Un projet pilote

« C’est illogique de regarder un animal souffrir sans pouvoir intervenir, et quelquefois il se passe des heures avant que le chasseur appelé ne revienne sur les lieux. Armés, nous serons beaucoup plus efficaces. On évite le double abattage parce que, si une personne blesse un animal et ne le retrouve pas, il va en chasser un autre. Mais le premier va probablement mourir aussi. En étant armé, on augmente nos chances de récupération et cela impactera moins la grande faune sauvage. Et puis, nous sommes quelquefois en délicates situations, voir même en danger avec les grands animaux. Un orignal, c’est comme un gros cheval blessé que tu relèves, mais à un moment, il ne fuit plus et fait face au danger… Un ours blessé, c’est pire. Tu ne peux pas te défendre contre ça. Ça peut te blesser sérieusement, voir te tuer. Avec une arme, on se protège, on protège le chien, les chasseurs ou d'autres personnes qui pourraient croiser le chemin du blessé...»  a déclaré Jimmy Duchesne, un conducteur québécois qui compte bien offrir de nouveau ses services aux chasseurs d’ours, ce qu’il avait cessé de faire depuis plusieurs années.

 

Abréger les souffrances de l’animal blessé

C’est donc l’un des buts de la future loi. Les participants au projet pilote ont été sélectionnés dans toutes les régions du Québec, et les conducteurs de chien de sang de Charlevoix sont heureux d’être du nombre. « On est bien content. Ils ont essayé de répartir ça dans toutes les régions du Québec. Ici, on est une place de chasse, il y a beaucoup de pourvoiries, beaucoup de chasseurs, et ça fait des années qu’on sert sur le terrain. On voit les opportunités où, si on avait été armé, ça se serait passé différemment », indique Charles Bouchard, un autre conducteur qui ajoute : « Cela va permettre de pérenniser la pratique. On a des rapports exhaustifs à produire à chaque sortie. Ça va être prenant pour les participants, mais tu le fais pour le collectif, et on est content d’avoir été choisis. Hors de la chasse, il y a aussi des animaux blessés dans des collisions avec des véhicules. Nous espérons que notre offre de service sera également retenue par le ministère des Transports du Québec, car un animal peut vivre 2 ou 3 semaines avec une patte cassée… ».

Photo courtoisie : Jimmy Duchesne et Charles Bouchard avec leurs chiens Léia et Choko