Cette dérogation ne peut que susciter notre incompréhension. Incompréhension, car depuis toujours, les chasseurs se sont engagés en faveur de la biodiversité et travaillent avec le monde agricole pour valoriser les parcelles non cultivées, que ce soit avec les jachères environnement faune sauvage, les jachères fleuries, les bandes enherbées ou Agrifaune, par exemple. Cette dérogation remet en cause ces actions communes. Incompréhension, car ce n’est pas le retour en production de mauvaises terres agricoles qui va aider à répondre à la problématique de spéculation des cours des denrées générée par la potentielle perte de 161 millions d’ha de terres agricoles russes et ukrainiennes. Incompréhension, car ces jachères constituent un apport essentiel pour protéger la biodiversité en zones de plaine et le broyage de ces parcelles écologiquement précieuses occasionnera une mortalité supplémentaire des populations d’espèces inféodées aux milieux agricoles. En effet, ces jachères sont des zones de refuge et d’alimentation pour la petite faune tout au long de l’année. Par ailleurs, en augmentant la part de terres cultivées, on augmente potentiellement les dégâts de grands gibiers et en parallèle le coût de l’indemnisation de ces dégâts qui est déjà à un niveau insupportable. Pour toutes ces raisons les représentants cynégétiques ont voté contre ce texte. Willy Schraen, Président de la FNC : « L’Europe est une adepte du « deux poids, deux mesures ». Elle renie ses grands principes et tourne le dos aux objectifs environnementaux qu’elle s’est fixée en autorisant ce type de mesure, néfaste à la biodiversité. C’est incompréhensible, alors que la Commission européenne continue à refuser tout pragmatisme avec la chasse des oies en février ou s’acharne à vouloir éradiquer les chasses traditionnelles ».