Déposée involontairement par le gibier, la voie, secrète et fugitive, est un phénomène naturel méconnu et abstrait, dont la nature, changeante, sera déterminante dans le succès ou l’échec de la chasse. Tenter de l’éclaircir revient à faire l’analyse de deux points de vue qui, en fait, sont complémentaires. D’une part le côté empirique qui s’appuie sur l’expérience et l’observation, et d’autre part, le côté scientifique. La première tentative pour étudier cette particularité a été réalisée par M. Pollard, dans un ouvrage, justement intitulé « Les mystères de la voie », publié en 1933.
L’auteur avait tenté de mesurer la qualité de la voie à l’aide d’un instrument de son invention, qu’il avait appelé « sentomètre », conçu à partir de différentes données et observations, parmi lesquelles on trouvait la composition de l’odeur du renard formée de l’indole, associé au soatol produit par la glande anale, d’acides gras et d’amines. En l’absence d’unités existantes, il avait donc imaginé une graduation en « centivoie ». Lorsque le résultat, donné par son instrument, indiquait un niveau en dessous de 5 « centivoies », cela signifiait une absence totale de voie. Après avoir avancé sa théorie sur les odeurs des animaux, M. Pollard s’est penché sur leur émission. Il en a conclu que, au cours d’une chasse, la voie pouvait être affectée par la variation de la température et son effet sur l’évaporation. Autre exemple : si, lors du découpler, l’humidité relative est de 80%, elle peut tomber à 65% deux heures plus tard, lorsque le soleil aura réchauffé l’air, et inversement en fin de journée, ce qui, nécessairement, aura également une influence. En plus de la température et de l’humidité, d’autres paramètres ont été pris en compte et mesurés, tel que l’ensoleillement, la force et la direction du vent, la couverture nuageuse, etc… A chacun d’eux correspond un élément chiffré dont le total donne le nombre de « centivoies » à un moment donné. Chez les veneurs, cette théorie fut bien évidemment bien loin de faire l’unanimité. Cela étant écrit, il est donc indéniable que le côté scientifique existe, et qu’il serait peut-être possible, mais surement pas souhaitable, de mesurer en théorie le degré d’intensité de la voie, en tenant compte de tous ces facteurs...
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