Le Petit Journal de deux indissociables : la chasse et l'environnement - Game Fair à Lamotte-Beuvron

Loi d’urgence agricole : les députés renforcent le rôle des lieutenants de louveterie

Discrets mais omniprésents sur le terrain, les lieutenants de louveterie viennent d’obtenir une reconnaissance que beaucoup jugeaient nécessaire depuis longtemps. À l’occasion de l’examen du projet de loi d’urgence agricole, les députés ont adopté plusieurs dispositions destinées à mieux encadrer leurs missions et à permettre un accompagnement matériel de l’État. Une évolution qui marque une étape importante pour ces auxiliaires bénévoles de l’administration, dont le rôle n’a cessé de s’accroître ces dernières années. Institution plusieurs fois centenaire, la louveterie demeure l’un des plus anciens corps de l’administration française. Placés sous l’autorité du préfet, les lieutenants de louveterie participent aujourd’hui à de nombreuses missions d’intérêt général : régulation des populations de sangliers, destruction administrative d’animaux occasionnant des dégâts, interventions liées à la sécurité publique, gestion sanitaire de la faune sauvage ou encore protection des élevages confrontés à la prédation. Pourtant, malgré l’importance de leurs responsabilités, ces hommes et ces femmes exercent leurs fonctions à titre bénévole. Véhicules, équipements, temps consacré aux missions et déplacements sont le plus souvent assumés sur leurs propres deniers. Une situation régulièrement dénoncée par les représentants de la louveterie, alors même que les sollicitations de l’État se multiplient. C’est dans ce contexte que les députés ont adopté plusieurs amendements inspirés d’une proposition de loi transpartisane, visant à mieux reconnaître le statut des lieutenants de louveterie dans le Code de l’environnement. L’objectif est de sécuriser juridiquement leurs missions, tout en consacrant leur rôle croissant dans la gestion de la faune sauvage et la prévention des conflits liés aux animaux sauvages...

[ LIRE LA SUITE... ]


Les femmes redessinent l’avenir de la chasse durable

Longtemps considérée comme un univers essentiellement masculin, la chasse connaît aujourd’hui une profonde transformation. Réunies au Portugal à l’occasion de la huitième Conférence internationale « Women and Sustainable Hunting » (WaSH), organisée par le Conseil international de la chasse et de la conservation de la faune sauvage (CIC), des spécialistes venus d’Europe, d’Afrique et des Amériques ont dressé un constat désormais largement partagé : les femmes représentent le segment de chasseurs connaissant la plus forte progression dans le monde cynégétique moderne. Organisé le 22 mai 2026 dans la ville historique de Vila Viçosa, au cœur de l’Alentejo portugais, le congrès avait pour thème « Gardiennes de la nature : les femmes et l’avenir du tourisme cynégétique ». Chercheuses, chasseresses, professionnelles du tourisme de chasse et responsables de la conservation y ont échangé autour du rôle croissant des femmes dans l’évolution des pratiques cynégétiques et de la gestion durable de la faune sauvage. Le président du CIC, Luis de la Peña, a marqué les esprits en déclarant aux participantes : « Vous n’êtes pas des invitées dans le monde de la chasse. Vous en êtes l’avenir... ». Une phrase qui résume l’orientation prise par une partie du secteur cynégétique international, convaincue que les femmes apportent une nouvelle approche de la chasse, davantage centrée sur l’éthique, la transmission, la conservation et le lien avec les territoires. Plusieurs études scientifiques présentées lors du congrès sont venues étayer cette évolution. Une recherche menée au Mozambique sur des safaris spécialement conçus pour les femmes montre que lorsque les séjours de chasse intègrent des dimensions éducatives, culturelles et environnementales fortes, les freins historiques à la participation féminine diminuent nettement. Les participantes accordent une importance particulière à la sécurité, à la convivialité, à la valorisation de la venaison et aux enjeux de conservation. Des travaux finlandais présentés durant le congrès soulignent également que les femmes placent davantage l’éthique, la responsabilité et la durabilité au cœur de leurs choix cynégétiques. Pour les professionnels du tourisme de chasse, cette évolution représente un enjeu économique majeur, mais aussi une opportunité de renforcer l’acceptabilité sociale de certaines pratiques. En Afrique australe, plusieurs opérateurs de safaris ont également témoigné de cette mutation profonde. Selon eux, les femmes contribuent progressivement à faire évoluer le tourisme cynégétique vers des modèles davantage axés sur la gestion communautaire, l’éducation à la nature et la transmission intergénérationnelle. Pour le CIC et son groupe Artemis, organisateur historique du congrès WaSH, le message est désormais clair : les femmes ne se contentent plus de participer à la chasse moderne, elles en redéfinissent progressivement les valeurs et les priorités.


La semaine en bref...

- Alpes de Haute-Provence : le partenariat entre Enedis et la FDC se poursuit. Une convention a été signée à Champtercier entre Sébastien Matheron, directeur territorial Enedis des Alpes du Sud, et André Pesce, président de la fédération départementale des chasseurs. Cette collaboration vise principalement à renforcer la coopération entre les deux structures sur des enjeux environnementaux et de sécurité, liés aux territoires ruraux et montagnards. Les chasseurs, présents quotidiennement sur le terrain, constituent en effet un relais précieux pour signaler rapidement des incidents sur le réseau électrique, des départs de feu, des arbres menaçant les lignes ou encore certaines anomalies observées dans des secteurs difficiles d’accès. La convention prévoit également des actions communes de sensibilisation à la protection de l’environnement et à la préservation de la biodiversité. Dans un département marqué par de vastes espaces naturels et une forte exposition aux risques climatiques, ce partenariat entend aussi favoriser une meilleure circulation de l’information entre les acteurs locaux présents sur le terrain. Une coopération pragmatique qui illustre le rôle grandissant des fédérations de chasse dans les missions d’observation et de veille environnementale.

 

- Aveyron : à Mostuéjouls, dans les gorges du Tarn, les techniciens de la FDC ont repris leur traditionnel comptage des mouflons. Cette opération annuelle, menée dans le cadre du programme CYNOBS, soutenu par l’Écocontribution et l’OFB, mobilise plusieurs équipes d’observateurs réparties sur des points stratégiques du territoire. Tôt le matin ou en soirée, jumelles ou longues-vues en main, les chasseurs scrutent les reliefs afin de recenser les animaux visibles. Le choix de Mostuéjouls n’est pas anodin : la commune abrite à elle seule plus de 90 % de la population départementale de mouflons. Les premiers résultats sont encourageants. Malgré une augmentation des plans de chasse ces dernières années, les effectifs observés continuent de progresser, signe d’une population dynamique et en bonne santé sur le territoire aveyronnais. Les observateurs restent toutefois attentifs à la présence désormais régulière du loup dans le secteur. Ailleurs en France, la prédation exercée sur les mouflons a parfois provoqué un net recul des populations, renforçant l’importance de ces suivis annuels.

 

- Côte d’Or : le premier Festival d’histoires naturelles de Montbard, organisé du 5 au 7 juin 2026, donnera une large place aux enjeux environnementaux et scientifiques liés aux milieux aquatiques. À cette occasion, l’Office français de la biodiversité (OFB) participera à une table ronde consacrée à la restauration des cours d’eau. La rencontre se tiendra vendredi 5 juin, de 17h30 à 18h45, à la salle Paul-Éluard. Julien Bouchard, ingénieur connaissance à l’OFB Bourgogne–Franche-Comté, échangera avec plusieurs spécialistes du sujet : Matthias Alloux, chef de projet à l’EPAGE de l’Armançon, Philippe Amiotte-Suchet, hydro-géochimiste à l’Université Bourgogne-Europe, sous la modération de la journaliste et réalisatrice Marina Julienne, spécialiste des relations entre sciences et société. Les intervenants aborderont une question essentielle : comment mesurer concrètement l’efficacité des opérations de restauration des rivières ? Indices biologiques, analyses morphologiques, protocoles scientifiques et retours d’expérience issus du réseau national des sites de démonstration seront au cœur des échanges. Les exemples bourguignons permettront notamment d’illustrer les méthodes utilisées pour évaluer l’évolution des milieux aquatiques après les travaux de restauration écologique...

[ LIRE LA SUITE... ]


De la forêt à l’assiette : la venaison française, future filière d’avenir ?

Longtemps cantonnée au monde de la chasse et à quelques circuits gastronomiques confidentiels, la venaison française pourrait bientôt changer de dimension. Un amendement reconnaissant sa valorisation a été adopté et ajouté au projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles. Présenté par le député IDL (Identité Libertés) Eddy Casterman, cet amendement reconnait la venaison comme une véritable filière agricole d’avenir. Le sujet quitte donc progressivement le seul terrain cynégétique pour entrer dans le débat économique, alimentaire et territorial. Le constat est en effet paradoxal : alors que la France prélève chaque année plus de 850 000 sangliers, près de 600 000 chevreuils, 100 000 grands cervidés et environ 10 000 chamois et isards, le pays importe encore plus de la moitié de la viande de gibier consommée sur son territoire, notamment en provenance d’Europe de l’Est ou de Nouvelle-Zélande. Selon plusieurs estimations professionnelles, près de 36 000 tonnes de venaison sont consommées chaque année en France, mais une part majeure provient encore de l’importation. Dans certains rayons ou restaurants, le consommateur croit déguster du gibier français alors qu’il consomme parfois du cerf d’élevage néo-zélandais ou du sanglier venu des pays de l’Est. Derrière cette situation se cache une immense faiblesse structurelle : la France chasse beaucoup mais transforme peu. Une grande partie du gibier finit encore en autoconsommation, en dons privés ou parfois détruite faute de débouchés organisés. L’objectif affiché par les parlementaires favorables au texte consiste désormais à intégrer pleinement la production, la transformation et la commercialisation du gibier sauvage dans les politiques agricoles nationales, avec une logique de souveraineté alimentaire et de valorisation des ressources locales. Car la venaison possède aujourd’hui de nombreux arguments capables de séduire les consommateurs modernes. Viande sauvage par excellence, elle ne nécessite ni élevage intensif, ni alimentation importée, ni artificialisation supplémentaire des terres agricoles, et son empreinte carbone reste particulièrement faible comparée à certaines productions industrielles...

[ LIRE LA SUITE... ]


Loups : l’Assemblée nationale assouplit les tirs de défense pour protéger les élevages

L’Assemblée nationale a adopté plusieurs dispositions visant à renforcer les moyens de protection des élevages confrontés à la prédation du loup, dans le cadre de l’examen du projet de loi d’urgence agricole. Les députés ont notamment validé un assouplissement des procédures encadrant les tirs de défense ainsi qu’une augmentation du plafond annuel de prélèvement de l’espèce. Le texte prévoit désormais un relèvement du plafond de destruction de 19 à 21 % de la population estimée de loups présents sur le territoire national, avec une possibilité de porter ce seuil à 23 % en cas de nécessité. Selon les chiffres avancés par le gouvernement, cette évolution pourrait permettre le prélèvement d’environ 227 individus contre 192 auparavant, sur une population estimée à près de 1 082 loups. Par ailleurs, les députés ont approuvé un amendement autorisant, sous conditions, l’utilisation de dispositifs de visée nocturne ou thermique dans le cadre des tirs de défense réalisés par les chasseurs et les éleveurs. Cette disposition a été adoptée malgré les réserves exprimées par le ministère chargé de la Transition écologique, qui a évoqué des enjeux liés à la sécurité publique. Le texte adopté simplifie également les modalités administratives applicables aux tirs de défense des bovins et équins. Jusqu’à présent soumis à un régime d’autorisation préalable, ces tirs relèveront désormais d’un dispositif déclaratif, aligné sur celui applicable aux élevages ovins, sous réserve du respect des conditions réglementaires en vigueur. Un amendement porté par Christophe Bentz, Rassemblement National, député de la circonscription de Chaumont-Langres (52) a en outre été adopté contre l’avis du gouvernement. Celui-ci prévoit que le tir de défense soit présumé légitime en cas d’attaque imminente ou d’intrusion manifeste d’un loup, sans nécessité d’autorisation préalable ni de récépissé administratif, sous réserve d’une constatation a posteriori des faits. Le gouvernement a défendu ces évolutions en mettant en avant l’augmentation continue des dommages liés à la prédation. Selon les données présentées dans l’hémicycle par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, 4 400 attaques ont été recensées en 2025, soit une hausse de 8 % par rapport à l’année précédente, pour environ 12 500 animaux domestiques victimes. Plusieurs groupes parlementaires de gauche et écologistes ont contesté l’utilité de ces mesures, estimant qu’elles relèvent principalement d’un affichage politique et plaidant pour un renforcement des dispositifs de protection des troupeaux. Le gouvernement affirme pour sa part que ces ajustements visent à maintenir un équilibre entre la préservation du loup dans un état de conservation favorable et la protection des activités d’élevage dans les territoires ruraux.


La chasse de juin du brocard : gestion avant tout

La chasse d’été du chevreuil, qui débute traditionnellement en juin, répond avant tout à une logique de gestion raisonnée des populations. Bien loin de l’image d’une chasse opportuniste, elle s’inscrit dans un objectif précis : prélever en priorité les brocards déficients avant la période du rut. Ce tri sélectif permet d’écarter des individus présentant des anomalies morphologiques, des défauts de développement ou un état sanitaire dégradé, susceptibles de transmettre ces caractéristiques à la descendance. En intervenant en amont du rut, le chasseur participe ainsi activement à l’amélioration qualitative de la population. Cette période offre par ailleurs des conditions favorables à un tir maîtrisé : végétation encore relativement basse, animaux souvent calmes et prévisibles, et tirs réalisés à l’approche ou à l’affût. La précision prime alors sur la puissance, dans une pratique qui s’apparente davantage à un tir de gestion qu’à une action de chasse classique. Le choix du calibre et des munitions doit donc répondre à un double impératif : efficacité létale rapide et respect de la venaison. Il s’agit de trouver le bon équilibre entre puissance suffisante et limitation des dégâts, dans le respect de l’éthique cynégétique. Pour le choix du calibre, nous nous limiterons ici à des calibres courants, dont les munitions sont facilement disponibles. Le chevreuil étant un animal léger, il ne nécessite pas de calibres surpuissants. En revanche, les projectiles trop légers, très rapides, restent sensibles au vent et aux obstacles (végétation), ce qui peut nuire à la précision...

[ LIRE LA SUITE... ]


Les chemins, maillons essentiels de la ruralité

Les chemins ruraux font partie de ces éléments du paysage que l’on remarque à peine… jusqu’au jour où ils disparaissent. Pourtant, ils constituent un maillon essentiel de la ruralité française. Hérités d’anciens tracés agricoles, forestiers ou communaux, ces voies permettent depuis des siècles de relier villages, parcelles, bois et pâtures tout en offrant au public un accès privilégié à la nature. Selon plusieurs estimations, près de 250 000 kilomètres de chemins auraient disparu en France depuis les années 1950, absorbés par l’urbanisation, les remembrements agricoles ou simplement abandonnés faute d’entretien. Une disparition silencieuse qui soulève aujourd’hui des enjeux à la fois environnementaux, patrimoniaux et sociaux. Il convient tout d’abord de distinguer les différents types de voies rurales. Les chemins ruraux appartiennent au domaine privé des communes, contrairement aux voies communales qui relèvent du domaine public routier. Le Code rural précise, dans son article L.161-1, qu’un chemin rural est un chemin appartenant à la commune, affecté à l’usage du public et qui n’est pas classé comme voie communale. Ils sont donc affectés à l’usage du public sans pour autant bénéficier du même régime juridique qu’une route classique. À côté de ces chemins, existent également les chemins d’exploitation ou chemins d’associations foncières, généralement réservés à la desserte des parcelles agricoles et appartenant aux propriétaires riverains ou à des structures foncières spécifiques. Cette distinction est essentielle car elle conditionne les droits de circulation, les obligations d’entretien et les responsabilités en cas de litige. Les chemins ruraux restent en principe ouverts à tous : promeneurs, randonneurs, cavaliers, cyclistes ou chasseurs peuvent les emprunter librement, sauf arrêté municipal motivé. En revanche, le passage sur des chemins privés repose souvent sur une simple tolérance du propriétaire, qui peut être retirée à tout moment. C’est là que naissent de nombreux conflits de terrain. Certains chemins historiquement utilisés par le public se retrouvent labourés, clôturés ou intégrés à des exploitations agricoles. Dans plusieurs régions, des associations se mobilisent désormais pour défendre ce patrimoine rural et obtenir la réouverture de voies oubliées. Car au-delà de leur fonction de circulation, ces chemins jouent aussi un rôle écologique majeur : véritables corridors naturels, ils favorisent le déplacement de la faune, préservent des haies, des talus et des zones refuges pour la biodiversité...

[ LIRE LA SUITE... ]


Dégâts de gibier : Xavier Bertrand ouvre le débat du « qui doit payer ? »

Le dossier explosif des dégâts de grand gibier vient de franchir un nouveau cap politique. En prenant publiquement position sur les réseaux sociaux, lundi 25 mai, Xavier Bertrand a repris presque mot pour mot les arguments défendus depuis plusieurs mois par la Fédération nationale des chasseurs : les chasseurs ne peuvent plus être tenus financièrement responsables dans des territoires où ils ne sont plus autorisés à réguler les populations animales. Une sortie qui résonne comme un avertissement adressé à l’État, mais aussi aux collectivités, associations et propriétaires qui contribuent à multiplier les zones interdites à la chasse. Car derrière l’augmentation continue des indemnisations agricoles se cache une réalité de terrain de plus en plus dénoncée par les fédérations départementales : sangliers et cervidés prolifèrent précisément dans les espaces sanctuarisés, où toute régulation devient impossible ou extrêmement limitée. Emprises ferroviaires, autoroutières, zones industrielles, plateformes logistiques, réserves naturelles, friches sécurisées ou secteurs périurbains forment désormais un maillage considérable de refuges pour le grand gibier. À cela s’ajoutent les territoires où la chasse peut être bloquée par opposition idéologique, refus de céder les droits de chasse ou multiplication des contraintes administratives et contentieuses. Résultat : les animaux circulent depuis ces sanctuaires vers les cultures voisines, tandis que les chasseurs continuent d’assumer, presque seuls, le coût des dégâts. Pour Xavier Bertrand, cette situation atteint aujourd’hui ses limites. Son intervention marque un tournant car elle pose ouvertement une question longtemps évitée par le monde politique : peut-on interdire la chasse tout en faisant payer les chasseurs ? Derrière cette interrogation se profile un débat financier majeur. Le système français d’indemnisation repose historiquement sur un principe simple : les chasseurs régulent le gibier et indemnisent les dégâts causés aux cultures. Mais ce modèle suppose qu’ils disposent réellement des moyens d’agir. Or, dans de nombreux territoires, les chasseurs expliquent qu’ils deviennent juridiquement responsables d’animaux qu’ils ne peuvent plus prélever efficacement...

[ LIRE LA SUITE... ]


Montagne : les élus obtiennent une reconnaissance renforcée de leurs spécificités

Les territoires de montagne viennent de franchir une étape politique importante. L’Assemblée nationale a adopté la proposition de loi « pour une montagne vivante et souveraine », portée par l’Association nationale des élus de la montagne (ANEM) et soutenue par 122 députés issus de plusieurs groupes politiques. Un texte que ses promoteurs présentent comme une nouvelle pierre fondatrice après la loi Montagne de 1985 et sa modernisation en 2016. À l’origine de cette initiative figurent notamment Jean-Pierre Vigier, président de l’ANEM et député de la Haute-Loire, Frédérique Espagnac, sénatrice des Pyrénées-Atlantiques, et Xavier Roseren, député de Haute-Savoie. Tous défendent une même idée : reconnaître officiellement le droit à la différenciation territoriale pour des zones confrontées à des contraintes géographiques, climatiques et démographiques particulières. Le texte adopté s’articule autour de onze mesures destinées à adapter les politiques publiques aux réalités de la montagne. L’éducation figure parmi les priorités avec une volonté d’assouplir la carte scolaire afin de tenir compte de l’isolement de certaines communes. En matière de santé, les élus souhaitent garantir un accès plus rapide aux soins d’urgence dans les vallées et zones enclavées. La gouvernance locale est également concernée avec la création de commissions spécifiques « montagne » dans certaines intercommunalités. Les parlementaires entendent ainsi mieux intégrer les enjeux propres aux massifs dans les décisions locales. La question de l’eau occupe aussi une place centrale. Le texte encourage une gestion multiusage de la ressource et le développement de capacités de stockage adaptées aux besoins agricoles, touristiques et environnementaux. Dans le même esprit, les infrastructures de recharge pour véhicules électriques devraient être accélérées afin de favoriser une mobilité décarbonée dans les stations et vallées.


L’Albanie rejoint officiellement le CIC et veut reconstruire une chasse durable

L’Albanie vient de franchir une étape importante dans sa politique de gestion de la faune sauvage. Le 22 mai 2026, à Tirana, le pays est officiellement devenu le 30e État membre du Conseil international pour la conservation du gibier et de la faune sauvage (CIC), rejoignant ainsi un réseau mondial rassemblant États, scientifiques, fédérations cynégétiques et organisations de conservation. L’adhésion a été signée lors d’une table ronde de haut niveau organisée par la Fédération albanaise de la chasse et de la conservation et le ministère de l’Environnement. Plusieurs représentants européens y participaient, parmi lesquels Srecko Žerjav, vice-président de FACE et président de la Fédération des chasseurs de Slovénie, ainsi que Jaroslaw Kuczaj, représentant permanent de l’Association polonaise de chasse auprès de FACE. Cette adhésion intervient dans un contexte particulier pour l’Albanie. Le pays avait instauré un moratoire national sur la chasse pendant plusieurs années afin de lutter contre le braconnage et l’effondrement de certaines populations animales. Les autorités souhaitent désormais reconstruire un modèle cynégétique moderne, mieux encadré et davantage tourné vers la conservation. Le ministre albanais de l’Environnement, Sofjan Jaupaj, a souligné que l’entrée au CIC offrirait au pays un accès direct à l’expertise internationale en matière de gestion durable de la faune, de suivi scientifique et de développement rural. Les échanges techniques ont notamment porté sur l’organisation des territoires de chasse, les systèmes de permis, la formation des gardes-chasse, le suivi sanitaire de la faune sauvage et la modernisation de la future législation. Les participants ont insisté sur le rôle central des associations locales de chasseurs, considérées comme des acteurs incontournables de terrain. Ils ont également mis en garde contre une privatisation excessive des droits de chasse qui pourrait marginaliser les communautés rurales traditionnellement impliquées dans la gestion des territoires. L’Albanie devra désormais aligner ses futures réformes sur plusieurs accords internationaux, dont l’AEWA et la Charte européenne de la chasse et de la biodiversité. Pour le CIC comme pour la FACE, cette adhésion marque le début d’une coopération durable destinée à renforcer la conservation de la faune sauvage dans les Balkans et à replacer la chasse dans un cadre transparent, scientifique et participatif.


Élisabeth Claverie de Saint Martin nommée directrice générale de l’Anses

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) change de gouvernance. Par décret du 15 mai 2026, Élisabeth Claverie de Saint Martin a été officiellement nommée directrice générale de l’établissement public. Elle a pris ses fonctions le 18 mai, succédant à une période marquée par la multiplication des crises sanitaires, environnementales et agricoles. Ancienne présidente-directrice générale du Cirad depuis 2021, Élisabeth Claverie de Saint Martin possède un parcours particulièrement dense à l’interface entre recherche, diplomatie et action publique internationale. Normalienne, agrégée d’économie et ancienne élève de l’École nationale d’administration (ENA), elle débute sa carrière dans l’enseignement supérieur et la recherche avant d’intégrer la haute fonction publique au début des années 1990. Au fil de son parcours, elle occupe plusieurs postes stratégiques au sein des ministères économiques et financiers, mais aussi dans les institutions internationales. Elle travaille notamment auprès de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international sur des questions de développement, d’économie agricole et de politiques publiques. Sa carrière diplomatique la conduit également dans plusieurs représentations françaises à Bruxelles, Varsovie et Madrid, où elle développe une solide expertise des négociations européennes et internationales. Depuis 2021, elle dirigeait le Cirad, organisme français de recherche agronomique spécialisé dans les régions tropicales et méditerranéennes, présent dans plus de 60 pays. Sous sa direction, l’établissement a renforcé ses travaux sur la sécurité alimentaire, la santé animale, le changement climatique, la biodiversité et les transitions agricoles. Sa nomination à la tête de l’Anses s’inscrit pleinement dans l’approche dite « One Health », qui considère les liens étroits entre santé humaine, santé animale et environnement. L’agence souligne que son expérience scientifique et internationale constitue un atout majeur dans un contexte où les enjeux sanitaires deviennent de plus en plus globaux. Lors de son audition parlementaire, Élisabeth Claverie de Saint Martin a insisté sur la nécessité de préserver une expertise scientifique indépendante capable d’éclairer les décisions publiques dans des débats souvent sensibles. Elle a également affiché sa volonté de renforcer le rayonnement scientifique international de l’Anses tout en consolidant son rôle d’appui aux politiques publiques françaises et européennes.