La chasse… demain ?

Par Jean-François Guerbert

Après l’étude de Philippe Dulac, qui, avec son équipe, a fait une remarquable prospective de la chasse en l’an 2040 (Société, Modes de vie, Loisirs de nature : enjeux pour l’avenir de la chasse), j’ai également beaucoup apprécié l’intervention de Christian Lagalice, président de la FDC du Jura qui, lui, se projette avec humour dans les méandres des années 2050, concluant ainsi : « Au pays de Montaigne et de Descartes, de Molière et de Voltaire, de Jaurès et De Gaulle, la France à la pensée aseptisée et asphyxiée, marche désormais sur la tête… ». Moins optimiste qu’eux devant cette notion de temps, je ne me hasarderai que jusqu’à l’année 2030 où, si nous ne changeons pas de stratégie, la chasse aura sans doute vécue, du moins la chasse plaisir ou la chasse loisir, telle que nous l’entendons encore aujourd’hui. Mais, avant de poursuivre, accordons-nous d’abord sur les termes employés : 

- La chasse plaisir est celle que l’on peut pratiquer librement, sans contrainte d’aucune sorte, et que l’on peut résumer ainsi : « où l’on veut, quand on veut, sans avoir de compte à rendre à qui que ce soit ».

- La chasse loisir est sa cousine, devenue cependant au cours des cinquante dernières années,  une activité encadrée, dès lors que, pour la pratiquer, on y subit des contraintes de lieux, de temps et d’heure. Ça n’est donc déjà plus où l’on veut et quand on veut…

- Quant à la chasse utile, elle trouve sa finalité dans le service que le chasseur rend à la société en gérant, maitrisant, assainissant les populations d’animaux sauvages et chassables.

Face à face tendu

Aujourd’hui, deux clans sont face à face : les chasseurs… qui ont encore le bonheur de marcher sur autre chose que du macadam, et les descendants des hommes des campagnes qui vivent reclus en ville (les néo-citadins). Je ne suivrai pas ceux qui pensent que nous sommes en guerre contre eux, qu’ils soient anti-chasse, écolos, verts ou jaunes. En guerre, les adversaires s’affrontent jusqu’à ce que l’un d’eux reste exsangue sur le carreau, laissant l’autre, durant un temps, imposer ses idées. Paradoxalement, alors que nous avons, sur bien des points, les mêmes objectifs, nous nous affrontons sur les moyens d’y parvenir. Mais, dans cette joute, et contrairement à la guerre, ce n’est pas l’un ou l’autre des deux clans qui se déclarera vainqueur…

Faisons les comptes : supposons que nous ayons 10% de chasseurs militants. Cela en ferait 100 000 sur un total d’un million. Supposons aussi, qu'en face, il y en ait autant. Il y aurait donc, pour toute la France 200 000 militants actifs…  qui font, et n’ayons pas peur des mots, de l’écologie facile, pour ne pas dire bas de gamme, cette écologie qui ne nécessite aucun effort particulier, si ce n’est celui d’ouvrir des cages à ours ou à loups pour se glorifier de recréer de la biodiversité, ou, pour les chasseurs, de s’abstenir de tuer des grosses laies, celles qui font beaucoup de petits, que nous n’arrivons d’ailleurs plus à maitriser. Dans ce domaine, on oublie l’essentiel : la biodiversité qui s’effondre, les rivières qui ne coulent plus, la baisse des nappes phréatiques, l’assèchement généralisé des zones humides, les insectes dont les pollinisateurs en voie de disparition, les oiseaux devenus des sans-abris, les milliers de pales d’éoliennes qui brassent du vent, mais que le vent ne fait tourner, en moyenne, que 10 à 15% du temps, ce qui n’a pas encore permis d’arrêter un seul réacteur nucléaire, sans occulter la pollution générée par tous ces corps que l’on enfouit pour les oublier, quand on ne sait pas les recycler. Bref, si tout cela part d’une bonne intention, le moins que l’on puisse dire, vu les résultats de ces néo-verts, c’est que c’est une belle succession de ratés, et malheureusement, ce n’est pas fini… Quant à nous, nous passons toujours pour « des gros c… profiteurs » qui se servent sur un bien collectif et n’apportent rien en échange. Certes, les autres n’apportent pas plus, mais comme ils ne prélèvent rien, ça rend leurs idées plus acceptables.

A la chasse, chaque prélèvement d’un animal, quel qu’il soit, doit aujourd’hui être justifié. L’argument prêtera sans doute à réfutation, mais il aura le mérite d’exister :

- Pourquoi vais-je tuer un lièvre ?

- Pour le manger, parce que j’aime ça…

- Pourquoi vais-je chasser le blaireau sous terre ?

- Parce que le propriétaire des terres, qui est aussi agriculteur, l’a demandé à la suite de casses de matériels tombés dans des gueules de terriers…

- Pourquoi chasser le cerf à courre ?

- Parce que ça participe à la dispersion des hardes et au brassage des populations, brassage bénéfique pour l’espèce de plus en plus cloisonnée par les engrillagements (autoroutes, voies ferrées, etc…)

C’est uniquement sur le bien-fondé d’arguments que nous avons encore à trouver, que le vainqueur sera désigné… non pas par lui-même, ni par son adversaire, mais par le 3e élément, celui que l’on entend peu, mais qui règle tout : l’opinion publique. Ne nous faisons pas d’illusions, notre survie ne dépend pas de l’Assemblée nationale, ni du Sénat. Les élus ne sont pas suicidaires, et ils suivront le sens de l'histoire. Ceux qui nous soutiennent inconditionnellement seront bien seuls si par malheur pour nous, le vent devenait défavorable. La société, notre société, a fondamentalement changé en un demi-siècle. La majorité de la population ne comprend plus rien à nos querelles autour de la chasse. Nous devons, car nous seuls chasseurs en avons les structures et les moyens, monter des opérations spectaculaires, bénéfiques à l’ensemble de la société, et qui nous montreront sous un jour nouveau. C’est peut-être l’occasion de reparler là, du « 110 kilomètres-haies »…

 


 

La chasse en grand danger :

et si les chasseurs étaient les premiers responsables ?

Par J.P.

Remontons au niveau de la garderie, créée et organisée par les FDC. L'ordonnance du 28 juin 1941 a créé des institutions spécialisées, destinées à encadrer la pratique de la chasse : le Conseil Supérieur de la Chasse (CSC) et les Fédérations Départementales des Chasseurs (FDC). En 1972,  le CSC est transformé en Office National de la Chasse (ONC). Quelques années plus tard, les gardes chasse fédéraux, dirigés et payés par les FDC, sont devenus des « Gardes Chasse Nationaux » (GCN) sous le contrôle de l’ONC, et ont vu, dans ce changement, une promotion de leur statut qui faisait d’eux des fonctionnaires, « Agents techniques de l’Environnement ». Puis, par la loi du 26 juillet 2000, l’ONC devenait « ONCFS » (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage), qui en faisait un établissement public à caractère administratif. Cet ONCFS était dirigé par un conseil d’administration composé de 22 membres représentant l’État, les FDC, les associations de chasse spécialisées, les propriétaires ruraux, les agriculteurs, les forestiers, les organismes de protection de la nature ainsi que les personnels de l’établissement. Avec l'ordonnance du 11 janvier 2012, ces agents de l'ONCFS sont devenus « Inspecteur de l'environnement », ce qui leur conféra des pouvoirs judiciaires élargis, véritable « Police de l'environnement » dont ils portent l'insigne. A partir de ce moment, il ne faut plus leur rappeler leurs origines :  « la chasse ».  La loi « Pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages » créant l’Agence française pour la biodiversité (AFB) établissement public de l’Etat, prévoit que la contribution à l'exercice des missions de police administrative et de police judiciaire, relatives à l'eau et à l'environnement, s’exerce en liaison avec les établissements publics compétents, dans le cadre d'unités de travail communes. Le Conseil d’Administration de l’ONCFS, réuni exceptionnellement le 11 janvier 2017, sur convocation de son président, également président de la FDC de Gironde, a voté une motion demandant au Président de la République de suspendre le projet de mutualisation entre les services de terrain de l’Office, et ceux de la nouvelle Agence Française pour la Biodiversité, en vain. Puis, la loi 2019-773 du 24 juillet 2019, portant création de l'OFB (Office Français de la Biodiversité) fusionna l'AFB et l’ONCFS avec effet au 1er janvier 2020, au sein du nouvel Office. Depuis cette date, les agents des deux entités ont repris les missions des deux établissements fusionnés.

Et tout ceci s’est passé sous l’œil attentif de l’Europe qui ne souhaite qu’une chose : la disparition de la chasse, et surtout celle qui est pratiquée en France. Mais où est donc passée la garderie cynégétique, et quelles sont désormais ses missions ?

Au niveau politique, le LMR (Le Mouvement de la Ruralité), né au Barcarès (66) a été créé en 1989, sous la forme d'une association, au cours de l’AG de l’ANCGE. Il est devenu plus tard le mouvement « Chasse, pêche, nature et traditions » (CPNT), et, jusqu'en 2019, a été un parti politique français, dont objectif était de défendre un certain nombre de valeurs traditionnelles de la France rurale, notamment la chasse. CPNT a rassemblé 6,77 % des suffrages exprimés lors des élections européennes de 1999, et a fait élire six députés au Parlement européen. Aux élections suivantes de 2004, CPNT n'arriva pas à atteindre les 3 %, taux plancher qui déclenche le remboursement des frais de campagne, sauf dans l'une des cinq circonscriptions dans lesquelles il s'était présenté. Ceci représenta un déficit de 300 000 euros et la perte de ses six députés. Les chasseurs ont-ils fait le bilan aujourd’hui des actions et des réussites de tout cet engagement, qui, durant une seule mandature, a ébranlé le dortoir politique français et européen ? Aujourd’hui, ils se retrouvent dans une situation encore plus précaire que celle de 1989…

 


 

Parlons chiens…

«Le loup est la première espèce animale qui a été domestiquée par l'homme, pour l'usage de la chasse dans une société humaine paléolithique qui ne maîtrise alors ni l'agriculture ni l'élevage » (Source Wikipédia).

- En fait, pour être plus précis, « le meilleur ami de l’homme » serait issu du croisement entre un cousin domestiqué en Asie de l’est, et un autre domestiqué en Europe de l’ouest. C’est ce que montre, pour la première fois, une étude internationale. Le chien vit donc dans des sociétés humaines depuis la fin du Paléolithique supérieur, c’est-à-dire depuis au moins 15 000 ans. À titre de comparaison, la domestication des bovins, des ovins et des porcins n’a eu lieu, elle, que plusieurs millénaires après, au Néolithique, soit il y a 10 500 ans » (CNRS 02.06.2016, par Kheira Bettayeb).

- C’est en observant les méthodes de chasse du loup, en meute, et en se les appropriant, que l’homme a créé la vénerie, qui est basiquement l’art de faire chasser des chiens pour prendre le gibier. Pendant des millénaires, l’homme n’a eu pour survivre, dans une nature hostile, que son intelligence, son courage, quelques projectiles et… ses chiens, auxiliaires précieux.

- Je suis né et j’ai grandi à Verdun, à la « Cour des trois Rois ». Une petite pancarte rouillée témoigne d’ailleurs que c’est là que Charlemagne, en 843 partagea son empire entre ses trois petits-fils : Charles, Lothaire et Louis. C’était à l’époque un relais de chasse où il entretenait, dit-on, une meute avec laquelle il prenait les plus grands loups de son empire. C’était au 9e siècle et c’était déjà la vénerie.

- Introduits en France par Louis IX (1226–1270) et issu de Tartarie, le chien gris de Saint Louis a également composé les meutes royales françaises. Imprimé pour la première fois en 1486, « Le livre de la chasse du Roy Modus » de Henry de Ferrières, traite avec brio de la cynégétique de l’époque et des races de chiens. L’une des plus vieilles races de chien courant est originaire de Franche Comté, utilisée pour la chasse du lièvre. Les ancêtres de ces chiens « Blanc du Roy », étaient les grands Saint Hubert Blancs de Lorraine, et ce, jusqu’à nos Porcelaines d’aujourd’hui » (Club du Porcelaine). Les chiens « Blancs du Roy » ou chiens blancs greffiers, ont été créés par Louis XII (1462-1515) et utilisés dans les meutes royales pendant plus deux siècles. Ils étaient les favoris de François Ier, d'Henri IV et de Louis XIV.

- Né en 1519, Jacques du Fouilloux publia, en 1561, le premier traité de vénerie, un monument, dédié à Charles IX. 

- Le Marquis de Dampierre, commandant les équipages verts du Roi Louis XV, fit adopter, en août 1723, la trompe en ré qui permettra de sonner les circonstances de la chasse, contribuant à sa théâtralisation moderne en préservant son ADN, faire chasser les chiens comme les loups des origines.

- Chaque roi, chaque seigneur avait sa meute et sa propre race. Ces races, reprises par les chasseurs locaux, ont été multipliées pour être adaptées aux besoins de chacun, sélection qui a été accélérée par la Révolution française qui a généralisé le droit de chasse.

Ainsi :

- Oui, la vénerie est une spécificité bien française,

- Affirmer que la vénerie a 500 ans est un mensonge, car elle a accompagné l’évolution de l’homme depuis la nuit des temps,

- Avec la vénerie, notre richesse cynophile est unique au monde,

- La vénerie a toujours intégré la participation des populations locales.

En attaquant la vènerie aujourd’hui, c’est toute la chasse qu’on attaque dans ses plus profondes racines,  le patrimoine français qu’on salit !

 

Christian Busseuil (Septembre 2020)

 

 


 

Lettre de Robin Cart, adressée à M. Eric Alauzet, député de la 2e circonscription du Doubs

Monsieur le Député,
Suivant de près l'actualité et plus précisément celle qui touche ma passion et mon mode de vie, j'ai appris avec une certaine consternation que vous étiez l'un des 140 signataires du RIP « pour les animaux ».

Je m'appelle Robin Cart, j'ai 25 ans, je suis infirmier de profession. Je réside à Mérey-sous-Montrond, village du Doubs que vous connaissez, entre-autre pour y être venu à l'occasion de l'opération « Un dimanche à la chasse ». La chasse à courre du lièvre, à pied, est une composante essentielle de ma vie. Ferais-je alors partie de ces 10 000 barbares, avides de cruautés envers les animaux, qui prennent du plaisir à voir leur meute de chiens déchiqueter un animal vivant ?

Voici comme nous sommes représentés pas Hugo Clément, cheville ouvrière de ce RIP, et par les personnes qui le soutiennent. Or, pour avoir échangé avec vous notamment lors du rassemblement précité, je ne me rappelle pas vous avoir donné cette image, et je ne souviens pas non plus que c'est la représentation que vous aviez de la chasse, et plus particulièrement de la vénerie à pied. Les petits abandons entraînant les grands, l'interdiction de la chasse à courre, aujourd'hui, sonnerait le glas de bien d'autres modes de chasse dans le futur. L’effet recherché par ces extrémistes prétendant défendre la cause animale est de faire tomber le premier domino qui poussera naturellement tous les autres. Rappelons que le RIP pour les animaux est soutenu, entre autres, par deux puissants hommes d'affaires français, Xavier Niel, PDG de Free, et Marc Simoncini, PDG de Meetic. Comme vous le savez, certains soutiens investissent des sommes colossales dans l'agriculture cellulaire visant à produire une viande de synthèse. Y aurait-il une relation de cause à effet, lorsque l'on constate que deux des six mesures proposées visent l'élevage ? Messieurs Niel et Simoncini auraient-ils initié un référendum pour le bien-être animal pour, in fine, servir leurs investissements personnels ? Je vous laisse en juger. J'aimerais revenir sur la proposition d'interdire la chasse à courre. Ce mode de chasse est présenté comme cruel par les signataires du RIP. Rappelons que les prélèvements y sont minimes et n'engendrent aucun impact négatif sur la biodiversité. L'animal poursuivi en réchappe 8 fois sur 10. Où est le mal dans tout ça ? Il s'agit simplement de reproduire la relation entre un prédateur (la meute) et une espèce-proie. Ce n'est ni plus ni moins que la loi de la nature. Elle peut paraitre cruelle pour certains mais c'est la relation naturelle telle qu'elle l'est entre les espèces sauvages au quotidien.
La chasse à courre serait-elle anachronique ? Il n'y a jamais eu autant d'équipages de vénerie sur le territoire français. Aristocratique ? Cette pratique se caractérise par une forte mixité sociale et une part élevée de femmes. Elle est une des rares pratiques qui permet à des chefs d'entreprises, des cadres, des agriculteurs, des ouvriers, des retraités de se côtoyer. Même les élus, adversaires politiques sur le terrain partagent ces moments de convivialité. En somme, à l'heure où les divisions et le communautarisme n'ont jamais été aussi présents dans une société, où tous les prétextes sont bons pour se déchirer, où le manichéisme est devenu une norme, la chasse à courre permet de réunir, de partager et d'échanger autour d'une passion séculaire. Outre la chasse à courre, le RIP proposent un amas de mesures toutes plus liberticides les unes que les autres. En voici quelques-unes :
- Interdiction de toute forme d'élevage intensif : Est-ce vraiment réalisable au vu de la croissance démographique et du pouvoir d'achat de chacun ? Les Français seront-ils prêts à mettre la main au portefeuille ? Cela ne favorisera-t-il pas l'importation de viande à bas prix, et aux conditions d'élevage nettement moins vertueuses qu'en France ?
- Interdiction de détenir des basse-cours qui ont toujours fait partie intégrante de la ruralité française, entraînant ainsi la mort d'une partie de notre patrimoine : la France n'est-elle pas un pays qui s'est construit tout au long de son histoire sur ses traditions ? La prohibition de cet héritage ne reviendrait-elle pas à émietter un peu plus l’histoire de notre pays ? Que penseraient nos aïeux des tristes pages que certains ayatollahs de l’écologie ou autres Khmers verts sont en train d’écrire ?
Qu’adviendra-t-il de la pêche aux bords des ruisseaux de nos régions ? L’apiculture ne sera-t-elle pas réduite à peau de chagrin ? Des races entières appartenant à différentes espèces ne finiront-elles pas par disparaitre (cheval comtois, Percheron, taureau de Camargue, Gascon-sSaintongeois, Porcelaine, etc…) ?
Au-delà de ce qui précède, par ces mesures proposées, le RIP pour les animaux agresse la ruralité et compromet de larges pans de ses activités. C'est le monde rural que nous allons laisser à nos enfants demain qui est en train de se décider, et je refuse cette « bien-pensance » qui capitalise sur l'émotion, pour nous dicter ce que doivent être nos modes de vie. Ces mesures iniques, si elles sont votées, changeront en profondeur les rapports que nous avons avec les animaux, pour lesquels la bientraitance constitue évidemment l'objectif à atteindre sans pour autant devoir renier la relation que l'Homme a, de tous temps, entretenu avec les animaux lorsqu'il les utilise, les exploite ou les chasse.
Lorsque vous êtes venus participer à cette belle opération initiée d'ailleurs par la Fédération des Chasseurs du Doubs, « Un dimanche à la chasse », n'était-ce pas appréciable de voir tant de personnes réunies autour d'un moment de convivialité ? Il me semble même vous avoir entendu dire que : « ces moments d'échange et de partage devaient perdurer, car ils représentaient merveilleusement la vie de nos campagnes… ». Vous aviez raison, Monsieur le Député. Hélas, en soutenant cette « initiative populaire », vous transmettez aux chasseurs et au monde rural un bien mauvais message. Nous nous sentons ainsi agressés à partir du moment où vous touchez à nos pratiques, en vertu de dogmes ou de ressentis, et non en regard d'une approche globale, factuelle et rationnelle. En effet, les positions prises en faveur du RIP semblent l'être sur la base d'images détournées, et de propos fantaisistes, voire mensongers, et manquent de ce fait de discernement. J'imagine qu'en soutenant ce référendum, vous ignoriez les conséquences que cela pourrait engendrer. J'ose espérer que la majorité des députés et sénateurs ne tombera pas dans cette posture relevant de la dictature de l'émotion, et fera preuve d'une hauteur de vue qui les honorera.
Pour finir, je souhaite que ces quelques lignes aient illustré le danger que ce RIP représente pour la ruralité, et la rupture qu'il risque d'engendrer entre les parlementaires signataires et les nombreux acteurs ainsi que leurs familles, touchés par les mesures qu'il propose. Les conséquences de ce RIP, s’il aboutit, seront à large spectre et seront les signes d'une mutation profonde de la société où les valeurs rurales n'auront (petit à petit) plus le droit d'exister. Les ruraux jugeront les élus au regard des valeurs qu'ils portent par leurs engagements et leur soutien.
En espérant que mon témoignage vous aura interpellé et dans l'attente d'une réponse de votre part recevez, Monsieur le Député, l'expression de mes meilleures salutations.
Robin Cart

 


 

« Jouons le jeu »

Par Jean-Paul Cappy

Nous ne pouvons pas ignorer que le RIP est un nouveau pas vers une démocratie plus participative, à l'instar du RIC des gilets jaunes. Nous devons donc « jouer le jeu » et affirmer nos positions, nous en avons les moyens avec nos instances, et… internet ! Le fait de diffuser sur les réseaux sociaux, sur les forums de chasse, et sur ce nouveau site, en est l'illustration. Ne soyons pas dans la « défensive » et rendons « coup pour coup » avec nos arguments. Soyons « modernes », ne refusons pas le « combat », mot pour mot, argument contre argument, et… RIP contre RIP ! Alors pourquoi ne pas initier un RIP pour la défense de la ruralité ? Je pense sincèrement qu’il ne sera pas trop compliqué de trouver les thèmes. Il nous restera à « compter les points », leur RIP et le nôtre ! Soyons positifs, nous aussi nous sommes capables de nous servir de ces nouveaux outils qui donnent la parole à « la base », et en l’occurrence à nous, amis chasseurs, agriculteurs, ruraux, culs terreux, bouseux, pêcheurs, artisans ruraux, oubliés de tous, le nez dans la terre, les justes bons à faire, à subir, à se taire.

Bien à vous et en Saint Hubert

 


 

Petites précisions sur l’UICN

Par Renaud Desgrées du Loû

Ne nous laissons pas embrouiller par les « escrolos ». Nos détracteurs anti-chasse (Jadot en tête) se plaisent à dire que certaines espèces que nous chassons, sont sur la liste rouge de l’UICN (Union Internationale de la Conservation de la Nature).  Rappelons que l’UICN, qui a été fondé en 1948, rassemble des États, des organismes gouvernementaux, et un large éventail d’organisations non-gouvernementales, soit plus de 1000 membres répartis dans 148 pays. L’UICN regroupe également un réseau de plus de 10 000 experts bénévoles, qui apportent leurs connaissances à travers six commissions spécialisées. En 1964, une liste des espèces animales et végétales menacées a été établie, la « Red List », communément appelée « Liste rouge ». Il convient donc de savoir comment elle fonctionne :

- 120 000 espèces y sont répertoriées, des champignons aux mammifères, en passant par les plantes, les reptiles, les poissons et les oiseaux, l’objectif étant d’en lister 160 000 grâce au réseau d’experts,

- la classification consiste à mettre une espèce dans une catégorie, selon son statut établi en fonction des observations effectuées en différents lieux : éteinte :  EX - éteinte à l'état sauvage : EW - en danger d’extinction critique : CR - en danger : EN - vulnérable : VU - quasi menacée : NT- préoccupation mineure : LC - données insuffisantes : DD.

Cette liste n’est donc pas une interdiction de chasse, les pays étant souverains en la matière, d’autant plus que l’UICN reconnaît à la chasse sa valeur de valorisation d’une espèce, donc sa conservation. Exemples : la lapin de garenne est classé EN (en danger), la tourterelle des bois : VU (vulnérable), le loup gris : LC (préoccupation mineure) et le chevreuil est devenu une espèce protégée, puisque soumis à une période de chasse et à des bracelets, donc des quotas, ce qu’omettent bien volontairement de dire nos détracteurs, qui voudraient faire croire que l’espèce est en voie de disparition. C’est tout simplement de la désinformation ! Actuellement, les experts de l’UICN estiment qu’il y a 27 000 espèces menacées. Alors quand on entend les scientifiques de l’ONU (qui sont-ils ?) déclarer que nous allons tous être engloutis avec la 6e extinction de masse d’un million d’espèces animales et végétales menacées, on peut légitimement se demander quelles sont les 973 000 espèces ignorées par les experts de l’UICN…

 


 

La chasse attaquée de toutes parts

Par Christian Busseuil

Le RIP, référendum d’initiative partagée, initié par quelques personnes en mal de popularité, doit rassembler suffisamment de signatures de parlementaires pour être validé. Plus rapide, et sous l’impulsion de son leader, Matthieu Orphelin, le groupe de l’assemblée « Ecologie, Démocratie, Solidarité », pour laver encore plus vert que vert, l’a transformé en projet de loi, au contenu édifiant, dont une attaque ciblée sur la chasse et l’élevage. Notre pays est riche de maîtres à penser hors sol et déconnectés des réalités de terrain dans le domaine de l’écologie et du bien-être animal. De beaux et dangereux parleurs puisque Matthieu Orphelin, est président, en alternance, du groupe auteur du projet de loi,  transfuge des verts et ancien porte-parole de la fondation Hulot. Barbara Pompili est la ministre de l’Environnement, également transfuge des verts. Et leur grand ayatollah Jadot, président de ces mêmes verts est leur maître à penser. Mais c’est aussi un anti-chasse haineux, adepte d’une écologie punitive, allant même jusqu’à oublier que près de 90% du territoire français est privé. Ce qui ne l’empêche pas de proclamer que : « On chasse dans notre pays de manière totalement illégale des espèces protégées », « La chasse constitue une jouissance particulière du bien commun qu’est la nature », « La ruralité, ce n’est pas la chasse » et le 20 août dernier : « Je pense qu'il faut aller vers une sortie progressive de la chasse ». Notre pays, notre gouvernement, nos groupes parlementaires sont ainsi infiltrés par des chevaux de Troie, bien préparés et programmés, sans omettre Pascal Canfin, le chef de la très influente commission chargée de l’environnement au parlement Européen et ancien directeur général, pour la France du très sulfureux WWF. Ainsi, on comprend mieux pourquoi les termes de « kmers verts », « ayatollahs » ou « écologie punitive » sont si souvent employés (https://www.lemonde.fr/international/article/2019/03/05/le-wwf-accuse-de-financer-des-factions-paramilitaires-violentes_5431837_3210.html . Nous devons absolument être et rester solidaires, afin d’éviter l’avenir sombre qu’ils nous préparent.

Pour info, le projet de loi : 

http://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/PIONANR5L15B3293.html?fbclid=IwAR3zcIEENEX0fzY-d6eibQxw7RkSwxPDQI9mnngsMNNpvRCjdxSQyEDUJfo

 


 

Avons-nous réellement une perte de biodiversité,

en France, pour ce qui concerne les oiseaux ?

Par Renaud Desgrées du Loû

Saisissons-là, l’occasion de vérifier si les chasseurs sont responsables de la diminution de certaines espèces d’oiseaux. Pour ce qui les concerne, les réalités sont plus complexes que pour les mammifères. J’écris « réalités » au pluriel car, selon les milieux naturels et les régions françaises, la situation est très inégale pour une même espèce. Personne ne peut nier que les espèces suivantes sont globalement en augmentation depuis une trentaine d’années :

- les laridés, dont le goéland argenté et la mouette rieuse en tête. Le goéland brun est en pleine expansion puisque les effectifs passent de 5 couples en 2013 à 190 couples en 2018. On peut noter que la sterne caugeck qui nidifie sur le banc d’Arguin (dans le bassin d’Arcachon) subit la prédation des corneilles et des milans noirs, le bonheur des uns faisant le malheur des autres.  

- la cigogne blanche, qui, après avoir failli disparaitre en France, voit ses effectifs se reconstituer rapidement,

- la grue cendrée, dont les comptages de chaque mois de novembre, sur le lac du Der (4800 ha) et ses alentours en Champagne, font apparaitre une énorme augmentation des effectifs qui sont passés de 74 000 en 2012 à… 266120 en 2019,

- le grand cormoran et le cormoran huppé se développent également, surtout le premier et même en dehors des zones côtières. Les poissons des rivières et des étangs en font les frais, ainsi que les piscicultures,

- chez les héronidés et apparentés, la situation est variable. Le héron cendré et le héron garde-bœuf se développent rapidement. La grande aigrette, l’aigrette garzette et la spatule blanche remontent doucement. En revanche, le héron pourpré diminue lentement et les blongios nain et le butor étoilé chutent terriblement, à cause de la disparition de leur milieu naturel, les vastes roselières. 

Pour ce qui concerne les rapaces nocturnes, leur statut (population) est difficile à évaluer, compte-tenu des mœurs et des fluctuations de leur population, en fonction de la nourriture disponible. Mais ils ne sont plus systématiquement détruits, comme aux siècles précédents, alors qu’ils étaient considérés comme oiseaux de malheur et cloués sur les portes des granges :

- le hibou moyen duc et la chouette hulotte sont des espèces communes aujourd’hui. Le hibou grand-duc, surtout présent dans le quart sud-est de la France, recolonise les sites d’où il avait disparu. Pour exemple, dans le Puy de Dôme, 9 sites de reproduction étaient répertoriés en 1975, 44 sites en 1988 et plus de 1 600 couples aujourd’hui, dans toute la France.

On peut craindre, pour certaines espèces de rapaces nocturnes, une diminution des endroits de reproduction. La réfection des granges et des clochers limite les possibilités pour la chouette effraie, de trouver des lieux de nidification tandis que les coupes systématiques des vieux arbres creux, gène d’autres espèces. On constate également que presque toutes les espèces de rapaces diurnes se sont développées ces 30 dernières années, avec une forte progression des espèces suivantes : vautour fauve, buse variable, milan royal et milan noir, et la plupart des faucons (du crécerelle au pèlerin). Même le statut du gypaète barbu s’améliore (90 couples dans l’arc alpin à la fin des années 1990, et 150 aujourd’hui). Comme pour les rapaces nocturnes, le bannissement des pesticides organochlorés (DDT en tête) a permis une augmentation des effectifs. Ainsi, on est passé de 100 couples de faucon pèlerins en 1970 à 1 400 au début des années 2000. Chez l’aigle royal, la situation s’améliore avec quelques entre 4 000 à 5 000 couples en Europe, et ce malgré les électrocutions sur les pylônes et les collisions avec les câbles électriques. La situation de l’aigle de Bonelli  (une espèce méditerranéenne abondante en Espagne et plus largement repartie en Eurasie) s’améliore doucement en France : 23 couples en 2002 et 30 couples en 2012, malgré les mêmes menaces que pour l’aigle royal,  augmentées encore par les percussions contre les éoliennes. En Espagne il y a 1 200 couples d’aigles de Bonelli, mais le pays s’étonne de voir la population diminuer. Quand on survole l’Espagne, et ses parcs éoliens, on comprend mieux !

Côté gibier d’eau, la bernache cravant et le tadorne de belon ont fortement augmenté, ces deux espèces étant respectées par les chasseurs. D’ailleurs sans eux, de nombreux marais auraient disparu. D’une façon générale, la prise de conscience de la protection des zones de nidification, de migration, d’hivernage et l’adaptation des périodes de chasse ont permis l’augmentation de la plupart des anatidés dans toute l’Europe. Selon l’OFB, il reste à déterminer dans quelle mesure le prélèvement par la chasse a un effet compensatoire, ou additif, sur la mortalité naturelle. C’est-à-dire, savoir si les oiseaux tués à la chasse seraient de toutes façons, morts de cause naturelle ou pas. Les effectifs de sarcelle d’hiver, un petit canard très prolifique, sont en augmentation en France et en Europe. Il faut toujours avoir conscience, à matière d’oiseaux, que certaines espèces, en apparence rares en France, peuvent être très abondantes ailleurs. Pour exemple, la nette rousse trouve le centre de son aire de répartition au cœur de l’Asie Centrale. Je me souviens avoir organisé des chasses dans le delta du Syr Daryan en mer d’Aral, où la nette rousse faisait 80 % des prélèvements, le canard colvert étant rare dans cette partie du monde. Autre exemple, celui du fuligule nyroca, un canard plongeur plutôt africain, même si on trouve quelques spécimens en Camargue et autour de la Méditerranée.

La LPO attaque la France au niveau européen à cause de la présence du courlis cendré et de la barge à queue noire dans la liste de ses espèces chassables. 

J’ai déjà fait un « post » sur la liste rouge de l’UICN, pour expliquer que ce n’est pas parce qu’une espèce est listée, qu’elle est en voie de disparition. Le sujet est complexe pour ces deux espèces et mériterait d’être longuement expliqué. Nous aurons l’occasion de revenir sur ce sujet… Le problème principal, entre la LPO  (Ligue pour la Protection des Oiseaux) et la FNC (Fédération Nationale des Chasseurs) est une bataille sur l’évaluation de l’évolution des populations d’oiseaux.  A cela s’ajoute l’évaluation des différentes populations, entre les individus nicheurs et les individus migrateurs, mais aussi en fonction des lignes migratoires, la France pouvant être au carrefour de différentes populations (nordiques ou sibériennes…). Il s’agit alors d’évaluer l’état de santé de différentes sous-espèces, qui passent par la France ou qui y hivernent. Ces deux espèces sont très largement réparties sur toute l’Eurasie et ne sont donc absolument pas menacées de disparition. Même si les populations nicheuses de courlis cendré en Angleterre et en France diminuent, on le chasse ainsi que la barge à queue noire, principalement en zones côtières sur le domaine public maritime. Au final, ces espèces sont très peu prélevées, car peu intéressante dans l’assiette.

La nouvelle loi Chasse apporte une formidable avancée, avec la mise en place de la chasse adaptative, qui permet de réduire les prélèvements ou de les augmenter, selon l’état des populations de chaque espèce. Il est regrettable que nous n’arrivions pas à nous entendre avec la LPO et avec d’autres associations environnementalistes. Nous avons, d’un côté des associations de protection de la Nature devenues dogmatiquement anti-chasse, et qui prennent chaque espèce, une par une, dans l’espoir de la faire retirer de la liste des espèces chassables en France. De l’autre côté, les chasseurs, qui craignent la fin de leur activités, faute d’espèces à chasser. Car en France, quand une espèce est totalement protégée c’est définitif. À partir du moment où la France a accepté la mise en place d’une chasse adaptative, comme en Amérique du Nord, appliquons là de façon sereine. Une espèce diminue ? On diminue les prélèvements ou on donne zéro de quota. Si l’espèce se reconstitue, comme pour la bernache cravant  (et là je pense aux loups et aux bouquetins), on l’ouvre à la chasse avec un quota précis. Quand l’oie cendrée devient une espèce pléthorique en Europe de l’Ouest, au point d’être gazée au printemps en Hollande, sur les lieux de reproduction, il est anormal de ne pas pouvoir augmenter les quotas et/ou la période de chasse sur la ligne migratoire. Quant à la chasse de la tourterelle des bois, elle fait aussi l’objet d’une attaque en règle de la part de la LPO, car ses populations ont diminué (modérément en France, selon l’OFB). Diminution probablement due à la disparition des haies, mais aussi à d’autres facteurs agricoles comme la diminution des graines d’adventices (les herbes folles pourrait-on dire). Les populations de tourterelles des bois ne diminuent pas au Sahel, dans les régions où les pratiques agricoles sont plus extensives. La LPO, ou plutôt son président Alain Bougrain-Dubourg, doit être la réincarnation d’une tourterelle des bois, tellement l’espèce monopolise son énergie. Il dénonce sa chasse en France, chasse pourtant peu pratiquée car l’oiseau est souvent reparti vers ses aires d’hivernage quand arrive l’ouverture générale, et fait aussi l’objet d’une réglementation spéciale, lors d’une chasse anticipée (fin août). Il est possible aussi que l’augmentation exponentielle des populations de pigeon ramier à travers l’Hexagone soit une cause de la diminution des tourterelles des bois, par compétition sur une même niche écologique. Mais cela reste à confirmer. Les nouvelles pratiques agricoles ont fortement favorisé le ramier, avec une extension des zones de nidification vers le sud. À l’inverse, d’autres espèces de nos plaines ont beaucoup souffert comme la caille des blés, l’œdicnème criard, l’alouette des champs et la perdrix grise. Pour cette dernière, plusieurs facteurs ont été analysés : 

- on ne peut pas nier que les insecticides, en milieu agricole, ont contribué à la raréfaction des insectes. Or, les poussins ont besoin de protéines, et les premières semaines de leur vie, pour leur développement, ils se nourrissent exclusivement d’insectes (larves, pucerons, etc…),

- l’absence totale de haies ou de boqueteaux sur de plus en plus de secteurs, empêche la perdrix de mettre ses petits à l’abri de la prédation des rapaces (de plus en plus nombreux), mais aussi du renard et des chats, forestiers et domestiques,

- l’arrosage, qui, à grande échelle noie les nids. 

D’autres espèces ont faillis disparaitre comme le râle des genêts et l’outarde canepetière. Pour cette dernière, de gros efforts sont entrepris pour sauver l’espèce. Efforts supportés en grande partie par les FDC (Deux-Sèvres notamment). Il semble aussi que l’espèce remonte un peu dans la plaine de la Crau.

Les Tétraonidés (gélinotte des bois, tétras-lyre, grand tétras et lagopède alpin) souffrent. Personnellement, je mettrais cela sur le compte du reboisement avec de vastes forêts mono-espèce, avec perte de biodiversité végétale. On peut ajouter l’augmentation des sangliers en montagne qui « croquent » les nids des espèces qui nichent à terre. Le loup et le lynx n’arrangent rien, même si je constate qu’en Asie centrale et en Sibérie, les tétraonidés sont abondants tout en supportant une forte prédation. Comme pour les grands rapaces, ajoutons-y les lignes électriques, celles des remonte-pentes, la présence d’une activité touristique hivernale en montagne qui dérange énormément. Le grand corbeau, la pie bavarde, la corneille noire, le renard, l’hermine et la martre se maintiennent à haute altitude tout l’hiver, pour profiter des déchets des restaurants et des pique-niques, ce qui n’était pas le cas avant, car ces espèces descendaient à moindre altitude en hiver quand la neige était profonde. Là encore, les responsables ne sont pas les chasseurs que l’on accuse de tous les maux. Les randonneurs, les skieurs, les cyclotouristes, les grimpeurs ont aussi leur part dans le dérangement de ces oiseaux, donc de la diminution de ces espèces.

Les insecticides ont entraîné la raréfaction de nombreux oiseaux insectivores comme les martinets noirs et les hirondelles (des fenêtres et des cheminées). Pourtant, dans les coteaux du Lot et Garonne où les territoires sont maintenant « bio engagés » (dont j’avoue ne pas connaitre les critères), j’ai pu observer de nombreux nids d’hirondelles des fenêtres et des martinets noirs, mais moins d’hirondelles des cheminées, car moins de granges ouvertes pour la nidification. Les populations des petits Oiseaux de nos jardins ont effectivement diminué. Encore faudrait-il faire une étude espèce par espèce et région par région. Comme de différencier les causes qui sont différentes si l’espèce est granivore ou insectivore. Et selon la prédation qui est différente selon les endroits. Le moineau domestique (granivore) a diminué dans les cités, car il n’y avait plus de chevaux, donc plus de crottin riche de graines d’avoine. On peut constater la présence de moineaux domestiques dans toutes les écuries de France, comme dans le jardin du Luxembourg à Paris, car ils y sont nourris. 

Ayant habité pendant plusieurs années une maison en bordure de la forêt de Fontainebleau, je peux vous assurer de la belle diversité d’oiseaux que je pouvais observer dans mon jardin : pie bavarde, geai des chênes, corneille noire, merle noir, grive musicienne, étourneau sansonnet… mais aussi le verdier d’Europe, le rouge-queue à front blanc, la mésange charbonnière, la mésange bleue et même le chardonneret élégant (bien que toujours braconné autour du bassin méditerranéen pour être mis en cages). Gros-bec casse-noyaux et bec-croisé des sapins, oiseaux spécifiques de la grande forêt sont également présents, alors que le troglodyte mignon et le rouge-gorge, deux oiseaux peu méfiants et proies idéales des chats domestiques, se raréfient. Les chasseurs ne peuvent être tenus responsables de la diminution de ces espèces. Cependant, les propriétaires de chats le sont, par l’intermédiaire de leur animal de compagnie. Une étude de 2003 estimait que les 9 millions de chats du Royaume-Uni avaient tué, en un an, 57 millions de petits mammifères et 27 millions d’oiseaux. Nous avons aujourd’hui 13 millions de chats domestiques (avec propriétaires) en France, et probablement plusieurs millions de chats dits « harets » ou errants, selon le degré d’ensauvagement. Combien d’oiseaux disparaissent sous leurs griffes. A raison d’un seul oiseau tué par semaine, (ce qui est sans doute le minimum), cela représente un milliard de petits passereaux. Où est, et que fait la LPO face à cette calamité ?

Attention donc aux amalgames, et ne nous laissons pas embrouiller par la Ligue pour la Protection des Oiseaux, devenue très anti-chasse alors qu’elle a été dirigée, il n’y a pas si longtemps, par un veneur, Monsieur Antoine Reille. La LPO affirmait, en 2019, que la disparition du dernier nid de pie-grièche à poitrine rose était une nouvelle catastrophe écologique. « La première espèce nicheuse qui disparaît de France au 21e siècle » affirmait-elle. « Bullshit ! » diraient les américains, car ce n’est pas parce que le seul nid connu (ou observé) de pie grièche à poitrine rose n’a pas abouti cette année-là, que c’est une catastrophe nationale… La France a toujours été à l’extrême ouest de l’aire de répartition naturelle de cette espèce… totalement asiatique. Rappelons que la pie-grièche grise et l’écorcheur sont toujours présents chez nous.

Je ne peux passer en revue les 570 espèces d'oiseaux de France, mais nous avons tout de même gagné naturellement un peu de biodiversité, avec quelques espèces remarquables, comme le pic noir (venu de Sibérie) et la tourterelle turque (venue d’Asie mineur). Notons aussi la colonisation « nordique » du très beau guêpier d’Europe qui s’était installé jusqu’au mur d’une gravière en forêt de Fontainebleau. Enfin, la perruche à collier s’est développée rapidement et durablement en France, tout comme ailleurs en Europe. Oiseau originaire d’Afrique et d’Asie équatoriale et tropicale, échappé d’élevage (oiseau d’ornement en cage), c’est une espèce invasive qui fera l’objet d’un autre débat.

En conclusion, tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais on ne peut pas généraliser une perte de biodiversité globale, alors que de nombreuses espèces augmentent. La situation n’est donc pas catastrophique en France pour les oiseaux. Pour les espèces qui souffrent de la disparition de leur milieu naturel, on s’aperçoit que, lorsque l’on prend les choses en main, elles s’améliorent rapidement. Enfin, une petite réflexion presque philosophique pour terminer : peut-on en même temps vouloir l'éradication des moustiques (pour son confort ou parce qu'ils sont vecteurs de maladies) et pleurer la disparition des hirondelles ?

 


 

Un siècle et quart avant Jésus-Christ…

Par Jean-François Guerbert

Malgré la pandémie qui menace toujours, souhaitons que la saison de chasse 2020/2021 qui arrive, se déroule sereinement. Certes, la vie reprendra son cours, jalonné de bonnes intentions, jusqu’à ce que la mémoire collective s’estompe, ce qui, à notre époque, survient en quelques mois, voire en quelques semaines seulement… Controversée, même en ces temps difficiles, la nécessaire et indispensable chasse peine toujours à se justifier. Le « droit de chasser » s’est modifié dans les esprits, et de lois en décrets, nous sommes entrés dans une approche qui revêt deux aspects opposés. Les uns attendent quelque chose de nouveau, et les autres craignent un amenuisement de leur droit, ancré dans les pratiques rurales depuis la loi du 3 mai 1844. Il faut donc remonter 17 ans en arrière, quand le Gouvernement de l’époque a adopté la « Charte de l’Environnement », pour trouver une explication à ces montées en puissance de nos opposants. Dans son article 5, cette charte stipule que : " Lorsque la réalisation d'un dommage, bien qu'incertaine en l'état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l'environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution, à l'adoption de mesures provisoires et proportionnelles, afin d'éviter la réalisation d'un dommage ainsi qu'à la mise de procédures d'évaluation des risques encourus". Suspendue au-dessus du monde cynégétique, il est évident aujourd’hui que cette épée de Damoclès a donné des ailes à nos adversaires, et encouragé la création d’associations et collectifs anti-chasse. Depuis, les réseaux sociaux ont pris du corps, à défaut de raison, et facilitent, peut-être même encouragent, les initiatives. La chasse est-elle, pour ces soi-disant défenseurs de la nature, l’arbre qui cache leurs errements et leurs erreurs ? C’est bien possible, car si on regarde de près les orientations que ces verts ont fait prendre, on peut mettre à leur actif une France défigurée par des milliers d’éoliennes, qui ont déjà tué des centaines de milliers d’oiseaux, y compris d’espèces protégées, fracassés par les pales de ces engins qui ne peuvent assurer le service pour lequel ils ont été construits, quand manque le vent. A tel point que le Président Macron souhaite désormais freiner leurs installations. Il y a aussi, parmi leurs « remarquables » idées, la destruction des barrages sur les rivières, au titre de la continuité écologique. Si ces retenues d’eau avaient empêché les poissons et autres gammares de gagner l’amont, il y a bien longtemps qu’il n’y aurait plus aucune vie, ce qui, bien évidemment, n’est pas le cas. En revanche, ils sont les premiers à s’étonner que les rivières soient à sec dès le début de l’été… Et je ne vous parle pas des voitures électriques, ni des grands prédateurs, dont l’effet « Yellowstone » a été démenti par le directeur du célèbre parc : « Ce sont les gigantesques feux de forêts de 1988 qui ont modifié les strates végétales du parc du Yellowstone, et non le développement du loup… ». A ce sujet, chez nous en France, compte tenu des effectifs estimés, ce sont désormais entre trois cents et quatre cents loups qui vont enrichir, chaque année, les populations de Canis lupus. Eleveurs, propriétaires d’animaux domestiques, préparez-vous au pire, les attaques vont exploser !

« A qui ça profite ? » demandait, 125 ans avant notre ère, le consul Lucius Cassius Longinus Ravilla, nommé juge spécial dans l’affaire des vestales… Oui, nous sommes complices en accordant du crédit à ces délires. De mensonges énormes en élucubrations grotesques, ces néo-verts poussent les populations sur les bancs des consommateurs résignés, futurs clients obligés des multinationales qui préparent, pour moins que rien, la nourriture de demain. Sous prétexte de protection, tout ce qui ne coûtera qu’une vétille à produire, et une autre à collecter, se retrouvera dans les assiettes, du ver de farine à la souris jaune, en passant par le pangolin et la chauve-souris. Pour augmenter les profits, tout sera bon à vendre, mais surtout pas à consommer… parole de Covid !

 


 

La chasse aux chiens courants menacée…

Par Hubert Buiron

Lancé le 2 juillet dernier,  le R.I.P. (Référendum d’Initiative Partagée), pour être mené à terme et adopté, devra recueillir le soutien de 185 parlementaires et de 4,7 millions de Français. Rien n’est joué, mais attention, nous ne sommes pas à l’abri d’une surprise. Parmi les 6 mesures proposées, en figure une qui nous concerne directement : la suppression des chasses dites traditionnelles, dont la vènerie. A la mode, soutenu par une frange de la population qui reconnait ignorer les fondements de la ruralité, mais qui pense que « ça ne peut pas faire de mal », ce « RIP » pour référendum d’initiative partagée, pour les uns, ou populaire pour d’autres,  s’appuie sur le bien-être animal, copie de ce que nos voisins suisses ont fait, il y a une quarantaine d’années, sur le canton de Genève, et où, contrairement à ce qu’en pense la majorité de nos concitoyens, la chasse n’est pas interdite, mais confiée à des gardes fédéraux professionnels, car il faut bien intervenir pour réguler les populations d’animaux sauvages. Bref, pour se donner bonne conscience, nos amis suisses jouent sur les mots… mais à quel prix !

Voyons comment est prévu le fonctionnement d’un R.I.P. : avant que les citoyens ne soient sollicités pour donner leur avis, il faut donc le soutien de 185 parlementaires (députés ou sénateurs). Quand ce nombre sera atteint, le Conseil constitutionnel disposera d'un mois pour examiner le texte et s'assurer de sa conformité vis-à-vis de la Constitution. S’il est validé par le Conseil constitutionnel, le ministère de l'Intérieur ouvrira le recueil des soutiens qui auront 9 mois pour recueillir 4,7 millions de signatures nécessaires, c’est-à-dire 10% de la population inscrite sur les listes électorales. Une fois de plus, la sensiblerie a pris le pas sur les vrais problèmes actuels : démographie humaine galopante, pollution, destruction des habitats naturels de la faune sauvage, assèchement généralisé (drainage, ouverture des forêts par cloisonnements, destruction des barrages sur les rivières au motif de la continuité écologique, irrigation, etc…). Bref, si cela part d’une intention discutable, ce sont les moins concernés qui vont trancher le débat… avant la tête du coq qui a l’outrecuidance de chanter tôt le matin, trop tôt pour ces écolos-bobos qui viennent « se ressourcer à la campagne… ». Alors, devant ce constat, j’irai, et je vous invite à le faire également, demander au député et au sénateur de ma circonscription de ne pas tomber dans ce piège, que le président de la FNC résume ainsi : « si ce RIP était adopté, les ruraux se retrouveraient dans une situation de déstabilisation sociale et passionnelle, qui ne peut conduire qu'à des réflexes de colère pour la survie légitime de leurs précieux héritages ancestraux… ».