Réduire rapidement une population de sangliers ne garantit pas nécessairement une diminution du risque sanitaire. Une étude publiée le 22 octobre 2026 dans le Journal of Applied Ecology montre que les méthodes d’abattage peuvent modifier les déplacements et les contacts entre animaux, avec des conséquences potentielles sur la propagation de maladies comme la peste porcine africaine (PPA). Ces résultats interrogent directement les stratégies de lutte mises en œuvre en Europe, même si leur transposition doit rester prudente. Au Texas, entre novembre 2022 et juin 2023, les chercheurs ont suivi par GPS 122 sangliers sauvages et comparé trois méthodes intensives : le tir aérien, le piégeage et l’utilisation expérimentale d’un appât toxique.
Le piégeage et l’appâtage ont entraîné une augmentation des déplacements. Lors des opérations de piégeage, la durée des contacts entre sangliers et le nombre d’individus rencontrés ont également augmenté. À l’inverse, le tir aérien, rapide mais intensif, a provoqué peu de modifications comportementales, hormis une diminution de la vitesse de déplacement. Ces observations rejoignent une étude publiée en 2021. Le suivi de 48 sangliers en Floride et en Caroline du Sud a souligné l’importance de l’organisation sociale dans les contacts entre animaux. Les simulations associées indiquaient que les contacts indirects liés à l’appâtage pouvaient accroître d’environ 33 % le risque d’établissement de la PPA.
Qu’en déduire pour l’Europe ? Le risque mérite d’être étudié, notamment dans les régions touchées par la peste porcine africaine. Les sangliers européens vivent eux aussi en groupes sociaux et leurs déplacements, leurs contacts et leurs interactions avec l’environnement peuvent influer sur la circulation d’un agent infectieux. Une perturbation qui disperse des animaux ou multiplie les contacts pourrait donc, dans certaines circonstances, contrarier les objectifs sanitaires d’une opération de régulation. Il serait toutefois excessif de conclure que le piégeage ou l’appâtage produisent nécessairement les mêmes effets en Europe. L’étude texane a été menée dans un environnement particulier et ne démontre pas directement une augmentation des foyers de maladie. Les paysages, les densités animales, les pratiques de gestion et les conditions épidémiologiques diffèrent d’un territoire à l’autre. Le recours aux appâts toxiques étudié expérimentalement ne constitue pas non plus une recommandation applicable à la gestion européenne. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) rappelle par ailleurs l’importance des carcasses infectées dans la transmission de la PPA et la nécessité de les rechercher et de les retirer. La réduction des effectifs doit donc s’inscrire dans une stratégie plus large associant surveillance, biosécurité et choix raisonné des méthodes. L’enjeu n’est pas seulement de prélever davantage, mais de limiter les occasions de transmission. Des études conduites dans les conditions européennes permettraient de déterminer quelles méthodes réduisent réellement le risque sanitaire, sans provoquer d’effets comportementaux contre-productifs.
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La chasse... demain !

Ces approches permettent d’analyser à grande échelle les caractéristiques biologiques des organismes et des systèmes vivants. La conférence abordera également l’utilisation de l’IA pour améliorer l’évaluation des risques, développer des modèles prédictifs et éclairer les décisions des autorités sanitaires. L’objectif sera de présenter les capacités réelles de ces technologies, mais aussi leurs limites et les conditions nécessaires à leur utilisation fiable. Des représentants d’organismes européens, dont l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), l’Anses, l’Institut fédéral allemand d’évaluation des risques (BfR) et le DTU Food Institute danois, ainsi que des organisations internationales et des experts universitaires, partageront leurs expériences. Les discussions intégreront les exigences du règlement européen sur l’intelligence artificielle, l’AI Act (règlement UE 2024/1689), notamment en matière de transparence, de robustesse et d’utilisation responsable des systèmes d’IA. La rencontre se déroulera le jeudi 29 octobre après-midi et le vendredi 30 octobre toute la journée. La participation sera possible en présentiel ou à distance. Toutes les interventions seront en anglais. En raison du nombre limité de places, l’accès sur site sera prioritairement réservé aux représentants des agences partenaires et à leurs invités.
Leur rôle s’étend également à la gestion de l’eau, grâce à une meilleure infiltration dans les sols et à la limitation du ruissellement, ainsi qu’à l’atténuation du changement climatique par le stockage du carbone. Ces bénéfices n’empêchent pas leur recul. Entre 2020 et 2024, 124 144 hectares de prairies naturelles ou semées depuis plus de cinq ans ont disparu en France. Les conversions agricoles, l’abandon de l’élevage dans certaines zones, l’artificialisation des sols, mais aussi l’intensification des pratiques et les effets du changement climatique contribuent à cette évolution. Coordonné par l’OFB dans le cadre du projet LIFE BIODIV’FRANCE, le document présenté au Sommet s’organise autour de six axes : sécuriser le foncier prairial et mieux l’intégrer à l’aménagement des territoires ; valoriser économiquement les multiples services rendus par les prairies ; créer un observatoire national et renforcer leur suivi ; accompagner les éleveurs et développer leurs compétences ; améliorer la communication auprès du public et des acteurs agricoles ; enfin, structurer les actions et leur animation à l’échelle nationale. Transmises aux ministères chargés de l’agriculture et de l’environnement, ces propositions pourraient alimenter plusieurs politiques publiques, notamment la Stratégie nationale biodiversité 2030 et le futur plan national de restauration de la nature. Leur mise en œuvre reste toutefois à concrétiser. Un séminaire national consacré aux prairies naturelles et à l’élevage herbager est prévu à Paris les 11 et 12 mars 2027. Il doit permettre aux acteurs concernés de partager les initiatives existantes et d’identifier les actions à renforcer pour préserver durablement ces milieux.
Une nouvelle base légale doit être établie avant le 31 décembre 2026 pour éviter une interruption de ce financement. Le texte sécurise également le recouvrement de la contribution additionnelle de deux euros par hectare. La proposition de loi entend aussi apaiser les relations entre l’ONF et les collectivités forestières. Jusqu’à présent, le calcul de la contribution pouvait intégrer des revenus provenant d’activités sans lien direct avec la gestion forestière. Le Sénat a donc voté l’exclusion de plusieurs recettes : celles issues des carrières, des installations photovoltaïques et des infrastructures de transport ou de distribution de gaz et d’électricité. Cette modification réduirait les recettes de l’ONF d’environ 4,5 millions d’euros par an. Elle vise toutefois à rendre la contribution plus acceptable pour les communes, en limitant son assiette aux revenus jugés pertinents au regard des missions de l’établissement. Le second volet concerne la gouvernance de l’Office. Depuis 2023, les salariés de droit privé sont majoritaires au sein de l’établissement. Cette situation aurait pu entraîner, lors du renouvellement du conseil d’administration prévu en décembre 2027, l’application de la loi de 1983 sur la démocratisation du secteur public, avec un élargissement important de l’instance. Le texte adopté par le Sénat prévoit d’écarter l’ONF de ce dispositif afin de préserver son organisation actuelle. Son conseil d’administration restera composé de 30 membres, représentant notamment l’État, les collectivités territoriales, le personnel et la filière forêt-bois. Adoptée en première lecture, la proposition de loi doit encore poursuivre son parcours parlementaire avant de pouvoir entrer en vigueur.
À l’approche de l’élection présidentielle, l’association entend interpeller les candidats sur la prise en compte des spécificités montagnardes dans les politiques publiques. Elle insiste notamment sur les surcoûts liés à l’aménagement, les contraintes géographiques et climatiques, le maintien des services publics et l’adaptation des dotations aux collectivités. L’ANEM rappelle également le rôle de ces territoires dans la préservation de la biodiversité, la gestion de la ressource en eau, le tourisme durable et le maintien des activités agricoles et rurales. Elle attend des candidats des engagements concrets afin de construire un pacte renouvelé entre l’État et les territoires de montagne.
La fièvre catarrhale ovine, ou maladie de la langue bleue, représente une part importante de cette hausse. Le nombre moyen d’événements exceptionnels notifiés est passé de 9,1 par an entre 2015 et 2022 à 38 par an entre 2023 et 2025, notamment en raison de l’expansion du sérotype BTV-3 en Europe du Nord-Ouest à partir de l’automne 2023. Les signalements de fièvre du Nil occidental ont également progressé, passant de huit événements annuels en moyenne à 55. Par ailleurs, la dermatose nodulaire contagieuse a étendu son aire géographique de l’Afrique vers le Moyen-Orient, l’Europe et l’Asie. La WOAH souligne que ces chiffres reflètent les événements déclarés et ne mesurent pas directement l’évolution réelle de l’incidence. L’intensification de la surveillance et l’amélioration des capacités diagnostiques peuvent aussi expliquer une partie de la hausse observée. Le changement climatique contribue toutefois à modifier la répartition des vecteurs. La hausse des températures, l’évolution des précipitations et les changements d’utilisation des terres peuvent prolonger leur période d’activité et favoriser leur implantation dans des régions auparavant moins exposées. Les mouvements d’animaux, le commerce et les perturbations écologiques participent également à ces évolutions. Pour anticiper les risques, l’organisation préconise une approche intégrée dite « Une seule santé », associant services vétérinaires, santé publique et acteurs de l’environnement. Elle recommande notamment d’améliorer la surveillance des vecteurs, de renforcer les laboratoires, de signaler rapidement les foyers et de déployer des mesures de lutte adaptées, dont la vaccination lorsqu’elle est disponible. La WOAH soutient également des outils d’alerte précoce, comme le projet PROVNA en Afrique du Nord, qui combine données climatiques, observations satellitaires et informations sanitaires pour repérer les zones favorables à la transmission. L’objectif est de passer d’une réponse aux épidémies à une prévention anticipée, essentielle pour protéger la santé animale, la biodiversité et la sécurité alimentaire.
L’épicéa, le châtaignier et le frêne figurent parmi les arbres les plus affectés, tandis que le douglas, le pin maritime et le chêne vert sont relativement épargnés. Le Nord-Est de la France apparaît comme la région la plus touchée par cette mortalité. L’inventaire souligne également un phénomène moins attendu : les forêts implantées sur des sols capables de retenir d’importantes quantités d’eau ont connu une hausse plus forte de la mortalité. Entre les deux périodes étudiées, celle-ci a triplé sur les sols présentant un réservoir utile supérieur à 110 millimètres, contre un doublement sur les sols dont le réservoir est inférieur à 30 millimètres. Cette différence s’explique notamment par les essences présentes. Selon l’IGN, les forêts installées sur des sols disposant de bonnes réserves hydriques sont souvent constituées d’espèces moins adaptées au manque d’eau. Elles ont donc pu davantage souffrir des sécheresses récentes. Le réservoir utile du sol reste pourtant un facteur important pour la croissance forestière. La production biologique moyenne atteint 6,1 m³ par hectare et par an sur les sols dont le réservoir dépasse 110 millimètres, contre 2,9 m³ sur ceux où il est inférieur à 30 millimètres. Mais si les précipitations deviennent insuffisantes, ces réserves ne se reconstituent plus et les arbres peuvent subir un stress hydrique, ralentir leur croissance ou dépérir. La répétition des sécheresses et des fortes températures affaiblit également les arbres et les rend plus vulnérables aux ravageurs, notamment aux scolytes, ainsi qu’aux maladies fongiques. Ces résultats soulignent l’importance du choix des essences dans l’adaptation des forêts au changement climatique. La capacité d’un sol à retenir l’eau ne suffit pas à garantir la résistance des arbres si les espèces qui y poussent ne sont pas adaptées aux conditions climatiques futures.
Les informations sont récupérées lorsque les oiseaux équipés sont recapturés. Les départs se concentrent généralement autour du crépuscule, tandis que les arrivées ont souvent lieu à l’aube. Certaines étapes se prolongent toutefois en journée, notamment lorsque les oiseaux traversent des espaces où les possibilités de halte sont limitées, comme la mer ou le Sahara. L’étude corrige également certaines connaissances sur des espèces particulières. La huppe fasciée, longtemps considérée comme migratrice de jour comme de nuit, effectue ainsi 91 % de ses vols migratoires nocturnes. Le pipit des arbres réalise 71 % de ses trajets dans l’obscurité. D’autres espèces adoptent des stratégies différentes. Le guêpier d’Europe migre presque exclusivement de jour, en profitant des courants d’air chaud ascendants. Les hirondelles suivies effectuent, quant à elles, 38 % de leurs trajets nocturnes. Le bruant des neiges peut également voler en plein jour dans les régions arctiques pendant la période du soleil de minuit. Les chercheurs n’ont pas déterminé précisément les raisons de la prédominance des vols nocturnes. Plusieurs hypothèses sont avancées : des conditions atmosphériques plus stables, une moindre exposition aux rapaces diurnes, une réduction des risques de déshydratation ou la possibilité de consacrer la journée à l’alimentation. Les auteurs soulignent enfin que les résultats ne représentent pas nécessairement l’ensemble des oiseaux migrateurs, certaines espèces étant peu représentées dans l’échantillon. Ces données pourraient néanmoins contribuer à mieux identifier les périodes de migration et les risques associés à la pollution lumineuse et aux collisions avec les infrastructures.
Le virus peut se maintenir par contact direct entre animaux, mais aussi par exposition indirecte à des carcasses infectées et à des milieux contaminés, notamment les sols et l’eau. Les températures basses et les environnements forestiers sont régulièrement associés à une persistance environnementale prolongée. La détection et l’élimination des carcasses constituent ainsi des leviers importants de surveillance et de lutte. La densité des sangliers figure également parmi les facteurs de risque les plus fréquemment identifiés. Les déplacements des animaux et la connectivité des habitats peuvent favoriser la propagation du virus entre différentes sous-populations. Le couvert forestier, les caractéristiques de l’habitat et la proximité de foyers antérieurs modifient aussi le risque local. Plusieurs études signalent par ailleurs une hausse des détections pendant les mois froids, particulièrement entre novembre et avril. La transmission entre faune sauvage et élevages porcins est étudiée dans 12 publications, soit 22,2 % du corpus. Le risque concerne notamment les situations où les habitats des sangliers chevauchent des exploitations dont les mesures de biosécurité sont insuffisantes. Les voies potentielles comprennent les aliments et l’eau contaminés, le matériel de chasse, les objets souillés et les activités humaines. Enfin, seules sept études fournissent des estimations du taux de reproduction de base (R0), comprises entre environ 1,14 en Sardaigne et plus de 4 dans certains modèles saisonniers sud-coréens. Les différences de méthodes et d’hypothèses limitent toutefois les comparaisons directes. Les auteurs soulignent également des lacunes dans la validation des modèles et l’évaluation des incertitudes. Ils concluent que la prévention repose sur une combinaison de mesures adaptées aux conditions écologiques locales : surveillance, gestion des carcasses, suivi des populations et biosécurité des élevages.
Certaines productions, comme le pois chiche en Occitanie, se révèlent difficiles, tandis que le blé, les betteraves et les pommes de terre obtiennent de bons résultats dans plusieurs secteurs. L’abandon des pesticides s’accompagne d’aménagements écologiques, notamment de bandes fleuries composées de 22 espèces végétales, parmi lesquelles coquelicots, bleuets et phacélies. Ces espaces fournissent nourriture et abris aux insectes auxiliaires. Les syrphes, dont les larves consomment les pucerons, contribuent ainsi à la régulation naturelle des ravageurs. Cette diversité végétale peut également profiter à la petite faune sauvage : les insectes nourrissent oiseaux insectivores et petits mammifères, tandis que les graines et la végétation offrent des ressources à différentes espèces. La présence de campagnols attire aussi des rapaces, illustrant les interactions entre les composantes de l’écosystème agricole. Ces bénéfices dépendent toutefois des pratiques locales et de la qualité des habitats. Sans protection chimique, les adventices et les maladies deviennent des enjeux majeurs. Les chercheurs ont donc combiné rotations plus longues, désherbage mécanique, labour ponctuel et adaptation des dates de semis. Le choix de variétés résistantes constitue un autre levier : le blé Géopolis, notamment, présente des résistances à plusieurs maladies courantes. Pour l’Inrae, la performance de ces systèmes ne peut se mesurer au seul rendement. L’amélioration des sols, la préservation de la biodiversité et la réduction des coûts de dépollution et de santé publique doivent aussi être considérées. L’expérience ouvre ainsi des perspectives pour une agriculture moins dépendante de la chimie, sans occulter les difficultés de sa généralisation.
En 2025, une étude publiée dans la revue scientifique People and Nature a analysé les réactions de 17 353 participants, répartis sur tous les continents, face à des images de 184 espèces animales. Les chercheurs ont montré que la peur ne dépend pas uniquement de la dangerosité objective : l’âge, la région de résidence et les peurs préexistantes influencent également les réponses. Certaines espèces relativement inoffensives suscitent ainsi une crainte importante. L’étude ne démontre toutefois pas que le sanglier est spécifiquement victime de cette distorsion.
Les recherches en psychologie confirment que les perceptions de dangerosité, d’imprévisibilité et de perte de contrôle contribuent fortement aux peurs animales. Un gibier puissant, capable de charger et difficile à maîtriser, peut donc provoquer une réaction émotionnelle qui dépasse l’évaluation rationnelle de la situation. Les récits d'incidents spectaculaires peuvent également marquer les esprits, même si leur influence varie selon les individus. Pour autant, le sanglier n’est pas un animal inoffensif. Une laie accompagnée de marcassins, un individu blessé ou un animal surpris à courte distance peuvent présenter un danger réel. Les blessures provoquées par les sangliers sont documentées dans la littérature médicale, notamment lors de rencontres rapprochées et d’actions de chasse. Il serait donc aussi erroné de nier le risque que de considérer chaque sanglier comme une menace. En action de chasse, la peur peut surtout devenir problématique lorsqu’elle altère le jugement. Une réaction précipitée, une mauvaise appréciation de la trajectoire de l’animal ou un tir effectué dans des conditions incertaines peuvent compromettre la sécurité des chasseurs et des tiers. La connaissance du comportement du gibier, la maîtrise de soi et le respect des règles de sécurité restent les meilleures réponses. Le terme de biophobie invite ainsi à réfléchir à notre rapport au vivant, mais il doit être employé avec discernement : toute crainte n’est pas une phobie, et toute prudence n’est pas irrationnelle. L’enjeu n’est pas de ridiculiser ceux qui redoutent le sanglier, mais de distinguer l’émotion du risque objectivement évalué. À la chasse, le sang-froid est une qualité bien plus utile que la peur...