Canon-Fronsac Château du Gazin

Les bécasses arrivent… Sous les feuilles mortes, une question se pose aussi

La période actuelle marque le retour progressif des bécasses des bois (Scolopax rusticola) en France. Venues notamment du nord et de l’est de l’Europe, elles rejoignent leurs quartiers d’hivernage au fil d’une migration qui se poursuit généralement jusqu’en novembre, parfois en décembre. La France constitue une étape ou une destination pour une partie de ces oiseaux. Mais derrière le spectacle discret des arrivées, se dessine une interrogation scientifique : que trouvent-elles réellement dans les sols où elles se nourrissent ? La question n’est pas théorique. En janvier 2021, l’INRAE a publié les résultats d’une étude conduite dans la zone atelier Plaine & Val de Sèvre, au sud de Niort. Les chercheurs avaient analysé 180 échantillons de sol et 155 vers de terre prélevés en 2016. Tous les sols étudiés contenaient au moins un pesticide de synthèse. Dans 83 % des échantillons, cinq substances ou davantage étaient détectées, 38 % en contenaient au moins dix. Chez le ver de terre Allolobophora chlorotica, 92 % des individus analysés présentaient des résidus, avec une moyenne de 3,5 pesticides par ver. Ces résultats soulignent l’ampleur possible de l’exposition des organismes vivant dans les sols. Ils ne signifient toutefois pas que toutes les parcelles françaises présentent les mêmes niveaux de contamination, ni que ces concentrations sont celles observées aujourd’hui. L’étude montre également que les habitats non traités ne sont pas nécessairement exempts de résidus, notamment en raison de la persistance de certaines molécules et des transferts depuis les parcelles voisines. Or, la bécasse dépend largement des lombriciens pour son alimentation. Elle quitte souvent le couvert forestier à la nuit tombée pour rechercher sa nourriture dans les prairies, les pâtures et les cultures. Le transfert de contaminants du sol vers les vers de terre, puis vers leurs prédateurs, constitue donc une voie d’exposition biologiquement plausible. Mais plausibilité ne signifie pas preuve. Les données de contamination des sols et des lombrics ne suffisent pas à démontrer que les bécasses présentent des concentrations dangereuses de pesticides, ni que ces substances affectent leur survie, leur reproduction ou leur migration. Ces effets doivent être établis par des analyses spécifiques sur les oiseaux et par des études écotoxicologiques adaptées. À l’heure où les migratrices retrouvent nos campagnes, l’enjeu est donc double : préserver les habitats qui leur permettent de se nourrir et mieux documenter la qualité de cette ressource alimentaire. La bécasse pourrait contribuer à éclairer les conséquences écologiques d’une contamination diffuse. Encore faut-il mesurer son exposition réelle, sans confondre risque potentiel et dommage démontré.

Références

- INRAE, Pelosi et al. (2021), Residues of currently used pesticides in soils and earthworms : A silent threat ?

- Office français de la biodiversité (OFB) : migration, régime alimentaire et suivi des populations.

- INRAE, persistance des résidus, éléments complémentaires sur leur présence durable.


Viande de gibier : le goût sauvage d’une cuisine authentique et responsable

Et si le meilleur de la nature s’invitait à notre table ? Du 2 au 8 novembre 2026, la Game Meat Week, ou Semaine de la viande de gibier, met à l’honneur un produit qui conjugue plaisir gastronomique, ancrage territorial et tradition cynégétique. Portée à l’échelle européenne par la Fédération européenne pour la chasse et la conservation (FACE) et ses membres, cette troisième édition entend rapprocher chasseurs, cuisiniers, défenseurs de la nature et consommateurs autour d’une même idée : le gibier mérite toute sa place dans notre alimentation. Sanglier, chevreuil, cerf ou petit gibier offrent une diversité de saveurs et de préparations qui font la richesse de nos terroirs. Rôti, mijoté, en civet ou simplement grillé selon les morceaux, le gibier permet de redécouvrir une cuisine de caractère, généreuse et profondément liée aux saisons. C’est aussi l’occasion de transmettre des recettes familiales et de valoriser le savoir-faire des artisans, restaurateurs et cuisiniers qui savent sublimer ces viandes. Au-delà du goût, la viande de gibier rappelle le lien entre la nature, les territoires ruraux et l’alimentation. Lorsqu’elle provient d’animaux sauvages prélevés dans le cadre d’une gestion encadrée, elle constitue une ressource locale qui ne nécessite pas d’élevage dédié. Sa valorisation peut également soutenir les circuits de proximité et contribuer à faire vivre les savoir-faire ruraux. Cette semaine est aussi l’occasion de mieux comprendre la chasse et son rôle dans les systèmes alimentaires durables. La FACE et ses associations membres souhaitent présenter une image plus complète des chasseurs : des femmes et des hommes attachés à la faune sauvage, aux paysages et à la transmission des traditions. En 2025, la campagne européenne avait touché environ 1,2 million de personnes. Pour cette édition 2026, recettes, quiz, photographies et initiatives locales doivent mobiliser un public toujours plus large, notamment sur les réseaux sociaux. Du terrain à l’assiette, le gibier raconte une histoire de nature, de terroir et de partage. La Game Meat Week invite chacun à la découvrir, à oser de nouvelles recettes et à célébrer une cuisine authentique, à condition de privilégier une provenance connue et de respecter les précautions sanitaires nécessaires à la préparation de la viande sauvage.


La Corse-du-Sud, un patrimoine cynégétique et un territoire majuscule !

La Corse-du-Sud a été formée par division de l’ancien département de Corse, créé en 1790. Le 1er janvier 1976, en application de la loi du 15 mai 1975, ce beau département a vu le jour. Ses limites correspondent à celles de l’ancien département du Liamone, qui exista de 1793 à 1811. Ajaccio en est la préfecture, Sartène la sous-préfecture. Sa superficie est de 4 014 km², pour une population d’environ 168 000 habitants. Ici, la mer tutoie la montagne aux sommets élevés. À noter que ce département atypique possède un taux de boisement particulièrement élevé, avec 66 % de sa surface couverte de forêts. Le maquis, avec ses arbousiers, lentisques et chênes-lièges, rencontre souvent les pinèdes. Plus on s’élève, plus les chênes, châtaigniers, eucalyptus et hêtres sont présents. L’activité agricole est importante, autour de l’élevage porcin, ovin et bovin. La vigne est également présente, avec des appellations réputées, ainsi que les productions fruitières. C’est aussi un département très touristique, avec ses plages magnifiques et ses montagnes magiques. L’activité cynégétique y est très forte, comme va nous le dévoiler le président de la FDC, Ange-Dominique Manenti. Coopté au conseil d’administration en 2001, il a été élu en 2002, puis réélu depuis. Il a succédé à une figure marquante du monde cynégétique insulaire et national, Paul-Joseph Ettori, qui a marqué la chasse et à qui il n’a manqué qu’une voix pour devenir président de la FNC. « Il n’est qu’une manière légitime de chasser, c’est avec passion. Il n’est qu’une manière honorable de chasser, c’est avec raison », rappelait-il. La FDC est propriétaire de ses vastes locaux professionnels, situés à l’entrée d’Ajaccio, et dispose d’un stand de tir à Propriano. Elle compte quatre salariés : deux administratifs et deux techniciens. À ce jour, la fédération rassemble 6 472 chasseurs, avec une faible érosion de 2,7 % sur les cinq dernières années. Cette évolution traduit une certaine stabilité globale de la pratique cynégétique en Corse-du-Sud. La légère reprise observée récemment est encourageante. La population des chasseurs reste majoritairement masculine, et la part féminine progresse...

Par Pierre Périé

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Dix ans de grippe aviaire : et si l’on faisait le point...

Depuis 2016, la France a traversé cinq grandes vagues d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP), une succession d’épisodes qui a profondément bouleversé la filière avicole et mis à rude épreuve les dispositifs sanitaires. Initialement concentrées dans les zones d’élevage de canards du Sud-Ouest, les épidémies se sont progressivement étendues à d’autres territoires, notamment au bassin avicole du Grand Ouest lors des saisons 2021-2022 et 2022-2023. Au fil des crises, les autorités ont dû multiplier les interventions pour contenir la propagation du virus, protéger les élevages et limiter les conséquences économiques. L’épisode de 2021-2022 illustre particulièrement l’ampleur du problème : les pertes directes de production ont été estimées à 170 millions d’euros, auxquelles se sont ajoutés 705 millions d’euros de pertes indirectes. Mais derrière les chiffres se trouve une réalité organisationnelle moins visible. Une étude interdisciplinaire récente, fondée sur les témoignages de douze acteurs de la lutte contre la maladie, montre que les plans d’urgence n’ont pas toujours suffi à répondre aux situations rencontrées sur le terrain. Responsables des services vétérinaires, experts de la faune sauvage, vétérinaires privés et représentants de la filière ont dû improviser, réorganiser les moyens disponibles et inventer de nouvelles formes de coopération. Les chercheurs parlent de « bricolage organisationnel » pour désigner cette capacité à adapter les ressources, les procédures et les relations professionnelles lorsque les dispositifs habituels atteignent leurs limites. La gestion de l’influenza aviaire a ainsi progressivement dépassé le seul cadre des services de l’État. Les vétérinaires privés, les éleveurs, les organisations professionnelles et les spécialistes de la faune sauvage ont pris une place croissante dans la réponse collective. Cette évolution était d’autant plus nécessaire que la filière française présente des réalités très différentes, entre élevages industriels, productions de canards, exploitations en plein air et petites structures alternatives. Une mesure adaptée à un système de production ne l’est pas nécessairement à un autre. Au fil des épisodes, une leçon s’est imposée : face à une maladie évolutive, les protocoles restent indispensables, mais leur efficacité dépend aussi des compétences humaines, des moyens disponibles et de la capacité des acteurs à travailler ensemble. Dix années d’épidémies ont ainsi révélé les fragilités du dispositif, tout en faisant émerger de nouvelles pratiques de gestion sanitaire...

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Sangliers : l’abattage intensif peut-il favoriser la propagation des maladies ?

Réduire rapidement une population de sangliers ne garantit pas nécessairement une diminution du risque sanitaire. Une étude publiée le 22 octobre 2026 dans le Journal of Applied Ecology montre que les méthodes d’abattage peuvent modifier les déplacements et les contacts entre animaux, avec des conséquences potentielles sur la propagation de maladies comme la peste porcine africaine (PPA). Ces résultats interrogent directement les stratégies de lutte mises en œuvre en Europe, même si leur transposition doit rester prudente. Au Texas, entre novembre 2022 et juin 2023, les chercheurs ont suivi par GPS 122 sangliers sauvages et comparé trois méthodes intensives : le tir aérien, le piégeage et l’utilisation expérimentale d’un appât toxique. Le piégeage et l’appâtage ont entraîné une augmentation des déplacements. Lors des opérations de piégeage, la durée des contacts entre sangliers et le nombre d’individus rencontrés ont également augmenté. À l’inverse, le tir aérien, rapide mais intensif, a provoqué peu de modifications comportementales, hormis une diminution de la vitesse de déplacement. Ces observations rejoignent une étude publiée en 2021. Le suivi de 48 sangliers en Floride et en Caroline du Sud a souligné l’importance de l’organisation sociale dans les contacts entre animaux. Les simulations associées indiquaient que les contacts indirects liés à l’appâtage pouvaient accroître d’environ 33 % le risque d’établissement de la PPA. Qu’en déduire pour l’Europe ? Le risque mérite d’être étudié, notamment dans les régions touchées par la peste porcine africaine. Les sangliers européens vivent eux aussi en groupes sociaux et leurs déplacements, leurs contacts et leurs interactions avec l’environnement peuvent influer sur la circulation d’un agent infectieux. Une perturbation qui disperse des animaux ou multiplie les contacts pourrait donc, dans certaines circonstances, contrarier les objectifs sanitaires d’une opération de régulation. Il serait toutefois excessif de conclure que le piégeage ou l’appâtage produisent nécessairement les mêmes effets en Europe. L’étude texane a été menée dans un environnement particulier et ne démontre pas directement une augmentation des foyers de maladie. Les paysages, les densités animales, les pratiques de gestion et les conditions épidémiologiques diffèrent d’un territoire à l’autre. Le recours aux appâts toxiques étudié expérimentalement ne constitue pas non plus une recommandation applicable à la gestion européenne. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) rappelle par ailleurs l’importance des carcasses infectées dans la transmission de la PPA et la nécessité de les rechercher et de les retirer. La réduction des effectifs doit donc s’inscrire dans une stratégie plus large associant surveillance, biosécurité et choix raisonné des méthodes. L’enjeu n’est pas seulement de prélever davantage, mais de limiter les occasions de transmission. Des études conduites dans les conditions européennes permettraient de déterminer quelles méthodes réduisent réellement le risque sanitaire, sans provoquer d’effets comportementaux contre-productifs.


Sécurité sanitaire : l’intelligence artificielle au cœur d’une conférence européenne à l’Anses

Les 29 et 30 octobre 2026, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) accueillera à Maisons-Alfort, près de Paris, une conférence consacrée à l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) et des données scientifiques pour surveiller les risques en matière de sécurité alimentaire, de santé animale et de santé des végétaux. Les progrès de l’IA, associés à la multiplication des données biologiques, ouvrent de nouvelles perspectives pour détecter et suivre les dangers sanitaires tout au long de la chaîne alimentaire. Les échanges porteront notamment sur les sciences qui regroupent des disciplines comme la génomique, la métagénomique, la métabolomique et la transcriptomique. Ces approches permettent d’analyser à grande échelle les caractéristiques biologiques des organismes et des systèmes vivants. La conférence abordera également l’utilisation de l’IA pour améliorer l’évaluation des risques, développer des modèles prédictifs et éclairer les décisions des autorités sanitaires. L’objectif sera de présenter les capacités réelles de ces technologies, mais aussi leurs limites et les conditions nécessaires à leur utilisation fiable. Des représentants d’organismes européens, dont l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), l’Anses, l’Institut fédéral allemand d’évaluation des risques (BfR) et le DTU Food Institute danois, ainsi que des organisations internationales et des experts universitaires, partageront leurs expériences. Les discussions intégreront les exigences du règlement européen sur l’intelligence artificielle, l’AI Act (règlement UE 2024/1689), notamment en matière de transparence, de robustesse et d’utilisation responsable des systèmes d’IA. La rencontre se déroulera le jeudi 29 octobre après-midi et le vendredi 30 octobre toute la journée. La participation sera possible en présentiel ou à distance. Toutes les interventions seront en anglais. En raison du nombre limité de places, l’accès sur site sera prioritairement réservé aux représentants des agences partenaires et à leurs invités.


Prairies naturelles : 19 propositions pour enrayer leur disparition

À l’occasion du Sommet de l’élevage, organisé du 6 au 9 octobre 2026 à Cournon-d’Auvergne, l’Office français de la biodiversité (OFB), le réseau des Conservatoires botaniques nationaux et leurs partenaires ont présenté 19 propositions pour préserver et restaurer les prairies naturelles. L’objectif : mieux reconnaître leur valeur agricole, écologique et économique, tout en donnant aux éleveurs les moyens de les maintenir. Composées principalement de plantes sauvages et préservées du labour et du réensemencement depuis plusieurs décennies, ces prairies constituent une ressource fourragère de qualité. Elles accueillent une flore diversifiée, fournissent des habitats à de nombreuses espèces et favorisent la présence de pollinisateurs et d’auxiliaires des cultures. Leur rôle s’étend également à la gestion de l’eau, grâce à une meilleure infiltration dans les sols et à la limitation du ruissellement, ainsi qu’à l’atténuation du changement climatique par le stockage du carbone. Ces bénéfices n’empêchent pas leur recul. Entre 2020 et 2024, 124 144 hectares de prairies naturelles ou semées depuis plus de cinq ans ont disparu en France. Les conversions agricoles, l’abandon de l’élevage dans certaines zones, l’artificialisation des sols, mais aussi l’intensification des pratiques et les effets du changement climatique contribuent à cette évolution. Coordonné par l’OFB dans le cadre du projet LIFE BIODIV’FRANCE, le document présenté au Sommet s’organise autour de six axes : sécuriser le foncier prairial et mieux l’intégrer à l’aménagement des territoires ; valoriser économiquement les multiples services rendus par les prairies ; créer un observatoire national et renforcer leur suivi ; accompagner les éleveurs et développer leurs compétences ; améliorer la communication auprès du public et des acteurs agricoles ; enfin, structurer les actions et leur animation à l’échelle nationale. Transmises aux ministères chargés de l’agriculture et de l’environnement, ces propositions pourraient alimenter plusieurs politiques publiques, notamment la Stratégie nationale biodiversité 2030 et le futur plan national de restauration de la nature. Leur mise en œuvre reste toutefois à concrétiser. Un séminaire national consacré aux prairies naturelles et à l’élevage herbager est prévu à Paris les 11 et 12 mars 2027. Il doit permettre aux acteurs concernés de partager les initiatives existantes et d’identifier les actions à renforcer pour préserver durablement ces milieux.


Le Sénat adopte une loi pour sécuriser le financement de l’ONF

Le Sénat a adopté, jeudi 22 octobre 2026, en première lecture, une proposition de loi visant à sécuriser le financement de l’Office national des forêts (ONF) et à clarifier sa gouvernance. Déposé par la sénatrice Anne-Catherine Loisier (Union centriste et indépendants), le texte a été approuvé par 325 voix contre 17. Cette initiative répond à une décision du Conseil constitutionnel du 10 avril 2026, qui a censuré les modalités de recouvrement de la contribution aux frais de garderie et d’administration versée par les communes forestières. Cette recette, estimée à 33 millions d’euros par an, participe au financement de la surveillance et de la gestion des forêts soumises au régime forestier. Une nouvelle base légale doit être établie avant le 31 décembre 2026 pour éviter une interruption de ce financement. Le texte sécurise également le recouvrement de la contribution additionnelle de deux euros par hectare. La proposition de loi entend aussi apaiser les relations entre l’ONF et les collectivités forestières. Jusqu’à présent, le calcul de la contribution pouvait intégrer des revenus provenant d’activités sans lien direct avec la gestion forestière. Le Sénat a donc voté l’exclusion de plusieurs recettes : celles issues des carrières, des installations photovoltaïques et des infrastructures de transport ou de distribution de gaz et d’électricité. Cette modification réduirait les recettes de l’ONF d’environ 4,5 millions d’euros par an. Elle vise toutefois à rendre la contribution plus acceptable pour les communes, en limitant son assiette aux revenus jugés pertinents au regard des missions de l’établissement. Le second volet concerne la gouvernance de l’Office. Depuis 2023, les salariés de droit privé sont majoritaires au sein de l’établissement. Cette situation aurait pu entraîner, lors du renouvellement du conseil d’administration prévu en décembre 2027, l’application de la loi de 1983 sur la démocratisation du secteur public, avec un élargissement important de l’instance. Le texte adopté par le Sénat prévoit d’écarter l’ONF de ce dispositif afin de préserver son organisation actuelle. Son conseil d’administration restera composé de 30 membres, représentant notamment l’État, les collectivités territoriales, le personnel et la filière forêt-bois. Adoptée en première lecture, la proposition de loi doit encore poursuivre son parcours parlementaire avant de pouvoir entrer en vigueur.


L’ANEM renouvelle son exécutif pour le mandat 2026-2028

Réunie à Gex, dans l’Ain, à l’occasion de son 42e congrès, l’Association nationale des élus de la montagne (ANEM) a renouvelé son comité directeur et élu un nouvel exécutif pour la période 2026-2028. Le trio dirigeant rassemble désormais Frédérique Espagnac, sénatrice des Pyrénées-Atlantiques, à la présidence, Xavier Roseren, député de la Haute-Savoie, au secrétariat général, et Justine Gruet, députée du Jura, à la vice-présidence. Les travaux du congrès, qui a réuni plus de 500 participants les 15 et 16 octobre, ont notamment abouti à l’adoption unanime du « Manifeste des élus de la montagne 2027-2032 ». À l’approche de l’élection présidentielle, l’association entend interpeller les candidats sur la prise en compte des spécificités montagnardes dans les politiques publiques. Elle insiste notamment sur les surcoûts liés à l’aménagement, les contraintes géographiques et climatiques, le maintien des services publics et l’adaptation des dotations aux collectivités. L’ANEM rappelle également le rôle de ces territoires dans la préservation de la biodiversité, la gestion de la ressource en eau, le tourisme durable et le maintien des activités agricoles et rurales. Elle attend des candidats des engagements concrets afin de construire un pacte renouvelé entre l’État et les territoires de montagne.

Trois parlementaires à la tête de l’association (de gauche à droite)

- Justine Gruet, députée du Jura, a été élue en 2022, puis réélue en 2024. Masseur-kinésithérapeute de profession, elles siège au groupe Droite républicaine et est membre de la commission des affaires sociales.

- Frédérique Espagnac, sénatrice des Pyrénées-Atlantiques, est élue au Sénat depuis 2011 et réélue en 2023. Membre du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain, elle exerce notamment des responsabilités au sein de la commission des finances.

- Xavier Roseren, député de la Haute-Savoie, est élu à l’Assemblée nationale depuis 2017. Commerçant de formation professionnelle, il siège au sein du groupe Horizons et s’intéresse notamment au développement durable, à l’aménagement du territoire et aux enjeux montagnards.


Maladies animales : la WOAH appelle à renforcer la surveillance face à l’expansion des vecteurs

L’Organisation mondiale de la santé animale (WOAH), anciennement appelée Office international des épizooties (OIE), alerte sur la progression et l’évolution géographique de plusieurs maladies animales transmises par des vecteurs. Elle appelle ses membres à renforcer la surveillance, les capacités de diagnostic et les dispositifs d’alerte précoce, dans un contexte marqué notamment par le changement climatique. Les vecteurs sont des organismes vivants, principalement des insectes comme les moustiques, les tiques ou les mouches, capables de transmettre des agents pathogènes entre animaux ou vers l’être humain. Selon les données du système mondial d’information sur la santé animale (WAHIS), les événements épidémiologiques signalés ont nettement augmenté depuis 2023 pour plusieurs maladies. La fièvre catarrhale ovine, ou maladie de la langue bleue, représente une part importante de cette hausse. Le nombre moyen d’événements exceptionnels notifiés est passé de 9,1 par an entre 2015 et 2022 à 38 par an entre 2023 et 2025, notamment en raison de l’expansion du sérotype BTV-3 en Europe du Nord-Ouest à partir de l’automne 2023. Les signalements de fièvre du Nil occidental ont également progressé, passant de huit événements annuels en moyenne à 55. Par ailleurs, la dermatose nodulaire contagieuse a étendu son aire géographique de l’Afrique vers le Moyen-Orient, l’Europe et l’Asie. La WOAH souligne que ces chiffres reflètent les événements déclarés et ne mesurent pas directement l’évolution réelle de l’incidence. L’intensification de la surveillance et l’amélioration des capacités diagnostiques peuvent aussi expliquer une partie de la hausse observée. Le changement climatique contribue toutefois à modifier la répartition des vecteurs. La hausse des températures, l’évolution des précipitations et les changements d’utilisation des terres peuvent prolonger leur période d’activité et favoriser leur implantation dans des régions auparavant moins exposées. Les mouvements d’animaux, le commerce et les perturbations écologiques participent également à ces évolutions. Pour anticiper les risques, l’organisation préconise une approche intégrée dite « Une seule santé », associant services vétérinaires, santé publique et acteurs de l’environnement. Elle recommande notamment d’améliorer la surveillance des vecteurs, de renforcer les laboratoires, de signaler rapidement les foyers et de déployer des mesures de lutte adaptées, dont la vaccination lorsqu’elle est disponible. La WOAH soutient également des outils d’alerte précoce, comme le projet PROVNA en Afrique du Nord, qui combine données climatiques, observations satellitaires et informations sanitaires pour repérer les zones favorables à la transmission. L’objectif est de passer d’une réponse aux épidémies à une prévention anticipée, essentielle pour protéger la santé animale, la biodiversité et la sécurité alimentaire.


Forêts françaises : la mortalité des arbres augmente malgré des sols capables de retenir l’eau

L’édition 2026 de l’Inventaire forestier national, publiée le 7 octobre par l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), met en évidence une forte progression de la mortalité des arbres en France. Entre les périodes 2005-2013 et 2016-2024, celle-ci a été multipliée par 2,5. Les résultats ne prennent pas en compte les effets de la sécheresse de 2026. Les essences ne sont pas toutes touchées de la même manière. L’épicéa, le châtaignier et le frêne figurent parmi les arbres les plus affectés, tandis que le douglas, le pin maritime et le chêne vert sont relativement épargnés. Le Nord-Est de la France apparaît comme la région la plus touchée par cette mortalité. L’inventaire souligne également un phénomène moins attendu : les forêts implantées sur des sols capables de retenir d’importantes quantités d’eau ont connu une hausse plus forte de la mortalité. Entre les deux périodes étudiées, celle-ci a triplé sur les sols présentant un réservoir utile supérieur à 110 millimètres, contre un doublement sur les sols dont le réservoir est inférieur à 30 millimètres. Cette différence s’explique notamment par les essences présentes. Selon l’IGN, les forêts installées sur des sols disposant de bonnes réserves hydriques sont souvent constituées d’espèces moins adaptées au manque d’eau. Elles ont donc pu davantage souffrir des sécheresses récentes. Le réservoir utile du sol reste pourtant un facteur important pour la croissance forestière. La production biologique moyenne atteint 6,1 m³ par hectare et par an sur les sols dont le réservoir dépasse 110 millimètres, contre 2,9 m³ sur ceux où il est inférieur à 30 millimètres. Mais si les précipitations deviennent insuffisantes, ces réserves ne se reconstituent plus et les arbres peuvent subir un stress hydrique, ralentir leur croissance ou dépérir. La répétition des sécheresses et des fortes températures affaiblit également les arbres et les rend plus vulnérables aux ravageurs, notamment aux scolytes, ainsi qu’aux maladies fongiques. Ces résultats soulignent l’importance du choix des essences dans l’adaptation des forêts au changement climatique. La capacité d’un sol à retenir l’eau ne suffit pas à garantir la résistance des arbres si les espèces qui y poussent ne sont pas adaptées aux conditions climatiques futures.