Les mégafeux qui frappent une nouvelle fois la Gironde et les Landes rappellent brutalement que le changement climatique est désormais une réalité avec laquelle les territoires forestiers doivent composer. Les canicules répétées, les sécheresses prolongées et des vents parfois violents créent des conditions favorables à des incendies d'une ampleur inédite. L'enquête devra établir l'origine précise du sinistre actuel, mais une question dépasse largement celle du point de départ : pourquoi les flammes trouvent-elles encore un terrain aussi favorable à leur propagation ? Depuis les incendies catastrophiques de 2022, chacun s'accordait pourtant à dire qu'un changement de doctrine s'imposait.
Il était question d'adapter les massifs au nouveau contexte climatique, de renforcer les infrastructures de défense des forêts contre l'incendie, de créer de véritables coupures de combustible et d'anticiper les interventions des secours. Quatre ans plus tard, force est de constater que nombre de ces aménagements sont encore réalisés dans l'urgence, au moment où les flammes menacent déjà les peuplements. Voir revenir en catastrophe les abatteuses et les bulldozers pour ouvrir de larges coupe-feux interroge forcément : ces travaux n'auraient-ils pas dû être planifiés bien en amont ? La conception même de certains massifs mérite également d'être examinée. Les grandes plantations homogènes de pins maritimes constituent un atout économique majeur, mais leur continuité végétale facilite la progression du feu lorsqu'un incendie éclate. Les travaux de l'INRAE invitent d'ailleurs à réfléchir à une diversification progressive des essences, à une meilleure préservation des zones humides et à une mosaïque d'âges plus favorable à la résilience des forêts. Dans le même temps, certaines pratiques sylvicoles, notamment la multiplication des cloisonnements destinés à la mécanisation, soulèvent des interrogations quant à leurs effets sur le microclimat forestier. Sans être à l'origine des incendies, ces ouvertures peuvent favoriser l'assèchement des peuplements et l'accumulation de rémanents, autant de facteurs susceptibles d'accroître la vulnérabilité des massifs...
Dimanche 2 août 2026 : Grande fête Chasse et Campagne à Bresse sur Grosne (Saône et Loire)

Le vaccin, développé à l’origine pour protéger les volailles domestiques, cible la protéine H5 du virus. Les jeunes manchots ont reçu une première injection à l’âge de 45 jours, puis un rappel un peu plus d’un mois plus tard. Les résultats sont particulièrement encourageants : aucune conséquence négative n’a été observée sur leur développement, tandis que leur système immunitaire a produit une réponse forte, durable et capable de neutraliser efficacement le virus. Au-delà du cas des manchots royaux, cette expérimentation ouvre des perspectives inédites pour la conservation de nombreuses espèces sauvages. Depuis 2021, la panzootie de H5N1 est considérée comme la plus importante jamais enregistrée. Elle a provoqué des mortalités massives chez les oiseaux marins, les albatros, les fous de Bassan, les sternes, les pélicans ou encore des rapaces emblématiques. Des espèces déjà fragiles, comme le condor de Californie, ont également été touchées. Pour les gestionnaires de la faune et le monde cynégétique, cette avancée scientifique présente un intérêt particulier. Les oiseaux sauvages, notamment les migrateurs, jouent un rôle majeur dans la circulation naturelle des virus influenza. Comprendre leur immunité et disposer, dans certains cas exceptionnels, d'un outil vaccinal pourrait contribuer à préserver des populations menacées sans perturber leur fonctionnement naturel. Il n'est évidemment pas question de vacciner l'ensemble de la faune sauvage. Une telle stratégie serait irréaliste à grande échelle. En revanche, elle pourrait être envisagée pour des espèces rares, insulaires ou en danger critique d'extinction, lorsque la survie d'une population entière est en jeu. L'arrivée du H5N1 dans le sud de l'océan Indien à l'automne 2024 confirme que cette maladie continue de gagner de nouveaux territoires.
Les animaux y trouvent une alimentation abondante, mais aussi une protection efficace contre les dérangements. Les dégâts agricoles atteignent souvent leur maximum à cette période, ce qui explique l'intérêt des ouvertures anticipées dans de nombreux départements. Avant les premières battues ou les premières approches, quelques reconnaissances de terrain s'imposent. Les coulées empruntées entre les remises et les zones d'alimentation sont désormais bien marquées. Les souilles récentes, les arbres de frottis, les empreintes dans les chemins humides ou encore les parcelles fraîchement retournées permettent de localiser les secteurs les plus fréquentés. L'ouverture est également le moment de vérifier que tout le matériel est opérationnel. Miradors, postes de tir, équipements de sécurité, optiques, radios, vêtements et chaussures de marche méritent un contrôle attentif. Les chiens doivent retrouver progressivement leur condition physique afin d'être prêts à fournir un effort prolongé lors des premières journées de chasse. La sécurité demeure la priorité absolue. Les cultures hautes limitent fortement la visibilité et imposent une parfaite identification de l'animal avant tout tir. Les consignes doivent être rappelées à l'ensemble des participants, notamment lors des premières battues où chacun retrouve progressivement ses automatismes. Enfin, les chasseurs jouent un rôle essentiel dans la limitation des dégâts agricoles. Une bonne connaissance des habitudes estivales du sanglier, associée à une préparation sérieuse de l'ouverture, permet d'améliorer l'efficacité des prélèvements tout en garantissant une pratique responsable et respectueuse de la sécurité de tous. Une ouverture bien préparée commence toujours par une observation attentive du terrain : c'est souvent avant le premier coup de feu que se construit le succès de la saison.
Parmi les sujets majeurs figuraient l'Examen du commerce important (ECI), qui permet d'identifier les espèces ou les pays nécessitant un contrôle renforcé lorsque des inquiétudes apparaissent sur les niveaux d'exportation, ainsi que les Constatations de non-préjudice (NDF). Ces évaluations scientifiques sont indispensables avant toute autorisation d'exportation d'espèces inscrites à la CITES. Elles doivent démontrer que les prélèvements restent compatibles avec le maintien des populations à l'état sauvage. FACE a pris part aux discussions aux côtés de plusieurs partenaires internationaux, dont le Conseil international de la chasse et de la conservation du gibier (CIC), Safari Club International (SCI) et la Safari Club International Foundation (SCIF). Ensemble, ces organisations défendent une approche de la conservation fondée sur les connaissances scientifiques, la gestion durable des ressources naturelles et le rôle que peut jouer la chasse réglementée dans la préservation de certaines espèces et de leurs habitats. Pour les chasseurs européens, les travaux de la CITES revêtent une importance particulière. La Convention fixe en effet les règles encadrant les importations et les exportations de trophées de chasse, mais son influence dépasse largement cette seule question. Les orientations adoptées à Genève contribuent à façonner les politiques internationales de conservation de la biodiversité, à définir les critères de gestion durable des espèces sauvages et à harmoniser les pratiques entre les différents États. À l'issue de cette réunion, les comités Animaux et Plantes ont tenu une session commune consacrée aux priorités transversales de la Convention. Les conclusions de ces travaux alimenteront les prochaines décisions de la CITES et les futures négociations internationales sur la conservation de la faune sauvage. FACE a d'ores et déjà annoncé qu'elle poursuivrait son implication afin de défendre une gestion des espèces reposant sur des données scientifiques robustes, une coopération internationale renforcée et le principe d'une utilisation durable de la biodiversité.
L'objectif est de défendre une meilleure prise en compte des spécificités de ces espaces, confrontés à des contraintes géographiques, économiques et climatiques particulières. Cette édition 2026 se déroulera sous le thème « Perspective Montagne : Se dépasser, coopérer, développer ». Dans un contexte marqué par le changement climatique, les mutations économiques et les évolutions institutionnelles, les participants débattront des solutions permettant de renforcer la résilience et l'attractivité des massifs. Trois tables rondes seront consacrées aux enjeux de coopération entre collectivités, à l'innovation au service des territoires et aux investissements nécessaires pour accompagner le développement durable de la montagne. Au-delà des conférences, le congrès fera la part belle aux rencontres entre élus, partenaires institutionnels et entreprises. Un village d'exposition rassemblera une vingtaine de stands présentant des solutions destinées aux collectivités de montagne dans des domaines tels que le numérique, la transition énergétique, la gestion de l'eau, le traitement des déchets, l'ingénierie technique et financière ou encore les services de proximité. Un espace mettra également à l'honneur les producteurs locaux, les savoir-faire artisanaux et les atouts touristiques du Pays de Gex. Le choix de Gex n'est pas anodin. Située au pied du col de la Faucille, entre le bassin genevois et le massif du Jura, la commune bénéficie d'un environnement naturel remarquable. À proximité immédiate, la station Monts Jura propose des activités estivales et hivernales, tandis que la Réserve naturelle nationale de la Haute Chaîne du Jura, le Fort l'Écluse, le château de Voltaire à Ferney-Voltaire ou encore le CERN témoignent de la richesse patrimoniale, culturelle et scientifique du territoire. Soutenu par la Région Auvergne-Rhône-Alpes, la Communauté d'agglomération du Pays de Gex, la commune de Gex et ENGIE, le 42e Congrès de l'ANEM ambitionne de faire émerger des propositions concrètes pour accompagner l'avenir des territoires de montagne.
L'OFB souhaite disposer d'indicateurs fiables afin d'adapter les stratégies de communication des établissements publics des parcs nationaux. L'étude devra notamment mesurer la connaissance des onze parcs, leur rôle dans la protection de la biodiversité, l'opinion des Français sur les espaces protégés ainsi que les moyens par lesquels le public découvre ces territoires. Une attention particulière sera également portée à l'image, à la crédibilité et au niveau de confiance accordés à la marque Esprit parc national, avec des comparaisons aux résultats de l'enquête réalisée en 2020. Pour mener cette mission, le prestataire devra réaliser une enquête en ligne auprès d'un échantillon représentatif de plus de 2 000 personnes âgées de 18 à 70 ans, résidant en métropole et en outre-mer et ayant effectué un séjour touristique en France au cours des trois dernières années. Les habitants des territoires ultramarins devront être suffisamment représentés afin de prendre en compte les trois parcs nationaux d'outre-mer. Le marché, conclu pour une durée maximale de douze mois, prévoit la remise de nombreux livrables : questionnaire définitif, analyses statistiques détaillées, rapport complet, notes de synthèse et supports de présentation destinés au comité de pilotage composé de représentants de l'OFB et des parcs nationaux. Les candidats devront présenter une équipe pluridisciplinaire, détailler leur méthodologie, leur calendrier d'exécution ainsi que leurs références. L'OFB privilégiera les offres démontrant une solide expertise en évaluation, sociologie, communication, sciences de gestion ou écologie. Le choix final reposera sur l'offre économiquement la plus avantageuse, avec la possibilité d'une phase de négociation entre les meilleurs candidats avant l'attribution définitive du marché.
L'analyse de leur teneur en eau permet d'évaluer avec précision le niveau de stress hydrique de la végétation et le potentiel de propagation d'un incendie. Cette sécheresse précoce résulte d'un enchaînement de facteurs : un déficit pluviométrique persistant, des températures élevées et des épisodes de vent qui accélèrent l'évaporation. Les arbres ferment leurs stomates pour limiter les pertes d'eau, ralentissant leur croissance et les rendant plus sensibles aux insectes ravageurs, aux maladies et aux dépérissements. Les sous-bois, composés d'herbes, de fougères ou de broussailles, deviennent quant à eux un combustible particulièrement inflammable. Face à ce constat, les forestiers insistent sur plusieurs leviers d'action. Le premier reste la prévention. Plus de neuf incendies sur dix étant d'origine humaine, le respect des interdictions de feu, l'absence de mégots jetés dans la nature ou encore la limitation des travaux générant des étincelles constituent les mesures les plus efficaces. Sur le terrain, l'entretien des massifs demeure également indispensable. Le débroussaillement autour des habitations, la création et l'entretien de pistes forestières, de pare-feu et de points d'eau facilitent l'intervention rapide des secours. Une gestion sylvicole adaptée, favorisant des peuplements moins denses et mieux structurés, contribue également à limiter l'intensité des incendies. À plus long terme, l'adaptation des forêts au changement climatique devient incontournable. Diversifier les essences, privilégier des arbres mieux adaptés aux conditions locales, préserver les sols forestiers et améliorer la disponibilité en eau figurent parmi les pistes retenues par les gestionnaires. La restauration des massifs sinistrés devra également intégrer cette nouvelle réalité climatique. L'été 2026 rappelle une nouvelle fois que la lutte contre les incendies ne se résume pas à l'intervention des pompiers. Elle commence bien en amont, par une gestion durable des forêts, une surveillance scientifique continue et une mobilisation de tous les usagers des espaces naturels.
À cela s'ajoute le pastoralisme en montagne, où les troupeaux sont désormais souvent protégés par des chiens. Toutes les rencontres ne présentent pas le même niveau de risque. Une laie accompagnée de ses marcassins peut se montrer particulièrement défensive si elle sent sa progéniture menacée. En période de brame, un cerf peut également adopter un comportement d'intimidation. Les chiens de protection, quant à eux, n'attaquent pas le randonneur, mais cherchent avant tout à éloigner toute personne s'approchant du troupeau. Les morsures de vipères ou les piqûres de tiques constituent également des risques à ne pas négliger, bien qu'ils passent souvent au second plan. Face à un animal sauvage, la règle essentielle est de garder son calme. Il est préférable de s'arrêter, d'évaluer la situation et de reculer lentement si l'animal manifeste des signes d'inquiétude. Il ne faut jamais chercher à s'approcher pour prendre une photo, nourrir un animal ou tenter de le faire fuir. Si un chien de protection vient à votre rencontre, mieux vaut rester immobile quelques instants, parler calmement et contourner largement le troupeau, sans courir ni brandir ses bâtons de marche. Les randonneurs, propriétaires de chiens, doivent redoubler de vigilance. Un chien laissé en liberté peut provoquer une réaction défensive d'un troupeau ou déclencher la poursuite d'un animal sauvage. Le tenir en laisse demeure la meilleure solution dans les secteurs sensibles. La prévention reste donc le meilleur allié. Avant chaque sortie, consulter les informations diffusées par les parcs naturels, les communes ou les gestionnaires forestiers permet de connaître les zones de pâturage, les secteurs sensibles ou les restrictions temporaires. Emporter un téléphone chargé, une petite trousse de secours et prévenir un proche de son itinéraire sont également des précautions utiles. Le rapprochement avec la faune sauvage est le signe d'une biodiversité plus présente dans nos paysages. En adoptant les bons réflexes et en respectant les animaux comme leur habitat, chacun peut continuer à profiter de la nature en sécurité, tout en contribuant à une cohabitation harmonieuse entre les activités humaines et la vie sauvage.
La chaleur modifie également le comportement des animaux. Les lièvres réduisent leurs déplacements diurnes et recherchent des secteurs plus frais et plus humides, où se concentrent également les tiques et d'autres arthropodes hématophages susceptibles de transmettre Francisella tularensis. Cette concentration des animaux autour des mêmes points d'eau ou des zones ombragées accroît mécaniquement les contacts entre individus et les possibilités de transmission indirecte. Les épisodes de sécheresse influencent aussi la survie de la bactérie dans l'environnement. Si Francisella tularensis résiste relativement bien dans les eaux fraîches, les sols humides ou les cadavres, les températures élevées accélèrent généralement sa destruction dans les milieux fortement exposés au rayonnement solaire. En revanche, les alternances de sécheresse et d'orages peuvent favoriser la dispersion de matières contaminées et maintenir localement des foyers infectieux. La canicule agit également sur les vecteurs biologiques. Les tiques, principaux vecteurs de la maladie en Europe, voient leur activité fortement dépendre de l'humidité. Une sécheresse prolongée limite leur quête d'hôtes, mais les populations se concentrent alors dans les secteurs encore humides, où le risque de transmission peut devenir localement plus élevé. D'autres insectes piqueurs, comme certains taons ou moustiques, peuvent également participer à la diffusion mécanique de la bactérie. Chez les lièvres atteints, les signes cliniques restent souvent peu spécifiques : abattement, amaigrissement, comportement inhabituel, parfois conjonctivite ou inflammation oculaire. Toutefois, ces symptômes ne permettent pas, à eux seuls, de distinguer la tularémie d'autres affections, notamment de la myxomatose récemment apparue chez le lièvre européen. À ce jour, aucune étude ne démontre qu'une canicule déclenche directement une épizootie de tularémie. En revanche, les connaissances actuelles convergent pour considérer les fortes chaleurs comme un facteur aggravant. Dans un contexte de réchauffement climatique marqué par des épisodes de chaleur plus fréquents et plus intenses, la surveillance sanitaire des populations de lièvres apparaît donc plus que jamais indispensable, tant pour la conservation de l'espèce que pour la prévention de cette zoonose chez l'homme.
De nombreuses espèces animales et végétales voient déjà leur aire de répartition migrer vers le nord ou vers des altitudes plus élevées, remettant en question les stratégies de conservation mises en place depuis plusieurs décennies. Face à cette évolution, Bruxelles considère que la protection de la biodiversité constitue également un outil d'adaptation au changement climatique. Les forêts, les zones humides, les tourbières, les prairies et les autres milieux naturels jouent un rôle essentiel dans le stockage du carbone, la régulation des ressources en eau, la limitation de l'érosion et la réduction des risques d'inondation. C'est pourquoi la Commission encourage le développement de « solutions fondées sur la nature », consistant à restaurer ou gérer les écosystèmes afin qu'ils répondent simultanément aux objectifs climatiques et à ceux de la conservation. Le document recommande ainsi aux gestionnaires des sites Natura 2000 d'intégrer davantage les évolutions climatiques dans leurs plans de gestion. Il préconise d'évaluer la vulnérabilité des habitats, d'identifier les futurs refuges climatiques, de restaurer les milieux dégradés, de renforcer les continuités écologiques et, lorsque cela s'avère nécessaire, d'adapter les limites de certains sites afin d'accompagner les déplacements naturels des espèces. La Commission souligne également que les enjeux écologiques dépassent largement le cadre des espaces protégés. Elle souhaite renforcer la coordination entre les politiques de conservation, l'agriculture, la forêt, l'aménagement du territoire et la gestion des risques naturels. Cette approche s'inscrit dans les engagements pris par l'Union européenne au titre de l'Accord de Paris, de la loi européenne sur le climat et du futur règlement sur la restauration de la nature. Enfin, Bruxelles annonce la préparation d'un nouveau cadre européen intégré de résilience climatique, attendu au cours du second semestre 2026. Celui-ci devra permettre d'intégrer plus largement les enjeux climatiques dans la gestion des espaces naturels tout en renforçant leur contribution à la protection de la biodiversité, des populations et des activités économiques.
Dans une étude publiée dans la revue Conservation Biology, des scientifiques de l'université de Cordoue expliquent que ces images inventées modifient progressivement la perception du public. Des vidéos montrent par exemple des oiseaux protégeant tendrement leurs petits sous la pluie ou des prédateurs entretenant des relations affectueuses avec leurs proies. D'autres mettent en scène des ours polaires exprimant une gratitude presque humaine envers des pêcheurs venus les sauver. Ces scénarios, totalement fictifs, véhiculent une vision anthropomorphique de la faune qui ne correspond pas aux connaissances scientifiques. Le risque est loin d'être anodin. En présentant les animaux sauvages comme dociles, reconnaissants ou capables de comportements inspirés des émotions humaines, ces productions peuvent conduire le public à sous-estimer les dangers liés à la faune sauvage et à développer une perception erronée de son comportement. Elles peuvent également encourager l'engouement pour les animaux exotiques comme animaux de compagnie, alimentant indirectement le trafic d'espèces protégées. Les chercheurs craignent également que ces contenus privilégient systématiquement les espèces les plus « photogéniques », notamment les grands mammifères. Cette surreprésentation pourrait détourner l'attention et les financements des programmes consacrés à des espèces moins populaires mais tout aussi essentielles au fonctionnement des écosystèmes, comme les amphibiens, les reptiles, les insectes ou certains poissons.