Au bois, aménagez !

En matière de chasse, « aménager » c’est entretenir l’habitat de la faune sauvage pour lui permettre de trouver nourriture et quiétude, mais c’est aussi la protection et la conservation des équilibres naturels. L’aménagement doit donc aller jusqu’à la gestion des populations et son bien-être. Trois interventions aideront les gestionnaires de territoires : la création de points d’eau permanents et les apports de compléments : crud-ammoniac, goudron de Norvège et pierres à sel. Pour les points d’eau : leur création doit être prévue dans le cadre de l’aménagement cynégétique global du territoire de chasse. La création de petites fosses avec un film plastique en fond est à déconseiller. Fragile, il est rapidement percé par les petits rongeurs ou déchiré par le pied d’un sanglier ou d’un chevreuil. Optez donc pour la vasque bétonnée, coulée sur place, plus onéreuse certes, mais à la longévité garantie. Et veillez, pour son approvisionnement en période sèche, à ce qu’elle soit facilement accessible. L’apport de crud-ammoniac : à l’origine, ce produit est un résidu solide de la carbonisation ou de la distillation de certaines houilles grasses. Employé comme désherbant, les agriculteurs ont constaté que les sangliers venaient s’y frotter, bénéficiant ainsi des effets antiparasitaires de ce produit. Son emploi est simple : dans une souille, creusez une sorte de cuvette de 30 cm environ de profondeur et versez-y le crud-ammoniac. Le goudron de Norvège : dès qu’il sort de sa souille, le sanglier aime se frotter. On peut donc créer un frottoir artificiel ou, si le propriétaire le permet, enduire le bas de quelques arbres avec du goudron végétal, dénommé « goudron de Norvège ». L’odeur de ce produit incitera aussi bien cerfs que sangliers à venir s’y frotter. Avant d’apposer le goudron, vous ferez quelques entailles verticales de 2 cm de profondeur sur les futurs frottoirs. Elles serviront à mieux fixer le produit qui conservera plus longtemps son pouvoir attractif. Les pierres à sel : indispensables aux grands animaux qui en sont friands par besoin, elles devront être placées près des stations d’affouragement, cultures à gibier et coulées. L’idéal est de les placer au-dessus d’un pieu de 1,50 m de haut et de 15 cm de diamètre, préalablement écorcé. L’humidité fera fondre lentement le sel qui s’écoulera le long de son support.

Le milieu se referme et complique la chasse : ouvrez des sentes de vision et de tir

Créations et entretien des lignes de tir

La fin de saison approche et, comme tous les ans, les adjudicataires et responsables de chasse vont lister les travaux qu’il sera nécessaire de réaliser au cours de l’intersaison. Deux critères sont à prendre en compte : la sécurité dans l’environnement des chasseurs postés d’une part et l’aménagement du poste de tir d’autre part. Combien de chasseurs ont été surpris par le déboulé d’un fort sanglier qu’ils n’avaient pas entendu arriver ? Et ces balles, lâchées à la hâte, à la limite de la zone de sécurité ? Il y a des moyens d’y remédier, selon la consistance du biotope. La réalisation de petites sentes de tir, appelées « moustaches », permet de voir et souvent d’identifier, avant qu’il n’arrive dans la zone de tir, l’animal chassé ou celui qui se dérobe. Pour cela nous avons choisi de vous présenter ce matériel, fabriqué par les Etablissements Bugnot (un chasseur au service des chasseurs), qui vous facilitera la tâche.

 

Série BV

Le premier est un broyeur de branches et de végétaux monté sur un chassis-remorque tractable par un véhicule équipé d’une boule de traction de 50 mm de diamètre. Il absorbera sans faiblir les branches jusqu’à 15 centimètres de diamètre, qui seront instantanément broyées par le rotor équipé de 24 fléaux mobiles, ou de 6 outils coupants fixes (option). La largeur d’entrée sur le rotor est de 23 cm, et trois motorisations sont disponibles : 25 ou 30 cv essence et 27 cv diesel. La base est une remorque routière < 750 kg, non freinée, permis B. La trémie est équipée d'un rouleau ameneur et d'un tapis inférieur, avec entrée déportée. L’accès au rotor est rapide par simple basculement de l'éjection.

 

Broyeur BV en action (1)                     Broyeur BV en action (2) 

 

 

Broyeurs forestiers

Ce broyeur est destiné aux tracteurs de moyenne puissance, entre 70 et 130 cv. Il est décliné en 2 versions : simple entraînement pour les tracteurs de puissance jusqu’à 110 cv, et double entraînement pour les tracteurs de puissance maxi de 130 cv. La largeur du rotor varie selon les modèles, de 1,35 m à 1,97 m, avec un rotor muni de marteaux fixes à changement rapide. Les contre-marteaux sont équipés d’éclateurs, afin d’effectuer un broyage très fin. Le poids varie de 1140 à 1500 kg, selon la largeur des broyeurs. Idéal pour des percements, les « moustaches » réalisées permettront aux chasseurs postés de voir le gibier arriver vers la zone de tir, évitant ainsi l’effet de surprise.

 

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Aménager des couverts pour le grand gibier

 

En cas d’insuffisance de couverts, les chasseurs peuvent y remédier afin d’augmenter la capacité d’accueil. Le choix des plants est vaste, et devra tenir compte de la nature des terres, du climat local, de la superficie, du matériel employé, de la main d’œuvre et… des finances de la société de chasse...

 

 

Petit gibier : comment aménager plaines et coteaux cultivés ?

Les régions de plaine et de coteaux cultivés se caractérisent souvent, notamment après un remembrement, par l’uniformité des cultures, des parcelles de grandes surfaces et l’absence de zones non exploitées. Parfois, il n’y a pas assez de céréales d’hiver, en particulier pour les perdrix. Dans de telles conditions, la faune sauvage, et en particulier le petit gibier, peut souffrir, suivant les cas, d’un manque de couverts, en automne et en hiver principalement, et d’abris permanents le reste de l’année pour se protéger des prédateurs et des intempéries. Le petit gibier à plumes peut également manquer de sites de nidification, là où les céréales à paille font défaut, ou d’insectes,  indispensables à l’alimentation des poussins. Dans ces régions, comme il est de plus en plus difficile de trouver des terres disponibles à aménager, le moindre recoin peut présenter un intérêt majeur…

L'équilibre forêt / gibier

 

L’équilibre forêt/gibier, c’est possible ! Tel est le postulat sur lequel repose la conception d’un guide pratique, résultat d’un long travail conduit depuis plusieurs années