L’Office national des forêts (ONF) mobilise près de 70 chercheurs au sein de son département Recherche, développement et innovation (RDI). Leurs travaux, menés avec des organismes scientifiques et des universités, portent notamment sur l’adaptation des forêts au changement climatique, la gestion des peuplements, la protection des sols et l’étude des écosystèmes forestiers. Plusieurs programmes étudient la capacité des arbres à supporter l’évolution des températures et des précipitations. Le projet Giono, lancé en 2016, a notamment conduit à planter 700 chênes et hêtres issus de graines récoltées dans le sud de la France en forêt domaniale de Verdun, dans la Meuse. L’objectif est d’observer leur comportement dans des conditions climatiques différentes de celles de leur région d’origine. Le programme européen MigFoRest prévoit, quant à lui, la plantation de 100 000 arbres dans sept territoires pilotes, dont 25 000 en France. Il vise à évaluer l’intérêt de provenances forestières adaptées à des climats plus chauds et plus secs.
Chaque essence fait l’objet d’une évaluation de son risque invasif et de son potentiel pour la biodiversité locale. Les recherches sur le chêne sessile, conduites depuis les années 1990 dans 23 forêts européennes à partir de populations provenant de 116 origines géographiques, ont montré une résilience globale de cette essence aux variations climatiques, avec des différences selon la provenance des arbres. Le programme Potenchêne, engagé en 2014, suit la fructification de près de 900 chênes répartis sur 30 sites français. Les premiers résultats indiquent une augmentation moyenne de la production de glands au cours des quinze dernières années, parallèlement à la hausse des températures printanières. Les chercheurs ont également établi un lien entre l’intensité des glandées et les populations de sangliers. L’équilibre entre forêt et grands ongulés fait l’objet d’autres travaux. Selon l’ONF, plus de 50 % des surfaces de forêts domaniales se trouvent en situation de déséquilibre. Des dispositifs expérimentaux comparent la régénération des peuplements protégés par des clôtures à celle des zones accessibles aux animaux. En montagne, l’abroutissement et le changement climatique pourraient modifier durablement la répartition du sapin, du hêtre et de l’épicéa. L’ONF développe également des outils technologiques. Le LiDAR permet de cartographier en trois dimensions le relief et la végétation. Les drones servent à observer les peuplements et à évaluer les dégâts sanitaires ou climatiques. Enfin, plusieurs programmes étudient les effets de l’exploitation forestière sur les sols. Les dispositifs MOS et INSENSE évaluent notamment les conséquences du prélèvement de branches et de rémanents, tandis que le guide PRATIC’SOLS rassemble 23 recommandations pour limiter les impacts des chantiers forestiers sur les sols.
Photo ONF : Pose d'enclos-exclos en forêt domaniale de Saint-Quirin (57)