Corvus DX 4 : pour aller partout...

Sex-reversal chez les oiseaux : une énigme scientifique aux implications majeures

Une étude menée par l’Université de la Sunshine Coast (Australie), publiée au début de ce mois d’août 2025 dans la revue Biology Letters, révèle pour la première fois qu’un phénomène appelé « sex-reversal » (inversion de sexe) pourrait toucher des oiseaux sauvages. Les chercheurs ont examiné près de 500 oiseaux provenant de cinq espèces : geais australiens (Australian magpies), kookaburras rieurs, pigeons à crête, loriquets arc-en-ciel et loriquets à poitrine écailleuse. Chaque oiseau, trouvé mort après avoir été admis dans des centres de soins, a fait l’objet d’une analyse ADN pour déterminer son sexe génétique (ZZ pour les mâles, ZW pour les femelles), et d’une dissection pour observer ses organes reproducteurs. Le résultat est surprenant : dans environ 5 % des cas (entre 4 % et 6,9 % selon l’espèce), le sexe génétique ne correspondait pas au sexe observé. Dans 92 % de ces cas, les oiseaux étaient génétiquement femelles (ZW) mais avaient des organes mâles pleinement développés. Un cas particulièrement marquant : un kookaburra génétiquement mâle (ZZ) présentait un oviducte distendu et de grands follicules, signes compatibles avec une ponte récente. Deux pigeons à crête présentaient quant à eux des tissus mixtes, testiculaires et ovariens. Ce type d’inversion de sexe est bien documenté chez d’autres vertébrés comme certains poissons, amphibiens ou reptiles. Toutefois, jusque-là, il était considéré comme extrêmement rare chez les oiseaux et les mammifères sauvages. En revanche, en laboratoire, l’inversion de sexe chez les oiseaux peut être induite par des manipulations hormonales (comme l’injection d’inhibiteurs de l’aromatase dans les œufs). Quant aux causes possibles de ce phénomène chez les oiseaux sauvages, les chercheurs n’ont actuellement aucune certitude. Néanmoins, ils soupçonnent fortement l’impact de facteurs environnementaux, en particulier les perturbateurs endocriniens (EDCs), ainsi que des niveaux élevés d’hormones de stress, qui peuvent altérer le développement sexuel. Les scientifiques appellent donc à étendre ce type de suivi à d’autres régions, notamment en Europe et en France, afin de vérifier si le phénomène est local ou plus généralisé.

Le retour des grands cerfs sur les places de brame

Chaque année, dés la fin du mois d'août, les grands cerfs retrouvent les places de brame, points fixes et traditionnels de leurs parades nuptiales. Depuis le printemps, leur cycle annuel s’est déroulé selon un rythme très précis. A la fin de l’hiver, les mâles ont quitté les hardes de biches et de jeunes, pour mener une vie plus solitaire. Ils préparaient alors la chute de leurs bois, phénomène qui survient entre février et avril, selon l’âge et la condition des individus. Cet abandon des bois n’est pas une perte, mais une étape physiologique programmée : les androgènes baissent, l’ostéolyse s’installe, et les structures osseuses se détachent. S’ouvre alors une période de croissance intense. Durant 120 à 140 jours, la ramure se reconstitue à partir des pivots, d’abord sous la forme de tissus vivants très vascularisés, protégés par un velours riche en vaisseaux sanguins. C’est une phase d’activité métabolique spectaculaire, avec une vitesse de croissance pouvant atteindre 2 à 3 centimètres par jour chez les grands sujets. La minéralisation progressive durcit les bois à mesure que l’été avance, jusqu’à ce que les velours soient éliminés par des frottis répétés sur la végétation. Chez les individus de moins de onze ou douze ans, cette régénération se traduit le plus souvent par une amélioration de la ramure et du poids des bois, qui peuvent gagner plusieurs centaines de grammes d’une saison à l’autre. Au-delà de cet âge, la ramure tend à stagner ou à régresser, reflétant le vieillissement progressif du cerf. Fin août, les mâles sont donc au maximum de leur condition physique : réserves suffisantes, masse musculaire développée, et un système hormonal saturé de testostérone qui déclenche les comportements sexuels typiques de la période du brame...

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Sanglier : peut-on prévoir l’évolution des populations un an à l’avance ?

La question du devenir des populations de sangliers (Sus scrofa) revient chaque année parmi les chasseurs, les forestiers et les agriculteurs. Espérer anticiper les effectifs de cette espèce emblématique paraît complexe tant sa dynamique démographique est réputée imprévisible. Pourtant, plusieurs paramètres biologiques et écologiques permettent d’établir des tendances à court terme, notamment sur une échéance d’un an. Le premier facteur déterminant est la fructification forestière, et plus particulièrement l’abondance de glands de chênes et de faînes de hêtres. Ces ressources constituent la base de l’alimentation hivernale du sanglier. Lors des années dites de « glandée » ou de forte fructification, les laies entrent en chaleur plus tôt, parfois dès le mois d’octobre, et affichent un meilleur état corporel grâce à une réserve lipidique accrue. Une laie adulte peut alors mettre bas de 5 à 8 marcassins en moyenne, contre 2 à 3 seulement lors des années de disette. Une bonne fructification peut donc amener le taux de reproduction à plus de 200%, c’est-à-dire qu’avec une population résiduelle de 100 animaux à la fermeture, on se retrouve avec 300 têtes à l’ouverture. Le second indicateur essentiel réside dans la structure d’âge et de sexe des compagnies. Les laies adultes, âgées de 2 ans révolus à 6 ans, sont les plus productives. Elles synchronisent les chaleurs des jeunes femelles, ce qui entraîne une concentration des naissances au printemps...

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Piéger les sangliers : attention à la dérive destructrice d’une pratique dévoyée

Face à la prolifération des sangliers et aux dégâts conséquents qu’ils causent aux cultures, une solution fait son chemin : le piégeage. Une cage, un appât, un tir à bout portant. Propre, simple, sans risque. Mais ce que certains osent encore appeler de la « chasse » relève de la destruction pure. Ce glissement est dangereux, à la fois pour l’image des chasseurs, pour l’éthique, et pour la société tout entière. Certes, les dégâts agricoles sont bien réels, et nul ne nie la nécessité d'agir. La FNSEA et la FDC du Loiret s’accordent sur un objectif : réduire la pression du gibier sur les cultures, en particulier celle des sangliers, de plus en plus nombreux. Mais à force de vouloir tout régler à coups de carabine, quitte à poser des cages et à abattre des animaux enfermés, on oublie l’essentiel : réguler n’est pas exterminer, et encore moins humilier la nature. Car que reste-t-il de la chasse, de sa noblesse supposée, quand elle se transforme en exécution à huis clos ? Où sont la connaissance du milieu, le respect du gibier, la prise de risque, le lien avec les écosystèmes ? Mettre une balle dans la tête d’un animal prisonnier d’un piège, c’est peut-être efficace, mais c’est surtout indigne. Ce n’est plus un acte de chasse : c’est une tâche de destruction, qui devrait revenir, si elle est jugée nécessaire, à des agents habilités, encadrés, responsables et surtout pas aux chasseurs eux-mêmes...

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Bêtes noires en série : comment anticiper les populations de sangliers ?

La question de savoir combien de sangliers seront présents à l’ouverture de la chasse revient chaque année chez les adjudicataires de chasse. Mais, et pas pour les mêmes raisons, cette question se pose aussi chez les agriculteurs, les forestiers, et plus largement chez tous ceux qui s’intéressent, de près ou de loin, à la démographie du suidé sauvage. Chez Sus scrofa, cette dynamique des populations est souvent perçue comme chaotique et imprévisible. Pourtant, certains facteurs permettent d’anticiper, avec un minimum de recul, les évolutions des effectifs. Parmi ces facteurs, le niveau de la fructification forestière joue un rôle central. C’est même la clef de voûte de l’équilibre écologique du sanglier en milieu forestier. L’abondance de glands, de faines, de châtaignes et autres fruits forestiers constitue la base de l’alimentation automnale et hivernale de l'espèce. L’observation des arbres, et l’estimation même empirique de leur production (volume de fruits déjà tombés à terre et fruits encore en branches), permet donc une première évaluation. On sait que les années dites « de forte glandée » ont un impact direct sur la condition physique des laies à l’entrée de l’hiver. Cette alimentation riche provoque une entrée en chaleur précoce des laies adultes, les femelles bien nourries développant une épaisse couche graisseuse, favorisant à la fois la gestation, la lactation, et la survie des marcassins pendant la saison froide. Avec un rut précoce, la majorité des naissances aura lieu à partir de la mi-février et se poursuivra jusqu’à fin mai...

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La gazelle de Waller : l'antilope au cou de girafe

Seule espèce du genre Litocranius, la gazelle de Waller vit principalement en Éthiopie, à Djibouti, au Kenya, en Somalie et en Tanzanie. Elle tient son nom du révérend H. Waller (1833-1901), un missionnaire en Afrique et ami du docteur David Livingstone, qui l’a décrite pour la première fois. Ce curieux animal au long cou est appelé, en terme somali « garanuug », qui signifie « au cou de girafe », autrement nommé aussi « gazelle-girafe ». Antilope de taille moyenne, son poids adulte varie de 25 kg pour les femelles à une cinquantaine de kilos pour les mêles. Outre ses membres très fins qui lui permettent de courir à près de 100 km/h, elle ne consomme pas ou très peu d’eau, celle contenue dans les plantes dont elle se nourrit étant suffisante. Dans son environnement rien n’échappe à ses grands yeux, et le moindre bruit capté par ses larges oreilles la mettra sur la défensive. Sa robe est presque blanche sur les jambes et le dessous du ventre, et fauve clair sur la partie supérieure du corps. Le mâle est le seul à porter des cornes, qui sont fines, courtes et cylindriques. La gazelle de Waller est un animal diurne, qui passe la plus grande partie de sa journée à ruminer. Elle vit en petit groupe d’une dizaine d’individus, composé uniquement de femelles et de leurs petits. De leur côté, les mâles, solitaires et territoriaux, ne cohabitent avec les femelles que pendant les périodes de rut. Les femelles atteignent leur maturité sexuelle à un an, et les mâles à 18 mois. Au terme d’une période de gestation de 165 jours environ, un petit d’un poids de 2 à 3 kilos, voit le jour. Pour mettre bas, la femelle quitte le troupeau et choisit un endroit à l’écart. Aussitôt la naissance, la femelle nettoie sa progéniture puis mange le placenta. Elle laissera le faon seul, camouflé, qu’elle reviendra voir régulièrement pour le nourrir, le laver et consommer ses excréments afin de supprimer la moindre odeur pouvant trahir sa présence auprès des prédateurs. Son statut de conservation UICN est « NT » (quasi menacé), la destruction de son habitat naturel et la concurrence avec le bétail domestique étant les principales menaces qui pèsent sur l’espèce, dont il ne reste dans le monde que 30000 à 50 000 individus vivant à l’état sauvage.

Confidences bécassières

Confidences de passionnés de la mordorée, ce film de 2h15 débute par le suivi, durant 45 jours, d’un nid de bécasse découvert dans les Hauts cantons de l’Hérault. Suivent des réflexions sur l’espèce, l’état des lieux, des connaissances actuelles et des avancées scientifiques, notamment établies à partir du bagage des oiseaux. Des spécialistes (biologistes, techniciens de FDC, inspecteurs de l’OFB) apportent leurs témoignages et leurs points de vue sur cet oiseau qui conserve encore quelques secrets. La participation de sculpteur, dessinateur, photographe animalier et de chasseurs apporte une autre vision bécassière. L’impact de l’évolution des milieux naturels, de la météorologie et du changement climatique est également analysé pour mieux saisir les subtilités et les évolutions constatées ces dernières années, notamment sur certains comportements de l’oiseau. L’avenir devra tenir compte, non seulement de la gestion des milieux naturels, de la connaissance des effectifs existants, mais également de la qualité de la reproduction. Ce document, autant scientifique qu’anecdotique, produit en HD, fera date à n’en pas douter auprès des bécassiers, mais plus largement auprès de tous ceux qui sont attachés à la connaissance de l’espèce et de ses milieux. Tous les participants sont unanimes : l’envoûtante bécasse saura souvent se jouer du chasseur et de son chien… La passion à l’état pur… Ce film documentaire, de Philippe Revel, est produit par Frédéric Gleizes. Livré en clé USB 2.0 de 32 GO dans un coffret bambou ou noyer, on peut se le procurer au prix de 20 €. Contact : Frédéric Gleizes, route de Narbonne, 34220 Saint-Pons de Thomières. Tél. : 04 67 97 05 64.