Pour mesurer l’ampleur de ces évolutions, le dernier bilan annuel complet publié par l’OFB, celui de 2024-2025, fournit un point de comparaison : 90 324 cerfs élaphes, 569 183 chevreuils, 12 174 chamois, 2 762 isards, 2 424 mouflons et 1 250 daims avaient alors été prélevés. En appliquant aux chiffres de la saison précédente les variations annoncées pour 2025-2026, on obtiendrait, à titre purement indicatif, environ 98 000 cerfs, 563 500 chevreuils, 11 400 chamois, 2 170 mouflons et 1 410 daims. Ces valeurs sont des estimations arithmétiques, non des chiffres officiels publiés par l’OFB : elles devront être remplacées par les données définitives dès leur disponibilité. Quant aux isards, leur bilan reste à préciser. Ces évolutions ne doivent pas être interprétées trop rapidement comme le reflet direct d’une hausse ou d’une baisse des effectifs. Les prélèvements dépendent des plans de chasse, des attributions, du taux de réalisation, de l’effort de chasse et des conditions locales. Pour les espèces soumises à un plan de chasse, les attributions constituent un outil de gestion, mais leur réalisation varie selon les territoires. Les résultats nationaux masquent donc des situations départementales parfois opposées. Le bilan 2025-2026 confirme surtout la place prépondérante du sanglier dans les tableaux de chasse, tandis que les autres espèces présentent des tendances contrastées. Une lecture rigoureuse devra croiser les prélèvements avec les suivis de populations, les données de reproduction et les indicateurs sanitaires. C’est à cette condition que les chiffres de chasse pourront éclairer la gestion durable du grand gibier, sans confondre animaux prélevés et animaux présents dans la nature.