Canon-Fronsac Château du Gazin

Grand Tétras : mardi 13 octobre, à Saint-Dié des Vosges, comité de pilotage de la dernière chance...

Le 1er septembre, nous posions une question simple : a-t-on encore le droit d’essayer ? Après plusieurs décennies de protection, le constat demeure implacable. Le Grand Tétras, autrefois présent en nombre dans les Vosges, est aujourd’hui au bord de l’extinction. Sa population est passée d’environ 2 200 adultes en 1939 à quelques individus seulement à la fin de 2023. Face à cet échec, le Parc naturel régional des Ballons des Vosges a choisi une autre voie : tenter, avec l’appui de l’État et de la Norvège, un renforcement de population à partir d’oiseaux sauvages. L’expérimentation, autorisée pour cinq ans, doit permettre d’en mesurer objectivement les résultats. Les premières années ont été difficiles, avec une mortalité importante parmi les oiseaux transférés. Mais 2026 a apporté des éléments nouveaux : dix-sept oiseaux supplémentaires ont été relâchés, au moins quatre jeunes ont été détectés dans la réserve du Grand Ventron et « Nora », une femelle transférée en 2024, a encore été photographiée plus de 820 jours après son lâcher. Ces observations ne prouvent évidemment pas que l’opération réussira. Elles démontrent cependant qu’elle produit des résultats qui méritent d’être étudiés. Interrompre maintenant une expérimentation prévue jusqu’en 2029 reviendrait à rendre un verdict avant d’avoir recueilli toutes les données.

Une mobilisation sans précédent...

Depuis le début du mois de septembre, la défense du renforcement de population du Grand Tétras vosgien a changé de dimension. Autour de la nécessité de conserver l’oiseau emblématique des montagnes vosgiennes, se sont progressivement réunis des chasseurs, des scientifiques, des naturalistes, des spécialistes du Grand Tétras et des acteurs de la conservation venus de plusieurs régions et de plusieurs pays européens. La Fédération des chasseurs des Vosges, sous l’impulsion de son président Frédéric Tissier, de ses administrateurs Jean-Jacques Claude et Jean-Pierre Briot, a pris toute sa part dans cette mobilisation. Leur engagement rejoint celui de Jean-Marc Delcasso, président de la Fédération des chasseurs des Hautes-Pyrénées, vice-président de l’Observatoire des galliformes de montagne (OGM) et président de l’Association nationale des chasseurs de montagne (ANCM), qui représente une trentaine de fédérations départementales. Son expérience et ses relations avec les acteurs espagnols du centre de Valsemana, dans la cordillère Cantabrique, ont également permis d’élargir la réflexion aux expériences européennes de conservation. Sur le terrain scientifique, Emmanuel Menoni, biologiste spécialiste du Grand Tétras en France, a mobilisé une dizaine de scientifiques référents afin de rédiger une tribune adressée à Monique Barbut, ministre de la Transition écologique. Une démarche importante : au-delà des convictions de chacun, le débat doit désormais être replacé sur le terrain des données, des méthodes et de l’évaluation scientifique....

[ LIRE LA SUITE... ]


Sangliers : les liens sociaux qui structurent la compagnie

Chez le sanglier, la compagnie n’est pas une simple réunion d’animaux partageant un même territoire. Elle repose sur une organisation sociale construite très tôt, au sein de laquelle la tolérance et la cohésion jouent un rôle essentiel. Dès la naissance, les marcassins sont réunis dans le chaudron aménagé par la laie. Leur nombre et leur proximité favorisent les premiers contacts entre individus et contribuent à leur maintien au chaud. Après cette période d’isolement liée à la mise bas, plusieurs laies peuvent à nouveau se regrouper avec leurs jeunes. Les marcassins se retrouvent alors en contact avec différentes femelles adultes et avec des jeunes qui ne sont pas nécessairement leurs frères et sœurs. Contrairement à d’autres ongulés, le sanglier ne se caractérise pas par un maternage particulièrement démonstratif : les soins corporels sont limités et le léchage, notamment, est absent. Pour autant, cela ne signifie pas que les liens sociaux soient faibles. Au contraire, la tolérance entre les membres du groupe constitue progressivement le ciment de la compagnie. Les jeunes peuvent être acceptés par plusieurs femelles et il arrive même qu’une laie allaite un marcassin qui n’est pas le sien. Ce comportement relève davantage d’une forte tolérance sociale que d’une véritable adoption. Les interactions répétées entre adultes et jeunes renforcent ainsi les liens et installent progressivement les règles de la vie collective. Dans cette organisation, la proximité physique joue également un rôle important. Les bauges communes, où les animaux se reposent parfois les uns contre les autres, illustrent cette recherche de contact qui, après avoir été indispensable aux nouveau-nés pour conserver leur chaleur, devient aussi un élément de confort et de socialisation. La compagnie constitue donc un environnement dans lequel les jeunes apprennent progressivement à vivre avec leurs congénères et à trouver leur place au sein du groupe...

[ LIRE LA SUITE... ]


Les stratégies d’évitement du gibier : ce que la chasse apprend sur l’intelligence animale

Face à une pression de chasse répétée, le gibier ne réagit pas toujours de la même manière. Chez les cervidés, le premier mécanisme observable est la vigilance : tête relevée, écoute, observation des alentours, interruption de l’alimentation. Une étude menée sur le cerf élaphe dans les Highlands écossais montre que la vigilance augmente pendant la période de chasse et que les animaux consacrent davantage de temps au déplacement et à la détection d’une menace qu’en période de simple fréquentation humaine. Le cerf semble donc capable de distinguer, au moins dans certaines situations, un promeneur d’une présence associée à un risque plus important. L’évitement passe ensuite par le choix du milieu. Un animal peut gagner un couvert plus dense, quitter temporairement une zone dérangée ou modifier ses horaires d’activité. Le sanglier constitue à cet égard un excellent sujet d’étude. Des travaux récents utilisant des colliers GPS montrent qu’après des battues, il peut modifier son utilisation de l’espace, réduire la fréquentation des secteurs chassés et augmenter son activité nocturne. Surtout, l’expérience accumulée au fil des chasses semble influencer les stratégies individuelles : certains animaux fuient, d’autres restent dans des zones refuges. Ces comportements posent une question intéressante : le gibier apprend-il la chasse ? Il serait excessif de parler d’un raisonnement comparable au nôtre. En revanche, l’animal est capable d’associer des lieux, des périodes, des odeurs, des bruits ou des configurations de l’environnement à un risque. La répétition d’expériences modifie alors ses décisions. C’est cette faculté d’apprentissage, de mémorisation et d’adaptation qui donne à certaines populations une étonnante capacité à déjouer les stratégies humaine...

[ LIRE LA SUITE... ]


Georges Frédéric Rötig : la faune sauvage au cœur de la peinture

Les amateurs d’art animalier ont rendez-vous au Musée municipal de Moret-sur-Loing (Seine et Marne), qui consacre une exposition à Georges Frédéric Rötig (1873-1961) jusqu’au 29 novembre 2026. Intitulée Georges Frédéric Rötig : un peintre, deux ateliers, l’exposition réunit plus de 70 œuvres, exceptionnellement rassemblées à partir de collections privées. Né au Havre en 1873, Rötig suit les cours de l’École des Beaux-Arts de sa ville avant de poursuivre sa formation à Paris. Il expose notamment au Salon des Artistes français et connaît, de son vivant, une carrière couronnée de succès et une certaine notoriété. L’exposition propose de découvrir son parcours à travers six salles, chacune mettant en avant une facette de son travail. Les croquis et études préparatoires permettent notamment d’entrer dans sa technique et de comprendre la construction de ses œuvres. Une salle est consacrée à la neige, environnement dans lequel Rötig excelle à représenter les animaux sauvages. Une autre rassemble ses modèles privilégiés : cerfs, sangliers et chevreuils, particulièrement présents dans sa production. Mais la palette du peintre ne se limite pas au grand gibier. Les animaux exotiques, observés notamment dans les parcs zoologiques, occupent également une place dans son œuvre, tandis qu’une dernière section témoigne de la diversité des espèces qu’il a représentées. À travers ses tableaux, Rötig cherche à saisir les animaux dans leur environnement et dans des attitudes naturelles. L’exposition invite ainsi à pénétrer « au cœur des forêts », mais aussi dans cette intimité animale que le peintre s’attachait à observer et à restituer. Présentée au 4 bis, place de Samois, à Moret-Loing-et-Orvanne, l’exposition est ouverte les vendredis, samedis et dimanches, de 14 h à 18 h. L’entrée est libre. Un catalogue regroupant les visuels des œuvres exposées est également disponible à l’accueil du musée. La ville de Moret-sur-Loing, où Rötig a vécu, offre ainsi un cadre particulièrement approprié pour redécouvrir l’œuvre de ce peintre animalier.


Directives Oiseaux et Habitats : Bruxelles met la protection de la nature à l’épreuve

Faut-il changer les règles européennes de protection de la nature ou apprendre à mieux les appliquer ? C’est, en substance, la question posée par le « test de résistance » lancé en 2026 par la Commission européenne sur les directives Oiseaux et Habitats. L’objectif affiché n’est pas de remettre en cause le niveau de protection, mais de vérifier si ces deux textes permettent toujours d’atteindre leurs objectifs de conservation de façon efficace et cohérente. La Commission entend notamment rechercher les lourdeurs administratives qui pourraient être supprimées, simplifier certaines procédures et renforcer la sécurité juridique, sans diminuer les exigences environnementales. Le sujet est loin d’être anecdotique. La directive Oiseaux constitue depuis la fin des années 1970 l’un des piliers de la politique européenne de conservation, tandis que la directive Habitats, adoptée au début des années 1990, a notamment contribué à la construction du réseau Natura 2000. Leur application concerne donc directement la gestion des territoires, la protection des espèces et, dans certains cas, les activités agricoles, forestières, touristiques ou cynégétiques. La Commission veut surtout savoir où se trouvent les difficultés concrètes. Le calendrier est désormais engagé : après la consultation publique et les échanges avec les États membres et les parties prenantes, un nouveau dialogue avec la commissaire Jessika Roswall est prévu ce mois-ci, avant un rapport attendu d’ici à la fin de 2026. À ce stade, aucune modification des directives n’est donc arrêtée...

[ LIRE LA SUITE... ]


Accidents de chasse : les principales causes restent liées au comportement

Le nombre d’accidents de chasse continue de diminuer sur le long terme. Dans son bilan de la saison précédente, l’Office français de la biodiversité (OFB) recense 92 accidents, dont quatre mortels. Sur vingt ans, leur nombre a baissé de 49 %. Les chasseurs restent largement majoritaires parmi les personnes concernées, avec 89 % des victimes. Derrière cette tendance favorable, l’analyse des circonstances montre que les règles fondamentales de sécurité restent déterminantes. La manipulation, la tenue et le transport de l’arme constituent notamment des points de vigilance importants, en particulier dans les accidents impliquant une seule personne. Le grand gibier concentre également une part importante de l’accidentologie, en raison notamment de l’usage plus fréquent des armes à feu et des situations de tir qui peuvent être complexes. Autre règle essentielle : l’identification de la cible et la prise en compte de l’environnement avant chaque tir. Une route, une habitation, un chemin ouvert au public, un véhicule ou un autre participant à la chasse doivent être intégrés dans l’analyse de la situation. L’OFB rappelle que le respect des angles de sécurité constitue l’un des moyens essentiels de limiter les risques. Le bilan fait apparaître un phénomène différent pour les incidents. L’OFB en a recensé 122 au cours de la saison 2025-2026, correspondant notamment à des dégâts matériels ou à des blessures infligées à des animaux domestiques, sans dommage corporel pour les personnes. Alors que les accidents diminuent sur vingt ans, ces incidents tendent, eux, à augmenter. Cette évolution rappelle que la sécurité ne se limite pas à prévenir les accidents corporels. Les tirs en direction d’habitations ou de véhicules, comme les mauvaises appréciations de l’environnement immédiat, peuvent également avoir des conséquences importantes sans provoquer de blessure. La baisse de l’accidentologie depuis vingt ans est notamment mise en relation avec l’évolution de la formation et de l’examen du permis de chasser, ainsi qu’avec les actions de sensibilisation menées par l’OFB et les fédérations. Mais les chiffres montrent aussi que la vigilance individuelle demeure le principal rempart : identifier avant de tirer, maîtriser son arme et connaître précisément son environnement restent les réflexes essentiels pour continuer à faire reculer les accidents.


Capitale française de la biodiversité 2026 : six territoires distingués pour restaurer la nature

Consacrée cette année à la restauration de la nature, l’édition 2026 du concours Capitale française de la biodiversité distingue six collectivités pour leurs actions en faveur des écosystèmes. Marseille décroche le titre de Capitale française de la biodiversité 2026. Les communes de La Rochelle et Saintes sont distinguées parmi les meilleures communes, tandis que trois intercommunalités - la communauté de communes Chinon, Vienne et Loire, Loire Forez Agglo et Valence Romans Agglo – figurent parmi les lauréates. Le concours, organisé depuis 2010, vise à identifier et à valoriser les démarches des collectivités. Marseille devient ainsi la 15e Capitale française de la biodiversité. La ville est notamment distinguée pour ses actions de restauration de ses espaces naturels emblématiques et pour la reconquête de la nature en milieu urbain. Dans le Parc national des Calanques, la restauration des secteurs soumis à l’érosion s’accompagne d’une régulation de la fréquentation mise en place depuis 2022. Des récifs artificiels ont notamment été installés sur 200 hectares de fonds sableux. En ville, près de 300 friches urbaines naturelles ont été recensées et étudiées afin d’évaluer leur rôle dans les continuités écologiques, leur intérêt patrimonial et leurs usages. La démarche marseillaise concerne également les espaces verts et naturels urbains. Des forestiers municipaux formés aux enjeux de biodiversité favorisent notamment la conservation du bois mort et des micro-habitats susceptibles d'abriter une faune et une flore associées au bois en décomposition, tout en recherchant un équilibre avec les impératifs de sécurité du public et de prévention des incendies. La ville a par ailleurs restauré la grotte Loubière, considérée comme un site important pour les chauves-souris. Ces différentes actions illustrent l’approche mise en avant par le concours : restaurer les milieux tout en intégrant les contraintes et les usages propres aux territoires. Au-delà du palmarès, les organisateurs soulignent la diversité des expériences recensées depuis la création du concours. Plus d’une centaine de retours d’expérience constituent ainsi une source d’exemples pour les collectivités souhaitant restaurer leurs écosystèmes et renforcer la biodiversité. La remise des trophées et le colloque de restitution sont prévus le 13 novembre 2026 à Paris. L’édition 2027 est déjà ouverte sur le thème « Biodiversité & société », avec des candidatures possibles jusqu’au 28 février 2027.


Un dimanche à la chasse : ouvrir les portes des territoires

Et si, le temps d’une matinée, les chasseurs ouvraient leurs portes à ceux qui ne pratiquent pas la chasse ? C’est tout le principe de l’opération « Un dimanche à la chasse », organisée par les Fédérations départementales des chasseurs sous l’égide de la Fédération nationale des chasseurs (FNC). L’objectif est simple : permettre à des non-chasseurs de découvrir directement, sur le terrain, les réalités de la pratique cynégétique et d’échanger avec ceux qui la pratiquent. La FNC cite d’ailleurs cette opération parmi ses actions nationales destinées à rendre la chasse plus visible, et à informer chasseurs comme non-chasseurs. Pour cette édition 2026, les rendez-vous se répartissent sur plusieurs dimanches d’octobre selon les départements. Dans le Doubs, la journée est fixée au 11 octobre, tandis que la Savoie donne rendez-vous le 18 octobre et le Gers le 25 octobre. D’autres fédérations proposent également plusieurs dates ou des opérations adaptées aux particularités locales. Cette souplesse permet aux sociétés de chasse volontaires de présenter différents modes de chasse et différents territoires. En Savoie, par exemple, treize sociétés participent à l’édition 2026 et proposent de découvrir la connaissance des espèces et des milieux, les plans de chasse, les règles de sécurité ou encore le travail des chiens. Le principe repose surtout sur l'immersion et le dialogue. Après un accueil et un rappel des consignes de sécurité, les participants accompagnent des chasseurs expérimentés sur leur territoire. Selon les départements, ils peuvent ainsi découvrir une battue au grand gibier, une chasse devant soi, une chasse au chien d’arrêt, une palombière ou encore d’autres pratiques plus locales. Une ancienne présentation de l’opération précise que la matinée se termine généralement par un temps d’échange permettant de revenir sur la chasse observée et de répondre aux questions des visiteurs. L’enjeu est donc autant pédagogique que relationnel. Il s’agit de permettre aux personnes extérieures au monde cynégétique de se faire leur propre idée, en découvrant les territoires, les espèces, les chiens, les règles de sécurité et l’organisation d’une partie de chasse. Renseignements et inscriptions : contacter la Fédération départementale des chasseurs de votre département.


Kaysersberg : la chasse s’invite à table pour un grand festival

À Kaysersberg, en Alsace, la chasse se décline aussi en œuvres d’art, en savoir-faire et en gastronomie. Du 12 octobre au 17 novembre, le Chambard accueille la 4e édition du Festival de la Chasse, imaginé en 2023 par le chef Olivier Nasti, Meilleur Ouvrier de France et chasseur depuis quinze ans. Installé entre vignobles et Vosges, le chef entend mettre à l’honneur le gibier issu de son territoire, qu’il chasse lui-même ou avec ses proches. Le premier rendez-vous, « L’Art du Grand Gibier », se tiendra du 12 au 18 octobre. Cerf, chevreuil ou sanglier seront au cœur de cette semaine qui mêlera culture cynégétique et gastronomie. Plusieurs soirées sont notamment programmées à La Winstub, l’adresse traditionnelle alsacienne du Chambard, et à La Table d’Olivier Nasti, le restaurant gastronomique de la maison. Du 19 au 25 octobre, place au gibier à plumes, avec là encore des rendez-vous culinaires dans les deux établissements. Une façon de faire découvrir le petit gibier autrement, en mettant l’accent sur sa préparation et sa valorisation à table. Du 26 octobre au 1er novembre, le festival prendra une tournure particulièrement gourmande avec le Championnat du monde de la tourte de gibier, dont la deuxième édition réunira plusieurs spécialistes de cette préparation. Le concours a été imaginé par Olivier Nasti, Éric Briffard et Fabien Pairon, tous trois Meilleurs Ouvriers de France. Mais le programme ne s’arrête pas là : du 2 au 8 novembre, le Chambard consacrera une semaine au lièvre à la royale, avant une Semaine du gibier à poils, du 9 au 17 novembre, qui s’achèvera par un dîner de gala. Le Chambard – 9-13, rue du Général-de-Gaulle, 68240 Kaysersberg. Entre chasse, terroir alsacien et haute gastronomie, Olivier Nasti fait ainsi du gibier le fil conducteur d’un mois d’automne particulièrement dense.


Dégâts de gibier : la prochaine facture inquiète déjà…

La sécheresse n’a pas supprimé les dégâts de gibier. Elle pourrait simplement avoir repoussé l’addition. Cet été, les conditions exceptionnellement sèches ont bouleversé les habitudes alimentaires du grand gibier. Après les moissons, les parcelles habituellement très fréquentées par les sangliers ont souvent offert moins de ressources : les grains tombés au sol n’ont pas toujours germé, privant les animaux des jeunes repousses particulièrement riches et attractives. Dans ce paysage desséché, les cultures encore irriguées et les secteurs ayant conservé un couvert végétal sont devenus de véritables îlots de nourriture. Mais le changement de décor pourrait être brutal. Avec le retour des pluies, les sols se réhydratent, les vers de terre et les invertébrés remontent dans les premiers centimètres du sol : pour les sangliers, le garde-manger se reconstitue. Et avec lui, le risque de dégâts. Quelques nuits suffisent parfois pour transformer une parcelle fraîchement semée en terrain retourné. Le phénomène est particulièrement sensible à cette période de l’année. Les cultures d’automne viennent d’être implantées, les prairies retrouvent de l’humidité et les sols deviennent plus faciles à fouiller. Le groin des bêtes noires peut alors arracher des jeunes plants, dégrader les levées, retourner les surfaces et créer des zones où le passage des engins agricoles devient plus compliqué. Dans les prairies, les boutis peuvent également provoquer des pertes de couvert et dégrader durablement la qualité des parcelles. Le paradoxe de cette année est donc là : après avoir rendu certaines cultures moins attractives, la sécheresse pourrait laisser place à une période de forte concentration du gibier dès que les conditions redeviennent favorables. Pour les agriculteurs comme pour les chasseurs, les prochaines semaines seront donc à surveiller de près. Repérer les secteurs qui concentrent les animaux, renforcer la prévention autour des parcelles sensibles et adapter la pression de chasse seront déterminants. La facture des dégâts 2026 ne se joue peut-être pas dans les champs déjà récoltés, mais dans ceux qui commencent tout juste à lever.


Brame du cerf en Haute-Marne : quand on massacre la gestion, il ne reste plus qu’à écouter le silence...

Il y a des saisons de chasse qui laissent un sentiment de satisfaction pour la tâche accomplie. Et puis, il y a celle qui oblige à se demander ce que l’on a fait de plusieurs décennies de travail. Le brame 2026 appartient à cette seconde catégorie. Dans les grands massifs haut-marnais, où l’on entendait les maîtres de place, les forêts ont souvent répondu par un silence inhabituel. Quelques raires ici ou là, des cerfs isolés, et surtout l’impression que quelque chose s’est défait. Deux constats devraient pourtant suffire à résumer l’absurdité de la situation. Les grands cerfs, dont les trophées étaient exposés à Joinville en mai dernier n’ont pas participé au brame 2026. Ils n’étaient plus là pour défendre leur territoire, regrouper les biches et transmettre leurs qualités à la génération suivante. En revanche, les jeunes cerfs et ceux que l’on pouvait considérer comme sans intérêt au regard des objectifs d’une gestion qualitative, ont, eux, participé à la reproduction. Pour une gestion raisonnée des grands cervidés, difficile d’imaginer une démonstration plus cinglante. Il faut avoir parcouru ces massifs, les avoir sillonnés en long, en large et quelquefois même en travers, pour mesurer ce que représente un brame aussi terne. Dans les secteurs réputés, la nature semblait en berne. Aucune harde de biches digne de ce nom n’a été observée. Quelques esseulées, accompagnées de leurs faons de l’année et parfois de bichettes, ont bien été aperçues. Mais où étaient les rassemblements qui donnaient aux forêts leur caractère, leur beauté et leur intérêt ? Où étaient les animaux qui, par leur présence, justifiaient tant d’années d’efforts, de suivis et de discussions sur la gestion de la grande faune ? Ce n’est pas seulement une question de spectacle. Le brame est l’un des moments où l’on peut apprécier la structure d’une population de cerfs, sa dynamique, la présence de mâles adultes et l’organisation sociale des hardes. Certes, il ne suffit pas, à lui seul, à établir un diagnostic scientifique, mais sa faiblesse, lorsqu’elle est constatée, mérite autre chose qu’un haussement d’épaules...

[ LIRE LA SUITE... ]