C’est une bonne chose, car malheureusement en France, nous avons un problème avec la concertation : nous déléguons souvent la résolution de nos problèmes locaux à des institutions nationales, les lobbys pro ou anti-chasse, qui ont la culture du conflit permanent… L’évolution récente montre que les conflits ne sont plus uniquement entre urbain et rural, mais aussi à l’intérieur même des zones rurales. Les chasseurs ne peuvent donc plus affirmer être les seuls représentants de la ruralité. Ils devraient accepter de faire des concessions et d’aller négocier avec les autres composantes de la ruralité actuelle… ».

 

Bien, mais ce que Charles Stépanoff n’aborde pas, c’est le fondement même des litiges qui opposent les chasseurs aux « randonneurs », dont d’ailleurs un certain nombre d’entre eux ne militent pas pour « randonner en toute sérénité », mais s’appuient sur ce motif pour faire interdire la chasse. Pour ce qui concerne les forêts, rappelons que le droit de chasse appartient aux propriétaires. Pour les biens communaux c’est donc le maire qui en dispose, et le délègue aux chasseurs par adjudication. Et c’est là que le bât blesse, car les chasseurs paient, quelquefois même très cher, ce « droit de chasser », mais déplorent de ne pas pouvoir l’exercer en toute sécurité. La frustration est à ce niveau. Les conseils municipaux peuvent prendre les mesures qu’ils jugent utiles quant à l’exercice de la chasse sur leurs massifs. Il est en leur pouvoir, lors de la rédaction du cahier des charges, de préciser les jours et même les plages horaires, durant lesquels la chasse peut se pratiquer, ce qui éviterait bien des problèmes. Mais ils ne le font pas. Pourquoi ? La réponse à cette question est simple : pour des raisons budgétaire car une forêt sur laquelle la chasse ne serait pas autorisée le dimanche se louerait bien moins cher… Alors continuons à prier pour qu’il n’y ait pas de balles perdues !