Les incendies de forêt ne détruisent pas seulement la végétation et les habitats naturels. Ils peuvent également altérer la qualité des ressources en eau utilisées pour l’alimentation humaine. L’importance de cette contamination dépend de nombreux facteurs : l’intensité et la durée du feu, la quantité de végétation brûlée, la nature des sols, la géologie du bassin versant et les conditions météorologiques qui suivent l’incendie. Les premières pluies et la fonte des neiges constituent souvent une période particulièrement sensible. L’eau qui ruisselle sur les terrains brûlés peut entraîner des cendres, des sédiments, des nutriments, des métaux et d’autres substances vers les rivières, les retenues d’eau et les captages. Ces apports peuvent modifier la qualité de l’eau brute et compliquer son traitement avant distribution. Les eaux souterraines peuvent également être concernées, lorsque des substances s’infiltrent dans le sol et atteignent les nappes. Leur transfert dépend notamment de la nature du terrain et de la capacité des contaminants à se dissoudre et à circuler. Les conséquences ne s’arrêtent pas nécessairement aux premières semaines. Pendant plusieurs années, des épisodes pluvieux peuvent encore mobiliser des éléments présents dans les sols et les sédiments. Certains métaux et nutriments peuvent ainsi rejoindre les eaux de surface. Les hydrocarbures aromatiques polycycliques, produits notamment lors de combustions incomplètes, peuvent également être transportés avec les particules ou remis en suspension dans l’eau. L’intensité et la durée de ces phénomènes varient toutefois selon les sites : ils ne se produisent pas systématiquement avec la même ampleur. Il faut néanmoins distinguer la contamination d’une ressource en eau du risque pour les consommateurs. La présence de substances indésirables dans l’eau prélevée ne signifie pas automatiquement qu’elles se retrouvent dans l’eau distribuée à des concentrations dangereuses. Le traitement, les contrôles et les conditions d’exposition jouent un rôle déterminant. À ce jour, les effets sanitaires directement attribuables à l’ingestion d’eau potable contaminée après un feu de forêt restent insuffisamment documentés pour en mesurer précisément l’ampleur. La prévention repose donc sur la protection des captages, la surveillance régulière de la qualité de l’eau et l’adaptation du traitement lorsque cela est nécessaire. Des plans d’urgence et une gestion adaptée des infrastructures sont également essentiels. Les puits privés et les petits réseaux sont particulièrement vulnérables lorsqu’ils disposent de peu de solutions de remplacement ou de moyens de traitement limités.