Les maladies à tiques, autrefois rares en France, deviennent une menace croissante pour l’élevage bovin. Lors de la première journée technique bovine organisée le 17 juin dernier par Labocéa à Quimper, Benoît Thuillier, chef du service autopsie, bactériologie animale et parasitologie, a présenté un état des lieux alarmant. Anaplasmose, babésiose, ehrlichiose… ces pathologies transmises par les tiques se répandent sous l’effet du réchauffement climatique, de l’adaptation des tiques à de nouveaux territoires et des mouvements de la faune sauvage. Des hivers doux, des printemps humides et des étés plus chauds prolongent leur activité, parfois de février à novembre, augmentant ainsi les risques. Face à cette progression, la surveillance et la prévention sont essentielles. La veille épidémiologique, avec suivi régulier des populations de tiques et diagnostic précoce des maladies, constitue la première ligne de défense. Les éleveurs doivent adopter des pratiques ciblées : rotation des pâtures pour limiter l’exposition, gestion des haies et bordures forestières, traitement antiparasitaire régulier et isolement des animaux infectés. L’inspection fréquente du pelage permet de détecter rapidement les infestations et de réduire la propagation des agents pathogènes. Les innovations scientifiques offrent également de nouveaux outils. Des vaccins contre certaines babésioses ou anaplasmoses sont en cours de déploiement, tandis que des solutions biologiques, comme les champignons entomopathogènes, peuvent réduire localement les populations de tiques. La sélection génétique d’animaux plus résistants constitue un axe prometteur pour limiter les impacts à long terme. Enfin, la sensibilisation et la formation restent cruciales. Comprendre le cycle de vie des tiques, les périodes d’activité maximale et les facteurs favorisant leur prolifération permet de mieux planifier les interventions. En combinant surveillance, prévention, traitements ciblés et adoption de pratiques adaptées, il est possible de réduire efficacement l’impact des maladies à tiques. L’enjeu est clair : anticiper, agir et intégrer les solutions scientifiques aux pratiques quotidiennes pour maintenir un environnement sain et résilient face à ces menaces émergentes.