Parc de chasse

Pucer les loups : quand la politique cherche encore une solution

Équiper certains loups de puces GPS pour alerter les éleveurs de leur présence : l’idée avancée par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a de quoi surprendre. Elle a été formulée le 16 septembre, lors d’une audition à l’Assemblée nationale, alors que les éleveurs du massif du Pilat font face à l’arrivée d’une meute et que les moyens de prélèvement ont récemment été élargis. Sur le papier, le principe paraît séduisant. Savoir qu’un loup approche, connaître ses déplacements et disposer d’un délai pour renforcer la surveillance d’un troupeau pourrait apporter une aide ponctuelle. Mais une alerte ne constitue pas une protection. Elle ne fait ni disparaître le prédateur, ni reculer la vulnérabilité des brebis, ni réparer les pertes économiques et morales subies par les éleveurs. La proposition risque donc d’être reçue comme un nouveau symbole de l’impuissance publique. Depuis des années, les responsables politiques annoncent des mesures, modifient les textes, accélèrent les procédures et augmentent les possibilités de tir. Pourtant, sur le terrain, les éleveurs continuent de vivre avec l’incertitude, la surveillance permanente et la crainte de découvrir leurs animaux blessés ou morts. Après douze siècles de lutte contre le loup, la France semble devoir réapprendre à composer avec sa présence. Il ne s’agit pas de nier le retour d’une espèce sauvage ni les exigences de sa conservation. Il s’agit de reconnaître que cette présence a des conséquences concrètes sur des élevages qui ne peuvent pas être protégés partout de la même manière. La puce GPS peut-elle être un outil complémentaire ? Peut-être. Mais elle ne saurait devenir une réponse politique à elle seule. Les éleveurs attendent des solutions opérationnelles, adaptées aux territoires et évaluées sur leurs résultats. Ils attendent surtout que leur parole soit suivie d’effets. À défaut, chaque nouvelle annonce, même techniquement possible, risque d’alimenter davantage le malaise : celui d’un monde rural à qui l’on demande de s’adapter encore, tandis que l’État semble toujours chercher la manière de gérer un problème qu’il n’a pas encore réussi à résoudre.


Reproduction du petit gibier : mieux ajuster les pratiques agricoles aux territoires

La protection de la faune sauvage passe aussi par une meilleure prise en compte de ses rythmes biologiques. En France, près de 1 000 kilomètres séparent le nord du sud du territoire métropolitain. Cette amplitude entraîne des différences de climat, d’altitude et de calendrier naturel. Les périodes de nidification, de mise bas ou d’élevage des jeunes ne sont donc pas identiques partout, pas plus que les dates de fauche, de moisson ou de mise au pâturage. Une étude publiée le 13 septembre 2026 dans le Journal of Applied Ecology, à partir de cinquante années de données recueillies au Royaume-Uni sur le vanneau huppé et l’huîtrier d’Europe, montre que les périodes de reproduction varient selon les espèces et la latitude. Les chercheurs préconisent ainsi d’adapter les périodes d’intervention agricole aux situations réellement observées plutôt que de s’appuyer uniquement sur des dates administratives fixes. En France, cette approche pourrait concerner des oiseaux nicheurs au sol comme le vanneau huppé, le courlis cendré ou le râle des genêts, mais aussi de nombreux petits animaux terrestres. Lièvres, lapins de garenne, hérissons, micromammifères et insectes utilisent les prairies, les bordures de champs et les haies pour se reproduire, se nourrir ou se déplacer. Les travaux agricoles peuvent exposer leurs jeunes à la destruction des abris, à l’écrasement ou au dérangement. Il ne s’agit pas d’imposer aux agriculteurs un calendrier supplémentaire, ni de méconnaître leurs contraintes. Les dates de récolte dépendent aussi de la météo, de l’état des cultures, de l’humidité des sols et du risque de perdre une production. L’objectif serait plutôt d’inviter, lorsque les conditions le permettent, à rechercher des ajustements locaux : décaler une fauche, préserver une zone refuge, réduire la vitesse des engins ou repérer les secteurs occupés avant l’intervention. Cette démarche suppose un dialogue entre agriculteurs, naturalistes, chasseurs et gestionnaires d’espaces naturels. Elle doit également s’appuyer sur des observations de terrain et des dispositifs agro-environnementaux adaptés aux territoires. La conservation des haies, bandes enherbées, prairies permanentes et zones humides complète ces précautions. En préservant les abris, les corridors et les ressources alimentaires, elle contribue à maintenir une faune diversifiée tout en permettant la poursuite de l’activité agricole.


Le littoral français se prépare à l’érosion : une nouvelle stratégie jusqu’en 2030

Face au recul du trait de côte et à la montée du niveau de la mer, la France adopte une nouvelle stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte (SNGITC). Approuvée par décret le 20 août 2026, elle vise à anticiper les évolutions du littoral et à accompagner l’adaptation des territoires exposés. Cette stratégie, élaborée par l’État en concertation avec les collectivités, les scientifiques, les acteurs socio-économiques et les associations de protection de l’environnement, constitue un cadre de référence pour repenser l’aménagement des côtes. Elle concerne la France hexagonale, la Corse et les départements et régions d’outre-mer. Son programme d’action 2025-2030 s’inscrit dans la continuité des précédents, et prend en compte la Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC). Il encourage les territoires à construire des trajectoires d’adaptation à long terme, tout en développant des stratégies locales opérationnelles. Le dispositif repose sur cinq axes : approfondir les connaissances, engager les territoires, mobiliser les outils d’adaptation, sensibiliser les acteurs et financer les projets. Au total, 60 mesures sont prévues. Parmi les priorités figure le développement de solutions fondées sur la nature, afin de dépasser les seules logiques défensives et de mieux intégrer la préservation de la biodiversité dans les politiques d’aménagement.

Une application pour comprendre l’avenir de sa commune

Pour accompagner les collectivités et les habitants, le Cerema a développé, à la demande du ministère, l’application « Le littoral de ma commune ». Elle permet de consulter les connaissances disponibles à l’échelle communale : chiffres-clés, cartes, graphiques et éléments d’explication sur les dynamiques littorales, les enjeux humains et environnementaux, les effets du changement climatique ainsi que les trajectoires et solutions d’adaptation. Conseils d’utilisation : choisissez votre commune pour découvrir les informations proposées. Consultez les cartes et graphiques pour comprendre l’évolution du trait de côte, puis explorez les explications consacrées aux risques, aux enjeux locaux et aux solutions d’adaptation. L’application constitue un outil de sensibilisation et de connaissance pour mieux appréhender les transformations du littoral. L’application est accessible sur le site du ministère : Le littoral de ma commune.


Du château de Maulnes au Pentagone : quand la chasse croise l’histoire américaine

Le château de Maulnes (Yonne), a retrouvé, le dimanche 6 septembre, l’animation des grandes journées de chasse. À travers la 3e Fête de la chasse, le monument Renaissance a renoué avec son histoire et ses traditions, puisque la vénerie y fut pratiquée par Charles Martenot (1827–1900), ingénieur et homme politique, député de 1871 à 1876 et sénateur de 1876 à 1885.. Mais une autre histoire, américaine celle-là, se raconte entre ses murs : celle du général Pershing, dont le passage supposé à Maulnes aurait laissé une empreinte jusque dans l’architecture du Pentagone. Une énigme historique qui mérite de remonter le temps...

 

Dimanche 6 septembre, le château de Maulnes a accueilli la 3e Fête de la chasse, une journée consacrée à la chasse, au patrimoine, à la nature et aux traditions. Dans ce cadre exceptionnel, le public a pu découvrir ou retrouver les chiens de chasse, l'équipage de vénerie Piqu’Avant Bourgogne, la fauconnerie, les trompes, le tir à l’arc et le ball-trap, mais aussi des stands cynégétiques, des photographies animalières et des produits locaux. Une manifestation qui donne à voir les pratiques d’aujourd’hui tout en rappelant l’histoire d’un lieu intimement lié à la chasse. Car Maulnes n’est pas un château comme les autres. Édifié à la Renaissance, il est considéré comme le seul château pentagonal de la renaissance française. Sa forme, immédiatement reconnaissable, intrigue autant qu’elle séduit. Elle donne au monument une silhouette presque militaire, alors qu’il s’agit avant tout d’une résidence conçue pour le plaisir, la chasse et la vie de ses occupants. À l’origine, le château s’inscrivait dans un environnement très forestier, propice aux activités cynégétiques. Le choix de son implantation et son organisation répondaient à cette vocation. La fête du 6 septembre prend ainsi une résonance particulière : elle ne se contente pas de réunir les amateurs de chasse et de nature, elle fait revivre, le temps d’une journée, l’esprit d’un domaine imaginé autour de ces pratiques. Et c’est peut-être cette continuité entre la chasse d’autrefois et celle d’aujourd’hui qui permet de comprendre pourquoi Maulnes continue de susciter autant de récits...

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Petit gibier : une ouverture entre prudence et espoir

L’ouverture de la chasse au petit gibier dans le sud de la France aura confirmé une impression désormais familière : les territoires restent riches de promesses, mais les populations ne sont pas toujours au rendez-vous. Dans les plaines, les chasseurs ont retrouvé leurs habitudes, leurs chiens et leurs chemins, avec des observations qui appellent autant à la satisfaction qu’à la vigilance. Le lièvre demeure bien présent, mais ses densités varient considérablement d’un territoire à l’autre. Le constat le plus préoccupant concerne les jeunes, levrauts et lièvres de l’année, qui semblent rares. Les effets de la sécheresse et des fortes chaleurs, le manque de couvert, la prédation et les pertes liées à la circulation routière pourraient expliquer cette situation. Les adultes sont là, mais leur renouvellement pose question. Pour le lapin de garenne, le tableau est plus sombre encore. Quelques îlots résistent mieux aux maladies, mais l’arrivée des insectes piqueurs en août, vecteurs de nouvelles contaminations, a ravivé les inquiétudes. Myxomatose et maladie hémorragique virale ont lourdement affecté les populations. Elles ne sont toutefois pas les seules responsables. La disparition de nombreux habitats favorables a aussi réduit les capacités d’accueil des territoires. La perdrix rouge, mieux représentée dans certains secteurs du Sud-Ouest, reste plus souvent en difficulté qu’en bonne santé. Les tableaux d’ouverture ont été faibles, parfois parce que les oiseaux manquaient, mais aussi parce que les chasseurs ont choisi la prudence. Une décision qui mérite d’être saluée : préserver le potentiel reproducteur plutôt que rechercher à tout prix quelques oiseaux supplémentaires. La perdrix grise partage ces difficultés dans les grandes plaines céréalières. Les milieux simplifiés, le manque de couverts et la fragilité des populations naturelles rendent sa présence incertaine. Là encore, la retenue des chasseurs apparaît comme un choix de raison...

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Forêts françaises : la prospective au pied du mur

Il y a quelque chose de profondément inquiétant dans la manière dont la France prétend préparer l’avenir de ses forêts. Alors que la surface forestière hexagonale a progressé de 3,5 millions d’hectares depuis 1981, pour atteindre 17,6 millions d’hectares, la capacité de ces forêts à absorber le CO2 a chuté de 28 % entre 2010-2015 et 2015-2020. Le paradoxe n’est plus une anomalie statistique : il révèle l’échec d’une vision qui confond superficie et santé, plantation et résilience, volume de bois et avenir sylvicole. Car que savons-nous réellement de la forêt française de 2050, de 2100 ? Trop peu, semble-t-il, pour justifier les décisions qui s’y prennent aujourd’hui. On plante, on expérimente, on introduit de nouvelles essences, on modifie les peuplements, on teste des modèles de sylviculture. Pourquoi pas ? Mais à quel moment l’expérimentation devient-elle une politique publique irréversible ? Une forêt n’est pas un laboratoire dont on pourrait remettre les compteurs à zéro. Un choix sylvicole malheureux engage plusieurs générations, parfois un siècle. Ce sont des milliers d’hectares qui se trouvent ainsi condamnés à subir des orientations dont personne ne peut garantir la pertinence à long terme. Le plus grave n’est pas de se tromper : c’est de prétendre savoir quand on ne sait pas. Les incendies, les sécheresses, les dépérissements et les parasites ont déjà démenti bien des certitudes. La prospective forestière devrait être une discipline de l’humilité, de la pluralité des scénarios et de la réversibilité. Elle semble trop souvent se réduire à une succession de tentatives grandeur nature, habillées de vocabulaire scientifique et de promesses de résilience. Et s’il y avait, derrière cette fuite en avant, quelques bonnes raisons cachées ? Des impératifs économiques, des filières industrielles à alimenter, des aides publiques à justifier, des marchés du carbone à conquérir ? Il ne s’agit pas d’accuser sans preuve, mais de poser la question. Quand les intérêts à court terme rencontrent l’urgence climatique, qui garantit que l’avenir de la forêt ne sert pas de variable d’ajustement ? La forêt française mérite mieux qu’une politique de tâtonnement. Elle exige une prospective indépendante, contradictoire, transparente, capable de reconnaître ses incertitudes et de préserver ce qui peut encore l’être. Sinon, nous ne préparerons pas la forêt de demain : nous organiserons son appauvrissement, en espérant que les générations futures nous pardonnent nos certitudes d’aujourd’hui.


Oreilles de sanglier, bois de cerf et peaux torsadées : les récompenses naturelles au service du chien

Des oreilles de sangliers séchées, peaux torsadées, tendons, sabots, bois de cerf ou friandises à base de viande : les récompenses naturelles occupent une place croissante dans l’alimentation et les activités des chiens. Plus authentiques en apparence que les biscuits industriels, ces produits sont avant tout destinés à être mâchés, manipulés et explorés avec la gueule. Leurs odeurs, leurs textures et leur résistance stimulent l’intérêt de l’animal et lui offrent une occupation adaptée à ses besoins. Mais ces gourmandises réveillent-elles pour autant l’instinct de chasse ? Pas nécessairement. L’attirance pour une oreille de sanglier ou un morceau de viande ne se confond pas avec la poursuite d’un gibier. La quête, le mouvement, la piste et le travail olfactif jouent un rôle bien plus direct dans l’expression des comportements de chasse. Cependant, ces récompenses aident dans l’éducation et l’épanouissement du chiot et bien après. Utilisées après un rappel réussi, une marche au pied, un arrêt ou un moment de calme, les friandises naturelles deviennent des récompenses associées à un comportement attendu. Elles peuvent ainsi renforcer la motivation du chien, favoriser son attention et consolider la confiance avec son maître. Le plaisir de mâcher constitue également une activité d’occupation intéressante, à condition de choisir un produit adapté à la taille, à l’âge et aux habitudes de l’animal. La prudence reste toutefois indispensable. Certains bois de cerf ou os très durs peuvent provoquer des fractures dentaires. Les morceaux trop petits présentent un risque d’étouffement ou d’ingestion. Les produits crus doivent provenir d’une filière sûre et être manipulés avec une hygiène rigoureuse. Enfin, certains chiens peuvent défendre leur friandise, surtout lorsqu’elle est très appétente. Bien choisies, surveillées et utilisées avec mesure, ces récompenses ne transforment donc pas automatiquement un chien en chasseur. Elles peuvent surtout contribuer à son équilibre et à une relation harmonieuse avec son maître. Pour découvrir ces produits, rendez-vous chez Kat animal’rie : des produits sains pour des chiens heureux. Sur Facebook ou au 06 21 97 31 51.


La FACE et le CIC renforcent leur coopération

Le Conseil international pour la conservation du gibier et de la faune sauvage (CIC) et la Fédération européenne de la chasse et de la conservation (FACE) veulent donner une nouvelle impulsion à leur coopération. Les deux organisations ont tenu, le 31 août 2026 à Madrid, leur première réunion officielle avec leurs présidents nouvellement élus. Une rencontre destinée à renforcer leur coordination sur les questions de chasse durable, de conservation de la faune sauvage et de politiques européennes. Le président du CIC, Luis de la Peña, accompagné de son directeur général Arno Wimpffen, a rencontré le président de la FACE, le Dr Laurens Hoedemaker, ainsi que son secrétaire général, le Dr David Scallan. Dans une atmosphère décrite comme cordiale et constructive, les représentants des deux organisations ont confirmé leur volonté de poursuivre leur collaboration et de développer des initiatives communes sur les sujets présentant un intérêt partagé. Plusieurs domaines de travail ont été identifiés. CIC et FACE souhaitent notamment contribuer à la formulation de recommandations concernant les nouvelles réglementations de la chasse dans les États et régions européens. La conservation du petit gibier figure parmi les priorités évoquées. La communication constitue un autre axe majeur du rapprochement. Les deux organisations souhaitent renforcer leur coordination et s’informer mutuellement de manière proactive sur les sujets susceptibles de faire l’objet d’une communication publique. Lorsque cela sera pertinent, elles pourront ainsi renforcer leurs messages et leurs actions de sensibilisation. Cette coopération sera également renforcée à Bruxelles, dans le cadre du mémorandum de coopération existant entre le CIC et la FACE. Un bureau du CIC sera créé au sein du bureau bruxellois de la FACE. Ce dispositif doit faciliter les échanges quotidiens et permettre une meilleure coordination sur les dossiers et débats liés aux politiques européennes. La réunion de Madrid constitue ainsi une étape supplémentaire dans le rapprochement des deux organisations, qui entendent mieux coordonner leurs expertises, leurs positions et leurs actions, tout en défendant une approche fondée sur une chasse durable et la gestion responsable de la faune sauvage.


Paris : l’Hôtel de Roquelaure dévoile ses trésors pour les Journées du patrimoine

Les 19 et 20 septembre 2026, l’Hôtel de Roquelaure, siège des ministères de la Transition écologique et des Transports, ouvre ses portes au public à l’occasion des Journées européennes du patrimoine. Placée sous le thème « Patrimoine de la photographie et patrimoine en péril », cette édition propose un programme inédit, entre découvertes historiques, biodiversité et sensibilisation à la préservation de l’environnement. Les visiteurs pourront découvrir les salons de l’hôtel particulier, son jardin de 5 500 m², ainsi que les jardins de l’Hôtel du Play. Parmi les temps forts, une exposition immersive réalisée avec l’Office national des forêts invite à explorer la biodiversité de la forêt de Fontainebleau, tout en rappelant sa fragilité après les incendies de l’été. Une autre exposition retracera cinquante ans d’aménagement du territoire en Île-de-France, notamment à travers le logement et les transports. Le ministère des Transports consacrera également un espace aux cinquante ans de Bison futé, avec des images d’archives et des témoignages d’anciens agents. Le jeune public ne sera pas oublié : ateliers sur la biodiversité marine, activités ludiques dans l’espace « Génération mer » et rencontre avec l’équipe du film d’animation La fille dans les nuages sont au programme. Le week-end marquera aussi le lancement de l’aire éducative du jardin de Roquelaure, le 18 septembre. Informations pratiques : rendez-vous les samedi 19 et dimanche 20 septembre, de 14 h à 18 h, au 244 boulevard Saint-Germain, Paris 7e. Entrée gratuite, sur inscription obligatoire et présentation d’une pièce d’identité. Les places étant limitées, il est recommandé de s’inscrire dès maintenant sur le site dédié. 


Venaison française : une filière à construire malgré des prix qui peinent à décoller

La Fédération nationale des chasseurs (FNC) veut faire de la venaison française une véritable filière alimentaire. L’ambition est de valoriser une ressource abondante, locale et de haute qualité, tout en réduisant la dépendance aux importations. Mais entre le gibier prélevé dans les territoires et la viande proposée aux consommateurs, le chemin reste long. Et le faible prix de la venaison complique sérieusement la mise en place d’une organisation économiquement viable. Le paradoxe est de taille : la France dispose d’un gibier sauvage abondant, mais plus de la moitié des volumes commercialisés proviennent de l’étranger. Selon le dossier de la FNC, 17 500 tonnes de viande sans os de grand gibier français seraient disponibles chaque année, alors que seulement 7,2 % rejoindraient le marché. L’essentiel est autoconsommé ou distribué dans un cadre privé, faute de circuits de collecte, de transformation et de commercialisation suffisamment structurés. La difficulté est d’abord économique. Le prix d’achat de la venaison reste bas, alors que sa valorisation exige des investissements importants : chambres froides, véhicules réfrigérés, ateliers de découpe et établissements de traitement. Pour les collecteurs et les professionnels, l’équation est délicate. Comment financer ces équipements et rémunérer les différents maillons de la chaîne avec une matière première dont la valeur marchande demeure limitée ? Le risque est de voir les initiatives se multiplier sans parvenir à atteindre une rentabilité durable. La FNC entend pourtant faire évoluer cette situation. L’expérimentation de découpe en circuits courts, engagée à la suite de l’arrêté du 26 juin 2024, permet à des chasseurs autorisés de vendre directement des morceaux de gibier à des professionnels dans un rayon de 80 kilomètres. En Normandie, six chambres froides ont été inaugurées dans la Manche pour faciliter la collecte et l’approvisionnement des bouchers et restaurateurs. L’enjeu est d’autant plus important que la venaison possède des qualités nutritionnelles remarquables. Naturellement maigre, riche en protéines, en fer et en zinc, elle provient d’animaux vivant en milieu naturel, sans intervention humaine ni antibiotiques. Le dossier de la FNC indique une moyenne de 2,3 % de matières grasses et 22 % de protéines. Reste à convaincre les consommateurs et à rendre cette viande accessible. La marque « Gibiers de France », lancée en octobre 2025, entend garantir son origine et sa traçabilité. Le défi sera désormais de transformer cette qualité en valeur économique, pour que la venaison française trouve durablement sa place dans les assiettes.