La Fédération nationale des chasseurs (FNC) veut faire de la venaison française une véritable filière alimentaire. L’ambition est de valoriser une ressource abondante, locale et de haute qualité, tout en réduisant la dépendance aux importations. Mais entre le gibier prélevé dans les territoires et la viande proposée aux consommateurs, le chemin reste long. Et le faible prix de la venaison complique sérieusement la mise en place d’une organisation économiquement viable.
Le paradoxe est de taille : la France dispose d’un gibier sauvage abondant, mais plus de la moitié des volumes commercialisés proviennent de l’étranger. Selon le dossier de la FNC, 17 500 tonnes de viande sans os de grand gibier français seraient disponibles chaque année, alors que seulement 7,2 % rejoindraient le marché. L’essentiel est autoconsommé ou distribué dans un cadre privé, faute de circuits de collecte, de transformation et de commercialisation suffisamment structurés. La difficulté est d’abord économique. Le prix d’achat de la venaison reste bas, alors que sa valorisation exige des investissements importants : chambres froides, véhicules réfrigérés, ateliers de découpe et établissements de traitement. Pour les collecteurs et les professionnels, l’équation est délicate. Comment financer ces équipements et rémunérer les différents maillons de la chaîne avec une matière première dont la valeur marchande demeure limitée ? Le risque est de voir les initiatives se multiplier sans parvenir à atteindre une rentabilité durable. La FNC entend pourtant faire évoluer cette situation. L’expérimentation de découpe en circuits courts, engagée à la suite de l’arrêté du 26 juin 2024, permet à des chasseurs autorisés de vendre directement des morceaux de gibier à des professionnels dans un rayon de 80 kilomètres. En Normandie, six chambres froides ont été inaugurées dans la Manche pour faciliter la collecte et l’approvisionnement des bouchers et restaurateurs. L’enjeu est d’autant plus important que la venaison possède des qualités nutritionnelles remarquables. Naturellement maigre, riche en protéines, en fer et en zinc, elle provient d’animaux vivant en milieu naturel, sans intervention humaine ni antibiotiques. Le dossier de la FNC indique une moyenne de 2,3 % de matières grasses et 22 % de protéines. Reste à convaincre les consommateurs et à rendre cette viande accessible. La marque « Gibiers de France », lancée en octobre 2025, entend garantir son origine et sa traçabilité. Le défi sera désormais de transformer cette qualité en valeur économique, pour que la venaison française trouve durablement sa place dans les assiettes.
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La chasse... demain !

- 11 octobre : Baden-Baden : la première journée, facultative, se déroulera à Baden-Baden et proposera deux rendez-vous culturels. À 11 heures, les participants pourront visiter le musée Fabergé. Cette visite étant organisée sur demande, les personnes intéressées sont invitées à en informer les organisateurs à l’avance. À 15 heures, une représentation de Casse-Noisette sera proposée. Les billets pour le ballet devront être réservés directement par les participants.
Les essences d’ombre sont installées au cœur du peuplement, tandis que le cèdre et le douglas prennent place dans les secteurs plus lumineux. À Meyriat, dans un peuplement vulnérable, neuf îlots denses de sapin de Bornmüller ont été implantés après une coupe. Cette essence, capable de pousser sous couvert et plus résistante à la sécheresse, doit contribuer à diversifier les futures générations de sapins. La technique se veut légère : travail limité du sol à Conol, déplacement des rémanents à Meyriat et maintien des cloisonnements forestiers. Les jeunes plants sont par ailleurs protégés avec du Trico, un répulsif naturel destiné à limiter les dégâts causés par les cervidés. Cette protection rappelle directement l’un des enjeux de la gestion forestière : concilier renouvellement des peuplements et présence du gibier. Cerfs et chevreuils peuvent exercer une pression importante sur les jeunes plants, particulièrement lorsque les ressources alimentaires disponibles diminuent. La réussite de ces plantations dépend donc aussi de l’équilibre entre la capacité de régénération de la forêt et les populations de grands ongulés. L’objectif de l’ONF est d’anticiper plutôt que de subir. Les peuplements concernés sont encore relativement peu touchés par le scolyte, mais leur renouvellement doit être préparé dès maintenant. De nouveaux îlots pourront être installés au gré des coupes et des ouvertures forestières. Cette démarche repose enfin sur le dialogue avec élus et ayants droit. Diversifier la forêt aujourd’hui, c’est préparer des habitats plus résilients demain, pour les arbres comme pour la faune sauvage. (Photo ONF)
La chasse de la tourterelle des bois avait été de nouveau autorisée en France en 2025, après quatre années de suspension. Sa réouverture s’inscrit dans un cadre strictement réglementé et repose sur un dispositif de gestion adaptative. Dans son ordonnance, le Conseil d’État relève que cette décision est conforme aux recommandations scientifiques formulées au niveau européen. Le groupe d’experts de la Commission européenne a notamment constaté une progression significative des effectifs de tourterelles des bois à l’échelle du couloir migratoire ouest-européen, avec une hausse globale de 46,6 % depuis 2021. La juridiction souligne également que, pour une espèce migratrice, les enjeux de conservation doivent être appréciés à l’échelle de l’ensemble de son aire de répartition, et non au seul regard de l’évolution des populations nicheuses françaises. Pour la FNC, cette décision constitue une reconnaissance importante d’une gestion des espèces fondée sur la science et les données disponibles. Ce principe consiste à observer les populations, mesurer leur évolution, adapter les prélèvements et réévaluer régulièrement les décisions, à la hausse comme à la baisse. Willy Schraen, président de la FNC, estime que cette décision « remet une nouvelle fois la science au centre du débat ». Il rappelle que la réouverture de la chasse n’a pas été décidée au hasard, mais sur la base de données scientifiques, d’une amélioration des populations et d’un quota strictement encadré. La FNC considère ainsi que lorsque les indicateurs permettent une chasse durable, une interdiction de principe ne se justifie pas.
Cette vidange est également plus marquée qu’en août 2025. Cette situation s’explique principalement par le déficit de pluie efficace observé depuis mai, auquel se sont ajoutées une sécheresse plus importante et des températures élevées depuis juin. Les pluies orageuses de l’été, parfois abondantes, ne suffisent pas à inverser la tendance : elles s’infiltrent peu dans les sols, tandis que la chaleur accentue l’évapotranspiration et les besoins en eau de la végétation. Les prélèvements destinés notamment à l’irrigation et au tourisme peuvent également accélérer localement la baisse. Les nappes à forte inertie poursuivent ainsi leur décrue dans de nombreux secteurs, notamment en Beauce, en Normandie, dans le Bassin parisien, en Lorraine, en Bresse, dans la Dombes et dans l’est lyonnais. Les nappes plus réactives connaissent elles aussi une baisse quasi généralisée. Quelques secteurs seulement se stabilisent, notamment dans le Quercy, les Cévennes, la Montagne noire ou encore l’Hérault. Pour les territoires de chasse, l’évolution des réserves souterraines constitue un indicateur à surveiller. L’eau est un élément essentiel des habitats fréquentés par le gibier, qu’il s’agisse des zones humides, des mares, des petits cours d’eau ou des secteurs où la végétation fournit alimentation et couvert. Une sécheresse prolongée peut donc modifier les conditions de vie des animaux, leur accès à l’eau et la disponibilité de certaines ressources alimentaires. Le BRGM signale toutefois quelques faibles réactions à la hausse après les dernières pluies. Elles ne permettent pas encore de parler de recharge des nappes. À l’ouverture de la saison de chasse, la question de l’eau restera donc particulièrement importante : pour les cultures comme pour les milieux naturels, le retour des pluies devra être suffisamment durable pour que les réserves souterraines puissent réellement se reconstituer.
Ces épreuves valident les capacités du chien à suivre une voie dite « froide », mais aussi l’aptitude du conducteur à interpréter les indices et à accompagner efficacement son chien sans perturber sa quête. Ces validations contribuent également à renouveler les équipes spécialisées disponibles pour retrouver les animaux blessés et ainsi limiter les souffrances du gibier.
Ses effectifs sont suivis par des comptages nocturnes et des réseaux départementaux afin d’adapter les prélèvements à la situation locale. Le lapin de garenne présente un tableau beaucoup plus préoccupant. Les maladies, notamment la myxomatose et la maladie hémorragique virale, ont fortement réduit ses populations, mais elles n’expliquent pas tout. La disparition des haies, des ronciers, des garennes et de certains habitats favorables a également réduit la capacité d’accueil des territoires. Les perdrix connaissent elles aussi des difficultés. La perdrix grise, caractéristique des grandes plaines céréalières du Centre et du Nord, reste présente, mais son succès reproducteur est régulièrement faible. La perdrix rouge, adaptée aux paysages secs, ouverts et diversifiés, affiche elle aussi, une tendance particulièrement défavorable, avec une baisse des effectifs nicheurs de 51 % sur le long terme et de 46 % sur le court terme dans les données présentées par l’OFB. À l’inverse, le faisan commun connaît une dynamique positive : ses densités françaises progressaient entre 2008 et 2018 et les suivis des oiseaux communs font apparaître des hausses de 25 % à long terme et de 16 % à court terme. Le pigeon ramier constitue le cas le plus spectaculaire, avec une progression estimée à 124 % sur le long terme et 25 % sur le court terme. Ces trajectoires contrastées montrent une réalité essentielle : il n’existe pas un seul « petit gibier français », mais des espèces dont les populations réagissent différemment aux conditions du milieu. Leur gestion ne peut donc être uniforme et doit tenir compte des réalités propres à chaque territoire...
L’objectif est de mieux documenter la circulation de la maladie chez le chien, notamment chez les animaux utilisés pour la chasse au sanglier. Plusieurs cas ont été confirmés en France en 2026. La maladie d’Aujeszky est provoquée par un herpèsvirus dont les sangliers sauvages constituent un réservoir. Les chiens peuvent être contaminés notamment lors de contacts avec un sanglier infecté, par morsure, contact avec une plaie ou ingestion de viande et d’abats crus. Chez les carnivores, l’évolution est particulièrement brutale : démangeaisons intenses, troubles nerveux, salivation et, généralement, mort en 24 à 48 heures. Cette infection présente toutefois une particularité importante : elle n’est pas transmissible à l’homme. Les chiens, eux, sont considérés comme particulièrement vulnérables et la maladie est systématiquement mortelle lorsqu’elle se déclare. Il n’existe pas de traitement curatif. Dans ce contexte, la nouvelle procédure de déclaration doit permettre de recueillir davantage d’informations sur les cas rencontrés sur le terrain et d’améliorer la connaissance de leur répartition. Elle s’adresse à l’ensemble des praticiens susceptibles de prendre en charge un chien présentant des signes compatibles avec la maladie. Pour les chasseurs, cette surveillance vient compléter les mesures de prévention déjà recommandées : éviter que les chiens mordent les sangliers, les éloigner des carcasses, ne pas leur donner de viande ou d’abats crus et nettoyer le matériel potentiellement souillé.
Le même mouvement concerne d’autres départements et des décisions portant sur des arrêtés antérieurs ont encore produit des annulations en 2026. Mais le blaireau n’est qu’un front parmi d’autres. L’ASPAS a engagé une action contre l’État concernant la gestion du renard, tandis que les associations interviennent également sur les oiseaux, les ESOD, la chasse à courre ou encore les tirs de certaines espèces. En mars dernier, cette association déposait ainsi plainte contre X à propos d’une immense bâche installée en forêt de Dreux dans le cadre d’une chasse à courre. Le plus important n’est finalement pas le nombre de procédures. C’est la constance de la stratégie. Chaque arrêté devient une occasion de recours ; chaque recours, une communication, chaque victoire, un précédent et un argument pour la bataille suivante. L’ASPAS revendique elle-même cette logique d’action juridique répétée et coordonnée avec d’autres associations. Pendant ce temps, les chasseurs donnent parfois l’impression de découvrir le combat lorsque celui-ci arrive devant leur porte. Ils savent défendre une chasse menacée, mobiliser leurs adhérents et interpeller les élus, mais leur stratégie reste souvent défensive. Les anti-chasse travaillent à transformer progressivement le rapport de force, mais les chasseurs semblent encore trop souvent travailler à empêcher qu’il change...
Les forestiers misent sur une grande diversité d’essences, adaptées aux caractéristiques des sols et aux évolutions climatiques. À l’automne 2025, une nouvelle campagne a ainsi permis de reprendre les plantations, avec 245 000 jeunes plants prévus sur 91 hectares. Au printemps 2026, le projet atteignait 918 000 arbres et arbustes plantés depuis son lancement. Les contrôles de reprise des premières plantations se révèlent particulièrement encourageants, avec un taux moyen de 93 % à cinq ans. Le pépiniériste Naudet n’est pas seulement fournisseur de plants : l’entreprise intervient également dans la plantation et le suivi des projets forestiers. Son histoire remonte à 1876 et son activité couvre aujourd’hui la production de plants, le boisement, le reboisement et l’agroforesterie. Cette expertise trouve un autre terrain d’expression à Leuglay, en Côte-d’Or. Les Pépinières Naudet y sont implantées 4, rue de Lugny, au cœur du Parc national de forêts. L’entreprise y a notamment développé un pôle agroforestier de 50 hectares, conçu entre 2019 et 2020 comme un laboratoire à ciel ouvert consacré aux interactions entre arbres, cultures, sols et biodiversité. De la création d’un nouveau massif forestier aux portes de Paris aux expérimentations conduites dans le Parc national de forêts, le fil conducteur est finalement le même : préparer aujourd’hui des forêts capables de résister aux conditions de demain. (Photo Naudet Forêt)
Pourquoi remplacer cet outil par une protection définitive, alors que les causes du déclin résident largement dans l’état des habitats, les dérangements et le changement climatique ? Le sujet n’est donc pas de défendre quelques fusils. Il est de savoir qui, demain, continuera à agir concrètement dans les massifs. Depuis des années, les fédérations de chasseurs financent et réalisent des suivis, des comptages, des études et des travaux d’habitat. Dans les Pyrénées-Atlantiques, elles ont notamment ouvert des clairières, restauré des sous-bois, planté des essences favorables et cartographié les biotopes potentiels. Dans les Pyrénées-Orientales, des opérations ont restauré des mosaïques de milieux et amélioré leur connectivité. Ces actions mobilisent des bénévoles, des moyens financiers. C’est précisément là que se trouve le risque d’une protection définitive. Il serait illusoire de croire que le seul changement de statut produira mécaniquement les biotopes dont ces oiseaux ont besoin. La protection juridique peut être nécessaire ; elle ne remplace ni l’entretien d’une forêt, ni l’ouverture d’un milieu, ni le suivi d’une population. 
Elle ne garantit pas davantage que les acteurs qui financent aujourd’hui ces opérations continueront à le faire avec la même intensité si la mobilisation du terrain disparaît. Le Conseil d’État dispose d’un précédent essentiel : sa jurisprudence sur le Grand Tétras a consacré la nécessité d’une suspension lorsque l’état de conservation l’impose, tout en laissant ouverte la possibilité d’une évolution si de nouvelles données le justifient. La gestion adaptative n’est pas un permis de chasser : c’est un engagement à ne prélever que lorsque la science le permet. Maintenir ces espèces dans le champ de cette gestion, avec des moratoires reconductibles et des quotas pouvant rester à zéro, c’est donc défendre une conservation active, mesurable et réversible. Pour le Grand Tétras comme pour le lagopède, l’enjeu n’est pas de chasser aujourd’hui. Il est de donner encore demain une chance à leurs biotopes, à leurs populations et à ceux qui les entretiennent.