C’est le résultat d’une étude parue le 10 janvier 2022 dans la revue « Emerging Infectious Diseases », menée par des chercheurs de l’Institut de Recherche en Santé Digestive, sous la tutelle d’INRAE, l’ENVT, l’Inserm et l’université Toulouse III – Paul Sabatier. La découverte de cette bactérie, qui n’est, jusqu'à preuve du contraire, pas pathogène pour l’Homme, illustre l’importance du pacte biosécurité-bien-être animal, et met en lumière la nécessité de développer des programmes de surveillance de la faune sauvage. Les scientifiques sont partis d’une observation : une surmortalité de sangliers dans plusieurs départements métropolitains. Des travaux préliminaires montrent que ces sangliers ont succombé à une infection bactérienne due à une souche de Escherichia coli (E. coli) particulière. Celle-ci provoque des œdèmes, mortels par le biais d’une shigatoxine. Il s’agit d’une bactérie commune en élevage porcin, mais qui n’avait encore jamais été trouvée chez les sangliers. L’équipe de recherche a alors étudié cette souche, et pour ce faire, des échantillons ont été collectés sur différents sites. Le génome des bactéries a été séquencé, et le verdict a été confirmé : la souche responsable, bien que proche de celle retrouvée en élevage, est nouvelle. Il s’agit d’un hybride entre deux souches de E. coli… qui, pour l'instant, ne circulerait que chez des animaux sauvages, car elle ne présente aucun gène de résistance aux antibiotiques. Si les scientifiques se montrent rassurants, ils craignent cependant qu’elle ne devienne transmissible aux élevages de porcs domestiques. (Contacts scientifiques : Institut de recherche en santé digestive, Université Toulouse 3 ; Département scientifique MICA ; Centre INRAE Occitanie-Toulouse).