Des espèces protégées, non régulées, mais au développement anarchique, font l’objet d’empoisonnements volontaires, mais strictement interdits, pour réduire leurs capacités de nuisances. Les prédateurs sont visés, de même que des espèces proies trop nombreuses, et cela pose un problème de taille : les dégâts collatéraux. Dans tous les pays d’Europe, des cas de destruction par empoisonnement sont signalés. Selon l’étude réalisée par « BalkanDetox », un projet subventionné par le Programme de financement européen LIFE, cette pratique passe quasiment inaperçue et reste souvent impunie. Au cours de la période étudiée (de 2000 à 2020), 1046 cas d'empoisonnement d'animaux sauvages ont été répertoriés à travers l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Bulgarie, la Croatie, la Grèce, la Macédoine du Nord, et la Serbie. Les conflits entre humains et mammifères prédateurs (loups, renards, chacals, ours, lynx) qui représentent une menace pour les cheptels, la production agricole et le gibier, semblent en être la principale raison. Lors d’un communiqué de presse, Uroš Pantovié, coordonnateur de projets de « BalkanDetox » a déclaré : « Cette pratique ne résout pas les conflits entre les humains et la faune sauvage. D’une part elle n'est pas sélective, et d’autre part elle met en danger des espèces en voie de disparition ainsi que les citoyens (notamment des enfants) qui ignorent son existence ». Dans la grande majorité des cas, les produits utilisés sont à base de carbamates, dangereux pour la santé.