Vernoil le Fourrier

Fontainebleau : quand une intervention pour abréger les souffrances devient… une « reprise de la chasse »

Une biche et un daguet gravement brûlés après les incendies de juillet ont été abattus jeudi 6 août au niveau du Grand Parquet, en bordure de la forêt de Fontainebleau. Il n'en fallait pas davantage pour qu'une rumeur se répande : la chasse aurait-elle repris dans le massif ? La réponse de la préfecture de Seine-et-Marne est catégorique : non. Aucun chasseur n'était présent et aucune action cynégétique n'avait été programmée. L'intervention a été réalisée par un lieutenant de louveterie, à la demande de la Direction départementale des territoires et après consultation de l'Office français de la biodiversité. Son objectif était exclusivement sanitaire : mettre fin aux souffrances de deux animaux considérés comme agonisants. Pourtant, l'opération a suscité l'indignation de plusieurs associations de protection animale, certaines dénonçant une décision « incompréhensible » ou « choquante ». Une réaction qui interroge sur la manière dont certains défenseurs de la faune envisagent désormais la nature sauvage, car protéger un animal ne signifie pas nécessairement chercher à le maintenir en vie à tout prix. Un cerf gravement brûlé n'est pas un animal domestique que l'on peut transporter chez un vétérinaire, installer sur une table de soins, perfuser, panser et surveiller pendant plusieurs semaines. La faune sauvage ne dispose ni d'une infrastructure vétérinaire adaptée à chaque situation, ni des conditions permettant une longue convalescence. Un animal sauvage très gravement atteint peut être incapable de se nourrir, de se déplacer normalement ou d'échapper aux prédateurs. Ses blessures peuvent également provoquer des douleurs considérables et irréversibles. Dans ces circonstances, abréger les souffrances peut constituer non pas un abandon de l'animal, mais précisément un acte de protection. Le plus surprenant dans cette affaire reste finalement la confusion initiale. Une intervention sanitaire ciblée d'un auxiliaire de l'État a été interprétée comme une reprise de la chasse, avant que la préfecture ne soit obligée de démentir publiquement. Après les incendies, l'émotion est légitime. Mais elle ne devrait pas remplacer l'analyse. La faune sauvage mérite mieux que des réactions dictées par l'image d'un animal blessé : elle mérite que l'on décide aussi en fonction de sa biologie, de son état réel et de ses chances de survie. Et parfois, respecter la vie sauvage, c'est aussi savoir reconnaître qu'il n'y a malheureusement plus rien à sauver.


Vente de chiens en animalerie : des sanctions financières désormais applicables

Le Gouvernement renforce l'application de la loi sur le bien-être animal. Un décret publié le 1er août 2026 instaure des sanctions financières à l'encontre des animaleries qui ne respecteraient pas l'interdiction de vendre des chiens et des chats dans leurs établissements. Ces nouvelles dispositions sont entrées en vigueur le 2 août 2026. Pour mémoire, la loi du 30 novembre 2021 interdit, depuis le 1er janvier 2024, la vente de chiens et de chats en animalerie. Elle proscrit également, depuis le 1er décembre 2021, la présentation d'animaux visibles depuis la voie publique, quelle que soit l'espèce concernée. Ces mesures visent à lutter contre les achats impulsifs d'animaux de compagnie, souvent réalisés sans réflexion suffisante sur les responsabilités qu'implique leur détention. Jusqu'à présent, ces interdictions ne s'accompagnaient toutefois d'aucune sanction spécifique. Le nouveau décret vient combler ce vide juridique. Désormais, toute animalerie qui commercialiserait un chien ou un chat s'expose à une contravention de cinquième classe, pouvant atteindre 1 500 euros par animal, montant porté à 3 000 euros en cas de récidive. La présentation d'animaux visibles depuis une voie ouverte à la circulation publique est, quant à elle, passible d'une contravention de quatrième classe, pouvant atteindre 750 euros par animal. Pour le ministère de l'Agriculture, ce dispositif s'inscrit dans une politique plus globale de protection des animaux de compagnie et de lutte contre les abandons. L'objectif est de favoriser une adoption réfléchie. La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a salué l'entrée en vigueur de ces sanctions, rappelant que l'acquisition d'un animal ne doit jamais être un acte anodin mais un engagement durable envers son bien-être. Avec ce décret, les autorités disposent désormais d'un outil de contrôle et de sanction destiné à garantir le respect effectif de la réglementation.


La semaine en bref...

- Alpes de Haute-Provence : depuis plus de quinze ans, l'ONF et le Groupe pour la préservation de la faune sud-alpine (GPFSA) travaillent de concert afin de concilier exploitation durable des forêts publiques et préservation des rapaces. Une vingtaine d'agents de l'ONF se sont retrouvés à Digne-les-Bains pour une journée de formation consacrée aux rapaces forestiers. Animée par les spécialistes du GPFSA et les référents rapaces de l'ONF, cette session a permis d'approfondir les connaissances sur les principales espèces présentes dans les Alpes du Sud, leurs habitats, les périodes de reproduction, les indices de présence et les règles de protection applicables. Le partenariat repose sur un important travail de suivi des populations. Le GPFSA centralise les observations réalisées sur le territoire, tandis que les agents forestiers, présents quotidiennement en forêt, signalent les indices pouvant révéler la présence de nids. Ces données permettent d'anticiper les interventions forestières et d'adapter les chantiers lorsque des secteurs sensibles sont concernés. Les Alpes-de-Haute-Provence accueillent près de 250 couples nicheurs de circaètes Jean-le-Blanc, soit environ 10 % de la population française de cette espèce protégée. (Photo Céline Bernard, ONF).

 

- Ardennes : symbole emblématique des Ardennes, Woinic, le plus grand sanglier du monde, a célébré son 18e anniversaire ce samedi 8 août, sur l'aire d'autoroute de l'A34 où il est installé depuis le 8 août 2008. Pour l'occasion, l'association Capteur organisait une journée festive. Comme chaque année, le marché du terroir a réuni une quarantaine de producteurs et artisans locaux proposant bières artisanales, miel, charcuteries, cidres, pâtisseries, bijoux et de nombreux produits estampillés « Ardennes mon ADN ». L'événement mettait avant tout à l'honneur le savoir-faire ardennais. Les visiteurs ont aussi profité de nombreuses animations : château gonflable pour les enfants, concerts des groupes Sunday Jazz et Four to One, ainsi que la projection en continu du film Le Voyage de Woinic, qui retrace le spectaculaire transport de la sculpture monumentale jusqu'à son emplacement actuel. Imaginé par le sculpteur Éric Sléziak, Woinic mesure plus de 8 mètres de haut, près de 14 mètres de long et pèse environ 50 tonnes. Au fil des années, son anniversaire est devenu un rendez-vous incontournable de l'été ardennais, attirant aussi bien les habitants que les nombreux voyageurs de passage. Les organisateurs préparent déjà les festivités du 20? anniversaire, qu'ils annoncent encore plus spectaculaires.

 

- Bouches du Rhône : la découverte de plusieurs lapins de garenne morts au Domaine de la Tour, à La Ciotat, suscite l'inquiétude des promeneurs. Si certains évoquent les effets des fortes chaleurs qui frappent la région depuis la fin du printemps, aucune cause officielle n'a, à ce jour, été établie. Dans une colonie aussi dense, plusieurs facteurs peuvent expliquer une hausse de la mortalité. Les épisodes caniculaires répétés fragilisent incontestablement les animaux en provoquant un stress thermique et en raréfiant les ressources alimentaires et les points d'eau. Toutefois, les spécialistes rappellent que les principales causes de mortalité chez le lapin de garenne restent les maladies virales, notamment la myxomatose et l'EBHS, dont la circulation est étroitement liée à celle de leurs vecteurs biologiques. La myxomatose est principalement transmise par les moustiques, les puces et d'autres insectes piqueurs, tandis que ces mêmes vecteurs jouent également un rôle important dans la diffusion de l'EBHS. Les épisodes de contamination suivent donc généralement la dynamique saisonnière des populations de moustiques et de puces, favorisées par les conditions climatiques. En l'absence d'analyses sanitaires, il est donc impossible d'attribuer cette mortalité à la seule sécheresse. Seules des investigations permettront de déterminer s'il s'agit d'un épisode lié aux fortes chaleurs, d'une épizootie ou d'une combinaison de plusieurs facteurs...

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Les rivières à sec : qui assumera enfin ses responsabilités ?

Les images sont accablantes. Des rivières réduites à un filet d'eau, des lits de galets brûlés par le soleil, des poissons agonisants, des amphibiens piégés dans quelques flaques boueuses. Ce qui devait arriver est arrivé, et bien plus tôt que prévu. Pourtant, ceux qui, depuis des années, ont applaudi la destruction de milliers d'ouvrages hydrauliques au nom de la sacro-sainte « continuité écologique » restent étrangement silencieux. Pas un mot. Pas un mea culpa. Pas la moindre remise en question. Pendant des décennies, des seuils, moulins, chaussées et retenues ont constitué autant de réserves d'eau réparties sur les territoires. Ils ralentissaient les écoulements, maintenaient des niveaux d'eau en période sèche, et contribuaient à préserver une partie des milieux aquatiques. Mais au nom d'une vision idéologique de la restauration des cours d'eau, nombre de ces ouvrages ont été arasés ou supprimés avec l'aval de l'administration et sous la pression de certaines associations. Aujourd'hui, où sont les responsables ? Où sont ceux qui expliquaient que supprimer ces retenues ne produirait que des bénéfices ? Où sont les grandes leçons de morale environnementale ? En mars dernier encore, les spécialistes annonçaient des nappes phréatiques globalement bien rechargées après l'hiver. Trois mois plus tard, les restrictions d'eau se multiplient, les cours d'eau disparaissent par endroits et les milieux aquatiques souffrent comme rarement auparavant. Cette évolution résulte évidemment de multiples facteurs, au premier rang desquels les épisodes de chaleur et le déficit de précipitations. Mais comment ne pas s'interroger sur les choix d'aménagement qui ont conduit, dans certains territoires, à accélérer l'évacuation de l'eau plutôt qu'à la retenir lorsqu'elle était disponible ? Poser cette question n'est pas un crime. Refuser d'y répondre serait une faute. Les premiers à payer le prix de ces politiques sont précisément les espèces que l'on prétendait protéger. Les amphibiens, les poissons et toute la petite faune aquatique ne vivent pas de slogans. Ils ont besoin d'eau. Lorsque les ruisseaux disparaissent dès le début de l'été, ce sont des écosystèmes entiers qui s'effondrent. L'écologie ne peut plus être une religion qui interdit toute autocritique. Une politique publique se juge à ses résultats, pas à ses intentions. Si certaines décisions ont aggravé la vulnérabilité de nos territoires face aux sécheresses, il faut avoir le courage de les réévaluer. Gouverner, ce n'est pas persister dans l'erreur ; c'est savoir reconnaître ses responsabilités. Les Français méritent mieux que le silence. Ils méritent un véritable débat sur la gestion de l'eau, fondé sur les faits, l'expérience de terrain et le bon sens, plutôt que sur des certitudes idéologiques. Car face à des rivières qui meurent, continuer à chercher des coupables partout sauf dans ses propres choix serait, cette fois, la plus grave des sécheresses : celle de la responsabilité.


Moratoire sur la chasse après les incendies : Gérard Aubret dénonce une « connerie »

Les incendies qui ont ravagé plusieurs massifs forestiers cet été continuent de susciter de vives réactions. Profondément marqué par ces catastrophes, le Cantalien Bruno Valentin a lancé, le 14 juillet dernier, une pétition demandant l'instauration d'un moratoire de trois ans sur toute forme de chasse dans les forêts incendiées et leurs abords. À l'origine de cette initiative, il explique avoir été bouleversé par les destructions causées à la faune, à la flore et par le décès de plusieurs sapeurs-pompiers. « Je suis un particulier qui a été choqué par les incendies, choqué par les décès de pompiers. Tout cela m'a poussé à aller plus loin », explique-t-il. En parallèle de cette pétition, qui a recueilli un important soutien, il a également adressé un courrier au Premier ministre et au Président de la République afin qu'un texte rende obligatoire l'arrêt de la chasse dans les secteurs touchés par les flammes. Cette proposition ne convainc cependant pas les représentants du monde cynégétique. Gérard Aubret, président de la Fédération régionale des chasseurs d'Auvergne-Rhône-Alpes, rejette catégoriquement l'idée d'un moratoire imposé par les pouvoirs publics. « Cette pétition est une connerie », tranche-t-il sans détour. Pour lui, les chasseurs n'ont pas attendu une mobilisation citoyenne pour adapter leurs pratiques aux circonstances exceptionnelles. « On n'a besoin de personne pour décider de nos jours de chasse ou de nos interdictions. Nous sommes suffisamment responsables pour le faire nous-mêmes. Depuis toujours, nos plans de gestion nous permettent d'adapter notre activité. S'il y a un risque ou si les conditions ne s'y prêtent pas, nous ne chassons pas ». Il rappelle également que les chasseurs ont été mobilisés durant les incendies pour épauler les services de secours. « Pendant les feux, les chasseurs étaient présents pour aider les pompiers. À chaque épisode climatique majeur, certains réclament de nouvelles interdictions. Pourtant, les décisions sont déjà prises sur le terrain par ceux qui connaissent les territoires. Les chasseurs sont maîtres des destinées de leur chasse et savent faire preuve de responsabilité lorsqu'une situation exceptionnelle l'exige.... ».


Gilet de protection pour chien : choisir le bon modèle

Face aux sangliers, le courage d'un chien ne suffit pas toujours. Les défenses d'un quartanier peuvent provoquer en une fraction de seconde des blessures gravissimes, parfois mortelles. Au fil des années, le gilet de protection s'est donc imposé comme un équipement incontournable pour de nombreux conducteurs de chiens courants, encore faut-il choisir un modèle réellement adapté. Car un gilet mal conçu ou mal ajusté peut nuire aux performances du chien, voire mettre sa santé en danger. La première qualité d'un bon gilet réside dans son équilibre entre protection et confort. Il doit être suffisamment résistant pour limiter les risques de perforation tout en restant léger afin de ne pas fatiguer inutilement l'animal. Les matériaux multicouches, les fibres techniques anti-perforation et les coutures renforcées offrent aujourd'hui un excellent niveau de sécurité sans atteindre les poids des premières générations de gilets. Le choix de la taille est tout aussi important. Un gilet trop grand tourne autour du corps, expose certaines zones et provoque des frottements sous les aisselles. À l'inverse, un modèle trop serré limite les mouvements des épaules, réduit l'amplitude de la foulée et gêne la respiration lors des efforts prolongés. Le chien doit pouvoir courir, sauter, franchir des obstacles et se coucher sans ressentir de contrainte. La ventilation est un autre critère souvent sous-estimé. Le chien ne transpire pas comme l'homme et évacue essentiellement sa chaleur en haletant. Un gilet épais, peu respirant ou gorgé d'eau favorise l'accumulation de chaleur. En début de saison, lorsque les températures restent élevées, cela peut entraîner une fatigue précoce, une baisse des performances, voire un coup de chaleur, particulièrement chez les chiens les plus ardents. Il faut également se méfier des modèles uniquement choisis pour leur prix. Une fermeture fragile, des coutures de mauvaise qualité ou un tissu qui s'alourdit sous la pluie peuvent rapidement transformer un équipement de sécurité en véritable handicap. Enfin, un gilet demande un entretien régulier. Après chaque sortie, il convient de vérifier les déchirures, l'état des coutures et des sangles, puis de le nettoyer afin d'éliminer la boue et les végétaux qui accélèrent son usure. Le meilleur gilet n'est donc pas celui qui offre le plus de couches de protection, mais celui qui permet au chien de travailler librement tout en protégeant efficacement ses organes vitaux. Comme souvent en matière d'équipement cynégétique, la sécurité passe avant tout par le bon compromis.


Les écolos à la peine : la LPO face à ses contradictions

Invité de RMC vendredi dernier, Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), s'est vivement insurgé contre les critiques formulées à l'encontre des associations de protection de la nature après les incendies qui ont ravagé plusieurs massifs forestiers. Selon lui, il serait « indécent » de rendre ces organisations responsables des difficultés rencontrées sur le terrain pour débroussailler et prévenir la propagation des flammes. Une défense qui peut s'entendre, mais qui résiste mal à l'examen de ses propres arguments. Le président de la LPO affirme ainsi que son association a « toujours été favorable » à l'Obligation légale de débroussaillement (OLD). Pourtant, quelques mois plus tôt, la LPO se félicitait de la décision du Conseil d'État du 6 février 2026 imposant, dans certains cas, une dérogation lorsqu'un débroussaillement est susceptible d'affecter des espèces protégées. Voilà toute l'ambiguïté du discours. D'un côté, le débroussaillement est présenté comme indispensable ; de l'autre, l'association soutient des procédures administratives supplémentaires qui peuvent en ralentir ou en compliquer la mise en œuvre. Certes, ces deux positions ne sont pas juridiquement incompatibles, mais elles traduisent une hiérarchie des priorités qui interroge lorsque la prévention des incendies devient un enjeu de sécurité publique. Allain Bougrain-Dubourg assure également que les dérogations sont obtenues « immédiatement ». L'affirmation est difficile à vérifier et ne répond pas au problème de fond. Même rapide, une dérogation suppose un dossier, une instruction administrative, une prise de responsabilité et une incertitude juridique. Pour un maire, un propriétaire forestier ou une collectivité, cette simple perspective peut suffire à retarder, voire à renoncer à certains travaux. Le débat ne porte donc pas sur le principe du débroussaillement, que personne ne conteste réellement, mais sur les conditions dans lesquelles il peut être réalisé et sur l'empilement de règles qui finissent par décourager ceux qui souhaitent agir...

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La vraie nature n'est pas celle des réseaux sociaux

À chaque grand incendie de forêt, le même scénario se répète. Avant même que les flammes ne soient éteintes, certains militants écologistes prêtent aux animaux sauvages des raisonnements, des émotions et des comportements calqués sur ceux des humains. Les réseaux sociaux se remplissent alors de commentaires affirmant que les animaux « ont perdu leur maison », qu'ils sont « sans toit », « sans nourriture », qu'ils « ne savent plus où aller » ou encore qu'ils « attendent de pouvoir rentrer chez eux ». À force d'anthropomorphisme, le débat finit par sombrer dans le ridicule. La nature ne fonctionne pas selon les codes de notre société. Un chevreuil ne possède pas une maison comme un humain possède son logement. Un sanglier ne signe pas un bail et ne rêve pas de retrouver son salon après une catastrophe. Les animaux exploitent un territoire tant qu'il leur procure sécurité, nourriture et tranquillité. Lorsque ces conditions disparaissent, ils s'adaptent, explorent et rejoignent d'autres secteurs favorables. Cette capacité d'adaptation constitue précisément l'un des fondements de la survie des espèces sauvages. Cela ne signifie évidemment pas que les incendies sont sans conséquences. La petite faune, les reptiles, les amphibiens, les insectes ou les jeunes animaux incapables de fuir paient un lourd tribut. Les pertes peuvent être importantes et méritent toute l'attention des gestionnaires d'espaces naturels. En revanche, les grands mammifères disposent généralement de capacités de déplacement qui leur permettent d'échapper aux flammes dès les premiers signes du danger. Une question mérite d'ailleurs d'être posée : combien de cadavres de cerfs, de chevreuils ou de sangliers sont réellement retrouvés après les grands incendies ? Ils existent parfois, mais ils restent sans commune mesure avec les images catastrophistes laissant croire que toute la grande faune aurait péri dans les flammes. Vouloir absolument interpréter chaque réaction animale avec des sentiments humains conduit à une vision déformée du fonctionnement des écosystèmes. La faune sauvage évolue dans un environnement où les perturbations – incendies, tempêtes, crues ou sécheresses – font partie de l'histoire naturelle depuis toujours. Les espèces qui subsistent sont justement celles qui savent s'adapter. Finalement, les animaux nous donnent même une leçon de réalisme. Quand des sangliers ou des cervidés passent plusieurs mois dans des cultures agricoles, ils ne « pleurent » pas lorsque vient le temps de la récolte. Ils perdent un couvert qui leur était favorable, puis en recherchent rapidement un autre. La nature est faite de changements permanents. La véritable naïveté n'est donc pas du côté des animaux, mais bien de ceux qui persistent à leur prêter nos propres états d'âme.