Cette période du sevrage est très importante, car elle conditionne souvent la bonne santé et l’équilibre psychologique de l’animal. Un chiot mal sevré pourra présenter des troubles du comportement qui lui resteront à vie. C'est en jouant que le jeune chien apprend le mieux. Sous cette forme, le stress de l’ordre ne le perturbe pas, et l’acquisition des connaissances devra toujours être accompagnée d’une récompense. Il ne doit jamais y avoir de contrainte apparente. C’est donc dans la bonne humeur que vous demanderez à votre élève de capitaliser les connaissances que vous lui apporterez au fil des jours. A raison d’une séance de quelques minutes par jour, pas plus, il vous faudra jouer avec lui. N’hésitez pas à vous allonger pour vous mettre à sa portée, mais surtout, faites très attention de ne pas lui faire mal accidentellement. Les roulades et autres cabrioles auront pour but de casser la rigidité de la leçon. L’apprentissage aux ordres doit se faire sans que le chien s’en aperçoive. Dans ces conditions, les réflexes acquis le suivront toute son existence. Le pouvoir d’attraction d’un objet déclenchera le comportement recherché. Par exemple, montrez de loin à votre chiot, un jouet avec lequel il s’amuse régulièrement, ou une croquette ou autre friandise. Spontanément, il viendra vers vous. C’est au moment où il arrivera, prêt à saisir l’objet, que vous lui notifierez l’ordre « au pied » tout en donnant sa friandise. De cette façon, il associera très vite l’ordre à une demande agréable. Les récompenses, systématiques au début, deviendront au fur et à mesure de la compréhension, intermittentes, puis aléatoires. Au terme de quelques semaines de ce traitement, vous aurez un adolescent aux ordres, capables de vous suivre à l’extérieur pour la seconde formation qui fera de lui un professionnel.

 

Penser « chien »

Après l’éducation du chiot, vers l’âge de six mois, la « formation professionnelle » pourra commencer. Le passage en milieu ouvert se prépare à l’avance. Dès que votre chiot sera capable de se déplacer seul sans se fatiguer, faites-lui découvrir le monde dans lequel il va évoluer, et les différents milieux qui le composent. Il s’habituera à son nouvel environnement, aux odeurs et aux bruits qui souvent le perturbent. Des courtes promenades seront suffisantes pour qu’il apprenne toutes les facettes de la nature. Quand il sera à l’aise, l’entraînement pourra commencer…

 

Première étape : la créance

En général, le limier ou chien de pied, en chasse à tir, est utilisé pour savoir où sont remisés les sangliers. Il faut donc lui faire découvrir l’odeur de la bête noire. Une patte fera très bien l’affaire, d’autant plus qu’il s’amusera avec quelque temps. Conservez dans un congélateur des pattes de sangliers. Ce sont elles qui, décongelées, seront fixées sous les semelles traceuses et qui serviront à marquer la voie. Il vous en faudra deux par sortie qui pourront, si elles sont recongelées rapidement, resservir deux ou trois fois.

 

Deuxième étape : les sorties en milieu ouvert

Œuvrez, pour débuter, sur un secteur totalement dépourvu de sangliers, cela évitera les confusions possibles, et posez d’une façon discrète, des points de repères pour toujours parfaitement situer la zone de travail. Sur une allée forestière, durant trois ou quatre sorties, promenez simplement votre chien en un simple aller et retour. Puis, avant la 5e sortie, une heure avant la promenade et vers le milieu de votre parcours, vous marquerez aux semelles traceuses, une voie perpendiculaire d’une cinquantaine de mètres, plus longue dans le sens de déplacement (15 m coté départ, et 35 m coté arrivée) au bout de laquelle vous déposerez une récompense (morceau de peau de sanglier ou une patte de préférence). Ensuite, allez chercher votre chiot et faites avec lui la promenade habituelle. Surveillez son comportement quand il arrivera sur la voie tracée, et encouragez-le à chercher. S’il part sur le petit côté, laissez faire, car il arrivera vite en bout de voie, et spontanément aura tendance à faire « ses arrières ». Puis, toujours encouragé par vous, il remontera la piste du bon côté et tombera sur le morceau de peau. Là, ne soyez pas avare de compliments accompagnés d’une bonne récompense (friandise qu’il aime particulièrement). Ensuite, après cette première acquisition, il ne vous restera qu’à corser le travail, c’est-à-dire tracer la piste sur des sols variés et dans des milieux différents, tout en augmentant la longueur de la voie et le temps entre le marquage de la voie et le travail demandé au chien. Après tous ces exercices, et progressivement, votre chien tentera de pénétrer toujours plus loin, en sous-bois. Le temps sera donc venu de l’emmener sur un terrain où il y a présence de sangliers. Mais surtout, ne cédez pas trop vite à la tentation de remonter une voie, car elle risque de vous faire bruler une étape. Restez sur le principe du tour d’une enceinte et du rôle du limier : trouver la rentrée et s’il n’y a pas de sortie, c’est que les animaux sont à l’intérieur. Aller trop vite en besogne cassera votre limier qui deviendra peut-être un rapprocheur, mais pas suffisamment expérimenté pour faire ce travail délicat sur une voie froide, et qui cédera à la facilité de la voie chaude. Il ne vous resterait alors qu’un chien courant… comme les autres.