Ce cerf a été trouvé agonisant, vendredi, victime d’un combat sans merci qu’il avait livré quelques jours auparavant, avec un adversaire aussi amoureux que lui, mais bien plus fort en apparence. La nature n’est pas méchante, mais elle est cruelle, n’en déplaise aux bobos qui pensent que « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». La nature a ses lois, c’est ainsi, et ce sont elles qui permettent aux plus forts de perpétuer l’espèce, condamnant les plus faibles à disparaitre, ou du moins à être privés de descendance. C’est le deuxième cas découvert dans le sud haut-marnais, depuis le début du brame de cette saison 2021, mais qui ne sont pas des exceptions. L’intimidation ou l’affirmation sonore de sa puissance ne met jamais un cerf à l’abri d’un concurrent plus vindicatif, peut-être parce que plus jeune, plus rapide dans l’esquive ou, après des journées épuisantes, moins fatigué que le maitre de place. Les raires qui font trembler le sous-bois ont une signification : un rugissement court, rauque et grave signale la présence du cerf. Un rugissement long et mélancolique sera émis pour attirer l’attention des biches. Un raire au timbre plus élevé est destiné à intimider un éventuel concurrent et un cri rauque saccadé sera lancé lorsque le cerf poursuit une biche. Si pendant longtemps, les passionnés allaient « écouter » le brame des cerfs, une dérive inquiétante est arrivée avec les téléphones portables, appareils photos de salon par ailleurs. Alors maintenant, écouter ne suffit plus, il faut voir. Evitez cela, ne pensez plus aux photos et restez le plus loin possible, et sous le vent. Vous entendrez beaucoup mieux, avec cette sensation, dans la nuit, de pénétrer un monde inconnu…

(Photo Sébastien Collignon)