- une détente trop dure : elle obligera le chasseur à forcer, avec l’index, sur la queue de détente, et cela entraine toujours en léger écart au moment du départ du coup. Là aussi, il est conseillé de ramener le « poids » de pression à appliquer sur la queue de détente entre 1,2 et 1,4 kg. Et pour ne pas mettre de coup de doigt, il convient d'effectuer cette pression dans le sens de la pliure normale de l’index, c’est à dire en arc de cercle.

- l’appréhension du recul : ce défaut est visible en regardant un chasseur tirer. Certains ferment les yeux au moment où ils appuient sur la queue de détente. D’autres tournent même légèrement la tête de côté, pensant éviter la calotte de la crosse. Il faut se persuader que plus on fait corps avec l'arme, moins le recul se fera sentir. Si vous êtes dans l’appréhension au moment du tir avec votre arme de chasse, faites des exercices au stand avec une arme de petit calibre de type 22RM et 243Win, jusqu’à ce que vous soyez en mesure de tirer les deux yeux ouverts, signe que la crainte du coup de feu est surmontée.

- l’émotion : c’est la « fièvre du chevreuil » dite aussi « buck fever » qui touche principalement les chasseurs à l’approche. Elle est due à la corrélation de la vision du gibier et la hantise de rater son tir. En battue, elle est plus rare, mais survient quand un gibier est entendu mais pas vu, et se fige dans le silence avant de franchir le layon. L’incertitude de sa localisation précise va déclencher le doute, précurseur des tremblements fatidiques qui font passer la balle à côté.

- la visée décalée : dans ce petit problème, les points rouges ne sont pas concernés. En revanche, avec une lunette de visée, il s’agit d’un petit décalage entre l’œil et l’optique, qui fait que l’objectif n’est pas vu parfaitement rond, mais légèrement ovalisé. Si la croix de la lunette apparait bien centrée sur la cible, la ligne de visée, donc la trajectoire de la balle sera suffisamment biaisée pour passer à côté. Pour y remédier, placez-vous devant un miroir avec votre arme (déchargée) et effectuez des visées rapides. Vous constaterez alors où est votre point de visée. Le défaut d’épaulement sera plus facile à corriger.

- la distance : à la chasse en battue elle n’est quasiment jamais en cause, sauf peut-être lors d’un débuché. Chacun, selon ses propres compétences, aura sa « limite d’efficacité ». Elle tient dans les conditions physiques et visuelles du chasseur et dans la qualité d’équipement de son arme. Restez dans votre « distance de confiance » et sachez qu’au-delà, les déceptions vous guettent. Et il n’y a rien de pire que de laisser partir un gibier blessé…

 

En conclusion

Bien qu’un tir raté, et quelle que soit la qualité du tireur, soit toujours possible, la cause sera soit dans votre arme (détente trop sensible ou trop dure, optique dérèglée, nouveau lot de cartouches… ), soit dans votre attitude (appréhension du recul, émotion, mauvaise tenue de l’arme à l’épaulement…). Une balle qui n'atteint pas sa cible est une balle dangereuse et un gibier manqué, mais sachez qu’il n’y a jamais rien de rédhibitoire, et qu’une analyse objective du problème permet de localiser le défaut. A ce stade, la moitié du chemin vers la correction sera alors parcouru…