Le Petit Journal de deux indissociables : la chasse et l'environnement

 

Conçue pour l’apprentissage progressif de la trompe en ré, cette méthode s’adresse aux débutants, aux musiciens de niveau moyen et aux enseignants. S’appuyant sur leur expérience, les auteurs proposent une synthèse de leur approche, complétée par trois recueils d’études, d’exercices et de fanfares traditionnelles déjà publiés chez « Tempo Music Club ». L’ouvrage gagne en efficacité lorsqu’il est accompagné des conseils personnalisés d’un professeur.

 

L’apprentissage est structuré en quatre chapitres suivant la progression pédagogique : 1) gestion de l’air, 2) diction et ornementation, 3) expression, 4) pupitres. Les auteurs précisent avoir privilégié une rédaction simple et claire, sans planches techniques ni schémas anatomiques, en renvoyant plutôt à des vidéos en 3D dont les liens figurent en fin de recueil. Ce support moderne, explicite et ludique, complète les explications.

 

Des exercices annexes visent à développer le « ressenti » de l’élève et peuvent être enrichis sur recommandation des enseignants. Enfin, la méthode doit être adaptée par le professeur ou l’apprenant lui-même, selon la morphologie, les capacités et le niveau de chacun.

 

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Congrès 2026 de la FNC : chasseurs en colère, rupture en vue avec l’OFB

Au congrès 2026 de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), le ton s’est nettement durci. Son président, Willy Schraen, a livré un discours offensif, marqué par une accumulation de griefs et une volonté affichée de reprendre la main sur plusieurs dossiers clés. Derrière la rétrospective de la saison 2025-2026, c’est bien une stratégie de confrontation qui se dessine. En ouverture, le président a mis en avant l’opération « J’aime la nature propre », vaste campagne nationale de ramassage des déchets, destinée à illustrer l’engagement environnemental des chasseurs. Mais ce message introductif a rapidement laissé place à une série de critiques : crise des migrateurs, contraintes européennes jugées excessives, ou encore retour du loup, dont les effectifs seraient, selon lui, sous-estimés. À travers ces thèmes, Willy Schraen interroge une question de fond : quelle place reste-t-il à l’homme dans une nature de plus en plus encadrée ? Mais c’est surtout sur le terrain économique que l’alerte est la plus forte. Le système d’indemnisation des dégâts de grand gibier, financé par les chasseurs, apparaît aujourd’hui à bout de souffle. En cause, selon la FNC : la multiplication des zones interdites à la chasse, où les populations animales prospèrent sans régulation. Résultat, les fédérations départementales voient leurs finances se tendre dangereusement. « Les caisses sont vides », résume en substance le président, qui pointe également le non-versement par l’État d’une aide de 10 millions d’euros pourtant annoncée. Derrière ce constat, c’est toute la question du modèle économique de la chasse française qui est posée. Autre ligne de fracture majeure : la relation avec l’Office français de la biodiversité (OFB). Willy Schraen accuse l’établissement public de s’être éloigné du monde cynégétique, au point de devenir un adversaire. Il réclame une reprise en main par les chasseurs de missions structurantes, comme la formation, le permis de chasser ou encore la police de la chasse. Plus encore, il dénonce l’utilisation, par l'OFB, de l'argent des chasseurs pour financer des actions jugées hostiles à la chasse. Une critique qui traduit une rupture profonde et désormais assumée. Au-delà des prises de position, le discours esquisse une ligne politique claire : défense des chasses traditionnelles, promotion du gibier, reconquête du petit gibier. Mais une question demeure : avec quels moyens ? Entre tensions institutionnelles, contraintes réglementaires et fragilité financière, la stratégie affichée par la FNC apparaît aussi ambitieuse qu’incertaine.


Programme CiTIQUE : contribution des sciences participatives à l’étude des tiques et des agents pathogènes

Le programme CiTIQUE constitue un dispositif de recherche participative destiné à améliorer les connaissances sur les tiques piqueuses et les agents pathogènes qu’elles transmettent en France. Coordonné par INRAE en collaboration avec l’Université de Lorraine, l’ANSES, VetAgro Sup et le Centre permanent d’initiatives pour l’environnement Nancy-Champenoux, ce programme repose sur la participation volontaire des citoyens. Les particuliers sont invités à signaler les piqûres de tiques, sur eux-mêmes ou sur leurs animaux domestiques, via l’application mobile « Signalement TIQUE », un site internet dédié, ou un formulaire papier. Les spécimens retirés peuvent ensuite être envoyés à la tiquothèque du centre INRAE Grand Est-Nancy, où ils font l’objet d’analyses taxonomiques et microbiologiques. Entre 2017 et 2019, un total de 2 009 tiques ayant piqué des humains a été collecté dans différentes régions françaises et analysé. Chaque spécimen a été identifié morphologiquement, puis examiné afin de détecter la présence d’environ vingt agents pathogènes potentiellement transmissibles à l’être humain. Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue scientifique « Ticks and Tick-borne Diseases ». Les analyses montrent que 27 % des tiques étudiées étaient porteuses d’au moins un agent pathogène susceptible d’infecter l’homme. La grande majorité des spécimens collectés (94 %) appartient à l’espèce Ixodes ricinus, principale tique impliquée dans les piqûres humaines en Europe occidentale. Parmi ces tiques, 15,4 % contenaient la bactérie Borrelia burgdorferi sensu lato, responsable de la Maladie de Lyme. D’autres agents pathogènes ont également été identifiés : 7,1 % des spécimens étaient porteurs de Anaplasma phagocytophilum, agent de l’anaplasmose granulocytaire humaine, tandis que 2,9 % contenaient Neoehrlichia mikurensis, responsable de la néoehrlichiose. Par ailleurs, 4,5 % des tiques analysées présentaient des co-infections, hébergeant simultanément plusieurs agents pathogènes. Un résultat notable concerne les larves de Ixodes ricinus. Environ 7,3 % d’entre elles se sont révélées porteuses de Borrelia burgdorferi, alors que ces stades précoces sont généralement considérés comme indemnes avant leur premier repas sanguin. Cette observation, cohérente avec d’autres travaux récents, suggère la possibilité d’une transmission précoce de la bactérie. Les auteurs rappellent toutefois que la détection d’un agent pathogène dans une tique ne signifie pas nécessairement qu’une infection survient chez l’hôte. Le risque dépend notamment de la durée d’attachement du parasite, de la charge bactérienne et de la réponse immunitaire de la personne exposée. Le programme CiTIQUE illustre enfin l’apport des sciences participatives à la surveillance épidémiologique. En fournissant des échantillons provenant de situations réelles de piqûres sur l’ensemble du territoire, ce dispositif permet d’améliorer la cartographie des risques sanitaires et d’affiner les stratégies de prévention contre les maladies transmises par les tiques.


Eau : la justice bloque de nouvelles réserves et relance la guerre entre écologie et agriculture

Le Conseil d’État a annulé un arrêté pris le 3 juillet 2024 par l’ancien ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu. Ce texte visait à assouplir les règles encadrant la création de plans d’eau de plus d’un hectare dans certaines zones humides, notamment dans le Marais poitevin, vaste territoire humide à cheval sur la Vendée, les Deux-Sèvres et la Charente-Maritime. L’arrêté permettait aux porteurs de projets (agriculteurs, pêcheurs ou acteurs du tourisme), de bénéficier de règles simplifiées pour créer des retenues d’eau. Le texte supprimait l’obligation de satisfaire aux trois conditions imposées depuis 2021 : prouver un intérêt général majeur ou des bénéfices supérieurs à la préservation du milieu naturel, démontrer l’absence d’alternative moins dommageable pour l’environnement et prévoir des mesures de réduction ou de compensation des impacts écologiques. Saisi par plusieurs associations environnementales, le Conseil d’État a estimé que cet arrêté constituait un recul du droit environnemental. La haute juridiction administrative a jugé qu’il était « contraire au principe de non-régression en matière de protection de l’environnement », inscrit dans la loi française depuis 2016. L’arrêté a donc été annulé. Les organisations écologistes ont salué cette décision, estimant qu’elle protège des milieux naturels fragiles. Les zones humides jouent en effet un rôle important dans la biodiversité, la filtration naturelle de l’eau et la régulation des crues. Mais cette décision ravive aussi les tensions autour de la gestion de la ressource en eau. Dans des territoires agricoles soumis à des sécheresses de plus en plus fréquentes, certaines retenues d’eau sont présentées comme un moyen d’anticiper les pénuries estivales. Des acteurs du monde agricole dénoncent une approche qu’ils jugent idéologique. Ils accusent certaines organisations écologistes de s’opposer systématiquement aux projets liés à l’activité économique tout en se montrant peu préoccupées par la question concrète du stockage de l’eau. À l’approche des étés de plus en plus secs, le débat reste ouvert : la protection stricte des zones humides permettra-t-elle de préserver durablement la ressource, ou empêchera-t-elle les territoires de s’adapter aux tensions hydriques ? La réponse pourrait apparaître dès les prochains étés.


Etude expérimentale sur le potentiel de systèmes de production agricoles sans pesticides

Cultiver sans pesticides en grandes cultures apparaît techniquement possible et économiquement viable sous certaines conditions, selon les résultats d’une étude conduite pendant 10 ans sur 9 systèmes de culture dans le cadre du réseau expérimental « Rés0Pest ». Coordonnée par INRAE, en partenariat avec l’école d’ingénieurs de Purpan et le Cirad, cette recherche s’inscrit dans le prolongement du plan Ecophyto Dephy Expe lancé en 2012. Elle répond à une question centrale : peut-on se passer totalement de pesticides tout en maintenant des niveaux de rendement acceptables et une viabilité économique ? L’enjeu est majeur, car l’usage généralisé et répété des pesticides entraîne des impacts importants sur la contamination des sols, de l’eau et de l’atmosphère, affecte la santé humaine et la biodiversité, et représente un coût significatif pour la société comme pour les agriculteurs. Les chercheurs ont conçu 9 systèmes originaux sans recours aux pesticides, tout en autorisant le travail du sol et l’usage d’engrais minéraux de synthèse. Ces systèmes ont été élaborés lors d’ateliers de co-conception associant conseillers agricoles, agriculteurs et scientifiques, puis testés sur 9 sites expérimentaux répartis dans l’Hexagone, couvrant une grande diversité de contextes pédoclimatiques et socio-économiques. Parmi eux figuraient 5 systèmes de grande culture et 4 systèmes en polyculture-élevage incluant des prairies temporaires. L’objectif était de n’utiliser aucun pesticide tout en réduisant fortement les stress biotiques liés aux ravageurs, maladies et adventices, grâce à des rotations longues de 5 à 9 ans. Les systèmes reposaient sur trois piliers agroécologiques : la prophylaxie (gestion des résidus, semences saines, nettoyage du matériel), la diversification et la valorisation de la biodiversité végétale (successions culturales variées, cultures associées, mélanges variétaux), et l’amélioration ou la préservation de la santé des sols (implantation de cultures intermédiaires, réduction du travail du sol sans exclure le labour). Les résultats montrent que les rendements sont le plus souvent inférieurs à ceux des systèmes conventionnels avec protection chimique, mais peuvent, dans certaines situations, atteindre des niveaux équivalents voire supérieurs, sans augmentation significative des dégâts dus aux maladies et ravageurs au fil du temps...

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Journée internationale des forêts : une mobilisation mondiale pour préserver les écosystèmes

Chaque année, le 21 mars est consacré à la Journée internationale des forêts. Cette date a été choisie par l’Organisation des Nations unies (ONU) afin de sensibiliser le public à l’importance des forêts et à la nécessité de les protéger. Créée officiellement en 2012 par l’Assemblée générale de l’ONU, cette journée vise à mettre en lumière le rôle essentiel que jouent les forêts dans l’équilibre écologique de la planète et dans la vie quotidienne de millions de personnes. L’origine de cette initiative repose sur un constat alarmant : les forêts disparaissent à un rythme inquiétant dans de nombreuses régions du monde. La déforestation, l’exploitation intensive du bois, l’expansion agricole ou encore l’urbanisation contribuent à la destruction de ces écosystèmes. Face à ces menaces, l’ONU a voulu instaurer une journée internationale capable de mobiliser gouvernements, organisations environnementales, scientifiques et citoyens autour d’un objectif commun : préserver et restaurer les espaces forestiers. De nombreux acteurs participent à cette mobilisation mondiale. Les États membres de l’ONU organisent des campagnes de sensibilisation, des programmes de reboisement ou encore des événements éducatifs. Des organisations internationales comme la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), des ONG, des collectivités locales, des écoles et des associations environnementales prennent également part à ces actions. Dans de nombreux pays, des activités pédagogiques sont proposées afin d’expliquer aux jeunes générations l’importance des forêts pour la biodiversité, le climat et les ressources naturelles. Les objectifs de cette journée sont multiples. Il s’agit d’abord de rappeler que les forêts couvrent environ un tiers de la surface terrestre et qu’elles abritent une grande partie de la biodiversité mondiale. Elles jouent aussi un rôle crucial dans la régulation du climat en stockant le carbone et en limitant le réchauffement climatique. Les forêts contribuent également à la sécurité alimentaire, fournissent des ressources économiques et protègent les sols ainsi que les ressources en eau. Depuis sa création, la Journée internationale des forêts a permis d’accroître la sensibilisation du public et d’encourager des initiatives concrètes. Dans plusieurs régions, des programmes de restauration forestière ont été lancés et des millions d’arbres ont été plantés. Même si la déforestation reste un problème majeur à l’échelle mondiale, cette journée contribue à rappeler l’urgence d’agir collectivement pour protéger ces écosystèmes indispensables à l’avenir de la planète.


Biodiversité : l’OFB lance l’appel à projets « Mission Nature 2026 »

L’Office français de la biodiversité (OFB) vient d’ouvrir un nouvel appel à projets dans le cadre du programme « Mission Nature 2026 », un dispositif destiné à soutenir financièrement des actions concrètes de restauration de la biodiversité sur l’ensemble du territoire français. L’objectif est d’identifier de nouveaux projets capables de restaurer des habitats naturels, protéger des espèces menacées ou réhabiliter des écosystèmes dégradés. Lancé en 2023 en partenariat avec FDJ United, le dispositif repose sur un principe original : permettre au grand public de contribuer à la protection de la nature de manière ludique, grâce à des jeux dédiés dont une partie des recettes est directement reversée à l’OFB pour financer des actions environnementales. Depuis sa création, « Mission Nature » a déjà permis de soutenir 64 projets de restauration écologique, pour un montant total de 21,6 millions d’euros entre 2023 et 2025. Parmi eux, 14 projets situés en Outre-mer, représentant à eux seuls 5,4 millions d’euros de financements, illustrent l’importance de préserver des territoires à forte richesse écologique. Les initiatives soutenues couvrent une grande diversité d’actions et d’espèces emblématiques. Le programme a notamment contribué au retour de l’Effraie des clochers et du Gypaète barbu, à la restauration des Pozzis du Renosu en Corse, à la remise en état des pelouses calcaires de la forêt de Verdun, ou encore à la protection de la Tortue d’Hermann et des tortues marines. D’autres projets ont permis la restauration de zones humides en Brenne et dans la baie du Mont-Saint-Michel, ainsi que la conservation d’espèces rares comme le Gecko vert de Manapany à La Réunion ou l’Iguane des petites Antilles. Pour l’édition 2026, l’appel à projets est ouvert à tous les types de milieux naturels : terrestres, marins ou aquatiques. Il s’adresse à un large éventail d’acteurs engagés dans la protection du vivant : associations, fondations, collectivités territoriales, établissements publics ou organismes professionnels. Les porteurs de projets doivent déposer leur dossier exclusivement en ligne via la plateforme Démarches Simplifiées :

https://demarche.numerique.gouv.fr/commencer/mission-nature-appel-a-projets-2026

La liste complète des documents nécessaires à la constitution du dossier est disponible sur le site de l’OFB :

https://ofb.gouv.fr/financements/aap-mission-nature

Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 7 mai 2026. Les projets sélectionnés seront dévoilés en juillet 2026 et bénéficieront d’un financement issu de la prochaine édition de « Mission Nature ».


Adieu prédateurs, adieu petit gibier, adieu chasseurs...

La récente étude publiée dans la revue Biological Conservation par des chercheurs du Muséum national d’histoire naturelle et de l’University of the West of England, n’en finit pas de rebondir. Sans même ouvrir le dossier, la plupart des médias a repris en chœur que l’abattage des espèces dites « susceptibles d’occasionner des dégâts » coûtait, chaque année, huit fois plus cher que la réparation des dommages qu’elles provoquent. La conclusion implicite est claire : la régulation de ces espèces est inutile, coûteuse et injustifiée. Faut-il donc dire adieu à la régulation des renards, geais, pies, belettes et autres prédateurs que certains voudraient désormais sanctuariser ? Derrière l’apparence d’une démonstration scientifique se dessine en réalité une question bien plus large : celle de la place de la chasse et de la gestion des équilibres naturels dans nos territoires. Car ceux qui vivent et travaillent dans les campagnes savent une chose simple : sans régulation des prédateurs, certaines espèces de petit gibier disparaissent rapidement dans des milieux agricoles déjà fortement transformés. Perdrix, lapins, faisans, lièvres : leur maintien repose souvent sur des équilibres fragiles. Supprimer la régulation des prédateurs reviendrait, dans de nombreux territoires, à accélérer leur déclin. Le raisonnement des auteurs de cette étude est d’une simplicité désarmante : empêchons la régulation, le petit gibier disparaîtra, les chasseurs quitteront les plaines… et le problème sera réglé. Si tel est l’objectif, qu’il soit au moins assumé. Car le débat mérite mieux que des démonstrations présentées comme neutres, alors qu’elles participent d’un affrontement idéologique de plus en plus visible autour de la chasse. Pourtant, ce débat peine à s’installer réellement. Et l’on peut s’étonner du silence pour le moins discret des représentants nationaux du monde cynégétique. Depuis l’épisode politique qui a vu Willy Schraen s’engager aux côtés d’Alliance rurale, engagement qui lui a valu une sévère « banane » électorale, sa parole semble s’être faite plus rare. Certains de ceux qui l’avaient soutenu se sont d’ailleurs sentis trahis par cette incursion politique et lui ont tourné le dos. Pendant ce temps, les attaques contre la chasse et les modes de gestion des territoires ruraux se multiplient. Faut-il alors laisser d’autres définir seuls ce que doit être l’avenir de nos territoires ? La question mérite mieux que des procès d’intention et des silences gênés. Elle mérite un vrai débat : scientifique, démocratique et territorial. Car derrière les renards, les pies et les belettes, c’est en réalité la légitimité même des acteurs ruraux à gérer leur territoire qui est aujourd’hui en discussion...


Agriculture : le bouc émissaire commode du climat

Un nouveau rapport scientifique européen recommande de réduire les subventions à l’élevage, taxer davantage les exploitations agricoles et inciter les Européens à consommer moins de viande afin d’atteindre les objectifs climatiques de l’Union européenne pour 2040 et 2050. Une fois de plus, l’agriculture est placée au banc des accusés. Une fois de plus, elle sert de variable d’ajustement politique. Le raisonnement est devenu mécanique : il faut réduire les émissions, donc il faut s’attaquer aux bovins, aux tracteurs et aux engrais. Les chiffres circulent : un tiers des émissions de gaz à effet de serre serait lié au système alimentaire européen, et la conclusion tombe, implacable : l’élevage doit changer, se réduire, se transformer. Mais cette lecture simplifiée ignore une réalité fondamentale : l’agriculture n’est pas une industrie comme les autres. Elle produit ce que personne ne peut remplacer, la nourriture, et elle le fait dans un équilibre fragile avec les sols, les paysages et les territoires ruraux. Pointer l’élevage comme responsable du réchauffement revient à désigner un bouc émissaire facile, visible, localisé, politiquement vulnérable. Pendant que l’on explique aux éleveurs qu’ils doivent disparaître ou se transformer, l’Union européenne continue d’importer massivement de la viande et des produits agricoles issus de systèmes bien moins exigeants sur le plan environnemental. Les accords commerciaux se multiplient. Les cargaisons arrivent par bateaux ou par avions, et personne ne semble s’émouvoir des émissions liées au transport mondial des denrées. Le paradoxe est saisissant : on demande aux agriculteurs européens de produire moins, tout en ouvrant davantage les frontières à des productions étrangères. Le climat devient alors un argument commode pour restructurer silencieusement l’agriculture. L’élevage européen n’est pourtant pas un modèle archaïque. Dans de nombreuses régions, il entretient les prairies permanentes, stocke du carbone dans les sols et maintient des paysages ouverts qui disparaîtraient sans lui. Supprimer ces systèmes reviendrait à transformer des territoires entiers. Ce débat révèle surtout une tendance inquiétante : faire porter à l’agriculture la responsabilité d’un dérèglement climatique mondial dont les causes sont multiples : industrie lourde, transports internationaux, urbanisation massive, consommation énergétique. Les agriculteurs sont aujourd’hui sommés de résoudre seuls un problème global. On leur demande d’être à la fois producteurs, gestionnaires de biodiversité, régulateurs climatiques et désormais cibles fiscales. À force de transformer l’agriculture en problème, on oublie qu’elle reste avant tout une solution vitale : nourrir les populations. Et ce rôle, contrairement aux rapports et aux recommandations, ne peut pas être délocalisé dans les laboratoires ou les bureaux de Bruxelles.


Une progression constante des espèces exotiques envahissantes terrestres en France

Les espèces exotiques envahissantes (EEE) représentent aujourd’hui l’un des principaux facteurs d’érosion de la biodiversité. Introduites volontairement ou accidentellement par les activités humaines, ces espèces se sont implantées durablement dans de nouveaux milieux, parfois au détriment de la faune et de la flore locales. Les données de l’Observatoire national de la biodiversité montrent une augmentation continue de leur présence en France depuis plusieurs décennies. L’analyse d’un panel de 86 espèces révèle une progression régulière depuis les années 1950 et cette présence s’est progressivement accrue au fil des décennies, avec une accélération notable à partir des années 1980. Cette tendance concerne également les espèces animales terrestres, qui figurent parmi les envahisseurs les plus visibles et parfois les plus problématiques. C’est notamment le cas du raton laveur, du chien viverrin, de la tortue de Floride, ou encore de l’écureuil de Corée, introduits à l’origine comme animaux de compagnie ou pour l’élevage. Une fois relâchés ou échappés dans la nature, ces animaux ont pu coloniser de nouveaux territoires. Le frelon asiatique, introduit accidentellement au début des années 2000, constitue un autre exemple emblématique d’espèce invasive terrestre. Sa progression rapide sur le territoire français illustre la capacité de certaines espèces à se diffuser très rapidement lorsqu’elles trouvent des conditions favorables. D’autres mammifères, comme le ragondin ou le rat musqué, bien qu’associés aux milieux aquatiques, exercent aussi des impacts sur les écosystèmes terrestres environnants. Les conséquences de ces introductions sont multiples. Les espèces envahissantes peuvent entrer en compétition avec les espèces locales pour l’alimentation ou les habitats, transmettre des maladies, ou perturber les équilibres écologiques. Certaines provoquent également des dommages agricoles ou économiques. Face à cette progression, les scientifiques et les gestionnaires de la biodiversité insistent sur l’importance de la prévention et de la surveillance. La détection précoce des nouvelles espèces, la limitation des introductions et la gestion des populations déjà installées constituent aujourd’hui des enjeux majeurs pour préserver les équilibres naturels.


OFB : deux nominations qui interrogent sur l’équilibre de la gouvernance de l'établissement

La nomination de Anne Frackowiak-Jacobs, le 9 mars dernier, au conseil d’administration de l’Office français de la biodiversité (OFB) intervient dans un contexte particulièrement sensible. Depuis plusieurs mois, l’établissement public chargé de la protection de la biodiversité se retrouve au cœur de tensions croissantes avec le monde agricole et certains élus ruraux, notamment autour des contrôles environnementaux, de la gestion de l’eau ou encore des espèces protégées. Préfète du Puy-de-Dôme depuis le 17 décembre 2025 seulement, Anne Frackowiak-Jacobs appartient au corps préfectoral et dispose d’une solide expérience territoriale. Elle a exercé dans plusieurs départements, notamment dans des territoires ruraux où les questions agricoles et environnementales occupent une place centrale. Son arrivée au sein du conseil d’administration de l’OFB peut être interprétée comme une volonté de l’État de renforcer la dimension territoriale et administrative dans la gouvernance de l’établissement. Mais cette nomination ne survient pas isolément. Elle intervient peu après celle d’Anne Le Strat, figure bien connue des milieux écologistes, engagée dans les politiques publiques de gestion de l’eau et présidente de l’entreprise publique Eau de Paris. Ces deux arrivées, à quelques semaines d’intervalle, dessinent un équilibre intéressant au sein du conseil d’administration : d’un côté, une représentante de l’État issue du corps préfectoral et rompue à la gestion des territoires ; de l’autre, une personnalité engagée de longue date dans les politiques environnementales. Faut-il y voir une simple coïncidence ou une stratégie plus subtile ? Dans un contexte où l’OFB est régulièrement critiqué pour son rôle de police de l’environnement et où les tensions avec certains acteurs ruraux se multiplient, l’État semble chercher à rééquilibrer la gouvernance de l’établissement en associant des profils différents. Reste à savoir si cette combinaison permettra réellement d’apaiser les tensions ou si elle ne fera que refléter les lignes de fracture qui traversent aujourd’hui les politiques environnementales françaises.


Petit gibier : 5 leviers pour inverser la tendance...

Le 2 décembre dernier, la Fédération nationale des chasseurs (FNC) a réuni à Paris plus de 150 représentants des fédérations départementales afin de dresser un état des lieux du petit gibier de plaine et d’esquisser une stratégie nationale de reconquête. Le constat partagé lors de ce séminaire est sans appel : les populations de perdrix grises, de perdrix rouges, de lapins et, dans une moindre mesure, de lièvres et de faisans, connaissent une baisse durable dans de nombreux territoires. Cette tendance n’est plus conjoncturelle mais structurelle, conséquence de multiples facteurs qui affectent les milieux agricoles et les capacités de reproduction de ces espèces. Face à cette situation, le président de la FNC, Willy Schraen, a appelé à une mobilisation collective : « Aujourd’hui, il s’agit de passer de l’alerte à l’action. Nos chasseurs nous le demandent, nos territoires en ont besoin et notre crédibilité en dépend... ». Les enjeux sont également sociologiques. Selon une étude réalisée par la FNC avec l’IFOP, environ 25 % des chasseurs cesseraient de valider leur permis en raison de la raréfaction du petit gibier. Plusieurs pistes ont été évoquées au cours de la journée. La première concerne la production de données scientifiques fiables pour orienter les décisions de gestion. La base de données ISIGEO, récemment mise en place, permettra désormais de centraliser les informations historiques et les suivis réalisés sur le terrain. Les échanges ont également mis en évidence la nécessité de renforcer les réseaux d’observation et d’améliorer la coordination entre fédérations. Enfin, la question de la prédation et le rôle des piégeurs ont été largement abordés, les intervenants soulignant l’importance de leur engagement bénévole dans les actions de terrain. Ce séminaire marque ainsi une première étape vers l’élaboration d’une stratégie nationale destinée à restaurer durablement les populations de petit gibier dans les territoires ruraux...

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