Au congrès 2026 de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), le ton s’est nettement durci. Son président, Willy Schraen, a livré un discours offensif, marqué par une accumulation de griefs et une volonté affichée de reprendre la main sur plusieurs dossiers clés. Derrière la rétrospective de la saison 2025-2026, c’est bien une stratégie de confrontation qui se dessine. En ouverture, le président a mis en avant l’opération « J’aime la nature propre », vaste campagne nationale de ramassage des déchets, destinée à illustrer l’engagement environnemental des chasseurs. Mais ce message introductif a rapidement laissé place à une série de critiques : crise des migrateurs, contraintes européennes jugées excessives, ou encore retour du loup, dont les effectifs seraient, selon lui, sous-estimés.
À travers ces thèmes, Willy Schraen interroge une question de fond : quelle place reste-t-il à l’homme dans une nature de plus en plus encadrée ? Mais c’est surtout sur le terrain économique que l’alerte est la plus forte. Le système d’indemnisation des dégâts de grand gibier, financé par les chasseurs, apparaît aujourd’hui à bout de souffle. En cause, selon la FNC : la multiplication des zones interdites à la chasse, où les populations animales prospèrent sans régulation. Résultat, les fédérations départementales voient leurs finances se tendre dangereusement. « Les caisses sont vides », résume en substance le président, qui pointe également le non-versement par l’État d’une aide de 10 millions d’euros pourtant annoncée. Derrière ce constat, c’est toute la question du modèle économique de la chasse française qui est posée. Autre ligne de fracture majeure : la relation avec l’Office français de la biodiversité (OFB). Willy Schraen accuse l’établissement public de s’être éloigné du monde cynégétique, au point de devenir un adversaire. Il réclame une reprise en main par les chasseurs de missions structurantes, comme la formation, le permis de chasser ou encore la police de la chasse. Plus encore, il dénonce l’utilisation, par l'OFB, de l'argent des chasseurs pour financer des actions jugées hostiles à la chasse. Une critique qui traduit une rupture profonde et désormais assumée. Au-delà des prises de position, le discours esquisse une ligne politique claire : défense des chasses traditionnelles, promotion du gibier, reconquête du petit gibier. Mais une question demeure : avec quels moyens ? Entre tensions institutionnelles, contraintes réglementaires et fragilité financière, la stratégie affichée par la FNC apparaît aussi ambitieuse qu’incertaine.
Congrès 2026 de la FNC : chasseurs en colère, rupture en vue avec l’OFB
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Congrès 2026 de la FNC : chasseurs en colère, rupture en vue avec l’OFB