui orne la façade de l’Opéra de Paris...

Par Louis-Gaspard Siclon

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René de Martimprey (1883-1950)

Retrouvons un de ces vaillants officiers qui ont défendu la France en 1914… Au hasard des garnisons de son père Albert de Martimprey, à l’époque lieutenant au 18e Dragons, René est né à Vitry le François, dans la Marne, le 18 juin 1883. Choisir la carrière militaire, chez les Martimprey, est chose normale, sinon évidente. L’un de ses aïeux fut général, gouverneur des Invalides et de l’Algérie, et son père Albert, finira sa carrière lieutenant-colonel de Dragons. Quelles furent ses premières impressions de chasse ? Tout enfant, il suivait avec son père, les laisser-courre du comte de Valon. Comme l’écrit avec humour Crafty, « le voisinage d’une ville de garnison assure aux maîtres d’équipage une assistance nombreuse. La présence de Messieurs les Officiers détermine toutes les amazones de l’arrondissement à braver les fatigues d’une chasse, et la certitude de trouver des amazones au rendez-vous décide ces messieurs à ne jamais en manquer une… ». Les tuniques et dolmans des cavaliers rehaussaient le grand faste de l’équipage de cerf du comte de Valon qui comptait à son service trois piqueux et deux valets de chiens en tenue bleu, parements et gilet rouges, et surtout la grande trompe Dauphine, qu’imposait le tricorne. Et tout ce monde galopait dans la forêt d’Halatte. Il est difficile de ne pas s’attarder sur le portrait qu’en dresse Martimprey : « attardé du 18e siècle, continuateur des belles traditions, le comte Bertrand de Valon, avec sa branche, sa race, la superbe de son allure… l’œillet blanc à la boutonnière, semblait être quelque seigneur de l’ancien temps, traversant allègrement le nôtre, un sourire amusé sur les lèvres… Hardi, hardi les petits, lançait ce grand chef, alors que, tout gamin encore et juchés sur des poneys, nous suivions, mes frères et moi, nos premières chasses à courre. Belle leçon sur la transmission de la chasse ! Et il y eut un échange fécond entre eux, puisque la nouvelle « Le Moine et le Veneur » transcrite dans Contes de Vènerie, fut racontée à l’écrivain par Valon. En retour, Martimprey lui dédia la « Dernière Chasse » qu’il annonce comme abracadabrante, dont l’action se déroule sous les auspices de Saint Hubert au moment du Jugement Dernier.

Par Louis-Gaspard Siclon

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Joseph-Emile Gridel

Pur Lorrain, Joseph–Emile Gridel est né en 1839 à Baccarat, où il est décédé en 1901. A l’exception d’escapades en Bretagne de 1868 à 1878, Gridel ne quitta pas des yeux la ligne bleue des Vosges. Fils d’un notaire, il a eu le parcours choyé de la grande bourgeoisie locale, et assuma, avec une grande compétence, la gestion de ses vignes et de ses bois, ainsi que la responsabilité de la compagnie locale des sapeurs-pompiers. De ses activités de louvetier, Gridel en garde un plaisir ostentatoire : « Qui n’a jamais présidé pareille solennité cynégétique, ne connait pas les joies du métier… Auteur d’un seul livre, mais qui est toujours une référence puisque réédité en 2005, notre louvetier fait figure de parent pauvre avec ses chiens au pedigree de guingois, sur lequel nul maître d’équipage de vautrait n’aurait laissé tomber un seul regard...

Par Louis-Gaspard Siclon

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Henri Vincenot

Son accent bourguignon, plus rocailleux que celui de Colette, fleurait bon les œufs meurettes ou la gruotte… Parisien par nécessité, journaliste aguerri par passion, cheminot dans le droit fil de la tradition familiale, Henri Vincenot est entré dans la grande famille des écrivains cynégétiques. Certes, ses moustaches plus conquérantes que celles de son voisin Vercingétorix, immortalisé sur le mont Auxois, ont crevé l’écran. Mais, derrière le pull pour goberger le parisien, se cache un vrai amoureux de la nature et de la chasse. « Je devais être ingénieur, mais moi, je voulais être chasseur » avoue-t-il dans « La Billebaude » qu’il faut donc relire de toute urgence. Il élira son canton, Sombernon, faîte et toit de l’Europe, irriguant la Loire, le Rhône latin et les fleuves du Nord. Aussi, il peut remonter sa généalogie spirituelle au delà des Francs, au delà des Romains, jusqu’aux vrais Celtes, accrochés au massif hercynien du Morvan. Dans ce terroir, bourguignon ne rime pas avec vigneron et trogne avec « sans vergogne » car ce sont futaies de foyards et non futailles…

Par Louis-Gaspard Siclon

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Guy de Charnacé

Charmeur, charmant, spirituel, sans doute comme tous les jeunes gens de son époque… Pour faciliter la lecture de l’arbre généalogique de la famille, son père épousa sa cousine germaine du même patronyme, Girard de Charnacé, et l’un des témoins à ce mariage n’était autre que le futur maréchal de Castellane. Guy de Charnacé est donc né en 1825, dans une famille angevine qui compte des officiers de cavalerie au Royal Pologne, aux Hussards de la Garde et des directeurs de Haras. Grand amateur de musique et grand veneur, comme son contemporain le comte d’Osmond, aussi à l’aise dans un salon que dans son chenil, Guy de Charnacé fut huit ans inspecteur de l’exploitation des Chemins de Fer du Nord. Jusque-là, rien de bien significatif. Son mariage, avec Claire-Christine d’Agoult, ne fut pas un long fleuve tranquille, et en quelques années, Claire-Christine ne fut plus la « minette » des premières correspondances enflammées. De « Madame la Comtesse », elle termina au rang bien sec de « Madame ». Pourtant, ce grand mariage conforta la position de Guy de Charnacé dans l’élite politique et intellectuelle de son époque, puisque l’un de ses beaux–frères fut M. Olivier, dernier « Premier ministre » de Napoléon III, et un autre beau-frère le fit entrer dans le monde musical de la moitié de 19e en la personne de Richard Wagner…

Par Louis-Gaspard Siclon

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Pierre Alexis Ponson du Terrail (1829-1871)

« Ami chasseur, combien de chasses rocambolesques as-tu vécu ? ». Ainsi, l’adjectif « rocambolesque » est donc bien dérivé de Rocambole, ce héros de romans bouillonnants de cape et d’épée, écrits au fil de la plume littéraire de Pierre Alexis Ponson du Terrail. Ce fils de bonne famille est né à Montmaur, dans les Alpes dauphinoises. Après des études à Marseille, il se présente au concours de Navale, mais il est recalé. Et c’est au bas d’un feuilleton qu’il découvre la phrase : « La suite au prochain numéro… ». Voilà le simple déclic qui oriente sa vie. Le cap est mis sur la littérature, où il devient le champion du roman à rebondissements et autres chausse-trapes. Ses succès lui permettent d’acheter un hôtel particulier, rue Erlanger, à Auteuil. De là, il se rendait au café de Madrid, où il noircissait des pages et des pages, qu’il réunissait ensuite en livre. Voilà comment il écrivait un roman. Chaque 31 août, il sortait son cabriolet américain, attelé de son cheval blanc harnaché de blanc, et plantait ainsi son éditeur, toujours à l’affût des chapitres suivants. Mais que voulez-vous, quand on est chasseur, l’ouverture n’attend pas…

Par Louis-Gaspard Siclon

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Le docteur Joseph Oberthur (1872-1956)

Son œuvre, très importante, fut honorée lors d’une exposition au musée de Gien, en 1993… Celui à qui avait été décerné le titre du « Buffon du 20e siècle » était gaucher. Un gaucher peu contrarié, puisqu’il dessinait, d’un coup de crayon magique, des deux mains. Et quand le médecin opère, quelle aisance du bistouri… L’origine alsacienne de la famille Oberthur est transcrite par le « ¨ » sur le « u », qui fut conservé jusqu’en 1942. C’est son grand–père qui fonda la célèbre imprimerie à son nom. Elle employa, à Rennes, plus de 1 000 personnes. C’est donc dans cet environnement breton de la haute bourgeoisie que grandit Joseph, fils de Charles. Son père cumula charges et honneurs. Maire de Monterfil où la famille avait une propriété d’avant la Révolution, premier adjoint de la municipalité de Rennes, administrateur de la Banque de France, président de la Chambre de Commerce… Cet attachement à sa province d’origine fut viscéral. Dès qu’il pouvait fuir Paris, il sautait dans le premier train pour sa Bretagne. Il ne sera pas attiré, ni par la gestion de l’entreprise familiale, ni par l’entomologie, où ont brillé ses deux parents qui avaient constitué de magnifiques collections. Il opta pour la profession libérale. Aussi, ce fut vers la médecine que s’orienta le jeune Joseph. L’étude de l’anatomie développa son goût du dessin. Il put même profiter des conseils d’Oliver de Penne, peintre animalier reconnu. Durant ses études de médecine, Joseph arrondissait ses fins de mois délicates de modeste carabin, grâce à la vente de ses œuvres auprès des galeries parisiennes. Ses réalisations furent exposées, de 1911 à 1914, sur les cimaises avec celles d’Edouard Doigneau, Paul Tavernier, Jules Bertrand Gelibert, toutes bonnes signatures recherchées. C’est dans la spécialité de neurologie et d’orthopédie qu’il débuta à l’hôpital de Berck, avant la guerre. Puis, dans les années 1920, il prend son envol et dirige l’établissement d’Hydrothérapie d’Auteuil.

Par Louis-Gaspard Siclon

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Paul Cunisset-Carnot (1849/1919)

Peut–on être un austère magistrat avec mortier, toge et épitoge ? Peut-on être le gendre d’un président de la République et un grand chasseur, écrivain cynégétique ? Fils de Jacques Cunisset, médecin et maire de Pouilly en Auxois, Paul vit le jour en 1849. Il fit des études classiques au lycée de Dijon, puis des études de droit à la faculté de Paris, où il termina lauréat du concours de doctorat. En dépit de ses brillantes études, Paul Cunisset a préféré une vie professionnelle en province, où il gravit les échelons des postes d’avocat général, procureur général, puis président de la Cour d’Appel de Dijon, en 1897. Par son mariage en 1883 avec Claire Carnot, fille du président de la République Sadi Carnot, il a pu accoler ce patronyme prestigieux à son nom. Paul Cunisset-Carnot chassa donc en famille avec ses beaux-frères dans la région de Pouilly en Auxois, dans les combes de Baume la Roche. Il préférait la chasse devant soi à la rencontre du gibier, ce qui lui permettait de fêter quelquefois le modeste tableau de dix cailles et dix perdreaux, récoltés à quatre fusils. Parfois même, le palais de l’Elysée avait droit à sa bourriche d’alouettes fraîchement tuées. Paul Cunisset-Carnot conserva toujours, dans sa haute dignité de magistrat, sa bonté souriante, son esprit enjoué et très fin et son goût pour les « Belles Lettres ». Il affectionnait un moderne « laisser-aller de bon aloi » qui permettait à ses amis anglais de le congratuler d’un « Jolly good fellow »…

Par Louis-Gaspard Siclon

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René Chambe

Quelle vie passionnante que la sienne. Une vie pleine de décrochements et de ruptures, comme celle de la demoiselle au grand bec… Né en 1889 dans une famille aisée du Dauphiné, René Chambe sert, après Saumur, dans la cavalerie légère. A l’issue de la période qui clôt la course à la mer et la guerre de mouvement où la cavalerie pouvait jouer son rôle, en 1914 il entre dans une arme toute nouvelle, l’armée de l’air avec ses drôles d’engins volants. Cette rencontre inattendue entre cavalerie et armée de l’air est le sujet de l’un de ses ouvrages, « l’Escadron de Gironde » dans lequel on y découvre comment un peloton de dragons sert à la lance et au sabre, une escadrille allemande posée sur son terrain d’aviation. Le voilà chasseur chassé sachant voler… Sa première victoire aérienne est récompensée par la croix de la Légion d’Honneur. Il quitte alors le front français pour développer les capacités de l’armée de l’air roumaine. Revenir en France le contraint à transiter via la Russie des Soviets. Il participe aux dernières offensives de 1918, et le colonel Chambe sera ensuite le premier responsable du Service Historique de l’Armée de l’Air…

Par Louis-Gaspard Siclon

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Jacques-Antoine Clamart

Rares sont les vrais praticiens qui ont couché, par écrit, leur longue expérience… La littérature cynégétique est écrite, soit par des écrivains amoureux de la chasse et de la nature, soit par des théoriciens. Combien de grands maîtres d’équipage ont remis à plus tard la rédaction de leurs mémoires, avant qu’un accident ne raccourcisse leur projet. Au 18e siècle, on trouve un Labruyère, le bien-nommé, ancien braconnier devenu garde des chasses de son Altesse Royale le comte de Clermont, et au 20e, Daguet, piqueur bourbonnais de haute renommée. Mais entre les deux, on va découvrir ou redécouvrir l’ardennais Jacques-Antoine Clamart… Nous pouvons suivre le déroulement de sa vie, dans la préface de son unique ouvrage : « 60 ans de chasse, pratique de la chasse et pratique forestière ». Clamart est né en 1788, à Neuville aux Tourneurs (ancienne commune qui a fusionné avec Beaulieu en 1973, pour former aujourd’hui la commune de Neuville-lez-Beaulieu), au milieu des grandes et profondes forêts ardennaises, où son père exerçait les fonctions de garde forestier. Son frère suivit la même filière et fut aussi garde sur la forêt de Signy l’Abbaye. Ainsi, dès son plus jeune âge, Jacques-Antoine Clamart est allé à l’école de la nature…

Par Louis-Gaspard Siclon

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Emile Caussin de Perceval (1856/1931)

Un seul coup de fusil, et tombe quasiment de nulle part un chef d‘œuvre : « Le coup du Roy ! ». Emile Caussin de Perceval avait des ascendants célèbres dans le monde des lettres. Des parents officiers des Haras, spécialistes de littérature arabe, titulaires de chaires prestigieuses à l’Institut de France. Un de ses aïeux, dans les années 1830, fut même de la caravane du célèbre Louis Damoiseau, qui parcourut les oasis de l’Arabie, à la recherche des meilleures souches de chevaux arabes. En revanche, la vie d’Emile fut des plus rangée, sans mirage. Il épouse, en 1880, Mathilde Matthieu de Boussac, dont le père était receveur des finances de la ville de Bordeaux. Il quitte donc la rue des Saints Pères, à Paris, pour s’installer à Bordeaux. La demeure familiale est rue des Trois Conils, petit clin d’œil cynégétique, puisque, dans le langage du Moyen-Age, le conil est l’autre nom du lapin, modeste gibier de garenne, mais objet des attentions de Gaston Phébus. Comme son compatriote Montesquieu, à qui il consacre plusieurs ouvrages, Emile Caussin de Perceval mit un pied dans les beaux salons de la ville, un pied dans les vignes de son château du Parc, à Saint Ferme, dans l’Entre-Deux-Mers…

Par Louis-Gaspard Siclon

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Gustave Black

Dieu sait que les sujets de sa gracieuse Majesté peuvent pousser l’excentricité jusqu’à son apogée. Mais, trouver en France un écrivain cynégétique anglais, qui fit sa fortune dans la culture de la chicorée, voilà un coup d’éclat ! Gustave Black est né à Cambrai, le 26 avril 1845. Il est le fils d’Adèle Levin et de George Black, sujet britannique, qui avait quitté la Grande-Bretagne pour ne pas être soumis, en tant que catholique, à des lois discriminatoires. Son père fut un industriel qui sut mettre ses talents d’ingénieur dans la conception de machines pour traiter la racine de chicorée, depuis son arrachage jusqu’à la vente du produit fini. La production, distribuée sous la marque « La Cantinière », sort des usines de Sainte Olle lès Cambrai, où sont employés des centaines d’ouvriers, mais le propriétaire habite Bourlon, dans le département du Pas de Calais…

Par Louis-Gaspard Siclon

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