Si la quête des grands trophées a toujours occupé une place importante dans la chasse au cerf, la qualité d’un trophée résulte d’une combinaison complexe entre patrimoine génétique, âge, alimentation, état sanitaire et qualité du biotope. Les travaux réalisés sur l’île de Rhum, en Écosse, illustrent parfaitement cette réalité : l’hérédité n’expliquerait qu’environ 20 % des variations du poids des bois, tandis que l’âge et les conditions de milieu jouent un rôle déterminant.
Un même patrimoine génétique peut ainsi produire des animaux très différents lorsque les conditions environnementales changent. L’histoire des populations françaises de cerfs en fournit une bonne illustration. Une partie importante des animaux introduits provenait notamment de Chambord, et a été implantée dans des milieux très différents. Un même génotype peut donc donner naissance à des phénotypes différents, selon les ressources et les conditions offertes par le territoire. L’hérédité n’en demeure pas moins essentielle dans la forme du trophée. Certaines caractéristiques des bois semblent se retrouver régulièrement d’une génération à l’autre : forme générale en cœur, en V ou en U, longueur des surandouillers, particularités des empaumures ou encore diamètre exceptionnel des merrains. Mais déterminer précisément si ces caractères sont dominants ou récessifs reste complexe, notamment parce que le patrimoine génétique transmis par les biches intervient également. Un grand trophée n’est donc jamais uniquement une affaire de gènes. Il est le produit d’une rencontre entre l’hérédité et le territoire. Vouloir sélectionner une population de cervidés uniquement à partir de ce que nous voyons au bout des bois pourrait bien nous faire oublier ce que nous ne voyons pas : la richesse génétique qui se cache derrière chaque cerf.
Cerf : les caractères récessifs, entre hérédité et milieu
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Cerf : les caractères récessifs, entre hérédité et milieu