Lorsque la sécheresse s'installe durablement, les compagnies modifient leurs habitudes. Les sangliers recherchent en priorité les secteurs où subsistent des points d'eau : mares forestières, ruisseaux permanents, étangs, fossés humides, zones marécageuses ou parcelles irriguées. Ils fréquentent davantage les fonds de vallons, les massifs les plus ombragés ou les forêts de feuillus capables de conserver un peu de fraîcheur. Ces déplacements donnent parfois l'impression que les animaux ont quitté un territoire. Mais peut-on parler de délocalisation ? Non, car dans la majorité des cas, il s'agit plutôt d'un déplacement temporaire. Les compagnies peuvent parcourir plusieurs kilomètres pour rejoindre un secteur plus favorable.
Les études de suivi par collier GPS montrent que les sangliers adaptent très rapidement leur domaine vital aux conditions du moment, sans pour autant abandonner définitivement leur territoire d'origine. Les déplacements deviennent plus importants lorsque la sécheresse se prolonge ou lorsqu'un incendie détruit une partie de leur habitat. Les incendies constituent d'ailleurs un cas particulier. Après un feu de forêt, les animaux désertent immédiatement les zones sinistrées, privées de couvert végétal et de ressources alimentaires. Ils se replient vers les massifs voisins, parfois à plusieurs dizaines de kilomètres lorsque les surfaces brûlées sont très importantes. Toutefois, cette fuite n'est généralement pas définitive. Dès que la végétation recolonise les lieux et que les remises redeviennent accueillantes, les sangliers réinvestissent progressivement ces secteurs. La rapidité du retour dépend essentiellement de l'intensité de l'incendie et de la capacité du milieu à se régénérer. Ces mouvements estivaux pourraient-ils influencer le rut d'automne ? Ils peuvent effectivement modifier localement la répartition des animaux. Si plusieurs compagnies se concentrent autour des mêmes points d'eau, les rencontres entre groupes deviennent plus fréquentes et les mâles peuvent étendre leurs déplacements à la recherche des femelles. En revanche, à l'échelle d'une population, le rut devrait conserver son calendrier habituel. Celui-ci dépend avant tout de la physiologie des laies, de leur état corporel et de la photopériode. Si la sécheresse devait réduire durablement les ressources alimentaires, certaines jeunes femelles pourraient toutefois atteindre plus tard le poids nécessaire à leur première reproduction, ce qui décalerait légèrement les mises bas de l'année suivante. Les prochaines semaines permettront d'observer si les pluies de fin d'été suffisent à rétablir les conditions habituelles. Une chose est certaine : le sanglier possède une remarquable capacité d'adaptation. Même confronté à la chaleur, au manque d'eau ou aux incendies, il sait ajuster ses déplacements pour assurer la survie de ses marcassins, avant de retrouver, dès que les conditions le permettent, les territoires qui lui sont familiers.
Comment se portent les marcassins nés au printemps ?
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Comment se portent les marcassins nés au printemps ?