La lutte contre les plantes aquatiques exotiques envahissantes rappelle combien la gestion des zones humides est un exercice délicat. Deux expériences récentes, présentées dans Hydromag en juin 2026, montrent que les solutions les plus évidentes ne sont pas toujours les plus efficaces à long terme. Un enjeu qui concerne aussi directement les chasseurs de gibier d’eau, tant la qualité des marais, étangs et cours d’eau conditionne la présence de nombreuses espèces. À Reims, le plan d’eau du parc Léo-Lagrange, d’environ un hectare, est depuis plusieurs années envahi par le myriophylle à feuilles variables (Myriophyllum heterophyllum).
Pour préserver les activités récréatives et l’intérêt paysager du site, la municipalité a choisi une gestion intégrée associant arrachage, faucardage, traitement de la vase, aération et application mensuelle d’un colorant destiné à limiter la pénétration de la lumière. Des engins amphibies extraient ainsi d’importantes quantités de végétation. Mais le remède peut aussi entretenir le problème : le myriophylle est capable de repartir à partir de simples fragments de tiges laissés dans l’eau. Surtout, la multiplication des techniques rend difficile l’évaluation de leur efficacité respective. Certaines pratiques, comme l’utilisation de craie sur les sédiments ou de colorant, restent par ailleurs insuffisamment documentées. Des résultats chiffrés et un suivi dans le temps seraient donc indispensables. En Loire-Atlantique, dans la basse vallée du Don, la jussie à grandes fleurs (Ludwigia grandiflora) pose un problème depuis 1997. Malgré vingt ans d’arrachages mécaniques et manuels et plus de 700 000 euros engagés, son expansion n’a pas été durablement stoppée. Depuis 2023, une autre voie est expérimentée : modifier la morphologie du cours d’eau pour accélérer localement le courant et rendre le milieu moins favorable à la plante. Cette démarche intéresse directement la chasse au gibier d’eau. Un marais ou un étang en bon état écologique offre davantage de diversité végétale, d’invertébrés, de zones d’alimentation et de quiétude aux canards, limicoles et autres oiseaux d’eau. Restaurer les milieux plutôt que multiplier les interventions ponctuelles peut donc bénéficier à la biodiversité… mais aussi aux territoires de chasse. La leçon est simple : gérer, c’est d’abord observer, mesurer et adapter. En matière de zones humides, la restauration du fonctionnement naturel pourrait bien être l’une des meilleures armes contre les invasives.
alabillebaude
La chasse... demain !