Il y a des déclarations politiques que l’on peut combattre sur le fond. Il y en a d’autres qui laissent un goût amer, parce qu’elles franchissent une limite que l’on croyait pourtant solidement établie dans une démocratie. À l’université d’été du mouvement d’Aymeric Caron, Sandrine Rousseau a appelé ses sympathisants à se rendre dans les forêts et les campagnes à l’ouverture de la chasse pour « empêcher » celle-ci, et se tenir « face à eux (les chasseurs), physiquement ». Ces mots sont graves. Non parce qu’ils émanent d’une adversaire de la chasse, chacun est parfaitement libre de ses idées, mais parce qu’ils semblent transformer le chasseur, citoyen pratiquant une activité légale, en adversaire qu’il faudrait aller affronter sur le terrain.
On peut contester la chasse dans les assemblées, dans les médias, dans les urnes. On peut réclamer sa réforme ou son interdiction. Mais organiser, encourager ou banaliser la confrontation physique n’est pas une méthode acceptable dans une République apaisée. D’autant que l’obstruction concertée à une action de chasse est elle-même sanctionnée par le Code de l’environnement. Et puis vient une question que cette déclaration impose : que représente réellement cette mouvance ? Combien sont-ils, ceux qui se reconnaissent dans ces appels à l’affrontement ? Quelques militants visibles sur les réseaux sociaux peuvent-ils prétendre parler au nom d’une majorité silencieuse ? Le jour où certains seront invités à « faire face physiquement » aux chasseurs, il serait presque tentant que les chasseurs fassent, eux aussi, les comptes. Non pas pour répondre à la provocation par la provocation, mais simplement pour mesurer, sur le terrain démocratique, combien seront réellement ceux venus répondre à l’appel de la dame Rousseau. La chasse rassemble plus de 900 000 pratiquants annuels, au sein d’un réseau de près de 70 000 associations. Voilà une réalité sociale autrement plus consistante qu’une mouvance dont personne ne semble même connaître les effectifs. Mais le plus triste reste ailleurs. Voir une députée de la République, et candidate potentielle à la magistrature suprême, employer un vocabulaire qui rapproche dangereusement le militantisme de l’affrontement laisse une aversion certaine.
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La surface initialement annoncée atteignait 17 000 hectares, avant d’être ramenée à environ 11 000 hectares réellement brûlés. L’écart dépassait ainsi 50 %. En Gironde, l’incendie de Saumos a été annoncé à 42 000 hectares par les autorités, tandis qu’Effis évaluait la surface impactée à 37 500 hectares. Le bilan définitif intervient plusieurs mois après l’extinction du feu. Les contours de la zone brûlée sont relevés au GPS, notamment avec l’appui de l’ONF, puis comparés à des images satellites prises avant et après l’incendie. Les secteurs où la végétation a été endommagée, qu’il s’agisse d’arbres, d’arbustes ou d’herbes, sont comptabilisés. Des vérifications de terrain peuvent compléter ces données. Les résultats sont intégrés à la Base de données sur les incendies de forêt en France (BDIFF), dont les données sont publiées au printemps suivant. Cette base ne recense que les feux de forêt et exclut notamment les incendies agricoles et certains feux de végétation. Les estimations opérationnelles dépassent souvent d’environ 20 % les mesures définitives, mais l’écart peut être beaucoup plus important selon la topographie et l’évolution du sinistre. Les interventions répétées des pompiers dans les mêmes secteurs peuvent également influencer les estimations réalisées pendant le feu. Effis présente l’avantage d’une grande rapidité, mais peut manquer certains incendies masqués par les nuages ou éteints entre deux passages satellitaires. Ses statistiques annuelles excluent aussi les feux de moins de 30 hectares et intègrent certains brûlages légaux, comme l’écobuage. La BDIFF repose, elle, sur des relevés plus précis mais nécessite plusieurs mois de traitement. Ces différences imposent également la prudence pour comparer les incendies actuels avec ceux des décennies précédentes, dont les surfaces étaient généralement exprimées en hectares parcourus.
La MHE est en effet une maladie virale transmise par des moucherons du genre Culicoides. Sa diffusion dépend donc largement de l’activité de ces insectes, elle-même influencée par les températures, l’humidité et les conditions météorologiques. Or, rien ne permettait a priori de prévoir une interruption aussi nette de la progression du virus. D’autant que de nombreux élevages bovins situés dans les régions encore épargnées demeuraient naïfs, c’est-à-dire sans immunité préalable. L’hypothèse d’une faible circulation du virus en 2025 est toutefois confortée par le très faible nombre de PCR positives détectées lors des mouvements d’animaux. Plusieurs explications peuvent être envisagées : conditions climatiques moins favorables aux vecteurs, évolution de la population de Culicoides, immunité acquise par une partie du cheptel après les vagues précédentes ou encore phénomènes liés au virus lui-même. Mais aucune hypothèse ne permet aujourd’hui d’expliquer à elle seule une rupture épidémiologique d’une telle ampleur. Ce recul ne signifie donc pas que la MHE a disparu. La maladie reste présente sur le territoire et pourrait reprendre sa progression lors d’une prochaine saison favorable aux insectes vecteurs. La situation invite surtout à la prudence : l’absence de circulation importante pendant une année ne garantit nullement que les troupeaux seront durablement protégés. Pour les éleveurs et les autorités sanitaires, cette accalmie constitue ainsi autant une bonne nouvelle qu’un sujet d’interrogation. Comprendre pourquoi le virus a quasiment disparu des radars en 2025 sera essentiel pour anticiper sa prochaine éventuelle résurgence et adapter la surveillance comme les stratégies de prévention.
Les cervidés, et notamment le cerf élaphe, sont susceptibles d’être exposés à des virus de ce groupe. Les travaux réalisés lors de l’émergence du Schmallenberg avaient ainsi mis en évidence une circulation du virus dans plusieurs populations françaises de cerfs élaphes, avec des animaux présentant des anticorps dans sept des neuf départements étudiés. La question de la reproduction mérite particulièrement d’être observée. Chez les ruminants domestiques, le virus de Schmallenberg a été associé à des avortements, des mortinatalités et des malformations congénitales lorsque l’infection intervient à certaines périodes de la gestation. Des observations en élevage avaient également fait apparaître une diminution de la prolificité après circulation du virus, laissant envisager un effet sur la reproduction autour de la période d’ovulation et du début de la gestation. Chez le cerf élaphe, une infection par un orthobunyavirus pourrait donc théoriquement intervenir dans la dynamique des hardes : baisse ponctuelle du succès reproducteur, pertes embryonnaires ou fœtales, mortalité néonatale ou éventuelles anomalies chez les jeunes. Cependant, des études françaises avaient d’ailleurs souligné que les conséquences du Schmallenberg sur le succès reproducteur des cervidés sauvages restaient insuffisamment documentées. La surveillance des populations sauvages permettra d’apporter des éléments sur cette éventuelle interaction.
Les nitrates, les résidus de produits phytosanitaires et les apports en matières organiques dégradent la qualité de nombreux bassins versants. Les rejets urbains et industriels, bien que mieux maîtrisés qu'autrefois, continuent également d'affecter certains secteurs. Le changement climatique accentue ces difficultés. Les épisodes de sécheresse deviennent plus fréquents, les débits estivaux diminuent et la température de l'eau augmente progressivement. Cette évolution fragilise les espèces exigeant des eaux fraîches, comme la truite fario ou l'ombre commun, tandis que d'autres espèces plus tolérantes gagnent du terrain. Les modifications physiques des cours d'eau constituent un autre enjeu majeur. Pour autant, plusieurs indicateurs montrent des progrès. De nombreuses grandes rivières accueillent aujourd'hui le retour d'espèces sensibles comme le saumon atlantique, la loutre d'Europe ou le castor sur certains bassins. Les stations d'épuration plus performantes et les actions des agences de l'eau ont permis une amélioration sensible de la qualité de nombreuses eaux de surface. En définitive, les fleuves, rivières et ruisseaux français ne sont ni en bon état généralisé ni en déclin irréversible. Leur situation varie fortement selon les régions et les bassins versants. Les progrès accomplis démontrent que les politiques de restauration peuvent produire des résultats, mais les effets du changement climatique, les pollutions diffuses et les pressions exercées par les activités humaines continuent de constituer les principaux défis pour préserver durablement les milieux aquatiques français. En conclusion, les rivières vont bien... Elles ne souffrent que d’un manque d’eau ! (Photo Agence de presse Meurisse. BNF)
Son fonctionnement repose notamment sur la température et la salinité de l’eau. Dans l’Atlantique Nord, les eaux chaudes remontent vers le nord, se refroidissent, deviennent plus denses et plongent vers les profondeurs avant de repartir vers le sud. Le réchauffement climatique et l’apport croissant d’eau douce provenant notamment de la fonte du Groenland peuvent perturber cette mécanique. Un ralentissement est attendu, mais un arrêt brutal n’est pas acquis. Le GIEC estime très probable un affaiblissement de l’AMOC au cours du 21e siècle, tout en évaluant avec une confiance moyenne l’absence d’effondrement complet durant cette période. Des travaux récents montrent toutefois qu’un effondrement pourrait provoquer des bouleversements régionaux considérables. En Europe, le paradoxe serait spectaculaire : dans un monde globalement plus chaud, l’Europe du Nord-Ouest pourrait connaître un refroidissement marqué, surtout en hiver, avec davantage d’extrêmes froids et une activité accrue des tempêtes. Les précipitations européennes diminueraient également dans plusieurs scénarios, aggravant les risques de sécheresse estivale.
Pourquoi ne pas avoir dit clairement : là où les populations de petit gibier ont été durement touchées, nous réduirons les prélèvements, voire nous suspendrons temporairement la chasse de certaines espèces ? Non pas sous la pression des associations anti-chasse, mais parce que nous savons gérer nos territoires et que nous entendons le démontrer. Cette position n’aurait rien d’un aveu de faiblesse. Elle serait au contraire une preuve de maturité. Car il faut parallèlement rappeler une autre réalité : toutes les espèces ne connaissent pas la même situation. Le grand gibier, dont les populations demeurent importantes dans de nombreux secteurs, voire excessives, doit continuer à faire l’objet d’une régulation soutenue. Sangliers, cervidés et autres grands animaux peuvent provoquer des dégâts agricoles considérables, multiplier les collisions routières et ferroviaires, et poser des problèmes sanitaires. Réduire ici tout en protégeant là où c’est nécessaire n’a rien de contradictoire : c’est précisément cela, gérer. Le chasseur ne peut donc pas réclamer simultanément davantage de reconnaissance comme gestionnaire de la faune et refuser toute adaptation de ses propres prélèvements. La crédibilité se gagne sur le terrain, pas dans les communiqués. Il ne s’agit évidemment pas de tendre le bâton aux adversaires de la chasse. Ceux qui rêvent de transformer chaque mauvaise année en moratoire général n’ont pas besoin que nous leur fournissions nous-mêmes leurs arguments. Mais il serait tout aussi dangereux de leur laisser le monopole du discours sur la protection du petit gibier. Prenons les devants. Comptons, constatons, expliquons et adaptons. Suspendre une chasse localement lorsque la population est trop fragile n’est pas renoncer à la chasse. C’est préparer sa continuité. Parce que le meilleur défenseur du petit gibier n’est pas celui qui veut absolument le chasser chaque année. C’est celui qui veut encore pouvoir le chasser dans dix ans.
La trichinellose est provoquée par des vers parasites du genre Trichinella, dont les larves s’installent dans les muscles. Chez l’être humain, la contamination intervient principalement après la consommation de viande infectée insuffisamment cuite. Diarrhées, fièvre, gonflement du visage et douleurs musculaires peuvent apparaître, avec, dans les formes graves, des complications neurologiques ou visuelles. En Europe, le porc, le sanglier et le cheval figurent parmi les animaux susceptibles de transmettre le parasite. En France, les contrôles sanitaires réalisés sur les espèces à risque ont rendu les contaminations humaines très rares. Les cas recensés sont toutefois le plus souvent associés à des viandes non contrôlées, notamment issues de la chasse ou d’importations illégales. Dans le cadre de son nouveau mandat, l’Anses apportera un soutien scientifique et technique aux pays membres de l’OMSA. L’Agence pourra notamment contribuer à améliorer les capacités de détection, former les personnels de laboratoire, organiser des essais interlaboratoires et intervenir lors de situations de crise. Elle participera également à l’actualisation des recommandations internationales concernant le diagnostic de la trichinellose. En parallèle, ses équipes poursuivent leurs recherches sur de nouvelles méthodes de détection, la prévention des contaminations et le suivi de leur origine. L’Anses conserve par ailleurs une importante collection de souches de Trichinella, constituant une ressource scientifique majeure pour mieux surveiller et combattre ce parasite à l’échelle internationale.
Pour préserver les activités récréatives et l’intérêt paysager du site, la municipalité a choisi une gestion intégrée associant arrachage, faucardage, traitement de la vase, aération et application mensuelle d’un colorant destiné à limiter la pénétration de la lumière. Des engins amphibies extraient ainsi d’importantes quantités de végétation. Mais le remède peut aussi entretenir le problème : le myriophylle est capable de repartir à partir de simples fragments de tiges laissés dans l’eau. Surtout, la multiplication des techniques rend difficile l’évaluation de leur efficacité respective. Certaines pratiques, comme l’utilisation de craie sur les sédiments ou de colorant, restent par ailleurs insuffisamment documentées. Des résultats chiffrés et un suivi dans le temps seraient donc indispensables. En Loire-Atlantique, dans la basse vallée du Don, la jussie à grandes fleurs (Ludwigia grandiflora) pose un problème depuis 1997. Malgré vingt ans d’arrachages mécaniques et manuels et plus de 700 000 euros engagés, son expansion n’a pas été durablement stoppée. Depuis 2023, une autre voie est expérimentée : modifier la morphologie du cours d’eau pour accélérer localement le courant et rendre le milieu moins favorable à la plante. Cette démarche intéresse directement la chasse au gibier d’eau. Un marais ou un étang en bon état écologique offre davantage de diversité végétale, d’invertébrés, de zones d’alimentation et de quiétude aux canards, limicoles et autres oiseaux d’eau. Restaurer les milieux plutôt que multiplier les interventions ponctuelles peut donc bénéficier à la biodiversité… mais aussi aux territoires de chasse. La leçon est simple : gérer, c’est d’abord observer, mesurer et adapter. En matière de zones humides, la restauration du fonctionnement naturel pourrait bien être l’une des meilleures armes contre les invasives.
Là encore, les opérations sont suspendues pendant certaines campagnes de lutte chimique contre les campagnols. Le corbeau freux et la corneille noire peuvent être détruits à tir jusqu’au 31 mars, avec des prolongations possibles jusqu’au 10 juin, voire jusqu’au 31 juillet pour prévenir des dommages agricoles importants. Le piégeage reste autorisé toute l’année. Le tir dans les nids est interdit et l’utilisation d’appâts carnés dans les cages à corvidés est fortement encadrée. La pie bavarde peut être détruite à tir jusqu’au 31 mars, avec des prolongations préfectorales possibles jusqu’au 10 juin ou au 31 juillet dans certaines situations. Le tir est limité à des secteurs précis, notamment les cultures maraîchères, vergers et zones de conservation du petit gibier. Le piégeage y est également possible. Le geai des chênes peut être détruit à tir jusqu’au 31 mars, sous autorisation préfectorale et lorsque certaines conditions sont réunies. Son piégeage est également autorisé dans les vergers et vignobles durant des périodes déterminées. Enfin, l’étourneau sansonnet peut être détruit à tir jusqu’au 31 mars, avec une possibilité de prolongation jusqu’à l’ouverture générale de la chasse. Le piégeage reste autorisé toute l’année. L’article 2 constitue ainsi le cadre national général de régulation des ESOD, tandis que l’article 4 permet d’appliquer, dans certains départements, des restrictions ou conditions particulières précisées dans l’annexe.
Ces constats interviennent alors que les cinq associations écologistes opposées au renforcement de la population vosgienne dénoncent depuis le début une opération qu’elles jugent vouée à l’échec. La mortalité des premiers oiseaux relâchés a évidemment alimenté leurs critiques, jusqu’à la perspective annoncée d’un arrêt du programme au terme de sa période actuelle, en 2029. Mais l'expérimentation n'est pas terminée. Et surtout, elle vient de produire ce qui constitue précisément l'un de ses objectifs : de la reproduction. Le PNR des Ballons des Vosges poursuit son travail de suivi et documente les déplacements, la survie et la reproduction des oiseaux. En 2026, 17 nouveaux grands tétras ont ainsi été introduits, venant renforcer une population relictuelle estimée entre trois et cinq individus. Bien sûr, tout n'est pas gagné. La prédation, évaluée à 33 % au cours des deux premières années, demeure un facteur préoccupant et la mortalité des oiseaux déplacés doit continuer à être analysée. Mais tirer dès maintenant la conclusion définitive d'un échec paraît pour le moins prématuré. Une expérimentation scientifique se juge au terme de l'expérience, pas au gré des satisfactions militantes. Les quatre jeunes du Grand Ventron ne constituent pas encore une victoire définitive. Mais ils sont incontestablement une raison de poursuivre l'observation plutôt que de proclamer trop vite l'échec. Pendant que certains annoncent déjà la fin de l'histoire, le Grand Tétras, lui, semble avoir décidé d'écrire la suite.