Le Petit Journal de deux indissociables : la chasse et l'environnement - Game Fair à Lamotte-Beuvron

Sauvetage des faons : dans les Ardennes, les drones ont pris leur envol...

Initiées en 2025 par la Fédération départementale des chasseurs des Ardennes, les opérations de sauvetage des faons avant les fauches agricoles ont pris une nouvelle dimension cette année. Face à l'efficacité démontrée de cette méthode et à la demande croissante des agriculteurs et des sociétés de chasse, la FDC 08 a renforcé son dispositif en investissant dans cinq nouveaux drones équipés de caméras thermiques et en formant cinq télépilotes bénévoles. Au total, huit intervenants sont aujourd'hui mobilisables sur le terrain : cinq bénévoles spécialement formés et trois techniciens fédéraux, sous la coordination de Quentin Gutknecht. L'objectif est simple mais essentiel : repérer les jeunes chevreuils dissimulés dans les hautes herbes avant le passage des faucheuses. Durant leurs premières semaines de vie, les faons adoptent en effet un comportement instinctif consistant à rester immobiles face au danger. Une stratégie efficace contre les prédateurs naturels, mais qui devient dramatique face aux engins agricoles modernes. Les larges faucheuses utilisées aujourd'hui couvrent plusieurs mètres de largeur et progressent à des vitesses pouvant atteindre près de 20 km/h. Pour un faon caché dans la végétation, les chances de survie sont alors quasiment nulles. Chaque intervention fait l'objet d'une préparation minutieuse. Les exploitants agricoles signalent les parcelles à faucher et les équipes organisent les prospections dès les premières heures du jour, lorsque les écarts de température permettent une détection optimale. Les drones suivent ensuite un plan de vol précis, quadrillant méthodiquement les surfaces à explorer. Les caméras thermiques identifient immédiatement toute présence animale grâce à la chaleur dégagée par les corps. Lorsqu'un faon est détecté, une équipe au sol intervient discrètement pour l'éloigner de la zone de danger ou le faire fuir avant les travaux agricoles. Les opérations permettent également de localiser d'autres espèces sauvages, telles que les renards ou les ratons-laveurs. Chaque sortie fait ensuite l'objet d'un compte rendu détaillé comprenant les parcelles prospectées, les animaux observés et les sauvetages réalisés. Les résultats parlent d'eux-mêmes. Au 1er juin, près de 120 faons avaient déjà été sauvés dans le département. Un chiffre qui illustre à la fois l'efficacité de la technologie employée et la mobilisation croissante des acteurs locaux en faveur de la préservation de la petite faune sauvage.

Par Jean-Marc Thiernesse

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Contrôles agricoles : le Conseil d’État valide le port d’arme discret des agents de l’OFB

Le Conseil d’État a tranché. Dans une décision rendue le 22 mai 2026, la plus haute juridiction administrative française a rejeté les recours visant à faire annuler la circulaire du 3 décembre 2024 relative au port d’arme des agents de l’OFB, lors des contrôles administratifs réalisés dans les exploitations agricoles. Cette circulaire, adoptée à la suite des vives tensions apparues entre le monde agricole et certains services de contrôle de l’État, impose désormais aux inspecteurs de l’OFB de porter leur arme de manière discrète lors des opérations administratives. L’objectif affiché par le gouvernement était alors d’apaiser les relations avec les exploitants agricoles tout en maintenant les garanties de sécurité nécessaires pour les agents. Le sujet avait suscité une importante polémique. Plusieurs organisations agricoles dénonçaient depuis plusieurs années des contrôles jugés excessivement coercitifs, parfois vécus comme des interventions de police judiciaire alors qu’il s’agissait de simples vérifications administratives portant sur l’environnement, l’eau ou la biodiversité. La présence visible d’armes à feu lors de certaines inspections avait particulièrement cristallisé les critiques. Face à cette situation, le gouvernement avait demandé à l’OFB d’adapter ses pratiques. La circulaire de décembre 2024 prévoit ainsi que les agents commissionnés et armés continuent à disposer de leur équipement réglementaire, mais que celui-ci ne soit plus ostensiblement visible lors des contrôles administratifs courants, sauf circonstances particulières liées à la sécurité. Des associations de protection de l’environnement et plusieurs organisations syndicales avaient contesté cette évolution devant le Conseil d’État, estimant qu’elle risquait de fragiliser la protection des agents et de limiter leur capacité d’intervention. La juridiction n’a pas suivi cette analyse. Elle a considéré que la circulaire ne remettait nullement en cause le port d’arme réglementaire des agents et qu’elle relevait du pouvoir d’organisation de l’administration. Cette décision conforte donc la ligne défendue par le gouvernement : maintenir les moyens de protection des inspecteurs tout en réduisant la dimension conflictuelle que pouvait représenter le port apparent d’une arme lors des contrôles dans les exploitations agricoles. Pour le monde agricole, cette validation juridique est perçue comme un signal supplémentaire en faveur d’une normalisation des relations entre les exploitants et les services de contrôle de l’État, dans un contexte où la question de la confiance demeure au cœur des débats.


Le chacal doré poursuit sa conquête de l’Europe...

Longtemps cantonné aux Balkans et au sud-est du continent, le chacal doré connaît depuis plusieurs décennies l’une des expansions géographiques les plus spectaculaires observées chez les mammifères européens. Désormais présent dans plus d'une vingtaine de pays, il a atteint les côtes atlantiques françaises et s'est même installé jusqu'aux régions nordiques de Scandinavie. Cette progression remarquable intrigue les biologistes qui cherchent à comprendre les mécanismes écologiques à l'origine de ce succès. Une vaste étude internationale menée sur près de 9 000 sites répartis dans treize pays européens apporte aujourd'hui des éléments de réponse. Les chercheurs montrent que la principale limite à l'expansion du chacal doré reste la présence du loup, son principal compétiteur naturel. Plus grand, plus puissant et capable de prédater les chacals, le loup exerce une pression écologique importante sur cette espèce de taille intermédiaire. Pourtant, le chacal doré possède de nombreux atouts biologiques. Canidé particulièrement opportuniste, il exploite une grande diversité de ressources alimentaires : rongeurs, oiseaux, invertébrés, fruits, charognes et diverses ressources disponibles dans les paysages agricoles. Cette plasticité alimentaire lui permet de coloniser rapidement de nouveaux territoires et de s'adapter à des milieux très variés. Les chercheurs ont également mis en évidence un phénomène original appelé « effet bouclier humain ». En présence du loup, les chacals tendent à se rapprocher des zones habitées où les grands prédateurs sont généralement moins présents. Cette stratégie réduit les risques de compétition directe et favorise leur installation dans des paysages fortement modifiés par l'homme. Les projections réalisées dans le cadre de l'étude montrent que près de 75 % des paysages européens présentent aujourd'hui des conditions favorables à l'espèce. La France figure parmi les territoires offrant le plus fort potentiel de colonisation. Pesant entre 10 et 12 kilogrammes, vivant en couples territoriaux ou en petits groupes familiaux, le chacal doré occupe désormais une place croissante dans les écosystèmes européens. Son rôle de prédateur opportuniste et de charognard contribue notamment au recyclage naturel de la matière organique et à la limitation de certaines sources potentielles de maladies. Cette réussite écologique en fait l'un des exemples les plus remarquables de dynamique de recolonisation observés actuellement sur le continent européen.


Manifestation non déclarée lors de la Fête de la Vénerie : un militant d’AVA condamné

Le tribunal judiciaire de Senlis a rendu, hier 1er juin, son délibéré dans l’affaire opposant Stanislas Broniszewski, figure connue du mouvement anti-chasse à courre Abolissons la Vénerie Aujourd’hui (AVA), au ministère public. Le militant était poursuivi pour avoir organisé une manifestation non déclarée à l’occasion de la Fête de la Vénerie, organisée le 14 juin 2025 pour célébrer le 90e anniversaire du musée de la Vénerie de Senlis. Ce jour-là, plusieurs centaines de personnes avaient participé aux animations proposées autour de ce patrimoine culturel et cynégétique, parmi lesquelles un défilé de chiens de chasse dans les rues de la cité royale. L’événement avait toutefois été perturbé par la présence de militants opposés à la chasse à courre, venus manifester leur hostilité à la pratique tout au long du parcours. Les protestataires avaient suivi le cortège et multiplié les prises à partie verbales des participants. Les enquêteurs avaient alors estimé que Stanislas Broniszewski avait joué un rôle central dans l’organisation et la coordination de cette mobilisation. Une analyse contestée par l’intéressé, qui n’a cessé de nier être l’organisateur de la manifestation. Lors de l’audience, tenue début mai, il avait expliqué être présent en tant que militant de longue date contre la vénerie, tout en affirmant n’être ni dirigeant ni porte-parole d’AVA. Selon lui, il s’était limité à relayer l’information concernant le rassemblement. Ces arguments n’ont finalement pas convaincu le tribunal. Dans son jugement, la juridiction a considéré que le prévenu avait bien occupé un rôle actif dans la préparation et le déroulement de la manifestation. Les magistrats ont rappelé que toute manifestation sur la voie publique est soumise à des obligations déclaratives auxquelles les organisateurs doivent se conformer. Stanislas Broniszewski a ainsi été reconnu coupable d’organisation d’une manifestation sans déclaration préalable. Il a été condamné à une amende de 2 000 euros, dont 1 000 euros assortis du sursis. Il devra également verser près de 6 000 euros au total à la Ville de Senlis, aux Amis du musée de la Vénerie, à la Société de Vénerie et à la FDC de l’Oise, au titre des préjudices et frais de justice engagés. Cette décision rappelle que le débat autour de la chasse à courre, aussi vif soit-il, doit s’exprimer dans le respect du cadre légal. Elle souligne également que la vénerie demeure en France une activité autorisée, strictement réglementée et encadrée par la loi, dont la pratique s’inscrit dans un patrimoine historique et culturel reconnu.


Du 6 au 14 juin : Fête des mares 2026 : pour éveiller à la nature et transmettre...

En 2026, la Fête des mares met à l’honneur le thème « Les mares pour éveiller et transmettre », plaçant ces milieux humides au cœur de la découverte du vivant et du partage des connaissances. Souvent discrètes, les mares constituent pourtant des espaces riches en biodiversité et jouent un rôle essentiel dans les écosystèmes. Elles offrent également un cadre privilégié pour sensibiliser le public, en particulier les plus jeunes, à la nature. Observer des têtards, écouter le chant des grenouilles ou découvrir la diversité des insectes aquatiques sont autant d’expériences simples qui éveillent la curiosité. Ces moments favorisent la transmission des savoirs entre générations et renforcent le lien entre l’humain et son environnement. La Fête des mares s’inscrit ainsi dans une démarche pédagogique et participative, visant à faire connaître et préserver ces milieux fragiles. Organisée partout en France, cette manifestation mobilise chaque année un public de plus en plus large. Associations, collectivités, gestionnaires d’espaces naturels, enseignants ou passionnés de nature sont invités à proposer des animations : sorties nature, ateliers pédagogiques, chantiers participatifs ou encore conférences. Pour accompagner ces initiatives, des outils pratiques sont mis à disposition, incluant supports pédagogiques, kits d’animation et ressources de communication. Au-delà de l’événement, la Fête des mares s’inscrit dans plusieurs politiques publiques en faveur de la biodiversité, notamment le Plan national milieux humides (2022-2026) et la Stratégie nationale biodiversité 2030. Elle contribue à sensibiliser les citoyens à la préservation des écosystèmes aquatiques et à encourager des actions concrètes sur le terrain. Chacun peut participer en organisant une activité et en la labellisant via la plateforme « J’agis pour la nature ». Cette mobilisation collective permet de mieux faire connaître les mares et de valoriser leur rôle écologique, tout en favorisant une prise de conscience durable en faveur de la protection du vivant.


Trophées : la sélection de juin 2026

Vosges

Un trophée singulier

Prélevé au cours de la saison 2024-2025, ce cerf âgé de 7 ou 8 ans présente une structure générale de dix cors avec surandouiller. Si l’ensemble de la ramure témoigne déjà d’un excellent développement, c’est surtout la morphologie du merrain droit qui retient l’attention. Celui-ci se dédouble en effet au niveau même de l’implantation de la chevillure, créant une anomalie spectaculaire rarement observée chez le cerf élaphe. Cette particularité confère au trophée une silhouette immédiatement reconnaissable et lui vaut son classement parmi les « têtes bizarres ». Un trophée original qui rappelle que la nature demeure capable de surprendre même les observateurs les plus expérimentés.

 

Indre

Un dix cors vraiment irrégulier

Présenté lors de l’exposition départementale de Châteauroux, ce cerf se distingue par une dissymétrie particulièrement marquée. Le bois gauche affiche une structure classique de dix cors à surandouiller, avec une chevillure implantée très haut sur le merrain, signe d’une croissance vigoureuse. À l’inverse, le bois droit ne porte ni chevillure ni surandouiller, rompant totalement l’équilibre. Cette opposition entre un côté pleinement développé et un côté simplifié confère à l’ensemble un caractère exceptionnel. Le cerf provenait du massif du Bouchet, situé dans la partie orientale du département de l’Indre, secteur qui regroupe près de 80 détenteurs de plan de chasse.

 

Aisne

Une jolie perruque

Présenté lors de l’exposition de trophées organisée à Besny-et-Loisy au printemps dernier, ce brocard à perruque a été prélevé en 2024 sur le territoire de Montcornet. Ce type de trophée résulte d’un phénomène biologique rare mais parfaitement identifié chez le chevreuil. L’atrophie ou la destruction des testicules entraîne en effet une carence durable en hormones mâles, perturbant profondément le cycle annuel de croissance et de nettoyage des bois. Ceux-ci restent alors recouverts d’un velours abondant qui ne tombe jamais, formant cette masse caractéristique. Souvent spectaculaire, cette anomalie attire immédiatement le regard. Au-delà de son intérêt esthétique, elle constitue également un précieux témoignage des liens étroits entre physiologie, endocrinologie et développement des trophées chez les cervidés.

 

Bas-Rhin

Un « huit cors perpétuel »

Estimé à plus de dix ans, ce vieux cerf représente parfaitement ce que les spécialistes désignent sous le nom de « huit cors perpétuel ». Malgré son âge avancé, l’animal n’a jamais développé de surandouiller et conserve une structure simple composée de deux chevillures basses et d’une fourche terminale sur chacun des merrains. Cette architecture, stable au fil des années, constitue une caractéristique bien connue chez certains individus. L’intérêt de ce trophée réside également dans son remarquable équilibre général. La symétrie des bois, la régularité des courbures et l’harmonie des proportions en font une tête particulièrement élégante. Dépourvu de la puissance des grands douze ou quatorze cors, ce trophée séduit néanmoins par sa pureté de lignes et son caractère typique, illustrant parfaitement l’une des nombreuses expressions de la maturité chez le cerf élaphe.

 

Moselle

Grand douze cors tout juste adulte

Présenté lors de l’exposition de Baerenthal en mars dernier, ce cerf âgé de huit ans provient du massif du Sanon. Classé en tir sanitaire, il n’en demeure pas moins l’un des plus beaux trophées observés récemment dans ce secteur. Sa ramure développe une structure régulière de douze cors, associée à une remarquable symétrie entre les deux bois. La coloration particulièrement sombre des merrains renforce encore l’impression de puissance dégagée par l’ensemble. Malgré un âge relativement jeune pour un grand cerf, l’animal affichait déjà des caractéristiques de maturité très affirmées. Sa cotation officielle atteint 177,74 points, témoignant de la qualité de son développement. Ce trophée illustre parfaitement le potentiel génétique et la richesse cynégétique des massifs forestiers mosellans, réputés depuis longtemps pour la qualité de leurs populations de cervidés.

 

Gers

Beau six pointes du pays de l’Armagnac

Ce brocard a été prélevé le 28 juillet 2025 sur le territoire de Luppé-Violles par Thierry Poulfort. Il présente une tête régulière de six pointes dont les perches atteignent respectivement 20,5 et 23 centimètres. L’envergure est de 11 centimètres tandis que le volume est estimé à 145 millilitres pour un poids net de 400 grammes. L’ensemble des critères de beauté, coloration, perlures et régularité se situent dans une moyenne élevée, sans défaut notable. La cotation officielle s’établit à 108,88 points, plaçant ce trophée parmi les très belles réalisations du département. Typique des chevreuils des plaines et coteaux gascons, cette tête exprime à la fois finesse, équilibre et harmonie. Elle témoigne également de la bonne qualité des populations locales de chevreuils dans cette région emblématique du pays de l’Armagnac.

 

Belgique

Vieux cerf du massif de Saint-Hubert

Ce remarquable cerf du massif de Saint-Hubert a été prélevé à l’âge de 14 ans. Fait particulièrement notable, il ne présentait encore aucun signe évident de ravalement, alors même que la plupart des cervidés commencent à régresser bien plus tôt. Exposé aux côtés des mues récoltées au cours de ses cinq dernières années de vie, il offre une démonstration exceptionnelle de l’évolution progressive d’un grand trophée. Les différentes mues montrent en effet une croissance continue depuis 2020, confirmant que sa ramure demeurait encore en progression au moment du prélèvement. Avec un poids net de 5,520 kg et des merrains atteignant en moyenne 92,7 cm, sa cotation officielle s’élève à 179,39 points. Ce trophée illustre parfaitement les résultats obtenus dans le massif de Saint-Hubert, où une politique de vieillissement des cerfs coiffés est appliquée depuis près de trente ans. Cette gestion rigoureuse fait aujourd’hui figure de référence dans l’ensemble du Benelux.


Loi d’urgence agricole : les députés renforcent le rôle des lieutenants de louveterie

Discrets mais omniprésents sur le terrain, les lieutenants de louveterie viennent d’obtenir une reconnaissance que beaucoup jugeaient nécessaire depuis longtemps. À l’occasion de l’examen du projet de loi d’urgence agricole, les députés ont adopté plusieurs dispositions destinées à mieux encadrer leurs missions et à permettre un accompagnement matériel de l’État. Une évolution qui marque une étape importante pour ces auxiliaires bénévoles de l’administration, dont le rôle n’a cessé de s’accroître ces dernières années. Institution plusieurs fois centenaire, la louveterie demeure l’un des plus anciens corps de l’administration française. Placés sous l’autorité du préfet, les lieutenants de louveterie participent aujourd’hui à de nombreuses missions d’intérêt général : régulation des populations de sangliers, destruction administrative d’animaux occasionnant des dégâts, interventions liées à la sécurité publique, gestion sanitaire de la faune sauvage ou encore protection des élevages confrontés à la prédation. Pourtant, malgré l’importance de leurs responsabilités, ces hommes et ces femmes exercent leurs fonctions à titre bénévole. Véhicules, équipements, temps consacré aux missions et déplacements sont le plus souvent assumés sur leurs propres deniers. Une situation régulièrement dénoncée par les représentants de la louveterie, alors même que les sollicitations de l’État se multiplient. C’est dans ce contexte que les députés ont adopté plusieurs amendements inspirés d’une proposition de loi transpartisane, visant à mieux reconnaître le statut des lieutenants de louveterie dans le Code de l’environnement. L’objectif est de sécuriser juridiquement leurs missions, tout en consacrant leur rôle croissant dans la gestion de la faune sauvage et la prévention des conflits liés aux animaux sauvages...

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De la forêt à l’assiette : la venaison française, future filière d’avenir ?

Longtemps cantonnée au monde de la chasse et à quelques circuits gastronomiques confidentiels, la venaison française pourrait bientôt changer de dimension. Un amendement reconnaissant sa valorisation a été adopté et ajouté au projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles. Présenté par le député IDL (Identité Libertés) Eddy Casterman, cet amendement reconnait la venaison comme une véritable filière agricole d’avenir. Le sujet quitte donc progressivement le seul terrain cynégétique pour entrer dans le débat économique, alimentaire et territorial. Le constat est en effet paradoxal : alors que la France prélève chaque année plus de 850 000 sangliers, près de 600 000 chevreuils, 100 000 grands cervidés et environ 10 000 chamois et isards, le pays importe encore plus de la moitié de la viande de gibier consommée sur son territoire, notamment en provenance d’Europe de l’Est ou de Nouvelle-Zélande. Selon plusieurs estimations professionnelles, près de 36 000 tonnes de venaison sont consommées chaque année en France, mais une part majeure provient encore de l’importation. Dans certains rayons ou restaurants, le consommateur croit déguster du gibier français alors qu’il consomme parfois du cerf d’élevage néo-zélandais ou du sanglier venu des pays de l’Est. Derrière cette situation se cache une immense faiblesse structurelle : la France chasse beaucoup mais transforme peu. Une grande partie du gibier finit encore en autoconsommation, en dons privés ou parfois détruite faute de débouchés organisés. L’objectif affiché par les parlementaires favorables au texte consiste désormais à intégrer pleinement la production, la transformation et la commercialisation du gibier sauvage dans les politiques agricoles nationales, avec une logique de souveraineté alimentaire et de valorisation des ressources locales. Car la venaison possède aujourd’hui de nombreux arguments capables de séduire les consommateurs modernes. Viande sauvage par excellence, elle ne nécessite ni élevage intensif, ni alimentation importée, ni artificialisation supplémentaire des terres agricoles, et son empreinte carbone reste particulièrement faible comparée à certaines productions industrielles...

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