Dimanche 6 septembre 2026 : Château de Maulnes (Yonne) : Fête de la Chasse

Sécurité à la chasse : deux enjeux et... une même responsabilité !

Chaque saison de chasse, la sécurité revient au cœur des débats. Une arme n’autorise aucune approximation : un tir mal identifié, un angle non respecté ou une consigne ignorée peut avoir des conséquences irréversibles. La prévention concerne les chasseurs, mais aussi ceux qui fréquentent les espaces : randonneurs, cyclistes, cavaliers, promeneurs ou forestiers. En France, les règles sont fixées par le Code de l’environnement, les arrêtés et, selon les départements, les schémas départementaux de gestion cynégétique. Leur non-respect peut constituer une infraction. Lorsqu’un accident survient, la responsabilité peut aller au-delà d’une sanction : blessures ou décès peuvent entraîner des poursuites pénales, une suspension ou retrait du permis de chasser. Un principe : avant de tirer, il faut être certain de ne mettre personne en danger.

 

La sécurité des chasseurs : la règle avant le réflexe

La première règle de sécurité est aussi la plus évidente : ne jamais tirer avant d’avoir parfaitement identifié sa cible et son environnement. L’OFB rappelle notamment que le tir ne doit jamais être effectué sans visibilité, à hauteur d’homme, à travers une haie ou un buisson, et qu’il ne doit être engagé que sur un gibier parfaitement identifié. En cas de doute, le chasseur doit s’interdire de tirer. Une règle simple, mais essentielle lorsqu’un animal surgit rapidement ou lorsqu’une situation de battue devient confuse. La maîtrise de l’arme intervient à chaque étape : transport, chargement, déplacement, franchissement d’un obstacle et changement de poste. À l’approche d’une autre personne ou lors du franchissement d’une clôture, d’un fossé ou d’un obstacle, l’arme doit être sécurisée, et même déchargée. Elle ne doit jamais être dirigée vers une zone dangereuse ou un tiers...

[ LIRE LA SUITE... ]


Chevreuil : après les canicules, adapter la gestion pour préserver l’avenir...

Les canicules successives, associées à une sécheresse persistante, pourraient avoir durement affecté certaines populations de chevreuils. De nombreux témoignages de terrain font état d’une situation préoccupante : des chevrettes sont observées sans chevrillard à leurs côtés, alors que les jeunes devraient être bien présents et visibles à cette période de l’année. Ces observations restent à confirmer, mais elles justifient un état des lieux précis avant toute décision de gestion. L’hypothèse d’une forte mortalité des jeunes ne serait en tout cas pas surprenante. Le chevrillard traverse pendant ses premiers mois une période particulièrement exigeante, et les épisodes de sécheresse réduisent les ressources alimentaires disponibles. La qualité de l’alimentation conditionne notamment la lactation et la croissance. Des travaux de l’ONCFS consacrés à la canicule de 2003 avaient déjà montré une forte baisse du poids des chevrillards et des effets différés sur la condition physique et la reproduction des femelles. Première urgence : compter. Comptages nocturnes, observations lors des sorties d’approche, relevés des animaux trouvés morts, poids des jeunes prélevés et remontées des territoires doivent permettre de déterminer si le phénomène est localisé ou généralisé. Le réseau Sagir constitue également un outil précieux pour documenter d’éventuelles mortalités anormales et rechercher leur origine. Si une baisse importante du nombre de chevrillards est confirmée, la gestion cynégétique devra en tenir compte. À la fin du mois d’août, les jeunes chevreuils ont atteint l’essentiel de leur taille osseuse définitive et entrent désormais dans une phase de consolidation. Un animal ayant souffert du manque de nourriture ne sera pas biologiquement rachitique, mais restera petit et conservera toute sa vie les effets de ce mauvais départ. Et comme les naissances et le poids des nouveaux nés sont corrélés au poids de la mère, la reproduction de 2028 en sera donc affectée. C’est précisément pourquoi, dans une population durement touchée, les prélèvements devraient prioritairement porter sur les jeunes animaux manifestement déficients, tandis que les femelles adultes en bon état corporel devraient être préservées autant que possible. La prudence reste toutefois indispensable : il ne s’agit pas de décider à l’échelle nationale sur la seule base de témoignages. Si des mesures sont nécessaires, elles devront être prises localement, au plus près de la réalité des populations, en fonction des résultats des comptages et de l’état corporel des animaux.


Fontainebleau : reconstruire la forêt, sans oublier les leçons du feu...

Fontainebleau n’est pas une forêt comme les autres. À une soixantaine de kilomètres au sud-est de Paris, ce massif de plus de 22 000 hectares constitue depuis des siècles un patrimoine naturel, paysager et culturel exceptionnel. Ses collines, ses vallées, ses gorges, ses landes et ses pinèdes abritent une biodiversité remarquable, à la rencontre des influences atlantiques et méditerranéennes. Environ 6 600 espèces animales et 5 800 espèces végétales y ont été recensées, parmi lesquelles des orchidées, des arbres protégés, des cervidés, des sangliers, des blaireaux, des écureuils et plus de 250 espèces d’oiseaux. Sous la litière forestière vivent également des milliers d’insectes, dont certaines espèces protégées. Cette richesse explique aussi l’importance historique du massif. En 1842, Claude-François Denecourt y aménagea les premiers sentiers balisés, faisant de Fontainebleau l’un des berceaux du tourisme de nature et attirant progressivement randonneurs, artistes, grimpeurs et amoureux des paysages. En 1948, la forêt accueillit également une conférence de l’UNESCO qui contribua à la création de l’Union internationale pour la conservation de la nature, donnant au site une dimension internationale. Mais cet héritage vient de subir un choc majeur. Deux épisodes d’incendie ont ravagé environ 2 000 hectares, soit près de 10 % du massif, contraignant environ un millier d’habitants et de campeurs à évacuer. Le premier sinistre s’est déclaré le 12 juillet dans la forêt domaniale des Trois-Pignons, notamment dans le secteur du Bois Rond et à proximité de l’autoroute A6. Le lendemain, plusieurs autres départs de feu ont touché la forêt domaniale de Fontainebleau, notamment dans le secteur de la Faisanderie... (Photo Nicolas Fontaine, ONF)...

[ LIRE LA SUITE... ]


La gazelle de Waller : l'antilope au cou de girafe

Seule espèce du genre Litocranius, la gazelle de Waller vit principalement en Éthiopie, à Djibouti, au Kenya, en Somalie et en Tanzanie. Elle tient son nom du révérend H. Waller (1833-1901), un missionnaire en Afrique et ami du docteur David Livingstone, qui l’a décrite pour la première fois. Ce curieux animal au long cou est appelé, en terme somali « garanuug », qui signifie « au cou de girafe », autrement nommé aussi « gazelle-girafe ». Antilope de taille moyenne, son poids adulte varie de 25 kg pour les femelles à une cinquantaine de kilos pour les mêles. Outre ses membres très fins qui lui permettent de courir à près de 100 km/h, elle ne consomme pas ou très peu d’eau, celle contenue dans les plantes dont elle se nourrit étant suffisante. Dans son environnement rien n’échappe à ses grands yeux, et le moindre bruit capté par ses larges oreilles la mettra sur la défensive. Sa robe est presque blanche sur les jambes et le dessous du ventre, et fauve clair sur la partie supérieure du corps. Le mâle est le seul à porter des cornes, qui sont fines, courtes et cylindriques. La gazelle de Waller est un animal diurne, qui passe la plus grande partie de sa journée à ruminer. Elle vit en petit groupe d’une dizaine d’individus, composé uniquement de femelles et de leurs petits. De leur côté, les mâles, solitaires et territoriaux, ne cohabitent avec les femelles que pendant les périodes de rut. Les femelles atteignent leur maturité sexuelle à un an, et les mâles à 18 mois. Au terme d’une période de gestation de 165 jours environ, un petit d’un poids de 2 à 3 kilos, voit le jour. Pour mettre bas, la femelle quitte le troupeau et choisit un endroit à l’écart. Aussitôt la naissance, la femelle nettoie sa progéniture puis mange le placenta. Elle laissera le faon seul, camouflé, qu’elle reviendra voir régulièrement pour le nourrir, le laver et consommer ses excréments afin de supprimer la moindre odeur pouvant trahir sa présence auprès des prédateurs. Son statut de conservation UICN est « NT » (quasi menacé), la destruction de son habitat naturel et la concurrence avec le bétail domestique étant les principales menaces qui pèsent sur l’espèce, dont il ne reste dans le monde que 30000 à 50 000 individus vivant à l’état sauvage.


Haies : un régime unique pour encadrer les destructions à partir du 1er octobre

Le décret n° 2026-829 du 28 août 2026, publié au Journal officiel du 29 août, instaure le nouveau régime unique applicable à la destruction des haies. Issu de la loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture du 24 mars 2025, le dispositif vise à simplifier des démarches jusqu’ici dispersées entre plusieurs réglementations environnementales, agricoles et d’urbanisme. À compter du 1er octobre 2026, tout projet de destruction d’une haie devra faire l’objet d’une déclaration préalable auprès du préfet. La démarche sera effectuée, en principe, via un « guichet unique de la haie » dématérialisé. Un service coordonnateur sera ensuite chargé de l’instruction du dossier. Lorsque plusieurs départements sont concernés, les préfets intéressés prendront une décision conjointe. Le nouveau régime ne signifie toutefois pas que toute destruction sera automatiquement autorisée. Le préfet pourra demander des pièces complémentaires, s’opposer au projet ou informer le porteur de projet qu’une autorisation spécifique est nécessaire en fonction des protections applicables au site. Le dispositif doit notamment articuler les règles relatives aux espèces protégées, à Natura 2000, à l’eau, aux sites classés ou encore à la protection des haies par les documents d’urbanisme. Le décret renforce également le principe de compensation. Lorsqu’une destruction ne peut être évitée, le propriétaire ou le gestionnaire doit en limiter l’ampleur et prévoir une replantation permettant d’obtenir, à terme, des fonctionnalités au moins équivalentes à celles de la haie supprimée. En l’absence d’arrêté préfectoral fixant un coefficient particulier, la compensation minimale correspond à un linéaire replanté équivalent au linéaire détruit. Autre nouveauté importante : une période d’interdiction des travaux, liée à la nidification des oiseaux, devra être respectée. Elle ne pourra être inférieure à 21 semaines, avec des possibilités de dérogation dans certaines situations exceptionnelles, notamment pour des raisons de sécurité ou pour certaines infrastructures et réseaux. Le décret prévoit enfin que la déclaration unique peut, dans certains cas, se substituer à la déclaration préalable d’urbanisme concernant la destruction d’une haie protégée. Le nouveau dispositif entend ainsi créer un cadre plus lisible, tout en maintenant un contrôle préfectoral sur les opérations susceptibles d’affecter durablement le patrimoine bocager.


COP17 : la dégradation des terres s’impose comme enjeu mondial

La 17e Conférence des Parties de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) s’est achevée le 28 août 2026 à Oulan-Bator, en Mongolie, dans un contexte marqué par l’accélération de la dégradation des terres et la multiplication des épisodes de sécheresse. Selon le constat présenté lors de la conférence, la moitié de l’humanité est désormais affectée par la dégradation des sols, avec des conséquences sur la production alimentaire, les ressources en eau, la santé, la sécurité et les économies nationales. La COP17 a cherché à renforcer les réponses collectives en rapprochant notamment les politiques de restauration des terres, de lutte contre le changement climatique et de conservation de la biodiversité. La France, membre du groupe des « amis de la présidence mongole », s’est particulièrement impliquée dans ces travaux. Elle a notamment lancé un hub français de l’initiative « Business for Land », destiné à fédérer les entreprises engagées dans la préservation des sols. Parmi les avancées figure le renforcement de l’interface science-politique de la Convention, destinée à mieux intégrer les connaissances scientifiques dans les décisions. Les négociations ont également commencé à définir une vision stratégique pour la période post-2030. Le rôle des éleveurs a été reconnu comme essentiel à la préservation des terres agricoles, des prairies et des parcours. La sécheresse, placée au centre des discussions, devient par ailleurs un point permanent de l’agenda des futures COP. Les travaux se poursuivront notamment lors de la COP18. Enfin, les moyens financiers du secrétariat de la Convention ont été préservés afin de poursuivre ses missions et de renforcer les synergies entre les grandes conventions environnementales, la société civile et les enjeux liés au genre. La COP17 aura ainsi confirmé que la restauration des sols constitue désormais un enjeu transversal, à la croisée de l’agriculture, de l’élevage, de l’eau, du climat et de la biodiversité.


Restauration des forêts

Restaurer une forêt est l’un des moyens de reconstituer progressivement les stocks de carbone contenus dans les arbres. Mais une nouvelle étude menée dans des forêts subalpines montre qu’un même résultat peut être obtenu par des mécanismes écologiques très différents. Les chercheurs ont comparé des forêts secondaires, qui se régénèrent naturellement après une perturbation, et des forêts plantées. Ils se sont particulièrement intéressés aux mycorhizes, ces champignons vivant en association avec les racines des arbres et jouant un rôle essentiel dans l’absorption des nutriments. Deux grands types ont été distingués : les mycorhizes arbusculaires (AM) et les ectomycorhizes (EcM). Ces associations ne jouent toutefois pas exactement le même rôle. Les champignons AM pénètrent dans les cellules des racines et sont généralement associés à une acquisition efficace du phosphore, tandis que les EcM forment un réseau autour des racines et peuvent notamment faciliter l’accès à l’azote et à la matière organique du sol. Les chercheurs ont suivi une chronoséquence, c’est-à-dire des peuplements d’âges différents permettant de reconstituer les étapes de récupération. Ils ont ainsi séparé le carbone stocké dans les arbres selon leur association mycorhizienne et étudié simultanément la structure des peuplements, la diversité fonctionnelle et plusieurs propriétés du sol. Cette approche permet de distinguer la simple accumulation de biomasse des mécanismes écologiques qui la rendent possible. Au cours du temps, les deux types de forêts accumulent globalement des quantités comparables de carbone dans leurs arbres. Pourtant, le chemin suivi n’est pas le même. Dans les forêts qui se régénèrent naturellement, l’augmentation du carbone est davantage liée aux changements dans les communautés de champignons associés aux racines et au renouvellement des espèces et de leurs caractéristiques fonctionnelles. Dans les forêts plantées, elle dépend davantage de la structure du peuplement (diversité des tailles et organisation des arbres), ainsi que des caractéristiques du sol. La quantité totale de carbone ne suffit donc pas à juger de la réussite d’une restauration forestière. Deux forêts peuvent stocker autant de carbone tout en reposant sur des fonctionnements écologiques très différents. Ces résultats plaident ainsi pour une vision plus fine de la restauration : mesurer le carbone stocké, mais aussi comprendre comment la forêt parvient à le stocker.


Loup : le préfet coordonnateur voit ses pouvoirs renforcés

Un décret publié au Journal officiel le 25 août 2026 élargit les prérogatives du préfet coordonnateur du plan national d’actions sur le loup. Le décret n° 2026-815 du 24 août modifie le dispositif instauré en 2018 afin de le mettre en cohérence avec les nouvelles dispositions réglementaires relatives au statut de protection du loup et aux conditions de sa destruction. Il est entré en vigueur le 26 août.  La principale évolution concerne la possibilité de suspendre des opérations de tirs indépendamment de l’atteinte d’un plafond de prélèvement ou d’une échéance calendaire. Le préfet coordonnateur peut désormais, par arrêté et sur les territoires qu’il détermine, suspendre pour une durée qu’il fixe, les tirs de défense et les tirs de prélèvement autorisés par les préfets de département ou simplement déclarés auprès d’eux. Cette suspension peut courir jusqu’à la fin de l’année civile. Le texte renforce également la coordination des opérations conduites par les services spécialisés. Les décisions prises par les préfets de département concernant les tirs réalisés par les lieutenants de louveterie ou les agents de l’Office français de la biodiversité (OFB) peuvent désormais être soumises à l’accord préalable du préfet coordonnateur. Celui-ci dispose donc d’un moyen supplémentaire pour assurer une cohérence nationale des interventions, au-delà des seules décisions préfectorales départementales. Sur le plan administratif, le décret élargit ainsi le champ de l’intervention du préfet coordonnateur : son pouvoir de suspension ne porte plus uniquement sur les autorisations délivrées par les préfets, mais également sur les tirs faisant l’objet d’une déclaration auprès d’eux. La référence aux tirs de défense « simple ou renforcée » est par ailleurs supprimée dans le texte réglementaire, afin d’adapter la rédaction aux nouvelles règles. Cette évolution traduit une volonté de centraliser davantage le pilotage des opérations de destruction du loup, tout en maintenant leur mise en œuvre au niveau départemental. Elle donne surtout au préfet coordonnateur une capacité d’intervention plus large et plus réactive sur les opérations de tir autorisées ou déclarées.


Grand Tétras : a-t-on encore le droit d’essayer ?

 

Il fut un temps où le Grand Tétras faisait véritablement partie des forêts vosgiennes. On estimait sa population à quelque 2 200 adultes en 1939, encore 500 en 1972 et 350 en 1989. Puis la chute s’est accélérée jusqu’à ne laisser que quelques survivants. Comment en est-on arrivé là ? Il serait trop simple de désigner un unique responsable. Dégradation et fragmentation des habitats, évolution de la sylviculture, dérangement lié aux activités humaines et aux loisirs de pleine nature, pression des ongulés, prédation, perte de diversité génétique et, désormais, effets du changement climatique : les causes se sont probablement additionnées jusqu’à conduire cette population au seuil de l’extinction. Pendant des décennies pourtant, associations naturalistes, forestiers, scientifiques et pouvoirs publics ont tenté de préserver l’oiseau et son habitat. Des espaces ont été protégés, des mesures de quiétude instaurées, des forêts aménagées. Le Groupe Tétras Vosges, créé en 1979, s’est trouvé au cœur de cette politique de conservation. Mais le constat, près d’un demi-siècle plus tard, est cruel : malgré les efforts engagés et les financements mobilisés, la population de Grand Tétras s’est effondrée. À la fin de 2023, on ne comptait plus que trois ou quatre oiseaux. La protection de l’habitat, aussi nécessaire soit-elle, n’avait donc pas suffi. Fallait-il alors accompagner jusqu’à son terme la disparition du bel oiseau, ou tenter autre chose ? Le Parc naturel régional des Ballons des Vosges a choisi la seconde voie. Après plusieurs années d’études et de préparation, un programme de renforcement a été lancé en 2024 avec l’appui de l’État et des autorités norvégiennes. Son principe : prélever en Norvège, où l’espèce demeure abondante, des oiseaux sauvages et les transloquer dans le massif vosgien afin de tenter de reconstituer un noyau viable. L’entreprise était audacieuse et ses chances de réussite incertaines. Elle n’a d’ailleurs jamais fait l’unanimité, plusieurs associations, naturalistes et instances scientifiques estimant que les causes ayant conduit à l’effondrement de la population n’avaient pas suffisamment disparu pour justifier l’arrivée de nouveaux oiseaux. Des recours ont été déposés, et, en avril 2024, le tribunal administratif de Nancy a néanmoins rejeté une demande de suspension, considérant notamment que l’opération répondait à un objectif d’intérêt général en matière de biodiversité...

[ LIRE LA SUITE... ]


Pluie, vers et sangliers : le trio explosif

Après plusieurs semaines de sécheresse, les premières pluies ne font pas seulement reverdir les paysages. Elles peuvent aussi déclencher une véritable ruée alimentaire chez les sangliers. Et, très souvent, les premiers dégâts spectaculaires apparaissent… sur les bords de route. Un phénomène qui n’a rien de mystérieux et qui s’explique par l’interaction entre le sol, la pluie, les vers de terre et le comportement alimentaire des animaux. Lorsque la sécheresse s’installe, les vers de terre, particulièrement sensibles au manque d’humidité, gagnent les couches profondes du sol. Ils y trouvent des conditions moins défavorables et peuvent ainsi échapper temporairement à la chaleur et au dessèchement de la surface. Pour les sangliers, cette ressource alimentaire devient alors beaucoup plus difficile à atteindre. Or, le ver de terre constitue une nourriture particulièrement riche en protéines. Quand surviennent les premières pluies, après plusieurs semaines durant lesquelles l’accès à cette ressource est devenu plus difficile, les conditions changent rapidement. L’humidité regagne les couches superficielles du sol et les vers peuvent se rapprocher de la surface. L’instinct de recherche alimentaire des sangliers les pousse alors à prospecter les secteurs susceptibles d’abriter ces proies. C’est là que les bords de route prennent une importance particulière. Une chaussée constitue une surface largement imperméable : l’eau de pluie ne peut pratiquement pas y pénétrer. Elle ruisselle donc vers ses accotements et les fossés. Lors des premières précipitations importantes, ces bordures peuvent recevoir une part importante de cette eau ruisselée. Le sol y retrouve ainsi plus rapidement des conditions d’humidité favorables à l’activité des vers. Le premier mètre de bordure peut alors devenir une véritable « table » pour les sangliers. Leur groin fouille le sol meuble, retourne les feuilles, soulève les petites mottes et recherche les vers et autres invertébrés qui profitent de l’humidification du terrain. Les dégâts sont immédiatement visibles : la terre est retournée en bandes parfois continues le long de la chaussée. Ce comportement explique pourquoi les premières traces de quête alimentaire peuvent apparaître très rapidement après une pluie, parfois avant même que les dégâts ne deviennent importants ailleurs. Il faut toutefois considérer le phénomène à l’échelle du paysage : toutes les bordures routières ne réagissent pas de la même manière. La nature du sol, la végétation, l’intensité des précipitations ou encore la disponibilité d’autres ressources alimentaires jouent également un rôle. Mais lorsque sécheresse, pluie et manque de protéines se conjuguent, le trio devient explosif : les vers remontent, les sangliers arrivent et… les bords de route trinquent !


Cerf : quand quelques maîtres de place assurent l'avenir de toute une population

Chaque automne, durant quelques semaines seulement, les forêts européennes deviennent le théâtre d'un phénomène biologique d'une exceptionnelle intensité : le brame du cerf. Derrière les raires impressionnants, les affrontements spectaculaires et les démonstrations de puissance, se cache un processus évolutif fondamental. L'objectif n'est pas de désigner le plus beau cerf, mais le reproducteur le plus performant. Chez cette espèce fortement polygynique, tous les mâles n'ont pas les mêmes chances de se reproduire. Une infime proportion d'entre eux, appelés « maîtres de place », concentre l'essentiel des accouplements, assurant ainsi la transmission des caractères les mieux adaptés à leur environnement. Le maître de place est un cerf adulte, généralement âgé de plus de 8 ans, ayant atteint sa pleine maturité physique et comportementale. Contrairement à une idée largement répandue, ses bois, aussi impressionnants soient-ils, ne constituent pas son seul atout. Sa réussite repose sur un ensemble de critères : masse corporelle, condition physique, équilibre hormonal, expérience des combats, capacité à économiser son énergie, qualité des vocalisations et aptitude à contrôler un harpail (harem de biches). Les travaux pionniers de l'éthologue britannique Tim Clutton-Brock, notamment dans la célèbre population de l'île de Rum en Écosse, ont démontré que la hiérarchie sociale des mâles constitue le principal déterminant du succès reproducteur. Les analyses génétiques réalisées depuis les années 1990 confirment ce phénomène avec une remarquable constance. Dans une population naturelle, environ 10 à 20 % des mâles adultes assurent entre 60 et 80 % des fécondations, selon les années et la structure démographique (Pemberton et al., 1992 ; Kruuk et al., 2002). Les maîtres de place les plus dominants peuvent ainsi féconder 15 à 30 biches, parfois davantage lorsque les densités sont élevées...

[ LIRE LA SUITE... ]