En danger critique d'extinction selon l'UICN, le condor de Californie (Gymnogyps californianus) fait l'objet d'une étroite surveillance. En 2019, il n’était dénombré que 525 oiseaux, dont 219 en captivité. Sur ces sujets captifs, les biologistes ont fait une découverte stupéfiante : ces oiseaux sont capables de produire de nouveaux individus… par parthénogenèse, une forme de reproduction asexuée. La parthénogenèse, qui concerne les femelles qui se reproduisent généralement sexuellement, est connue chez certaines espèces animales, notamment les reptiles, les poissons et certains oiseaux chez les colombidés, les gallinacés et les passereaux. Dans leur étude publiée fin octobre, l’équipe de recherche menée par le zoo de San Diego a rapporté le cas de deux condors de Californie nés grâce à ce mode de reproduction et issus de mères différentes, qui pourtant côtoyaient toutes les deux des mâles fertiles. Le comportement des deux mères reste un mystère pour les chercheurs qui ont souligné que : « contrairement aux autres exemples de parthénogenèse aviaire, l'absence d'un mâle convenable n'explique pas les deux occurrences de développement parthénogénétique. Les deux mères ont été hébergées durant plusieurs années avec chacune un mâle avec lequel elles s'étaient déjà accouplées et avaient eu des petits. Nous pensons que nos résultats représentent le premier exemple de parthénogenèse aviaire facultative, qui n'implique pas de ségrégation des sexes… ». Comment a fonctionné la parthénogenèse ? Sans doute par automixie : la cellule œuf est issue de la fusion de deux cellules haploïdes (ne contenant qu'un seul jeu de chromosomes) provenant de la mère. Quoiqu'il en soit, la possibilité pour cette espèce d'avoir recours à la parthénogenèse peut permettre à cette population de s'étendre, mais elle a sûrement aussi des implications qu'il reste à définir pour sa diversité génétique.