Le décès de François Patriat marque la disparition d’une figure importante de la vie politique française, mais également celle d’un homme qui aura joué un rôle particulier dans l’histoire récente de la chasse française. Pendant plus de trente-cinq ans, cet élu bourguignon aura servi ses territoires, le Parlement et la République avec une personnalité faite de convictions, de fidélité et de dialogue. Dans son hommage, le Premier ministre rappelle que François Patriat avait « une certaine idée de la politique », dans laquelle la force des convictions n’empêchait ni la bienveillance ni le respect de l’adversaire. Une conception qui correspondait particulièrement à son engagement sur la chasse. En 1999, alors député de Côte-d’Or, il fut chargé par Lionel Jospin d’une mission consacrée à l’avenir de la chasse française. Surnommé alors « Monsieur chasse », il sillonna plusieurs départements et rencontra aussi bien les représentants du monde cynégétique que les associations de protection de la nature. Lui-même chasseur, il connaissait directement cette pratique et ses réalités de terrain. De cette mission naquit le rapport « Propositions pour une chasse responsable et apaisée », remis au Premier ministre. François Patriat y défendait une vision moderne de la chasse, considérée comme une activité participant à la gestion durable de la faune et des habitats. Il proposait notamment de légitimer une chasse responsable, d'améliorer le fonctionnement des structures cynégétiques et de renforcer le dialogue avec les autres utilisateurs de la nature. Il appelait également à passer progressivement d’une « chasse de cueillette » à une véritable « chasse de gestion ». Son approche reposait donc moins sur l’affrontement que sur la recherche d’un compromis. Lors de ses rencontres avec les chasseurs et les défenseurs de l’environnement, il insistait sur la nécessité de dépasser les oppositions traditionnelles et de construire une gestion partagée des espaces naturels. Cette conception explique sans doute pourquoi son travail conserve une résonance particulière dans le monde cynégétique. Le communiqué du Premier ministre rappelle avec émotion que, quelques semaines seulement avant sa disparition, François Patriat avait encore pris la parole au Sénat, lors de sa dernière question au Gouvernement. Ce moment avait alors été salué par l’ensemble de l’hémicycle. Personne ne pouvait imaginer que cet hommage constituerait si rapidement un dernier adieu. En conclusion de son hommage, Sébastien Lecornu adresse ses pensées les plus affectueuses à sa famille, à ses proches et à tous ceux qui ont partagé son parcours politique et personnel. « Adieu François », écrit-il, en saluant la mémoire d’un homme dont l’engagement restera associé au dialogue, à la fidélité et à la fraternité républicaine.