Le tir transversal d’un animal n’est jamais facile, en témoignent les nombreuses balles qui ne touchent pas aux bons endroits, en laissant à leurs auteurs le goût amer de la déception. Comment éviter ça ? Relativisons, si l’animal n’est pas touché, ce ne sera qu’un raté. Mais s’il est blessé sans être arrêté, l’acte de chasse prendra une toute autre dimension, d’une part par les souffrances qu’il inflige, et d’autre part, par l’obligation de tout faire pour les abréger. Quand la balle est trop devant, ou trop derrière, c’est souvent parce qu'il y a eu une mauvaise appréciation de la vitesse de déplacement. En général, il s’agit plutôt d’une sous-estimation, car les animaux se déplacent plus vite qu’on ne le juge couramment. Prenons l’exemple d’un sanglier qui se présente à 50 mètres de distance. L’animal, lancé à pleine vitesse peut courir à 40 km/h, soit environ 11 m/s. Avec une balle dont la vitesse est de 800 m/s, le temps de vol du projectile sera, de la sortie du canon à la cible, de 5,25 centièmes de seconde. Mais pendant ce très court laps de temps, le sanglier aura avancé de près de 60 centimètres. Dans ce cas, si aucune correction n’est apportée, la balle destinée à frapper à l’épaule va, au mieux, passer derrière, et au pire atteindre le cuissot. Pour pallier ce défaut fréquent, la première chose à faire est de pratiquer le tir, arme arrêtée. Dans ce cas, il faut viser largement devant, comme si l’on voulait manquer l’animal en le devançant. On appelle cela le tir par interception. Cette méthode n’est pas simple à mettre en œuvre, car l’appréciation de la correction à faire n’est pas évidente. La seconde façon consiste à tirer avec l’arme en mouvement, en réalisant un swing. Le fusil ou la carabine pointe tout d’abord l’arrière de l’animal. Puis, la visée remonte le corps de la bête dans un mouvement qui ne s’arrête pas. Lorsque la visée parvient à la pointe du nez du sanglier, le coup part. De cette façon, le tir se fait dans une dynamique qui évite l’arrêt de l’arme, si souvent générateur d’un tir trop en arrière. Cependant, cette technique n’est, ni instinctive, ni spontanée. Elle nécessite donc un minimum d’entraînement au sanglier courant afin d’acquérir ce geste très particulier.