Les espèces exotiques envahissantes (EEE) représentent aujourd’hui l’un des principaux facteurs d’érosion de la biodiversité. Introduites volontairement ou accidentellement par les activités humaines, ces espèces se sont implantées durablement dans de nouveaux milieux, parfois au détriment de la faune et de la flore locales. Les données de l’Observatoire national de la biodiversité montrent une augmentation continue de leur présence en France depuis plusieurs décennies. L’analyse d’un panel de 86 espèces révèle une progression régulière depuis les années 1950 et cette présence s’est progressivement accrue au fil des décennies, avec une accélération notable à partir des années 1980. Cette tendance concerne également les espèces animales terrestres, qui figurent parmi les envahisseurs les plus visibles et parfois les plus problématiques. C’est notamment le cas du raton laveur, du chien viverrin, de la tortue de Floride, ou encore de l’écureuil de Corée, introduits à l’origine comme animaux de compagnie ou pour l’élevage. Une fois relâchés ou échappés dans la nature, ces animaux ont pu coloniser de nouveaux territoires. Le frelon asiatique, introduit accidentellement au début des années 2000, constitue un autre exemple emblématique d’espèce invasive terrestre. Sa progression rapide sur le territoire français illustre la capacité de certaines espèces à se diffuser très rapidement lorsqu’elles trouvent des conditions favorables. D’autres mammifères, comme le ragondin ou le rat musqué, bien qu’associés aux milieux aquatiques, exercent aussi des impacts sur les écosystèmes terrestres environnants. Les conséquences de ces introductions sont multiples. Les espèces envahissantes peuvent entrer en compétition avec les espèces locales pour l’alimentation ou les habitats, transmettre des maladies, ou perturber les équilibres écologiques. Certaines provoquent également des dommages agricoles ou économiques. Face à cette progression, les scientifiques et les gestionnaires de la biodiversité insistent sur l’importance de la prévention et de la surveillance. La détection précoce des nouvelles espèces, la limitation des introductions et la gestion des populations déjà installées constituent aujourd’hui des enjeux majeurs pour préserver les équilibres naturels.