L’affaire de l’ourse tuée en Ariège, a relancé bien involontairement le débat entre pros et antis grands prédateurs. Selon que l’on se trouve au cœur de la capitale, confortablement installé dans un fauteuil au deuxième étage d’un immeuble cossu et surchauffé, ou sur le terrain, dans le froid et la grisaille, au milieu des éléments qu’il faut affronter pour faire son métier d’éleveur, la vision des choses est bien différente. Dans l’écologie citadine, que les verts veulent nous imposer, tout est faux et atrocement artificiel. Si leur reconquête de la nature ne consiste qu’à relâcher quelques spécimens de grands prédateurs, venus à grands frais de Slovénie ou d’Asie centrale, ils ne sont pas près de « sauver la planète » comme ils prétendent le faire. D’ailleurs, ce n’est pas la planète qui est en danger, mais l’humanité qui refuse de voir que c’est elle seule, l’auteure de la catastrophe annoncée. La vision étriquée que les animalistes ont de la nature, les fait pleurer devant les deux « pauvres petits oursons orphelins qui viennent de perdre leur maman », et s’extasier devant deux ou trois cents arbres plantés en ville sur un rond-point, qu’ils ont l’outrecuidance d’appeler « mini forêt », oubliant, ou peut-être ne le savent-ils même pas, que, sur un seul hectare de vraie forêt, ce sont plus de dix mille plants qui vont s’affronter, jusqu’à ce que les plus forts et les plus grands dominent les autres, adversaires définitivement vaincus dans cette lutte silencieuse, mais oh combien naturelle. Sur notre photo (GF, droits réservés), prise dans les Alpes cet automne, au nord du massif des Bauges, un loup vient à bout d’un chamois. C’est ainsi tous les jours, et sur le secteur de Cohennoz (Savoie), ce sont plus de 80 carcasses qui ont été retrouvées cette saison. Dans le secteur de Saint-Ferréol (Alpes Maritimes), les mouflons sont sur le point de disparaitre, anéantis par les loups. Les grands prédateurs ne sont, pour les verts, qu’une arme pour faire abolir toutes les formes de chasse. En témoignent les déclarations précipitées qui demandent l’arrêt des battues dans les Pyrénées. Les accidents dus à ces rencontres fortuites vont donc se multiplier, mais tout le temps que les loisirs des citadins ne seront pas impactés, les pouvoirs publics ne feront rien pour s’opposer aux animalistes. Les ruraux devront donc attendre encore un peu, mais qu’ils se rassurent, et c’est bien ça qui empoisonne l’avenir des verdâtres : demain, la société pourra se passer d’eux, mais elle ne pourra pas faire l’économie de la chasse…